Aléna : vers un nouvel accord sans le Mexique ?

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Enrique Pena Nieto, le président mexicain, ne veut ni confrontation ni sous soumission : la solution est dans le dialogue et la négociation.
Enrique Pena Nieto, le président mexicain, ne veut "ni confrontation ni sous soumission : la solution est dans le dialogue et la négociation". (Crédits : HENRY ROMERO)
Les Mexicains se disent prêts à sortir de l'Aléna s'ils ont trop à y perdre dans la renégociation.

Le mur promis par Donald Trump entre les Etats-Unis et le Mexique risque de ne pas être la première fracture ouverte entre les deux pays. Après s'être débarrassé du traité transpacifique, le président américain a promis de s'attaquer à l'Aléna, l'accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.

Face au discours belliqueux de Donald Trump, son voisin du sud ne compte pas se laisser faire. Le ministre mexicain de l'Economie, Ildefonso Guajardo, a évoqué mardi l'éventualité d'un retrait de son pays de l'Aléna si la renégociation de ses termes ne lui profite pas. "La stratégie pour ce traité doit être gagnante pour tout le monde. Il sera impossible de le vendre ici s'il n'y a pas de bénéfices évidents pour le Mexique", a-t-il déclaré à la télévision.

Le Canada a un "statut très spécial"

La position mexicaine se comprend, après les sorties virulentes de Donald Trump durant la campagne, mais aussi après les messages envoyés au troisième membre de la zone de libre-échange : le Canada.

Le Premier ministre Justin Trudeau a réuni son gouvernement pour deux jours de séminaire à Calgary (Alberta), afin de définir la meilleure approche lors de la renégociation du traité. Surprise, l'exécutif canadien a reçu la visite lundi d'un conseiller stratégique de Donald Trump, Steve Schwarzman, leur assurant qu'il était très peu probable que le Canada, qui a selon lui "un statut très spécial", subisse des dommages collatéraux d'une renégociation. En toute logique, si le Canada n'est pas la cible de la manœuvre, le Mexique devrait en faire les frais.

La seconde cible de Donald Trump après la Chine

Source d'immigrés "violeurs" et "dealers de drogue", selon les propos du candidat républicain durant la campagne, mais aussi pays du dumping social attirant les entreprises américaines avec sa main-d'œuvre bon marché, le Mexique est, avec la Chine, la cible privilégiée de Donald Trump.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a senti le vent tourné en novembre, lorsque le New-yorkais a remporté la présidentielle. Face à ce nouvel adversaire, il a décidé de se chercher un nouvel allier du côté du Pacifique. Lors de la visite du conseil des Affaires de l'Etat chinois à Mexico mi-décembre, les deux pays ont plaidé pour un rapprochement et le développement d'un dialogue bilatéral sur des intérêts communs.

"Ni confrontation ni soumission"

La rencontre prévue entre Donald Trump et Enrique Pena Nieto, le 31 janvier, devrait donner plus d'indications sur le sens que prendra cette renégociation de l'Aléna.

"Ni confrontation ni sous soumission : la solution est dans le dialogue et la négociation", a insisté le président mexicain lors d'une conférence de presse lundi. En outre, il en a profité pour annoncer l'ouverture immédiate de négociations bilatérales avec les pays signataires du TPP -dont certains ont appelé la Chine à rejoindre le traité. Donald Trump est prévenu, Aléna ou pas, les Mexicains ont décidé de ne pas se laisser faire.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 25/01/2017 à 8:20 :
avec Trump, la Chine a gagnée !

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