Chine : la croissance accélère, la dette aussi

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Pékin a largement ouvert les vannes du crédit ces dernières années pour soutenir l'économie, générant une bulle spéculative, particulièrement dans l'immobilier.
Pékin a largement ouvert les vannes du crédit ces dernières années pour soutenir l'économie, générant une bulle spéculative, particulièrement dans l'immobilier. (Crédits : Statista*)
La croissance économique chinoise a progressé au deuxième trimestre de 6,9% sur un an. Les analystes tablaient sur 6,8%. La tendance a été soutenue par la production industrielle, la consommation intérieure et l'investissement. Mais la restriction du crédit pour maîtriser une dette cumulée qui atteint 250% du PIB pourrait peser sur l'activité au second semestre.

L'économie chinoise a progressé à un rythme plus rapide qu'attendu au deuxième trimestre, sur fond de chiffres optimistes de la production industrielle, de la consommation, et de l'investissement. Le produit intérieur brut (PIB) a enregistré une croissance de 6,9% sur un an au deuxième trimestre, un rythme identique à la croissance du premier trimestre, montrent les données publiées lundi par le Bureau national de la statistique (BNS). Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une croissance du PIB de 6,8% sur la période avril-juin.

Sur les marchés chinois, la publication lundi de chiffres encourageants des ventes au détail et de la production industrielle a paru tempérer dans la matinée un début de semaine en demi-teinte. La croissance de l'économie chinoise a battu le consensus cette année, sur fond de reprise des exportations et de maintien de la construction immobilière.

Des anticipations moins optimistes pour le second semestre

Mais de nombreux analystes s'attendent à voir la deuxième économie mondiale perdre de la vitesse au second semestre, sur fond de restriction du crédit par des autorités soucieuses d'éviter une surchauffe des prix immobiliers et de l'endettement.

"Le récent serrage de vis contre les risques financiers a entraîné un ralentissement de la hausse du crédit, ce qui va peser sur l'économie au deuxième semestre", avertit Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics, cité par l'AFP. Dans le collimateur du pouvoir: une dette privée et publique qui atteint désormais 250% du PIB et suscite à la fois l'inquiétude des agences de notation financière et des institutions internationales. Pékin a largement ouvert les vannes du crédit ces dernières années pour soutenir l'économie, générant une bulle spéculative, particulièrement dans l'immobilier.

Les agences de notation s'inquiètent

Fitch Ratings a prévenu vendredi que la dette croissante de la Chine pourrait provoquer un "choc économique et financier" mais a maintenu malgré tout sa note A+ avec une perspective stable. En mai, sa consoeur Moody's avait en revanche infligé à Pékin le premier abaissement de sa note depuis 28 ans, disant s'inquiéter des risques d'augmentation de la dette de la deuxième économie mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) avait pour sa part reproché en avril à Pékin de privilégier la croissance à court terme au détriment de l'assainissement de son système financier.

"Dans l'ensemble, l'économie continue d'indiquer un progrès solide dans la première moitié (de l'année) (...) mais l'instabilité internationale et les incertitudes restent relativement grandes et l'accumulation de déséquilibres structurels au niveau national subsiste", estime le BNS dans son communiqué. Le gouvernement vise un objectif de croissance autour de 6,5% sur l'année 2017, en deçà des 6,7% enregistrés en 2016, quand la progression de l'économie chinoise avait touché un plus bas de 26 ans.

Le PIB a progressé de 1,7% en rythme trimestriel d'avril à juin, conformément aux anticipations. Au premier trimestre, le PIB avait progressé de 1,3% par rapport au trois derniers mois de 2016.

*Un graphique de notre partenaire Statista

(avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 18/07/2017 à 8:44 :
La dette exprimee est bien 250%. L'etat a demande aux banques de preter sans reels controles d'acquitement des emprunteurs. Plusieurs partenaires chinois en affaires avec nous sont en effet couverts de dettes. Ce chiffre n'est pas etonnant. Par ailleurs le niveau salarial n'est pas le meme, ce qui gongle par consequent l'estimation.
a écrit le 17/07/2017 à 13:18 :
Enfin, de la croissance ... de la dette. Mince. Sinon, leurs entreprises doivent certainement continuer à gager leurs stocks de matières premières et produits finis. Soit, un chadokbanquing qui explose. Jusqu'où...??
a écrit le 17/07/2017 à 12:35 :
il est mentionné que le dette représente 250% du PIB, 25% semble plus plausible
Réponse de le 17/07/2017 à 12:59 :
oui cela est bizarre, ou alors 250% d'endettement pour les operateurs privé
Réponse de le 17/07/2017 à 13:16 :
Ce sont les entreprises publiques chinoises qui sont super endettées et non directement l' État chinois.Le chiffre de 250 % et vraisemblablement sous-évalué
Réponse de le 17/07/2017 à 13:47 :
Non non, c'est bien 250% et c'est probablement sous-évalué vu la grande quantité entreprises publiques chinoises, leur surendettement absolu soutenu par des banques régionales (publique aussi) qui sont elle même déjà super endettés et leur tendance a tout simplement ne pas publier de bilan (ou à les bidonner).
Et ils ont fait ça en même pas dix ans.
Tout va très bien, on a emprunté 150% du PIB pour soutenir 10 années à - de 5% de croissance, d'ailleurs youpi la croissance est à 6% maintenant. Mais, à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien.
a écrit le 17/07/2017 à 11:12 :
La Chine est également touchée par l'accaparement des richesses dans les mains de quelques uns qui dérègle l'économie mondiale.

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