Une dirigeante de BPI France à la tête de Business France ?

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Qui succédera à Muriel Pénicaud à la tête de Business France ?
Qui succédera à Muriel Pénicaud à la tête de Business France ? (Crédits : DR)
Selon nos informations, Fanny Létier, actuellement directrice exécutive chez BPI France, pourrait être nommée à la direction générale de l'agence publique en charge de l'export et de l'attractivité.

Ils étaient quatre finalistes. Pour occuper la direction générale de Business France, l'agence publique en charge du soutien à l'export et de l'attractivité : Fanny Létier, directrice exécutive, direction Fonds propres PME et en charge de la coordination de l'accompagnement chez BPI France, Pascal Cagni, le fondateur de C4 Ventures et ancien président d'Apple Europe, Christophe Lecourtier, l'ancien directeur général d'Ubifrance entre 2008 et 2014 et Fabrice Etienvre, qui fit un passage à Bercy et à l'Agence française des investissements internationaux (AFII) aujourd'hui chez SNC Lavalin étaient en lice.

Selon nos informations, c'est Fanny Letier qui tiendrait la corde, pour prendre le relais de Frédéric Kaplan qui assure la direction générale par intérim depuis le départ de Muriel Pénicaud au ministère du Travail, en juin.

Quel est son parcours ? Formée à Sciences Po et à l'ENA - elle faisait partie de la même promotion (2002-2004) qu'Emmanuel Macron et Boris Vallaud, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée lors du quinquennat précédent - elle a d'abord intégré la direction générale du Trésor, où elle s'occupait de la régulation du secteur des assurances, avant de rejoindre Bruxelles en tant que conseillère aux finances. Elle a ensuite rallié BPI France.

Des questions en suspens

Cette nomination - que ce soit celle de Fanny Létier ou pas - ne résout pas toutes les questions qui entourent l'avenir de Business France, par ailleurs secouée par l'affaire CES Las Vegas. L'agence est en effet visée par une enquête préliminaire, ouverte en mars 2017 par le parquet de Paris, pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme dans le cadre d'un déplacement d'Emmanuel Macron en janvier 2016 au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas en janvier 2016.

Ses salariés sont inquiets. Ils sont environ 1.300 dans la partie Export et environ 200 - la plupart dans les bureaux à l'étranger - dans la partie Attractivité.

Rappelons que le candidat Macron avait à plusieurs reprises déclaré son intention de simplifier Bpifrance et Business France lors de la campagne présidentielle, dans un souci d'améliorer l'efficacité de leurs actions.

Plusieurs hypothèses sont sur la table

L'agence créée en janvier 2015 grâce à la fusion d'Ubifrance, qui centralisait le soutien public à l'export, et de l'Agence française des investissements internationaux (AFII) en charge de l'attractivité, pourrait être réformée. Plusieurs hypothèses sont sur la table, évoquées au niveau interministériel entre Matignon et le tandem Bercy-Quai d'Orsay qui ont la tutelle de Business France.

Première hypothèse, l'agence, dont le budget annuel est d'environ 100 millions d'euros, est démembrée, ce qui permettrait de faire des économies.

La partie export (ex-Ubifrance) pourrait être intégrée à Bpifrance, la banque publique d'investissement, qui compléterait ainsi son champ de compétences. Business France compte déjà Bbifrance parmi ses clients. Elle lui facture déjà des prestations d'accompagnement à l'international. Par ailleurs, depuis mai 2013, Bpifrance, Ubifrance - puis Business France -, la Coface et les régions de France collaborent au sein de Bpifrance export, une structure qui réunit sous un même label les organismes publics chargés d'accompagner les entreprises à l'export. L'arrivée de Fanny Létier chez Business France pourrait accélérer le rapprochement, voire la fusion, entre les deux entités.

Quelle gouvernance ?

Reste ensuite à savoir quel seront exactement les contours du poste de Fanny Létier, si elle est effectivement retenue. Comme Muriel Pénicaud, cumulera-t-elle les fonctions de président et de directeur, avec rang d'ambassadeur ?

Un président exécutif ayant rang d'ambassadeur peut-il être nommé, pour conduire avec elle, les réformes structurelles auxquelles ne devraient pas échapper Business France ?

Jusqu'en 2015, un président issu de la classe politique siégeait au conseil d'administration. Jean-Paul Bacquet, le député PS du Puy-de-Dôme fut le dernier en date, avant que Muriel Pénicaud cumule la fonction de directrice générale et d'ambassadeur.

Une trentaine de personnes seraient sur les rangs. Plusieurs noms circulent parmi lesquels celui de Ross McInnes, ex-banquier (Kleinwort Benson, puis Continental Bank, devenue Bank of America), ex-industriel (Safran) actuellement ambassadeur économique de l'Île-de-France, et celui de Philippe Mangeard, industriel, président de l'Agence de notation extra-financiére TK'Blue, du Club d'affaires international JKPM. Il a occupé la vice-présidence d'Ubifrance entre 2006 et 2015.

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Commentaires
a écrit le 27/07/2017 à 15:47 :
Une énarque qui tient la corde pour stimuler l'innovation, l'entrepreneuriat, les start-up, ... Dramatique ! Ce sont les fournisseurs de petits fours qui vont être heureux ...
Fondamentalement, pas un seul CV convaincant pour diriger ce machin coûteux.
a écrit le 27/07/2017 à 8:33 :
Tiens, on vient d'apprendre que Muriel Pénicaud a réalisé en 2013 une plus-value de 1,13 million d’euros sur ses stock-options en tant que dirigeante de Danone, profitant de la flambée en Bourse qui a suivi l’annonce de 900 suppressions d’emplois du groupe en Europe.Plus d’un million d’euros de plus-values boursières par un simple jeu d’écritures : c’est la somme gagnée en une journée par Muriel Pénicaud comme directrice générale des ressources humaines (DGRH) chez Danone.
Réponse de le 28/07/2017 à 5:41 :
Vous avez du mal lire , ou mal ecouter ...à moins que , vous ne mentiez : mme Pericaud à " gagnés " ses stock-options au cours de sa carrière chez Danone ...c'est à dire en 6 ans . ( pas en une journée comme veulent le laisser entendre certains ...bien intensionnés ) .
Réponse de le 28/07/2017 à 6:06 :
Oui mais les Ouvriers il va falloir se serrer la ceinture, quelle bande. Quand la colère va-t-elle monter ??? Lamentable.
a écrit le 27/07/2017 à 6:01 :
"L'entre soi" continue. Les gogos qui pensaient qu'avec le micron les choses allaient evoluer se sont trompees. Rien ne change, jamais, surtout en France.
a écrit le 27/07/2017 à 5:51 :
M. Macron montre que le changement perdure dans le non changement. BPI les plus belles augmentations de salaire et les plus belles notes de taxi. Après l'affaire en cours sur les frais de Las Vegas cette nomination du lobby ENA/ S.po montre que l'on serre les coudes dans la caste. La popularité va devenir de plus en plus négative. Après les discours pompeux mais creux, les dépenses inutiles , congrès de Versailles, le mépris pour un serviteur réel de la France affaire du CEMA..... le Président montre sa limite dans la régularité dans la gouvernance à la française.
Réponse de le 28/07/2017 à 5:44 :
...entre amis ...? pensez vous serieusement que , avec le vent reformateur qui s'est mis à souffler , depuis 2 mois , beaucoup de ses " planques " vont resister longtemps ???
a écrit le 26/07/2017 à 14:14 :
Encore une arnaque socialiste formatée ...!D'ailleurs, la France au 21ème siècle avait 'elle besoin d'une nouvelle banque d'état ...?? ok ,maintenant , vu sous l'angle ...du système planqué/casé les copains et copines de la nomenklatura improductive , disons qu' à la limite.... c'était très vaguement compréhensif ...bien que, pourquoi ...? la Ségolène Royale fut nommer vice-présidente ...? est-ce pour ses compétences bancaires ...? où favorisez le népotisme et à quel prix ...? et avec l'argent de qui .................?

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