Accueillir les JO n'est pas un cadeau !

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(Crédits : DR)
La course à l'obtention des Jeux olympiques s'accompagne toujours de promesses mirobolantes de la part des villes candidates, qui sous-estiment les coûts d'organisation.

Une douce euphorie semble traverser Paris après l'annonce de sa candidature pour les Jeux olympiques (JO) de 2024. L'idée d'accueillir un tel événement, qui attire l'attention du monde entier comme aucun autre, peut faire rêver. La perspective de vivre des émotions sportives intenses durant deux semaines poussera certainement les plus grands férus de sports à soutenir Paris dans cette démarche. Dont acte.

Mais l'engouement autour de la candidature de la capitale doit nécessairement être tempéré à la lumière de l'histoire. Car, à l'enthousiasme du dépôt d'une candidature olympique succède souvent le désarroi, une fois l'événement achevé. Nombre de villes ont connu de grandes difficultés financières après avoir accueilli les JO.

Les gouffres des exemples passés

Deux exemples ont notamment marqué les esprits : Montréal en 1976, où les contribuables ont découvert dès la clôture des Jeux qu'ils auraient à payer pendant trente ans des taxes locales spéciales afin de couvrir le déficit engendré par le financement des JO. Et Athènes en 2004, point culminant des errements d'une caste dirigeante déconnectée de la réalité de son peuple.

« La ville d'Athènes n'a cessé d'augmenter ses emprunts publics pendant la préparation des Jeux, l'accueil des JO étant partiellement à l'origine de la dette publique grecque actuelle », explique dans une étude l'économiste Wladimir Andreff, professeur à l'université de Paris I.

Une grande partie des installations sportives destinées aux JO d'Athènes ont même été laissées à l'abandon.

En fait, la quasi-totalité des comités d'organisation des JO a opté pour une fuite en avant. Les travaux de Waldimir Andreff démontrent que le coût des jeux croît au fur et à mesure que l'événement sportif approche. Les coûts initiaux annoncés ont été largement dépassés, de plus de 30% « à Montréal en 1976, Séoul en 1988, Calgary en 1988, Barcelone en 1992, Athènes en 2004, Turin en 2006, Pékin en 2008, Londres en 2012 et Sotchi en 2014 », détaille l'économiste. Et si les coûts sont en général sous-estimés, ce n'est en rien parce que le CIO, qui attribue les Jeux, le demande : Rio pour 2016 et Londres pour 2012 présentaient des projets dont les coûts annoncés étaient deux fois supérieurs à ceux de leurs adversaires, et ils l'ont emporté.

Éblouir le CIO tout en plaisant aux Franciliens

Pour obtenir les Jeux, il faut en fait élaborer un projet qui éblouisse les membres décideurs du CIO. Or, politiquement, les villes ne peuvent se permettre d'afficher des coûts d'organisation trop importants, ne serait-ce que vis-à-vis de leurs administrés. « Un critère de coût minimal entre, jusqu'à un certain point, en conflit avec la maximisation de la qualité mirifique des Jeux », confirme Wladimir Andreff.

Paris ne pourra pas déroger à cette règle, même si le coût global des Jeux devrait être limité, car beaucoup d'infrastructures sont déjà construites (Stade de France, vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, Roland-Garros, etc.). Reste à savoir si le projet plaira aux Franciliens. Un sujet majeur.

En effet, à Chicago en vue des JO de 2016, ou à Munich, pour ceux de 2022, les habitants ont réussi à faire retirer la candidature de leur ville. De même pour Boston, dont les citoyens ont forcé le maire à jeter l'éponge pour les jeux de l'été 2024, renforçant du coup les chances de Paris... Pour l'instant, les Franciliens n'ont pas été sondés par les pouvoirs publics. Pas sûr que ces derniers prennent ce risque...

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>>> VIDEO Intervention liminaire de Claude Bartolone lors du Hub du Grand Paris, un évènement La Tribune

>>> DEBAT JO 2024 : quels leviers pour accélérer le Grand Paris ?

Pour en débattre, Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale ;  Pascal Chabot, membre du Directoire, Caisse d'Epargne et Christian Saint-Etienne, économiste.

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Commentaires
a écrit le 19/12/2015 à 11:55 :
On n'en veut pas des JO. Les J.O. ont toujours été une opération de tonte du contribuable au profit de quelques oligarques.
Les JO c'est un truc parfait pour les dictatures. Donc que l'organisation des JO se fassent alternativement au Qatar, en Chine et en Russie et qu'on nous foute la paix avec ça.
a écrit le 16/09/2015 à 7:53 :
On a pas les moyens tout simplement .... pourvu que la France ne soit pas sélectionnée pour les JO !
a écrit le 16/09/2015 à 6:53 :
Sommes nous en l'an 15? L'empereur décide que le peuple doit payer des "jeux du cirque". Devons nous payer pour des "religions" dans les quelles je ne crois pas.?Nous devons protéger la planète. Devons nous gaspiller des matériaux dans des cathédrales, églises, chapelles sportives? Devons nous payer pour le clergé de ces religions? Ces trucs inutiles car utilisés 40 fois par an. Nous devons pas gaspiller de pétrole alors pourquoi organiser un machin gaspilleur et générateur de carbone? Sauf erreur de ma part, construit des logements économes en énergie, rénover les anciens bâtiments, construire des transports en communs, faire de la vraie formation professionnelle serait plus productif qu'un bidule vide pendant 40 à 50 ans de sa durée de vie ? A Pourquoi y a t il des financements avec de l'argent public pour le sport professionnel? Pourquoi un ministère du sport? Voilà une source d'économie non négligeable. Quelqu'un peut me donner les codes des lignes des rentrées financières du budget 2015. Même question pour la région, le département, la ville.
a écrit le 15/09/2015 à 18:26 :
J.O de Grenoble 1968. Les greneblois ont réglés la note pendants des dizaines d'années.
Réponse de le 15/09/2015 à 19:53 :
Espérons que si les JO se font à Paris, ce soit aussi Paris qui paye et pas l'intégralité des Français comme ça semble bien parti. Si c'est bien l'état qui paye, qu'on face organise ces JO dans le centre, le nord,... une région qui manque cruellement d'emploi, ça aidera au développement ! Et aussi ça évitera à Paris de se plaindre encore et toujours de la pollution (c'est certain que le surplus de bus, voiture, avion mais aussi de consommation énergétique ne pollue pas dans ce cas précis...)

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