Pour Jean-François Copé, "le référendum d'entreprise doit être la règle"

 |   |  773  mots
Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite, veut permettre aux entreprises de déroger au code du travail via un referendum et non plus par accord.
Jean-François Copé, candidat à la primaire de la droite, veut permettre aux entreprises de déroger au code du travail via un referendum et non plus par accord. (Crédits : DR)
Invité de la "Matinale de la FNTP", un événement co-organisé par La Tribune, Jean-François Copé, député maire de Meaux et candidat à la primaire de droite a présenté son programme avec des mesures telles que la généralisation du référendum en entreprise, ou encore l'embauche de 50.000 agents publics pour lutter contre l'insécurité.

Retraite à 65 ans, baisse de l'impôt sur les sociétés, hausse de la TVA, fin des 35 heures... Ce vendredi 1er juillet, invité de la « Matinale de la FNTP », un événement co-organisé par « La Tribune » et la Fédération nationale des travaux publics, Jean-François Copé, député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) et candidat à la primaire de la droite, a eu l'occasion de présenter son programme « musclé » sur les questions économiques et sociales.

Réduire la dépense publique de 100 milliards d'euros

Certes, la teneur de son projet est assez proche de celle de ses concurrents pour cette primaire. Comme les autres, il veut réduire la dépense publique d'environ 100 milliards d'euros sur cinq ans pour la ramener à 50% du PIB. Il veut aussi baisser l'impôt sur les sociétés d'environ cinq milliards d'euros. Il souhaite également remplacer l'actuel crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) par une nouvelle tranche de 30 milliards d'euros d'allègements des cotisations patronales. A cela s'ajouterait quatre milliards d'euros d'allègements des cotisations salariales. Il plaide aussi, parallèlement, pour une augmentation du taux normal de TVA de  trois points (de 20 à 23%) qui rapporterait environ 23 milliards d'euros. « Certains l'appellent TVA sociale, moi je préfère parler de TVA anti délocalisation. Et je ne crois pas que cela nuirait aux consommateurs car il n'y quasiment pas d'inflation » explique Jean-François Copé. Bien entendu, à l'instar des autres candidats, il plaide aussi pour la suppression de l'ISF.

Jusqu'ici, rien de très original donc, mais rien d'étonnant à cela puisque l'ensemble des candidats (ou presque) à la primaire appartiennent à la même famille politique : « Les Républicains ». Cependant, Jean-François Copé se démarque sur quelques points.

Agir "vite" via les ordonnances

Sa méthode de gouvernement notamment. « Maintenant, on ne recule plus, un chef élu au suffrage universel doit pouvoir prendre rapidement des décisions », explique-t-il. Aussi, s'il accédait à l'Elysée, il demanderait immédiatement au Parlement le droit de gouverner par ordonnance afin d'aller vite. " Dès, l'automne 2016 mon programme pourrait s'appliquer sur ses principaux points ". Jean-François Copé estime " à une quinzaine" le nombre de ces ordonnances "dont une abrogerait la durée légale du travail de 35 heures".

"Les Français ne seront pas pris par surprise car durant la campagne électorale je leur aurais présenté le contenu de ces ordonnances. Ils m'auront donc élu en connaissance de cause, d'autant plus que les candidats aux élections législatives composant ma majorité auront également fait campagne là-dessus".

Autre originalité, Jean-François Copé propose de doter d'un compte Siret chaque Français dès l'âge de 16 ans, afin d'insuffler un esprit d'entreprise. « Il faut donner aux jeunes l'envie d'entreprendre, y compris ceux qui sont en situation d'échec scolaire. Aidons-les à développer une activité d'indépendant. C'est l'une des réponses au chômage ».

Création de 50.000 emplois publics dédiés à  la sécurité

Une autre proposition de Jean-François Copé détonne. S'il veut une gestion nettement plus vigoureuse de la fonction publique en supprimant notamment le « statut à vie » et en limitant le nombre des agents publics, il plaide en revanche pour la création de 50.000 postes « pour assurer la sécurité des Français ». Cette augmentation des effectifs concernerait les magistrats, la gendarmerie, la police et les gardiens de prison.

En matière sociale aussi, Jean-François Copé se distingue. Il veut ainsi totalement « rénover » le paritarisme en « nationalisant » l'assurance chômage « car c'est à l'Etat de prendre les décisions que les organisations syndicales ne savent pas prendre pour redresser les comptes ». Idem pour les caisses de la Sécurité sociale « car nous ne sommes plus en 1945 ».

Privilégier le référendum d'entreprise pour déroger au code du travail

Au niveau des entreprises, Jean-François Copé ne fait manifestement pas confiance aux syndicats non plus, notamment à la CGT qu'il n'a de cesse d'étriller. Ainsi, il souhaite faire une « loi El Khomri + + », dit-il, en permettant aux entreprises de déroger au code du travail et aux conventions de branche par la voie du référendum. « Les salariés sont tout à fait habilités à intervenir directement, je ne vois vraiment pas pourquoi des syndicats qui souvent ne représentent rien peuvent décider de bloquer un projet d'accord ».

Reste maintenant pour Jean-François Copé à convaincre les électeurs de la primaire de droite de son originalité. Certes ce n'est pas gagné, mais, en revanche, il se dit confiant sur le succès que va remporter cette primaire, tablant sur une participation « qui pourrait dépasser les 3 millions d'électeurs ». Rendez-vous le 20 novembre pour vérifier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/07/2016 à 12:00 :
Tous pareils, que ne promettront-ils pas pour gagner des voix ! 50 000 embauches pour la sécurité ? J'ai plus simple: on arrête de distribuer des visas et des titres de séjour et comme en Israel, on vire toute la famille à la première incartade. Ah oui, pour ceux nés en France ? et bien, on ouvre un centre pénitentiare aux îles Kerguélen avec aller simple. Quant au référendum d'entreprise, n'existe-t-il pas des conventions collectives ?
a écrit le 02/07/2016 à 11:10 :
Dans les programmes de certains candidats aux futures présidentielles, la France, le peuple, l'identité, la république, la démocratie, la liberté, l'égalité, la fraternité, "le bien vivre ensemble" la place de la France et la notoriété des français dans le monde, auraient-ils du mal à trouver leurs légitimes places très largement occupées par des milliards d'euros en plus et en moins qui changeraient automatiquement de mains par la magie de gouvernance par ordonnance?
a écrit le 02/07/2016 à 10:07 :
Si vous voulez encourager les francais à voter lepen continuer à faire la promotion de ce genre de type
a écrit le 02/07/2016 à 8:05 :
Pas très droit dans ses bottes le ptit gars... Credibilite=0
Un exemple de fourbe qu'il ne faut pas suivre
a écrit le 01/07/2016 à 17:46 :
D'un coté il est prêt à tout (c'est à ça qu'on les reconnait...) pour légiférer, et d'un autre il veut donner un moyen aux entreprises de s'affranchir des lois qu'il aura imposé par ordonnance.
On se demande si tout est bien rangé dans sa tête.

Seul élément que je sauverais de son naufrage, c'est le droit à l'initiative économique, non pas à partir de 16 ans, mais de 18 ans, et nul besoin d'un SIRET, le numéro de SS pourrait servir d'identifiant pour que chacun puisse créer ad vitam son Auto-Entreprise. A charge de revenir sur un système plus classique en cas d'embauche ou de dépassement d'un seuil de CA (moins ridicule que le seuil actuel qui permet juste à un AE de vivoter).
Mais bon, le système de base existe déjà, il suffirait de quelques aménagements pour le rendre plus dynamique.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :