Santé : nouvelles mesures pour calmer la colère des professionnels

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Manuel Valls et le gouvernement sont en froid avec les professions médicales, notamment les médecins libéraux, en raison de l'adoption de la Loi Santé.
Manuel Valls et le gouvernement sont en froid avec les professions médicales, notamment les médecins libéraux, en raison de l'adoption de la Loi Santé. (Crédits : REUTERS/Martin Bureau/Pool ()
Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre de la Santé Marisol Touraine ont annoncé un numérus clausus régionalisé, une aide aux femmes médecins enceintes et un soutien financier aux étudiants paramédicaux.

La Grande conférence de santé, jeudi 11 février, s'est déroulée au Cese dans un contexte particulier. Les cinq principaux syndicats de médecins libéraux ont boycotté l'événement pour souligner notamment leur opposition à la Loi Santé, adoptée jeudi 17 décembre. Cette conférence de santé "est une mascarade médiatique", avait notamment lancé le docteur Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France.

Au cours de l'événement, le Premier ministre Manuel Valls a multiplié les marques d'attentions envers les professionnels de santé à travers un discours lénifiant. Il s'est dit conscient des conditions de travail de la profession, difficiles entre "les heures supplémentaires, l'écoute de la souffrance et les responsabilités". Et a ensuite remercié le monde médical à la fin de son discours, en énumérant les professions une par une. Mais avec la ministre de la Santé Marisol Touraine, le chef du gouvernement a également promis l'application de plusieurs mesures concrètes pour apporter des solutions aux déserts médicaux ou pallier les lacunes dans la formation. Revue de détail.

Un numerus clausus adapté aux réalités ?

Contre les déserts médicaux, le gouvernement a annoncé la régionalisation du numerus clausus "pour qu'il soit plus en adéquation avec la réalité nationale", d'après Manuel Valls. Ainsi cette mesure déjà expérimentée fin 2015 dans une dizaine de régions déficitaires sera poursuivie. Le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine à l'issue du concours sera fixé par région, en fonction des besoins de santé afin d'optimiser le maillage des professionnels de santé sur le territoire.

Une aide pour les femmes médecins enceintes

Pour encourager l'installation des femmes médecins notamment, une "protection maternité" sera mise en place. Il s'agit d'une aide de plus de 3.000 euros par mois pendant trois mois qui sera délivrée aux femmes médecins enceintes (en plus de l'actuelle allocation forfaitaire) qui exercent "en secteur 1 et 2 à tarif régulé", c'est-à-dire ne pratiquant pas les dépassements d'honoraires ou bien qui se sont engagées à les limiter via un contrat d'accès aux soins. Environ 15.000 femmes en âge de procréer pourront bénéficier de cette mesure.

Mettre fin à la situation inégalitaire des étudiants paramédicaux

Sera également appliqué le renforcement des prestations sociales des étudiants des formations paramédicales, "qui doivent être traités comme les autres étudiants universitaires sur le plan social", juge Manuel Valls.

"Le ministère de l'Enseignement supérieur mettra tout en œuvre pour que d'ici la rentrée prochaine", explique-t-il.

Progressivement, leurs droits seront alignées sur ceux des autres étudiants universitaires (restauration collective, logement étudiant bibliothèques universitaires, etc). Les exécutifs régionaux seront notamment "sensibilisés" à l'utilité d'un travail de convergence des droits aux bourses, très disparates pour les étudiants paramédicaux.

Dans le même esprit, le gouvernement prévoit d'étudier les "conditions de déploiement d'une offre publique de formation pour toutes les professions de santé", afin de corriger les inégalités que subissent les étudiants des formations paramédicales, souvent délivrées dans des établissements privés à des tarifs exorbitants.

Travail entre médecins et paramédicaux

Autre mesure : favoriser le travail en équipe entre médecins et paramédicaux (les auxiliaires médicaux entre autres). Cela passera par la mise en place de temps de formation théorique et pratique (étude de cas, stages interprofessionnels ou croisés) regroupant les étudiants des différentes filières de santé. Manuel Valls espère "une feuille de route dans les six mois" pour cette mesure.

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Commentaires
a écrit le 12/02/2016 à 18:17 :
16 mois à s'employer à calmer la colère, à passer de la pommade, à éviter les contorsions trop douloureuses, à faire le grand écart, à entendre, à écouter, à promettre, à distribuer, le tout uniquement pour éviter une dernière branlée qui sera bien méritée !!
a écrit le 12/02/2016 à 13:23 :
Clair qu'un médecin est comme tout le monde : il ne gagne jamais assez...
a écrit le 12/02/2016 à 10:03 :
Si nos syndicalistes avaient un peu de courage, ils mettraient un terme au conventionnement dont il faut rappeler que le Pr Lortat-Jacob, alors Président du Conseil de l'Ordre quand il fût signé, ne voulait pas; mais il céda sous la pression du gouvernement d'alors. Belle prémonition de ce médecin; quant au résultat, la descente de l'économie médicale (investissement, raréfaction des effectifs, confusion entre la notion d'assurance et le questionnement médical...) , l'endettement chronique et inflationniste du pays pour financer un système de santé délétère, parlent tout seul. L'esprit d'assistance, ainsi généré, a mis de coté tous les aspects préventifs de la fonction médicale, qui elle demande du temps de consultation, la participation active du patient, ...
La seule certitude qu'à le gouvernement (depuis 40 ans) , est l'absence de courage des médecins qui grognent mais ne mordent pas. Car le courage, n'est pas la qualité la plus fréquente chez l'homme.
Réponse de le 12/02/2016 à 10:49 :
"un peu de courage" rien ne vous oblige à être conventionné ...alors faites preuve de "courage" et déconventionnez vous et expliquez à vos patients qu'ils seront remboursés sur le tarif d'autorité .
"courage....qualité...chez l'homme " et chez vous à titre personnel qu'en faites vous ?
a écrit le 12/02/2016 à 9:54 :
Et si on parlait des grandes magouilles du prix des médicaments et vaccins ?
Réponse de le 12/02/2016 à 12:14 :
En France, les médicaments sont, pour la plupart, nettement moins cher que dans les autres pays européens. Faites l'expérience ! Bien sûr, ils sont plus chers que dans des pays pauvres, mais là-bas , il n'y en a pas ou peu. Il serait plus intéressant de réfléchir au coût de notre sécurité sociale comparée aux autres pays! Mais cela, il ne faut surtout pas en parler .....
a écrit le 12/02/2016 à 9:47 :
Et l’hôpital ? Quand est-ce que la santé française va retrouver enfin un niveau digne ?

La privatisation des services hospitaliers n'est elle pas en train de faire crever la santé ?

Est-il normal de sacrifier la santé des gens au nom de cette dette venue de l'espace particulièrement illégitime ?

Vous êtes en train de bâtir l'empire du capitalisme pour les mille ans à venir mais auriez-vous des échantillons correctes pour une fois à nous proposer ?
a écrit le 12/02/2016 à 9:37 :
Touraine ne représente plus rien et n'a plus de crédibilité ....depuis longtemps.

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