Budget américain : des coupes massives pour la diplomatie, l'environnement et les pauvres

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Pour financer la forte hausse du budget de la Défense, Donald Trump prévoit de réductions budgétaires massives dans le domaine de l'environnement, la diplomatie ou de la formation des chômeurs.
Pour financer la forte hausse du budget de la Défense, Donald Trump prévoit de réductions budgétaires massives dans le domaine de l'environnement, la diplomatie ou de la formation des chômeurs. (Crédits : Reuters/Joshua Roberts)
Le premier budget du président Trump promet des coupes drastiques dans la diplomatie et l'environnement pour financer entre autres la forte hausse du budget de la Défense. Mais les première annonces suscitent déjà de nombreuses oppositions dans le camp républicain. Les débats au Congrès devraient être animés dans les prochaines semaines.

Le projet de budget de Donald Trump risque de faire polémique. La Maison blanche prévoit notamment des coupes budgétaires drastiques dans la diplomatie, l'environnement, le social au profit du secteur de la défense et de la lutte contre l'immigration illégale. Les premières annonces devraient ainsi être le prolongement de son célèbre slogan "America First".

Coupes dans la diplomatie et l'environnement

Mick Mulvaney, directeur de budget, a ainsi exposé devant la presse invitée à la Maison Blanche les coupes les plus sévères qui devraient concerner l'agence de protection de l'environnement (EPA) et le département d'Etat en charge de la diplomatie. Ce ministère et les programmes d'aides au développement à l'étranger verraient leur budget total baisser de 28% en 2018 (10,9 milliards). Ce qui a suscité la réaction du chef des relations extérieures américaines Rex Tillerson en déplacement à Tokyo. Ce dernier a affirmé selon des propos rapportés par l'AFP que le budget de son administration était à "un niveau intenable". Le budget actuel, qui prend en compte celui de l'Agence pour le développement international (USAID), s'élève à environ 50 milliards de dollars. M. Mulvaney a rappelé que "le président a fait campagne en affirmant qu'il dépenserait moins d'argent à l'étranger et plus aux Etats-Unis". Il a cependant assuré que le budget devrait permettre d'assurer "les fonctions diplomatiques essentielles du département d'Etat". Le réseau diplomatique américain compte 250 ambassades et consulats et 70.000 employés.

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Concernant l'environnement, la nouvelle administration américaine confirme son aversion pour les questions écologiques. L'agence de protection de l'environnement (EPA) doit subir une coupe de 31% (environ 2,6 milliards). Des programmes de recherches sur le réchauffement climatique et environ 3.200 postes pourraient être supprimés. La nomination du climato-sceptique Scott Pruitt à la tête de  l'environnement avait déjà provoqué des manifestations et la création de comptes Twitter par des fonctionnaires pour dénoncer les agissements de la Maison Blanche dans ce secteur.

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Les budgets pour les aides aux plus pauvres devraient également être touchés par des mesures d'économie. L'administration Trump a proposé d'éliminer de nombreux programmes d'aides pour les Américains à faibles revenus et les minorités, remettant en cause leur efficacité. Les programmes visés comprennent le Low-Income Home Energy Assistance Program, qui dépense plus de trois milliards de dollars par an pour aider les plus pauvres à se chauffer dans leur logement en hiver et le programme Community Development Block Grant qui prévoit également trois milliards de dollars chaque année pour la construction de logements sociaux ou pour des programmes d'aides aux sans abri. Enfin des nombreuses réductions sont à prévoir pour les programmes de formation des chômeurs.

Des hausses pour la Défense et le mur

Dans une lettre d'introduction au document budgétaire qui devrait être présenté au Congrès, M.Trump a affirmé "qu'il est temps de rendre prioritaires la sécurité et le bien-être des Américains, et de demander au reste du monde de s'impliquer et de payer sa part".

Comme annoncé il y a quelques jours, le milliardaire souhaite augmenter le budget de la Défense de 54 milliards de dollars. Les plus grandes hausses des dépenses devraient concerner le Pentagone mais beaucoup d'imprécisions demeurent sur les orientations budgétaires. Du côté de la sécurité intérieure, des hausses de dépenses d'environ 7% sont à prévoir. Elles devraient servir à financer "l'interception, la détention et l'expulsion de migrants en situation irrégulière aux Etats-Unis."

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Enfin, la nouvelle équipe prévoit de dépenser 1,5 milliard de dollars cette année pour financer la construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis. Selon Reuters, ce montant servirait tout juste à financer des prototypes, "avant de réclamer une enveloppe de 2,6 milliards de dollars en 2018". Ce projet, qui doit mesurer neuf mètres de haut et s'étendre sur plusieurs milliers de kilomètres, devrait coûter entre 8 milliards et 40 milliards de dollars selon plusieurs estimations. Mais les modalités de financement sont loin d'être établies, notamment concernant le rôle du Mexique.

En revanche, aucune précision n'a été apportée sur la promesse de "1.000 milliards de dollars à des dépenses d'infrastructures (routes, ponts et aéroports). La Maison blanche a dit que ce plan serait présenté ultérieurement" selon Reuters.

Des débats houleux à prévoir

Le premier document présenté à la Maison Blanche n'indique que les grandes lignes d'un budget qui devrait être précisé en mai pour un exercice fiscal qui débutera le premier octobre prochain. En attendant, les débats au Congrès à majorité républicaine devraient être houleux. Des élus modérés du Grand Old Party ont exprimé leur désaccord sur les réductions prévues dans les programmes de subventions énergétiques, de formation ou de traitement de l'eau. L'ancien candidat à la primaire républicaine et sénateur de Floride Marco Rubio a déclaré que "l'aide étrangère n'est pas de la charité" ajoutant qu'elle était essentielle pour préserver la sécurité nationale. Enfin plusieurs médias américains affirment que le budget présenté en tant que tel ne devrait pas être validé par le Congrès.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2017 à 15:09 :
Un "candidat du peuple" lui aussi...
a écrit le 16/03/2017 à 14:25 :
Que de belle promesse lors de la campagne de Mr Trump, mais bon avec tous cela les USA dépenserons encore plus pour La Défense de ses intérêts..... Bon pour les pauvres ce n'est pas grave, ils ne serons plus pauvre et sans travail....ils pourrons aller soit dans les arceneaux ou renforcer la puissante armee américaine, pour les autres (pauvres) ils pourrons disparaître sans faire de bruit... Bon, rien de bonne augure pour les prochaine 4 annees .....
a écrit le 16/03/2017 à 14:14 :
quand on pense que ce sont les américains du middlewest , et ceux qui ont subi de plein fouet la désindustrialisation qui ont voté pour Trump, c'est à dire ceux qui se considèrent à juste titre comme les laissés pour compte. Les premières mesures de leur idole visant à réduire drastiquement les aides à destination des plus pauvres vont sans doute leur faire toucher du doigt leur énorme bêtise d'avoir voté pour ce type. On serait bien inspiré de réfléchir de notre côté avant l'élection présidentielle.
a écrit le 16/03/2017 à 14:10 :
- 13% pour l'Education, -15%pour le Logement, -23% pour la Santé, -29% pour l'Agriculture, etc... (cf. Bloomberg.com).
a écrit le 16/03/2017 à 13:46 :
Au final les démocrates et les républicains s'entendent très bien pour brider trump.

Élections pièges à gonds.

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