Banque d'investissement asiatique (AAIB) : la Russie veut être de la partie

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J'aimerais vous informer que le président Vladimir Poutine a décidé que la Russie va participer au capital de la banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB), a déclaré samedi le vice-Premier ministre russe, Igor Chouvalov.
"J'aimerais vous informer que le président Vladimir Poutine a décidé que la Russie va participer au capital de la banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB)", a déclaré samedi le vice-Premier ministre russe, Igor Chouvalov. (Crédits : © Sergei Karpukhin / Reuters)
La Russie intensifie actuellement ses efforts diplomatiques pour se rapprocher de la Chine, notamment à cause d'un embargo économique imposé par les puissances occidentales en raison du rôle de Moscou dans le conflit ukrainien.

Au tour de la Russie de faire part de son intérêt pour la banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB) promue par Pékin. Alors que le ministère chinois des Finances vient d'annoncer que le Royaume-Uni et la Suisse rejoignaient l'AAIB, le vice-Premier ministre russe, Igor Chouvalov, cité par l'agence de presse russe RIA Novosti, a déclaré samedi au forum international de Boao, dans l'île méridionale de Hainan:

"J'aimerais vous informer que le président Vladimir Poutine a décidé que la Russie va participer au capital de la banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB)"

Un revers pour Washington

Projet dévoilé en octobre, la nouvelle banque de développement AIIB - qui devrait être basée à Pékin - est critiquée par Washington, qui domine historiquement les institutions internationales de financement et a été pris de court par l'initiative chinoise.

Les alliés historiques des Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie et cette semaine la Corée du Sud, ont tous demandé à adhérer à cette banque dont l'objectif sera de financer des travaux d'infrastructures en Asie avec un capital initial de 50 milliards de dollars (46 milliards d'euros).

Diplomatie

La Russie intensifie actuellement ses efforts diplomatiques pour se rapprocher de la Chine, notamment à cause d'un embargo économique imposé par les puissances occidentales en raison du rôle de Moscou dans le conflit ukrainien.

"Nous sommes heureux d'avoir l'opportunité de consolider la coopération entre la Chine et l'Union économique eurasiatique" a ajouté Igor Chouvalov, en référence à la zone de libre-échange créée sous l'impulsion de Poutine entre la Russie, le Kazakhstan, l'Arménie et le Bélarus et entrée en vigueur en janvier.

La Chine s'intéresse pour sa part particulièrement aux vastes ressources d'hydrocarbures de la Russie, qui souffre de la chute des prix du pétrole.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2015 à 17:19 :
L'annonce est tardive et hésitante. La Russie, sollicitée depuis octobre 2014, ne sera donc pas membre fondateur de l'AIIB à moins, hypothèse improbable, qu'elle ne présente sa demande d'adhésion formelle avant ce soir minuit. Pourquoi ce peu d'empressement de Poutine ? Il craint, et il n'a pas tort, qu'en rejoignant l'AIIB, son projet d'Union eurasiatique, déjà mal en point, ne soit définitivement marginalisé et que son influence sera forcément limitée au sein d'une banque de près de 30 membres créée par la Chine, qui, bien qu'ayant renoncé à un éventuel droit de veto, sera la puissance majeure en assurant 50% du capital initial. Autre sujet de réflexion, comment la Russie pourra-t-elle financer parallèlement sa participation à l'AIIB et ses engagements dans la banque et le CRA des BRICS, alors que son économie est sur la voie de la récession et ses ressources financières sont en fort recul ? Une participation autre que symbolique de la Russie à l'AIIB pourrait bien être un test de la capacité de Poutine à disposer des moyens politiques et financiers à la hauteur de ses ambitions planétaires.
a écrit le 29/03/2015 à 8:40 :
L'avenir de l'europe devait se construire avec la Russie. Même Napoléon l'avait compris...
Réponse de le 31/03/2015 à 16:31 :
Le français Napoléon oui, mais pas les Néocons américains, voilà l'immense différence entre un visionnaire et des sanguinaires.
a écrit le 29/03/2015 à 4:58 :
Vous n'avez pas l'impression de réécrire l'info par hasard? Il me semble que cette initiative chinoise fut annoncée en soutient de l'attaque dont faisait l'objet la Russie par le biais d'un embargo sur son utilisation du réseau SWIFT. Manoeuvre qui a d'ailleurs lamentablement échoué et conduit SWIFT à proposer un siège à son conseil. Recherchez un peu, je suis sûr que vous retrouverez les déclarations chinoises et les concomitances idoines.
Réponse de le 31/03/2015 à 18:08 :
C'est juste ce que vous écrivez, la Russie reste le partenaire privilégié de la Chine et était le premier pays invité à l'AIIB. Mais il aura fallu attendre l'autorisation de la Douma et de la Banque Centrale russe. Les infos de La Tribune ne sont pas si mauvais qu'ils pourraient paraître, cependant il faut prendre les articles (et les titres surtout !) qui parlent de la Russie et de la Chine avec des pinces.
a écrit le 28/03/2015 à 16:48 :
La Russie et aussi le Brésil viennent de signer les protocoles d'adhésion à l'AAIB cette semaine. Mais ces deux pays en étaient déjà des membres fondateurs, ainsi que pour la banque du BRICS. Toutefois vous, mon cher rédacteur, vous avez commis une presque inexcusable coquille (ça arrive) : d'autres "alliés historiques" des États-Unis, l'Australie et la Nouvelle Zélande, ont eux aussi déjà déposé une demande d'adhésion à l'AAIB. Il faut les citer.

Mais rassurons-nous en France, le Royaume-Uni en quittant discrètement le poste de chevalier servant militaire des US, la France a immédiatement pris sa place. Donc, Paris restera toujours fidèle à Washington, jusqu'à la fin du dollar. Après, on verra….

Bon week-end.
a écrit le 28/03/2015 à 15:07 :
Juste un petit correctif: le capital de la banque en question sera le double de ce que votre article mentionne.
a écrit le 28/03/2015 à 14:49 :
Quand nous nous reveillerons, il sera trop tard. Nous aurons manquer le rdv de l histoire de nous rapprocher de la russie pour une grande europe. Un grand merci aux americains pour avoir empecher ca et pousser la russie dans les bras de la chine.
Réponse de le 28/03/2015 à 17:18 :
Les US "voulaient" que l'Europe se rapproche de la Russie..?? Vous comprenez tout le contraire souvent ou juste sur ce coup..??
Réponse de le 28/03/2015 à 19:26 :
Ah, l'Europe, trop de whisky et de micmac nuit gravement la compréhension de ce qui se passe sur le tarmac… eheheheh

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