Un Grand Paris des PME est-il possible  ?

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Les PME veulent se faire une place dans l'attribution des marchés publics du Grand Paris.
Les PME veulent se faire une place dans l'attribution des marchés publics du Grand Paris. (Crédits : CC0 Public Domain)
Les PME craignent d'être les grandes oubliées du Grand Paris. La sphère économique francilienne s'organise pour les intégrer.

Les petites et les moyennes entreprises (PME) pourront-elles tirer profit de l'avènement du Grand Paris ? Pour la pérennité de l'économie francilienne, il semble fondamental qu'elles s'intègrent à ce projet mirobolant, structuré par la création du Grand Paris Express piloté par la Société du Grand Paris (SGP), et qui prévoit de doubler la taille du métro francilien à l'échelle de l'agglomération.

Le Grand Paris devrait en effet générer a minima 60 milliards d'euros de PIB supplémentaires à long terme pour la région Île-de-France, voire plus de 100 milliards d'euros selon des hypothèses des économistes les plus optimistes. Le projet devrait même permettre une hausse à terme du PIB francilien de 10 à 15 points, et de 3 à 5 points du PIB national. Mais pour les PME, ces belles promesses ne sont pas l'essentiel.

« On ne convainc pas une PME avec uniquement des arguments macroéconomiques », faisait remarquer Jean-François Stoll, conseiller du président de la SGP, lors d'une table ronde organisée lundi matin à la CCI Paris Île-de-France.

Peu de visibilité de long terme pour les PME

En effet, « le Grand Paris est un projet de longue haleine, or les carnets de commandes des PME n'excèdent pas quelques mois. Il y a donc un décalage entre cette vision de long terme et le temps court des PME », notait lors de cette même matinée Jean-Marc Médio, président de la PME Parenge, spécialisée dans les travaux publics.

Pour rassurer le tissu des PME franciliennes, la sphère économique régionale s'organise donc autour de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) pour mieux informer les entreprises des projets en cours par le biais d'une plateforme digitale, mais aussi de conseillers dédiés rattachés à la CCI dans chaque département d'Île-de-France. De quoi élever le degré d'information du tissu d'entreprises locales.

Rapidement, elles pourraient donc profiter de l'activité générée par le Grand Paris Express, qui représente 30 milliards d'euros d'investissements publics, et prévoit la création de quatre lignes de métro supplémentaires, et va permettre la construction de 68 nouvelles gares.

Les PME ne feraient pas le poids face aux grandes entreprises

Or, « sur le tracé du Grand Paris Express, il y a 160.000 PME déjà implantées ! », remarque Jean-François Stoll. Impossible donc d'en ignorer l'existence. Logiquement, ces PME demandent à être mises en réseau pour pouvoir avoir accès aux marchés publics. La préférence locale étant en effet strictement interdite par la loi dans l'attribution des marchés publics, elles craignent de ne pas faire le poids face aux grandes entreprises du BTP.

« Nous avions la crainte de passer à côté des projets du Grand Paris, et que les marchés soient réservés aux majors...  », confirme Jean-Marc Medio.

Certes, la SGP recommande pour ses marchés le respect de la part de 20% de travaux réservés aux PME. Mais cela n'est pas toujours aisé sachant que les attributions de marchés publics représentent des commandes de plusieurs milliards d'euros chaque année.

Favoriser les PME ?

D'où l'intérêt pour la CCI de favoriser la mise en relations des PME qui créent des emplois pour qu'elles puissent avoir accès à des marchés publics en lots séparés.

« Nos entreprises font des petits travaux qui, mis bout à bout, font les grands projets », note Emmanuel Pain, patron de la PME Urban TP.

Reste désormais à s'entendre pour mettre concrètement en œuvre ses belles intentions. Une nécessité à un moment où le taux de chômage est toujours de 8,6 % dans la région capitale, un niveau supérieur de 2,3 points à son point bas d'avant-crise (6,3 % début 2008), et que le nombre de défaillances d'entreprises est toujours aussi élevé qu'au moment de la récession.

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a écrit le 14/03/2017 à 14:18 :
Il faudra déjà que les élus, promoteurs, gestionnaires de biens, etc. revoient sérieusement leurs loyers à la baisse.
Recherchant depuis 2 ans un local pour boulangerie dans l'un de ces nombreux quartiers en développement, j'assiste à la déconnexion entre les beaux discours, les belles intentions, et la réalité des PME. Les loyers pratiqués, y compris dans des banlieues populaires, nécessitent des PME-locataires qu'elles fasses des bénéfices inatteignables. Dans TOUS ces quartiers, vous pouvez déjà être témoins de boites qui ferment après un an ou deux d'activité. La plupart tournaient plutôt bien, mais cette charge incompressible qu'est le loyer les condamne a court terme.
Depuis que j'ai commencé mes recherches de locaux, à chaque fois que je me suis ravisé face au montant du loyer, c'est une grosse chaine (type Brioche Dorée) qui a fini investir les lieux.
La boulangerie à papa, c'est fini : vous aurez des chaines qui vendent du surgelé pour le bas-peuple, et des Maîtres-Pâtissiers dans les quartiers huppés.
Réponse de le 15/03/2017 à 15:12 :
Vous êtes loin du compte.
A Argenteuil,les Elus ont baissé les bras;
résultat,le commerce, est monopolisé par le monde Immigration.
Il n'y a pas de métiers de bouche digne pour français moyens!!!
Quand aux PME,elles sont en fuite après avoir lus la taxation,que ces mêmes Elus PS/LR font appliquer.
résultat Chômage,insécurité,ville fantôme,sans âme.,et Elle veut s'inscrire dans le Grand Paris!!!

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