Présidentielle 2017 : cinq candidats pour un premier débat (inédit)

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(Crédits : DR)
VIDEO - François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon étaient réunis sur le plateau de TF1, lundi, pour le premier débat d'avant-premier tour de l'histoire de la cinquième République.

>> Papier mis en ligne le 20 mars 2017 à 20h05 | mis à jour le 21 mars 2017 à 9h30

Après la première primaire de la droite, le premier renoncement d'un président élu, nouvelle première dans l'histoire de la Cinquième, lundi soir, sur TF1. Cinq des onze candidats à l'élection présidentielle se retrouvent, à tout juste cinq semaines du scrutin, dans l'arène télévisuelle, jusque là réservée au débat d'entre-deux tours. François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont affrontés, donc, en l'absence des six autres candidats ayant recueilli les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. Au grand dam de Nicolas Dupont-Aignan notamment, dont le coup d'éclat au 20 heures de TF1 samedi n'est pas passé inaperçu. Comme l'explique notre journaliste Jean-Christophe Chanut, la chaîne a profité d'une loi entrée en vigueur en décembre 2016, qui n'oblige plus les médias au principe d'égalité mais seulement au principe d'équité entre la publication au Journal Officiel de la liste des candidats au jour du lancement de la campagne officielle (deuxième lundi précédant le premier tour du scrutin, soit le 10 avril).

>> Notre dossier Présidentielle 2017 est à consulter ici

Les cinq candidats présents ont eu le droit à une minute trente de présentation puis à une minute trente pour répondre à chaque question avant un débat libre. Il a été dans un premier temps question des sujets de société, puis de l'économie et enfin de l'international, au court d'échanges qui devraient durer plus de 2 heures 30.

(Avec Jérôme Cristiani et Audrey Fisné, vidéo Laurent Lequien)

>> VIDEO Cinq moments de friction entre les candidats...
pendant Le Grand Débat du lundi 20 mars 2017

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Ce direct est terminé, rendez-vous demain sur latribune.fr pour les analyses de la rédaction.

00h10 : l'heure des conclusions ! Chaque candidat, face caméra.

Fillon lance le bal. Pour lui, "l'enjeu, c'est l'alternance". "Entre la révolution des extrêmes qui nous mènerait au chaos ou la continuité du Hollandisme", Fillon se pose en seule alternative. Il énumère toutes ses fonctions, de maire de Sablé-sur-Sarthe à Premier ministre, au risque de rappeler qu'il a enchaîné les postes d'élus, du local au national pendant plus de 35 ans.

Au tour d'Hamon : "Le 23 avril je vous propose un vote utile, utile à vos enfants, utile à vos petits enfants. Nous avons pris l'habitude de voter contre, je vous propose de voter pour : la transition écologique, une nouvelle protection sociale, le soutien au pouvoir d'achat des plus modestes, une sixième république, une Europe libérée du dogme austéritaire."

"Je vous propose de vous rendre compte que la plupart des mesures promises ici ne pourront pas être mises en place", la faute à l'UE, affirme Le Pen. "Vous Français avez le droit de décider par vous-même. La mondialisation sauvage a été un cauchemar pour vous, il est temps de retrouver la protection de la nation. J'organiserai un référendum sur la sortie de l'UE, vous aurez le choix de votre vote et je me conformerai à votre décision."

Jean-Luc Mélenchon prend la parole : "Le monde entre dans une saison de tempêtes, au niveau climatique et sur le plan des guerres. La cupidité doit céder la place à la vertu. A 65 ans je n'organise pas ma carrière, j'assume une mission, celui de rendre la France aux Français en la libérant de l'oligarchie et de la monarchie présidentielle. Je suis prêt aux responsabilités, pour mener à terme un projet qui dérange beaucoup d'intérêts particuliers."

L'ancien ministre de l'Economie conclut le débat. Après avoir remercié ses concurrents et les journalistes de TF1, Emmanuel Macron déclare vouloir "profondément réconcilier les vues. Notre pays se divise sur la peur et le jeu que certains font de la peur. La France à de l'énergie, dans l'Hexagone et dans l'Outre-mer, dont on a peu parlé. Le projet que je porte vise à mieux vous protéger avec tolérance 0 et pragmatisme et en donnant davantage de souplesse à ceux qui veulent entreprendre et en protégeant les plus démunis. Ce projet je veux le porter avec vous, un renouvellement un profondeur de la politique française. Je veux que notre pays redevienne une chance, et une chance pour chacun."

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00h : passage à la question du terrorisme, alors que la barre des 3 heures de débat est franchie.

Premier à répondre, malgré quelques réticences, Mélenchon insiste sur la nécessité de "rester grouper et de ne pas se diviser", estimant que la question du terrorisme est liée à l'islamisme politique, "ce qui n'a rien à voir avec la religion". L'ancien ministre cible ensuite le cimentier Lafarge, qui a admis avoir financé indirectement des groupes en Syrie afin de poursuivre ses activités dans le pays.

A la gauche de Mélenchon (sur le plateau), Le Pen ressort l'argument de la protection des frontières. "Il faut aussi expulser les étrangers islamistes et déchoir de la nationalité les Français islamistes." En parallèle, "il faut lister les organisations ennemies, à l'étranger".

"Nous sommes en présence d'un mouvement totalitaire", enchaîne François Fillon. "Nous devons faire alliance avec tous ceux qui sont prêts à combattre cette menace : les Russes, les Iraniens etc." L'ancien Premier ministre souhaite "utiliser un certain nombre d'instruments judiciaires pour cibler les personnes qui pactisent avec l'ennemi et déchoir de la nationalité française les Français qui retournent les armes contre leur pays".

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23h40 : "on enchaîne", annonce Anne-Claire Coudray (l'expression de la soirée, derrière le bureau, décidément) après 2h40 de débat (plus que ce qui était prévu pour le total), ouverture du troisième thème sur la position de la France dans le monde. Beaucoup moins de temps y sera consacré, prévient Gilles Bouleau.

"La France dispose d'un arsenal de défense complet", constate Benoît Hamon, "mais nous devons construire la Défense européenne que les Américains n'assureront plus. Je propose de sortir du calcul de notre déficit les Opex et d'augmenter à 2% du PIB nos dépenses de défense."

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Marine Le Pen : "En matière de défense, personne ne nous dicte notre position. Parlons de la situation de nos militaires, de nos armées, ils sont à l'os : je propose de passer le budget de la Défense à 3% dès 2018." François Fillon bondit  : "Vous n'êtes pas raisonnable, vous parlez de milliards que vous n'avez pas."

"Je prends le problème par l'autre bout : je veux être le président de la paix", affirme Mélenchon.  "C'est le moment de négocier les frontières. Je ne veux pas être aligné derrière les empires, entraîné dans le jeu des alliances automatiques. Je suis pour la maîtrise de nos armes, et pour notre autonomie."

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23h15 : sujet suivant, ça va vite, très vite : le modèle social et la santé.

Pour le candidat du PS, "il faut interdire les perturbateurs endocriniens et agir contre toutes les formes d'attaques qui endommagent la santé". Hamon ajoute qu'il faut "s'attaquer au inégalités de soins et aux déserts médicaux" ainsi que "détacher l'hôpital de ses objectifs de rentabilité pour se recentrer sur sa mission de service public".

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A sa gauche (politiquement), Mélenchon "en appelle à l'esprit des fondateurs de la Sécu" et dit souhaiter "un remboursement à 100% des frais de santé et un rapatriement des complémentaires dans la sécurité sociale". Faisant le constat que "pour la première fois depuis fort longtemps l'espérance de vie recule : comme on travaille plus longtemps, on vit moins longtemps", selon le candidat de la France insoumise, argument pour le rétablissement de la retraite à 60 ans.

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De l'autre côté de l'échiquier politique, Marine Le Pen souhaite également le retour de la retraite à 60 ans. "Quel gâchis de médicaments !", enchaîne-t-elle et pointe les médicaments déremboursés. "M. Macron avec la loi El Khomri vous supprimez la médecine du travail : de une visite tous les deux ans, on passe à une visite tous les 5 ans !." La candidate d'extrême-droite souhaite accorder la priorité au logement social pour les victimes d'affections graves et favoriser la prise en charge des enfants autistes.

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Fillon, lui, insiste sur la nécessité de "dé-ubreaucratiser le système de santé et (de) mettre les généralistes au cœur de ce système. Des généralistes qu'il faut mieux payer, au vu du temps d'études et avec lesquels il faut s'attaquer au problème des déserts médicaux".

En accord avec Fillon sur l'autonomie et la nécessité de simplification du système, Macron prône un meilleur système de prévention. Le candidat du mouvement En Marche ! propose que les étudiants en santé fassent un trimestre de prévention auprès de la population.

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23 heures : question complémentaire, "comment augmenter le pouvoir d'achat ?"

Benoît Hamon remet le couvert sur le revenu universel, son principal argument de campagne (il est le seul à le proposer). Un revenu qui "s'adresse d'abord aux femmes, à qui il faut permettre de concilier vie professionnelle et vie personnelle". Un chiffre : "35 milliards d'euros (le coût estimé du projet par les équipes du candidat, ndlr) injectés dans l'économie", conclut le candidat du PS.

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"Nous avons des contraintes", rétorque François Fillon. "Il faut d'abord augmenter des investissements et baisser les charges (ou les cotisations sociales, c'est selon, ndlr)". Le candidat propose aussi d'établir l'universalité des allocations familiales.

Emmanuel Macron : "Il faut d'abord des entreprises qui embauchent, et pour cela baisser les charges (ou les cotisations sociales, c'est selon bis, ndlr). (...) Je veux aussi transformer le financement de l'assurance-chômage." Selon lui, les soixante milliards d'euros d'économie permettront de faire des investissements et de supprimer la taxe d'habitation, "un impôt injuste".

Lire aussi : Pourquoi Macron veut "nationaliser" l'assurance chômage

Au tour de Mélenchon, qui considère qu'actuellement, "l'impôt est injuste" et qu'il "faut l'étaler sur 14 tranches (contre cinq actuellement). Toute personne touchant moins de 4.000 euros paiera alors moins d'impôts que sous le système actuel." Comprendre, l'effort sera transféré sur les tranches concernant les personnes plus riches.

Le Pen rappelle les hausses d'impôts pour les contribuables et les entreprises sous Hollande, et son prédécesseur Nicolas Sarkozy avant d'égrainer ses propositions : hausse de l'allocation adulte handicapé, hausse du minimum vieillesse, prime de pouvoir d'achat et baisse du prix des mutuelles.

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22h45 : après une courte pause "temps de cerveau disponible", retour plateau pour la question du chômage.

Pour le seul candidat à souhaiter ouvertement la fin des 35 heures :

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Pour réduire le chômage, il faut "négocier et renvoyer à l'accord d'entreprise et à l'accord de branche pour décider ce qui est mieux pour l'entreprise. La loi doit fixer un cadre", affirme Emmanuel Macron. "Il faut de la souplesse et de la liberté" pour créer des emplois, martèle l'ancien ministre de l'Economie, qui prévoit également de baisser les cotisations patronales et l'impôt sur les sociétés à 25%.

Benoît Hamon appelle à prendre la mesure du numérique ("qui est une bonne nouvelle") et se rendre compte qu'il y aura moins de travail pour les êtres humains. Pour le candidat du PS, le revenu universel qu'il propose permettra d'augmenter de 200 euros le Smic net sans toucher au smic brut. "Je serai le candidat de la feuille de paie", assure-t-il, reprenant le slogan de campagne d'Arnaud Montebourg lors de la primaire de la gauche.

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Répondant à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon dit être "contre un code du travail par entreprise pas plus qu'un code de la route par rue". Le candidat de la France insoumise veut créer 300 000 emplois en mer, 300 000 dans l'agriculture paysanne, 800 000 dans la transition énergétique.

Le Pen, dernière à intervenir, prône la mise en place d'un patriotisme économique, assorti d'une taxe aux frontières de 35% pour les produits issus d'usines délocalisées.

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22h25 : on passe au nucléaire, à l'énergie et donc à la pollution. Tout risque de s'enchaîner un peu plus vite. "On a pris du retard", alerte Anne-Claire Coudray.

Inaugurant la séquence, Hamon rappelle qu'il souhaite investir dans les énergies renouvelables et réduire la part de nucléaire dans le mix énergétique à 50% en 2025, alors que François Fillon juge que le nucléaire n'est pas une technologie du passé. Pour lutter contre la pollution, Marine Le Pen voudrait mettre l'accent sur les circuits courts dans l'alimentation. "Faire venir des produits de loin" n'a pas de sens, selon elle. Jean-Luc Mélenchon est le seul à vouloir sortir du nucléaire et passer au 100% renouvelable le plus rapidement possible, soit d'ici 2050.

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22h20 : "Certains d'entre vous sont concernés par des affaires, que ferez-vous pour moraliser la vie publique ?", constatent puis demandent les deux modérateurs.

Les "attaques persos" commencent, comme on dit. Mélenchon fustige les corrompus et les corrupteurs (et nomme directement Fillon et Le Pen) quand la candidate du FN pointe du doigt les pantouflards : "C'est encore pour moi j'imagine !", réagit Macron. Les candidats proposent pèle-mêle de rendre transparente la rémunération des élus, l'interdiction d'employer des membres de sa famille et davantage de sanctions pour les hommes et les femmes politiques condamnés.

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22h05 : les deux jounalistes de TF1 interpellent les candidats sur le discrédit croissant dont souffre la classe politique, alors que François Fillon a été mis en examen, que le FN est également empêtré dans les affaires et que l'abstention pourrait atteindre plus de 30%.

Jean-Luc Mélenchon, premier à réagir, détaille son projet de sixième république, qui posséderait plusieurs mécanismes pour remédier au problème, notamment l'assemblée constituante et le référendum révocatoire pour les élus.

Egalement partisan d'un changement de république , Benoît Hamon veut introduire un "49.3 citoyen". Il souligne également le fait qu'aucun don de sa campagne n'est issu de grands groupes. Macron, qui le prend visiblement pour lui, réagit et ironise sur le pseudo-renouvellement de la vie politique que souhaitent ses concurrents. Une nouvelle fois, il rappelle la création de son mouvement "neuf", qui ne dispose d'aucun élu. "C'est un problème", concède-t-il.

Marine Le Pen (tout comme François Fillon juste après elle), dit n'avoir "rien contre la Cinquième". De son côté, l'eurodéputée prévoit de baisser le nombre de députés et de sénateurs et de supprimer les intercommunalités et les régions, si elle accède à l'Elysée.

Pour le moment, le candidat de la droite et du centre François Fillon est plutôt effacé, dans les périodes de débat.

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21h55 : nouveau thème, qui promet une nouvelle fois d'être clivant : la laïcité. A noter que pour l'heure, le débat n'est pas vraiment un débat, chaque candidat se contentant d'énoncer ses propositions avec, au passage, quelques piques aux concurrents.

Voilà que ça s'anime (ils nous font mentir !) : Marine Le Pen attaque Emmanuel Macron sur la question du burkini, qu'il aurait soutenu. Le candidat du mouvement En Marche ! rétorque, un brin énervé. Lui est attaché à la laïcité stricte, assure-t-il, celle de la loi de 1905.

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21h45 : troisième sujet, l'immigration.

Emmanuel Macron débute par affirmer que la France doit "prendre sa part", non sans rappeler la fameuse phrase de Michel Rocard - souvent tronquée à "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" -, car "elle est très loin d'en avoir accueilli suffisamment". Il faut être "rigoureux, coordonné, mais en même temps en accord avec nos principes", résume-t-il.

Le candidat de la droite et du centre déplore le soutien d'Emmanuel Macron à la politique d'Angela Merkel, qu'il estime être un échec. Lui souhaite "réguler les flux" et rendre l'entrée sur le territoire le plus difficile possible. "Pour ce faire, il faut des quotas", assure François Fillon, et une "maîtrise de la souveraineté nationale".

Benoît Hamon rappelle que "nous n'accueillerons pas sans limite mais ce n'est déjà pas le cas. La proportion d'étrangers est stable depuis les années 1930".

Mélenchon ironise : "Vous pouvez inventer des quotas, mais si quelqu'un passe à travers, vous le jetez à la mer. Les gens ne migrent pas par plaisir." Même ici, en Europe, "un million de Grecsn d'Italiens et d'Espagnols sont partis". "Si nous étions dans ces mêmes conditions nous partirions aussi." "D'abord il faut arrêter les guerres et les traités commerciaux qui dévastent les pays concernés. Et prendre en charge les conséquences du changement climatique." Solution à la source des migrations donc, pour le candidat de la France insoumise.

Marine Le Pen  : "Je veux arrêter l'immigration. Il faut avoir des frontières nationales et mettre en place des pratiques dissuasives." Suppression de l'aide médicale d'Etat et des aides au logement, sont les solutions apportées.

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21h25 : insécurité et sécurité, désormais.

Marine Le Pen débute : fin des peines de substitution, de l'automaticité des remises de peine et davantage de considération pour la Police "exposée à de véritables guet-apens", assure-t-elle. La représentante du Front national en profite pour rappeler les 12.500 suppressions de postes dans la police nationale sous Nicolas Sarkozy.

Benoît Hamon sort ses principaux arguments de campagne concernant la sécurité et les relations entre les forces de l'ordre et la population : le rétablissement de la police de proximité, une prime aux policiers en zones urbaines prioritaires et l'expérimentation des récépissés pour les contrôles au faciès.

"Le mal-être des policiers est à son comble, mais en même temps une partie de la population a peur de la police", affirme Jean-Luc Mélenchon, qui pointe également la délinquance "en col blanc" et les 85 milliards d'euros qui échappent au fisc chaque année.

Concernant l'insécurité, "il faut raison garder. Il n'y a pas que cela", tempère Emmanuel Macron. Contre l'engorgement des tribunaux, il propose aux policiers de verbaliser davantage sur place. En parallèle, il insiste sur le fait d'appliquer réellement les peines.

Anne-Claire Coudray lance François Fillon sur l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans, proposition émise par le candidat de la droite et du centre. Fillon commence par estimer que la police de proximité ne pourra "rien" contre les cocktails molotov, avant de réaffirmer sa volonté d'abaisser la majorité pénale. Marine Le Pen, elle, pointe que l'idée avait déjà été émise par la droite en 2006. La candidat frontiste précise qu'elle retirera les aides sociales aux parents de délinquants mineurs. Pour Macron, Mélenchon et Hamon, l'abaissement de la majorité pénale est une mauvaise idée.

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21h15 : premier thème de société abordé : l'éducation.

Sur ce premier sujet, Emmanuel Macron, qui souhaite augmenter le salaire des professeurs travaillant en zones d'éducation prioritaire, et François Fillon se rejoignent sur la nécessité de renforcer les fondamentaux des jeunes élèves avant l'entrée en 6e et de mettre l'accent sur l'apprentissage.

Que nenni ! rétorque Jean-Luc Mélenchon, qui pointe le fait que les jeunes ne sachant ni lire, ni compter (les deux à la fois) à l'entrée au collège ne sont pas monnaie courante, et que l'apprentissage n'est pas la solution. L'école, qu'il souhaite entièrement gratuite, jusqu'à la cantine, doit permettre de s'élever et d'être "le marche-pied de l'égalité".

Laïcité, davantage de cours de français, fin du collège unique, Marine Le Pen est dans ses thèmes de prédilection. Citoyenneté, aussi : "S'il n'y a pas de paix et de calme à l'école il n'y a pas de transmission des savoir."

Le candidat du Parti socialiste Benoît Hamon insiste sur la mixité sociale et sur la limitation du nombre d'élèves à 25 élèves par classe en CP, CE1, CE2. "Il faudra pour cela recruter 20.000 enseignants supplémentaires." Comme un écho au 60.000 postes promis par François Hollande en 2012.

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21h05 : présentations faites par Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau, chaque candidat se présente pendant une minute trente, à tout de rôle, et répond à la question suivante : "Quel président serez-vous ?"

Premier candidat à prendre la parole, François Fillon commence par regretter l'absence des six autres candidats, règle "qui ne m'aurait pas permis de remporter la primaire". Jean-Luc Mélenchon se présente comme celui qui sera "le dernier président de la cinquième République", alors que le changement de République est au cœur de son programme, "un président écologique" et un "président social". De son côté, Emmanuel Macron dit vouloir introduire de "nouveaux visages" et de "nouvelles pratiques" dans le paysage politique, insistant sur son parcours et sur le caractère inédit de son mouvement En Marche !. "Je ne serai pas la vice-chancelière de Madame Merkel (...) ni la VRP de tel ou tel intérêt", affirme pour sa part Marine Le Pen. Hamon, lui, souhaite offrir un futur "désirable aux Français".

A noter que seuls Hamon et Mélenchon n'ont pas regretté explicitement l'absence des six autres candidats sur le plateau.

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Commentaires
a écrit le 23/03/2017 à 18:53 :
Hamon qui demande à Macron de certifier qu'il n'est pas influencé par de grands groupes boursiers ! Hamon ferait mieux de se taire, car sa femme est directrice de la relation publique du groupe LVMH. Traduisez : Directrice du lobbying auprès des pouvoirs publiques français et étrangers. Et pour ceux qui ne le savent pas, LVMH est un grand groupe boursier français.
Donc, sa femme pourrait influencer les choix du futur président de le République.
De plus, même si le Président ne s'occupe pas de l'attribution des marchés publiques, il peut avoir un accès aux offres des concurrents et les communiquer à sa conjointe.
Ceci dit, si Hamon était élu, il y a un super placement à faire LVMH (mnémo : MC) !
a écrit le 21/03/2017 à 11:48 :
La forme, plus que le fond.
Déjà, il manquait des candidats, pourtant tout aussi légitimes que les "vedettes" présélectionnées. Suivant quels critères, mystère ? une espèce de best off.

Une formule plus adaptée pour faire de l’audience, que pour un exercice démocratique.
Comme il est difficile de concilier grand spectacle et débats d'idées, cela déçoit. Il est même quasi impossible aux candidats d'argumenter sur des données économiques, ou de contredire des énormités. Et aux journalistes (ou animateurs) d’établir des comparatifs chiffrés des programmes.

Combien couterait la sortie de l'Euro, combien de destruction d'emplois, combien d'années de récession ? Que va réellement coûter le revenu universel, où sont passées les réformes ? faut il supprimer ou créer des postes de fonctionnaires, etc...

A se demander si on veut élire le dirigeant d'un pays, ou la nouvelle star ?
Et encore, pour la nouvelle star les candidats ont le droit d’être évalués par des professionnels, là c'est tout de suite le vote du public.

Heureusement, il y des émissions sérieuses et des journaux pour pouvoir juger sur le fond et non sur la forme.

Quoi que, à ce rythme là, avec toutes les affaires en cours et le mépris qu'ont certains candidats pour la justice, on risque bientôt de le toucher le fond.

Le pire étant, que cela n’émeut même plus une partie des Français.
a écrit le 21/03/2017 à 11:38 :
Ce débat ne m’a rien appris, compte tenu du fait ,que j’ai déjà détaillé chacun des programmes sur le net. Encore une fois ce genre de représentation à 5 prétendants ou plus, ne permet pas de débattre sur le fond de chacun des sujets, mais ne sert qu’à afficher une posture. Une seule constatation, la très mauvaise prestation de MLP, qui a fait transparaître son incompétence en matière de connaissances macroéconomiques. J’ai une petite préférence pour le premier tour, mais je garde en réserve ce qui me servira à coup sûr, à moins d’une grosse surprise, à savoir un bulletin blanc pour le deuxième tour.
a écrit le 21/03/2017 à 10:40 :
Macron avec ses emportements l'ont fragilisé. Ses présentation très techno ont ébranlé sa posture de rénovateur en chef de la vie politique. Plus Fillon remontera plus Macron baissera.
a écrit le 21/03/2017 à 10:36 :
Pas grand chose ressort de ce débat et les électeurs auront intérêt à sélectionner leur candidat en fonction des trois à cinq thèmes qui seront pour eux important. Ensuite, avec un tableau, de cocher le candidat qui y répond le mieux et clairement (pas de promesse, ni de flou) ensuite on compte le nombre de croix est le choix est fait.
a écrit le 21/03/2017 à 10:23 :
L'énarque Macron est un Hollande bis dans toute sa splendeur! Un énarque avec un vide sidéral une immense trainée de blabla des phrases creuses "je pensais comme vous j'allais le dire" Il change d'avis comme de chemise. macron c'est le renoiuvellement le changement dans la continuité.
a écrit le 21/03/2017 à 9:04 :
Ce débat a surtout permis de comprendre que le ministre de l'économie de François Hollande est une coquille vide, sans convictions, à part les éternelles formules creuses, Emmanuel Macron est bien le digne héritier de Hollande, c'est que je retiens en fait. On prend les mêmes et on recommence...
a écrit le 21/03/2017 à 8:47 :
IL est vrai que les faits divers sont le terreau sémantique du front national qui n'a rien à dire en fait, ou l'inverse tout et son contraire et remarquons également comme le fait divers passionne les médias télévisés également.

Du Spectacle, du bruit, de la lumière, de la fureur, bref de la forme et jamais de fond.

Par ailleurs seulement 5 candidats sur 11 et pas les meilleurs au contraire les plus oligarco-compatibles, on ne peut que rester sur sa faim sur ce manque désastreux de propositions progressistes.

Deux candidats d'extrême droite, un candidat de droite, un candidat centriste et un de gauche il faut dire que le débat était franchement déséquilibré.
a écrit le 21/03/2017 à 7:50 :
Et le ministre de l'Intérieur, Bruno LE ROUX, qui a salarié ses filles mineures, lycéennes et étudiantes comme attachées parlementaires (pas "commis d'été), cela n'intéresse toujours pas les journalistes qui ont tant battu le tocsin pour François FILLON ? Ne faisons pas deux poids-deux mesures, SVP. Le débat aurait dû être l'occasion d'engager cette démarche...
a écrit le 21/03/2017 à 7:00 :
Grande deception pour ce débat...

Mélenchon: on se croyait au marché, voire au bar de quartier

Hamon: ses recettes idéalistes ( on travaille moins, on instaure un revenu universel) sont tout simplement hallucinantes. Du PS tout craché..

Fillon: il n'est plus le même, en retrait. Il sent que c'est déjà fini. Et pourtant, il me semble le plus à même à être Président de la République...et arrêtons de parler affaires, regardez ce qui se passe à Le Roux!!!

Macron: tantôt à gauche, tantôt à droite..On ne comprend pas grand chose

Le Pen: le même discours, mais les recettes ne sont pas les bonnes
a écrit le 21/03/2017 à 5:58 :
Macron c'est une facade en carton....

il devra retenter sa chance quand il aura plus de poils au menton.

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