Que doit l'économie française aux investisseurs étrangers ?

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François Hollande préside ce mardi le Conseil supérieur de l'attractivité
François Hollande préside ce mardi le Conseil supérieur de l'attractivité (Crédits : REUTERS/Christophe Ena/Pool)
Les investissements directs étrangers en France ont permis de créer ou de maintenir 33.682 emplois en France en 2015. Un chiffre en hausse de 29% par rapport à 2014.

L'ambiance devrait être bonne ce mardi au Conseil supérieur de l'attractivité, présidé par François Hollande, le président de la République. Selon Business France, 962 décisions d'investissement ont été enregistrées en 2015. Certes, c'est un peu moins qu'en 2014, année au cours de laquelle 1.014 projets avaient été recensés. Mais en terme de créations d'emplois, le millésime 2015 est d'une meilleure tenue. L'année dernière en effet, 33.682 emplois ont été créés ou maintenus grâce aux investissements directs étrangers (IDE). Soit 29% de plus qu'en 2014. Ce qui représente 19 décisions prises chaque semaine. Le french bashing serait donc inefficace à décourager les investisseurs ?

Avec ce résultat, la France devrait conserver sa place dans le trio de tête européen avec l'Allemagne et le Royaume-Uni qui ne présenteront leurs bilan qu'en juin. Elle devrait aussi conserver sa place en haut du podium pour les investissements industriels sur le Vieux Continent. Les IDE industriels représentent en effet 30% du total des projets, soit 16.168 emplois. L'industrie tricolore que l'on dépeint comme déclinante semble donc avoir de beaux restes...

Quant aux centres de recherche et développement, ils représentent 9% des projets, attirés "par le paquet 'innovation' que constituent notamment nos talents, le crédit impôt recherche et nos écoles", précise Muriel Pénicaud, la directrice générale de Business France dont les équipes ont accompagné 522 projets sur les 962 enregistrés.

L'Oncle Sam est notre ami

Précisément, sur ce nombre global de projets, 476 sont des créations, 384 des extensions de sites existants et 92 des reprises. Ces dernières, et notamment celles des entreprises Arc et Actissia, ex-France Loisirs ont permis de maintenir 13.198 emplois. Les créations et les extensions ont permis de créer 11.815 emplois, un chiffre en hausse de 8% sur un an. Ce nombre de postes représente 15% des 82.300 emplois nouveaux créés par l'économie française en 2015.

Quels sont les  principaux investisseurs en France ? La répartition géographique est stable. Avec 18% des projets, les Etats-Unis restent les premiers investisseurs en France, suivis par l'Allemagne (15%) et l'Italie (9%). La "part de marché" de la Chine est de 4,5%, en hausse de 1,5 point sur un an. Six nouveaux investisseurs sont venus s'installer en France : l'Islande, Oman, le Koweït, la Grèce, Chypre, le Liban, et... la Syrie.

 Autre bonne nouvelle, le nombre de quartiers généraux Europe et monde augmente. Business France observe 27 investissements de ce type, contre 16 en 2014.

La question fiscale

Ces chiffres sont une bonne nouvelle pour l'économie française. Pour mémoire, les 20.000 filiales étrangères installées en France représentent 12% de l'emploi marchand, 32% des exportations, 19% du chiffre d'affaires de l'économie privée, dont 29% dans la seule industrie.

Comment maintenir cette dynamique en 2016 ? Les mesures déjà annoncées, comme le passeport Talent d'une durée de quatre ans qui sera accordé très rapidement aux impatriés et à leurs familles, devraient séduire et attirer de nouveaux investisseurs. Chez Business France, les "arguments de vente" du site France devraient encore se concentrer sur la réalité de la situation fiscale en France. Si le taux de l'impôt sur les sociétés s'élève officiellement à 33,3%, ce qui est un handicap important compte tenu de la concurrence dans ce domaine, on tient à rappeler que le taux moyen de l'IS est de 24%. Pour les grands groupes, grâce à une solide stratégie d'optimisation fiscale tout à fait légale, il peut tomber à 8%... So French !

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Commentaires
a écrit le 23/03/2016 à 14:50 :
C'est simple, 32 000 emplois créés.
a écrit le 23/03/2016 à 12:21 :
Le Quatar et l'Arabie Saoudite ont investi dans certaines associations cultuelles en France et en Belgique...
a écrit le 23/03/2016 à 8:30 :
33.682 emploies creés en 2015 ...! waou !
et , vous nous dites : ..." l'ambiance devrait etre bonne au Conseil sup. de l'activité "...
c'est une blague j'espere !
a écrit le 22/03/2016 à 19:30 :
L'année prochaine, il ne faudra pas oublier de compter les destructions d'emplois chez Alstom suite à son rachat par GE, chez Alcatel suite à son rachat par Nokia, chez Lafarge suite à son rachat par Holderbank (sous couvert de fusion). Sinon, les commentaterus continueront à nous bassiner avec les créations d'emplois par les investissement étrangers alors qu'il y a avant tout des rachats d'entreprises se traduisant par des pertes d'emplois.
Je me pose quand même la question si ce type de suppression d'emplois quelques années suite à un rachat par une entreprise étrangère sont bien comptabiliser dans les chiffres que vous donner ci-dessus. Je suppose que non sinon les supressions d'emploi chez Péchiney, Arcelor Mittal, ... .
a écrit le 22/03/2016 à 11:13 :
Aux investisseurs ou aux boursicoteurs? A moins que cela soit aux joueurs de casino! Tout peut disparaitre du jour au lendemain!
Réponse de le 25/03/2016 à 5:27 :
Je t'aime fabin
a écrit le 22/03/2016 à 8:33 :
Je croyais que c'était Montebourg qui avait sauvé 99% des emplois menacés

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