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Le Smic a-t-il plus augmenté sous Sarkozy que sous Hollande ?

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Lors de son premier meeting parisien mercredi au gymnase Japy, Benoît Hamon a souligné que le Smic a plus augmenté sous le quinquennat de Sarkozy que celui de François Hollande.
Lors de son premier meeting parisien mercredi au gymnase Japy, Benoît Hamon a souligné que le Smic "a plus augmenté sous le quinquennat de Sarkozy que celui de François Hollande". (Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
[Fact-Checking] Selon le constat de Benoît Hamon, candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire, Nicolas Sarkozy a été plus généreux que François Hollande avec les salariés. Est-ce réellement le cas ?

Benoît Hamon continue de critiquer le bilan de l'exécutif. Lors de son premier meeting parisien mercredi 14 décembre au gymnase Japy, le candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire a souligné, devant 2.500 personnes, que le Smic "a plus augmenté sous le quinquennat de Sarkozy que celui de François Hollande". Le constat de l'ancien ministre de l'Education est-il juste ?

Chaque année, le gouvernement procède à une revalorisation du salaire minimum en fonction de critères objectifs : l'inflation et la progression du pouvoir d'achat. Depuis janvier 2016, il s'établit à 9,67 euros brut de l'heure, soit 1.466,62 euros bruts mensuels pour 35 heures de travail hebdomadaires. Lors de l'arrivée de François Hollande à l'Elysée en mai 2012, il s'affichait à 9,22 euros, soit une hausse de 4,9% en quatre ans et demi.

Deux mois après l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en juillet 2007, le Smic horaire brut est passé de 8,27 à 8,44 euros. La dernière augmentation a eu lieu en janvier 2012, à 9,22 euros, soit une augmentation de 11,5% sur l'ensemble du quinquennat.

Bien que François Hollande n'ait pas encore terminé son mandat, le Smic n'a été revalorisé que cinq fois sous sa présidence, contre huit fois pour Nicolas Sarkozy. Sauf un coup de pouce surprise de la part de l'exécutif, le constat de Benoît Hamon devrait s'avérer exact.

Nicolas Sarkozy plus généreux que François Hollande ?

Présenter les chiffres de la sorte peut donner l'impression que Nicolas Sarkozy serait plus généreux que François Hollande. L'ancien président s'était pourtant félicité fin 2011 pour n'avoir accordé aucun coup de pouce au Smic depuis 2007, retrace L'Obs.

Pour rappel, l'acronyme "Smic" signifie salaire minimum interprofessionnel de croissance, ce qui implique donc une augmentation régulière. La loi prévoit en effet qu'il soit revalorisé chaque année au mois de janvier. Le calcul de cette augmentation, on l'a dit, dépend du taux d'inflation et de la croissance du pouvoir d'achat des ouvriers et employés.

De même, à chaque fois que l'inflation dépasse 2% depuis la dernière revalorisation, le Smic est automatiquement rehaussé dans les mêmes proportions. Cette règle change la donne car l'inflation est particulièrement atone depuis 2013, contrairement au quinquennat précédent. Résultat, le Smic a exceptionnellement été revalorisé deux fois en 2008, 2011 et 2012. Finalement, les augmentations du salaire minimum sous la présidence de Nicolas Sarkozy, comme celle de François Hollande, résultent de contraintes extérieures à leur volonté.

Le gouvernement peut décider, à tout moment, d'augmenter le Smic

Derrière ce constat, Benoît Hamon cherche avant tout à critiquer le manque d'interventionnisme de François Hollande, car l'exécutif n'est pas obligé d'attendre la revalorisation annuelle pour donner un coup de pouce au Smic. En effet, la loi prévoit que le gouvernement peut décider, à tout moment, de l'augmenter. Il peut aussi, le 1er janvier, l'augmenter davantage que les seuls critères objectifs. François Hollande ne l'a jamais fait, en cohérence avec sa politique de l'offre et de baisse du coût du travail. Il est vrai aussi que le comité d'experts chargé de faire au gouvernement des préconisations sur la hausse du Smic n'a jamais recommandé de tels "coups de pouce".

D'ailleurs, François Hollande a toujours assumé le fait de ne pas en accorder. Sa seule concession a été d'anticiper la revalorisation du Smic l'année de son arrivée à l'Elysée. De fait, le Smic a été augmenté dès juillet 2012, anticipant ainsi la hausse devant intervenir en janvier 2013. Le salaire minimum a donc augmenté à deux reprises en six mois entre juillet 2012 et janvier 2013. Depuis, le chef de l'Etat se contente de la revalorisation annuelle.

> Lire aussi : Smic : pas de "coup de pouce" le 1er janvier 2017 ?

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Commentaires
a écrit le 19/12/2016 à 10:30 :
IL NE SAIT PAS COMPTEZ POUR BEAUCOUP DE PAUVRES LA DEFICALISATION A REDONNE DU POUVOIR D ACHAT AU FRANCAIS LES PLUS FAIBLE ECONOMIQUEMENT? BENOIT DEVRAIS PLUS S EN PRENDRE AU PROGRAME DE FILLON QUI EST UN VRAIS DANGER POUR LES PLUS PAUVRES???
a écrit le 17/12/2016 à 9:25 :
" Fact-Checking " .. ,!?? ..... ça en jette ce verbiage néo -moderne !
Verification ça ne suffirait pas ? ..... on n'est pas chez BHL !
a écrit le 16/12/2016 à 21:54 :
les retraites !!! pour quelqu'un qui a fait une carriere de 43 ans
les ouvriers zero !!!
a écrit le 16/12/2016 à 10:56 :
Ce que Hamon ne dit pas (mais est-il seulement capable de le comprendre), c'est qu'il faut mettre l'évolution du SMIC en regard de l'inflation, or elle a été plus basse pendant le quinquennat Hollande que sous celui de Sarkozy (à l'époque Giscard, avec une inflation à 15%, il augmentait encore plus vite !). Et il y a une erreur factuelle dans l'article, si SMIC veut bien dire salaire minimum interprofessionnel de croissance, ça ne veut pas dire qu'il doive croître indéfiniment, mais qu'il doit augmenter sur la base de l'inflation et des gains de productivité, en l'absence de l'une et des autres il n'y a aucune raison valable qu'il augmente. Et d'ailleurs, l'indispensable passage à une politique de l'offre accentuée imposera probablement une révision de la manière de faire évoluer ce SMIC pour enfin baisser drastiquement les coûts salariaux sur le travail peu qualifié pour lequel son niveau actuel est trop élevé.
Réponse de le 17/12/2016 à 9:26 :
... expliquez lui , vous qui apparement avez fait l'ENA !
Réponse de le 19/12/2016 à 11:12 :
Par contre, les salaires de Grands patrons, les fortunes des plus riches, et les parachutes dorés de ceux qui coulent les entreprises peuvent augmenter jusqu'au ciel sans problème ...

http://www.20minutes.fr/economie/diaporama-4043-parachutes-dores-percues-grands-patrons

Ignoble votre raisonnement ...
a écrit le 16/12/2016 à 10:20 :
Ajouter la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et, c'est confirmé, Hollande aura été une pompe à pognon pour alimenter un déficit permanent au lieu de tenter au moins de le réduire !
a écrit le 16/12/2016 à 8:26 :
Ce Monsieur était au gouvernement qu'il ne donne pas de leçons car pour la première fois depuis des années les handicapés ont été les sans dents de ce quinquennat.

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