Cuba : la présence économique française en 7 chiffres clés

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Accueilli sous l'Arc de Triomphe par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, afin de recevoir les honneurs militaires prévus pour les visites d'Etat, le président cubain rencontrera aussi François Hollande.
Accueilli sous l'Arc de Triomphe par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, afin de recevoir les honneurs militaires prévus pour les visites d'Etat, le président cubain rencontrera aussi François Hollande. (Crédits : Reuters)
Le président cubain Raul Castro entame aujourd'hui la première visite officielle d'un chef d'Etat cubain à Paris depuis celle de son frère Fidel il y a 21 ans. L'occasion pour les deux pays de renforcer des relations économiques encore en dessous des ambitions françaises.

Dans le sillage du dégel des relations entre Washington et La Havane, la France poursuit elle aussi son rapprochement avec Cuba. Après la visite de François Hollande sur l'île communiste en mai, c'est au tour du président cubain Raul Castro d'être accueilli à Paris ce lundi 1er février. Il s'agit de la première visite officielle d'un chef d'Etat cubain en France depuis celle du frère aîné de Raul, Fidel, il y a 21 ans, ainsi que du premier voyage officiel de Raul en Europe depuis qu'il a succédé à Fidel en 2006.

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Accueilli sous l'Arc de Triomphe par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, afin de recevoir les honneurs militaires prévus pour les visites d'Etat, le président cubain rencontrera François Hollande à 17h, pour un entretien suivi de la signature d'une douzaine d'accords dans les domaines du tourisme, des transports ou du commerce équitable. La visite se poursuivra mardi par des rencontres avec les présidents de l'assemblée nationale et du Sénat, le Premier ministre Manuel Valls et la maire de Paris Anne Hidalgo.

La France, selon l'Elysée, entend s'affirmer à cette occasion comme le "premier partenaire" politique et économique européen de l'île des Caraïbes, qui s'ouvre progressivement à l'économie de marché et où son influence est encore discrète.

Des échanges commerciaux en baisse

Si aujourd'hui la France fait en effet partie des 10 premiers partenaires économiques de Cuba, sa présence commerciale est loin de pouvoir rivaliser avec celles du Venezuela ou de la Chine, pays proches du régime cubain. Le rhum représente environ la moitié des importations cubaines en France, qui exporte principalement vers Cuba du blé, des produits agro-chimiques et du matériel de transport.

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En 2013, la France a ainsi commercé avec Cuba à hauteur de 278 millions d'euros. Ces échanges n'ont toutefois atteint que 180 millions en 2014, chiffre qui devrait peu varier en 2015, selon des données officielles françaises. La baisse est principalement imputable à la chute des importations cubaines de céréales et à la suspension temporaire d'une ligne de crédit garantie par la Coface, finalement prolongée lors de la visite de François Hollande à Cuba en mai dernier. Ces échanges commerciaux "ne sont pas encore à la hauteur de nos ambitions", a reconnu vendredi 29 janvier le ministre français du Commerce extérieur Matthias Fekl.

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Bouygues, Pernod-Ricard, Air France et Total présents sur l'île

Une soixantaine d'entreprises françaises sont actives sur l'île, notamment par le biais de partenariats avec des entités étatiques cubaines. Treize entreprises sont établies sous forme d'entreprises mixtes ou de contrats d'associations et 20 sous la forme de succursales.

Elles sont présentes dans les secteurs clés de l'économie locale (agroalimentaire, tourisme, nautisme, construction, énergie, biens d'équipements industriels, transports...) Parmi les principales entreprises de l'hexagone présentes sur le territoire cubain figurent Bouygues, Pernod-Ricard (principal investisseur français au sein de l'entreprise mixte Havana Club), Air France et Total.

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Un apurement de la dette contre le soutien à la COP21

La France est d'ailleurs le quatrième investisseur sur l'île, après l'Espagne, le Canada et l'Italie. L'Agence française de développement (AFP) devrait reprendre très rapidement son activité à Cuba, comme s'y était engagé François Hollande lors de sa visite à Cuba en mai dernier.

Paris a aussi récemment été le grand artisan d'un accord sur la dette cubaine due aux créanciers du Club de Paris, avec 8,5 milliards de dollars d'intérêts apurés. Cet accord a été conclu le 12 décembre, alors même que se concluait la COP 21, une manière de souligner la contribution de La Havane à son succès. La France pourrait aller plus loin au niveau bilatéral lors de cette visite. De quoi débloquer pour Cuba certains accès aux marchés financiers, en attendant la levée de l'embargo américain imposé à l'île depuis 1962 et condamné depuis longtemps par la France.

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Plus de touristes, peu d'expatriés

Les expatriés français sont pour leur part peu présents à Cuba. Au 15 octobre 2015, 786 ressortissants français étaient inscrits au registre de la section consulaire, dont les deux tiers résident à La Havane. Seuls centres culturels étrangers autorisés sur l'île, les deux Alliance Française de La Havane et Santiago de Cuba font néanmoins recette, comptant aujourd'hui plusieurs milliers d'élèves.

Côté tourisme, le nombre de Français qui visitent l'île chaque année est en revanche en progression (+33% entre 2014 et 2015) et les ressortissants français sont placés à la quatrième place des touristes les plus assidus. Avec un peu plus de 117.000 visiteurs annuels, les Français restent toutefois très loin derrière les Canadiens, qui représentent plus d'un tiers des trois millions de touristes visitant l'île chaque année.

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(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/02/2016 à 20:23 :
Ah....au fait il a été élu comment Raul ?? de la même manière que Kadhafi, Saddam Hussein, et bien d'autres( Qatar Arable Saoudite etc...) ????
Elle est belle la démocratie....!!!!
a écrit le 01/02/2016 à 16:28 :
Elle n es pas la Ségolène tien ? Aaaaa
a écrit le 01/02/2016 à 15:49 :
Je pose une question /Comment se fait-il que Ségolène a les honneurs de recevoir Castro ? Serait-elle la prochaine ministre des armées :réponse dans quelques jours
Réponse de le 02/02/2016 à 7:57 :
Bonne question. Et qui la remplacera à l'écologie et à l'énergie?

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