Brexit, politiques monétaires, relance budgétaire... les annonces du G20-Finances

 |   |  740  mots
A Shanghai, les membres du G20 seraient convenu de mettre en place des politiques de relance monétaire et budgétaire dans un contexte d'économie mondiale en panne et de risques géopolitiques accrus.
A Shanghai, les membres du G20 seraient convenu de mettre en place des politiques de relance monétaire et budgétaire dans un contexte d'économie mondiale en panne et de risques géopolitiques accrus. (Crédits : Reuters Aly Song)
Le G20-Finances s'achève ce samedi à Shanghai. Voici les principaux points du communiqué final qui ont déjà été révélés.

A Shanghai, les grands argentiers de la planète seraient parvenus à un accord prévoyant la mise en place de mesures de relance monétaire et budgétaire.  Il ont appelé à utiliser "tous les outils" pour soutenir l'économie, alors que la reprise mondiale apparaît "inégale et en-deçà des ambitions" selon un projet de communiqué final cité par Bloomberg et l'AFP. Ils estiment en outre que "la magnitude de la volatilité des marchés ne reflète pas les fondamentaux de l'économie mondiale".

Brexit: un "choc" potentiel

Dans le projet de texte final, qui doit être signé ce samedi, les représentants du G20-Finances partagent en premier lieu un constat sur les risques géopolitiques pesant sur l'économie et la stabilité mondiale.

Le texte évoque notamment "le potentiel choc d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne" (ou Brexit). Outre-Manche, l'issue du référendum sur ce sujet qui devrait avoir lieu dans quatre mois reste incertaine. Car, même si de récents sondages indiquent que les Britanniques voteraient en majorité pour le "non" à la sortie de l'UE, l'abstention pourrait peser dans la balance.

>> Brexit or not Brexit : l'Europe au bord de la déchirure ?

Sur un tout autre suejt, mais qui concerne aussi des "risques" géopolitiques, les ministres des Finances des vingt premières économies du monde ont par ailleurs prévu d'évoquer l'afflux de migrants en Europe.

Le rôle des banques centrales

Dans un tel contexte, ils se disent prêts à recourir aux réformes structurelles, à de nouvelles politiques monétaires et même à la relance budgétaire. Ce, à la fois "individuellement et collectivement".

Le texte insisterait notamment sur la nécessité pour les grandes banques centrales de poursuivre ou même d'accroître leurs politiques monétaires. Ces dernières "continueront de soutenir l'activité et de garantir la stabilité des prix", même si elles ne peuvent à elles seules "conduire à une croissance durable", serait-il écrit.

"Les banquiers centraux ont indiqué qu'ils étaient prêts à en faire plus s'il le fallait", même si la politique monétaire "ne peut pas tout résoudre", a confirmé samedi à l'AFP le ministre français des Finances Michel Sapin.

Entreprises "zombies"

Concernant les marges de manoeuvre des Etats en matière de politique budgétaire,  un point particulièrement conflictuel, il serait question d'autoriser à la mettre en oeuvre "de façon flexible".

Le sujet des dépenses publiques divise les membres du G20 Finances depuis longtemps. Vendredi soir encore, à la veille de la publication du communiqué final ce 27 février, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a critiqué les politiques de relance budgétaire.

Selon lui, elles auraient "perdu de leur efficacité". Il a même jugé que les politiques monétaires ultra-accommodantes "pourraient devenir contreproductives". Les Etats devraient plutôt se concentrer sur les réformes structurelle, leurs "véritables tâches" à ses yeux. Le ministre allemand a en outre fustigé "un modèle de croissance fondé sur l'endettement" et qui alimentait des "entreprises zombies".

"Réticences historiques et culturelles"

A l'opposé, plusieurs membres du G20, notamment les Etats-Unis, appuient avec vigueur de nouveaux assouplissements monétaires et la relance budgétaire. Washington estime par exemple que les Etats qui disposent d'excédents - comme l'Allemagne - les utilisent pour soutenir la demande. Les Etats-Unis ne sont pas seuls à soutenir cette idée.

Michel Sapin a précisé à l'AFP ce samedi que "personne ne demande un plan de relance budgétaire concerté au niveau mondial, contrairement à ce qui a pu être décidé en 2009", alors que le monde était plongé dans la crise financière. Pour autant, "nous demandons à ce que les pays dans une situation plus favorable" puissent agir plus vigoureusement.

Le ministre français a reconnu l'existence de "réticences historiques et culturelles" à ce propos dans certains pays - en l'occurrence l'Allemagne. Mais "nous sommes dans une situation qui rend nécessaire l'utilisation de toutes les marges de manœuvre quand elles existent", a-t-il insisté.

Eviter les "dévaluations compétitives"

Enfin, concernant les marchés des changes,  le G20 ne citerait pas de façon explicite les dévaluations brutales du yuan par Pékin qui avaient relancé des conjectures sur une nouvelle "guerre des devises".

Le texte cité par Bloomberg appelle à nouveau à éviter les "dévaluations compétitives" et appelle les Etats et organisations mondiales à "à se consulter étroitement" sur le sujet.

(Avec agences)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/02/2016 à 11:10 :
GRECE / ITALIE / ESPAGNE / PORTUGAL ...et maintenant c est nous la France
Réponse de le 29/02/2016 à 8:18 :
@valbel89 : vous voulez vraiment quitter l'UE ? Que vous ne comprenez sans doute pas... Dans l'état des finances publiques françaises, je ne vous conseille pas de rester en France dans cette hypothèse !!! Comme recette pour la plus grande catastrophe financiere de l'histoire francaise, il n'y a pas mieux... Mais bon, l'ignorance et l'incompétence, c'est la démocratie, n'est-ce pas ? .... et que vous tombiez par terre, finalement, je m'en f....!!!!
a écrit le 27/02/2016 à 18:45 :
"Le ministre allemand a en outre fustigé "un modèle de croissance fondé sur l'endettement"... Sans possibilité de crédit le Monde serait resté au XIX ème siècle.
L'endettement n'est pas nocif s'il accompagne une croissance utile à toute la société.
Ce type de croissance n'existe plus, la croissance ne sert que les intérêts privés supérieurs et elle arrive en fin de vie. Le capitalisme a atteint un état stationnaire, ce qui n'est pas son fonctionnement normal. Soit il se réforme en abandonnant les travers néolibéraux, soit il va être de plus en plus contesté et il sera sans cesse attaqué jusqu'à ce qu'à sa disparition, comme tant d'empires, royaumes, au cours des siècles. La seule chose dont on peut être certain, c'est que cela se fera dans la douleur. Le complexe-militaro-industriel y veillera. La guerre, c'est aussi beaucoup d'argent.
a écrit le 27/02/2016 à 18:21 :
les peuples n'ont rien à craindre d'un brexit , bien au contraire , seule la finance a cette crainte ; quand aux réticences historiques et culturelles supposées des allemands évoquées dans l'article par notre ministre des finances il faut se souvenir du réferendum de 2005 en France : les réticences des français étaient bien réelles !
a écrit le 27/02/2016 à 14:32 :
S'il y a en France ..un "Hollandexit "...nous ne crayons rien du tout ..! au contraire nous aurons gagner un peu d'espoir ..que le socialisme anxiogène disparaisse ...et sabrerons le champagne...!
Réponse de le 27/02/2016 à 18:37 :
Vous ne referai pas le monde en un coup de crayon et passé l'euphorie du Champagne vous aurez la gueule de bois.
Réponse de le 27/02/2016 à 19:34 :
Non non, Gringo. Admirons le Pipo qui réduit une Humanité qui se tire une balle dans le pied à SON ennemi perso : le "socialisme" (dit de gauche...) RIEN compris. D'un autre coté, nous subissons tellement de propagande que ça en devient ridicule et même triste.
a écrit le 27/02/2016 à 14:13 :
Bof ! rien ne va enrayer une spirale qui ira jusqu'à son terme en réaction à la spirale précédente.
Ca va tanguer ?
C'est étrange cette absence de compréhension généralisée du momentum en cours qui ne fait que commencer ... Jamais aucune leçon n'est tirée du passé.
a écrit le 27/02/2016 à 12:51 :
La propagande, c'est bien beau, mais TOUT le monde est bien conscient que la GB aura autant à PERDRE que NOUS, Européens, auront à GAGNER qu'ils sortent.
a écrit le 27/02/2016 à 12:17 :
Au contraire de la finance, les populations sont pour une gestion décentralisé de ce qui les concernent!
a écrit le 27/02/2016 à 12:10 :
"Les deux poids lourds de la campagne pour le Brexit risquent donc de se retrouver à court d'arguments quand leurs adversaires secoueront l'épouvantail de Monsieur Poutine pour encourager les électeurs à voter en faveur de l'UE, tant celle-ci est liée à l'OTAN par le traité de Lisbonne ainsi que par plus de deux décennies d'opérations communes. L'UE et l'OTAN ne sont pas, comme voudraient nous faire croire les eurosceptiques conservateurs, deux organisations différentes ; elles sont, au contraire, des frères siamois issus de la volonté américaine d'avoir une tête de pont sur le continent eurasiatique en vue de le dominer. Aimer l'un en détestant l'autre n'est pas sérieux."

En fait pour les US il s'agit bien d' agiter le spectre de la désolation dans l' hypothèse d' un Brexit et plus largement de la nécessaire sortie de l' UE pour les autres pays de l' Union..
Réponse de le 27/02/2016 à 13:13 :
La France a quitté la structure militaire de l'OTAN en 1966, le RU faisait partie de l'OTAN et a intégré l'UE en 1973, tout cela en pleine "guerre froide". il faudrait plutôt écrire "guerre glacée" par rapport à la situation actuelle.
C'est D. Cameron qui a lancé le processus du référendum et il semble avoir beaucoup de peine à le maîtriser.
Que nos amis américains soient "dominateurs", c'est une évidence. Il suffit de compter les nombres de porte-avions, de sous-marins, d'avions et autres engins militaires et mais aussi les tailles de leurs entreprises pour s'en rendre compte.
Cordialement

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :