Discriminations raciales : le FBI publie des documents à charge sur l'empire Trump

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Donald Trump et son père ont pratiqué des discriminations à grande échelle dans leurs immeubles à l'encontre des noirs.
Donald Trump et son père ont pratiqué des discriminations à grande échelle dans leurs immeubles à l'encontre des noirs. (Crédits : Reuters/Joshua Roberts)
Le FBI vient de publier une somme de documents relatant les discriminations raciales pratiquées dans l'entreprise immobilière du père de Donald Trump dans les années 60 et 70. Cette initiative, qui intervient seulement quelques semaines après l'entrée du milliardaire à la Maison Blanche, pourrait encore accroître ses difficultés.

La bataille entre les services secrets américains, agences fédérales et Donald Trump ne fait que commencer. Le FBI vient de déclassifier et publier 389 pages de documents contenant des entretiens et d'autres matériaux utilisés par le département de la Justice en 1973. Ce corpus a notamment été utilisé lors d'un procès retentissant contre la Trump Company fondée par le père de l'actuel président américain dans le cadre d'une vaste affaire de discriminations au logement.

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La Trump Tower à New-York, symbole de l'empire familial. Crédits : Darren Ornitz/Reuters.

Des discriminations raciales au logement

Une enquête du New-York Times publiée à l'été 2016 révélait que les agents de l'empire immobilier du père de Donald Trump pratiquaient des discriminations raciales contre les candidats au logement. A l'époque, la firme familiale possédait 39 immeubles composés de plus de 39.000 appartements au fait de sa gloire. Plusieurs témoignages attestant de pratiques discriminatoires ont été recueillis par les médias et la justice ainsi que des associations de lutte pour le droits de l'homme. L'un des cas les plus emblématiques concerne Maxine Brown, infirmière de 33 ans qui aurait eu un dossier idéal pour louer un studio dans l'arrondissement du Queens en 1963. Lorsque l'agent immobilier en charge du dossier évoque ce cas précis à son employeur Fred C. Trump, ce dernier lui répond : "Vous prenez ce dossier, vous le mettez dans un tiroir et vous ne l'en sortez plus." Cette histoire relatée par Courrier International n'est que l'un des multiples exemples pouvant illustrer le comportement du père de Donald Trump à l'égard des gens de couleurs.

Dix ans plus tard, le ministère de la Justice américain mène une enquête et décide de poursuivre Trump Management pour discrimination envers les noirs. Fred Trump, le président du conseil d'administration et son fils Donald Trump qui a pris part aux activités immobilières de son père, sont alors appelés à comparaître en tant qu'accusés. C'est d'ailleurs la première fois que le fils alors âgé de 27 ans va faire la Une du New-York Times et va se faire connaître du grand public.

Face à ces accusations, Donald Trump a répondu que c'était "absolument ridicule [...] Nous n'avons jamais pratiqué de discriminations". Deux mois plus tard, le père et son fils ont dépensé plus de 100 millions de dollars pour engager des poursuites à l'encontre du gouvernement américain, affirmant que les les accusations étaient "irresponsables et sans fondement". Le Times a par la suite rapporté que "Mr Trump avait accusé le département de la Justice de cibler sa firme parce que c'était l'une des plus grandes et parce que le gouvernement essayait de le forcer à louer à des bénéficiaires de minimas sociaux".

Une conciliation met fin à la bataille judiciaire

Après deux années de batailles judiciaires et de recours perdus, une conciliation est trouvée en 1975. Trump Management s'engage à fournir toutes les semaines une liste de logements vacants à la New York Urban League pendant deux ans. Cela permet ainsi à l'organisme de présenter des candidats aux logements dans les immeubles de la famille Trump sans que des discriminations raciales soient pratiquées. Donald Trump a ainsi déclaré lui même qu'il était satisfait de cet accord.

"Une des plus grandes affaires de discriminations raciales"

Michael Kranish et Marc Fisher qui sont deux auteurs de l'ouvrage Trump Revealed: The Definitive Biography of the 45th President ont décrit cette histoire comme "l'une des plus grandes affaires de discriminations raciales de notre époque". D'après des chiffres relayés par le Washington Post, les locataires issus des minorités représenteraient seulement 1 à 3% de l'ensemble des habitants des immeubles de la famille Trump. Ce qui fait dire au journal américain que "cette affaire est l'une des plus fortes que le ministère de la Justice ait connu en matière de violations du Fair Housing Act (*)".

 (*) En 1968, le Congrès vota le Fair Housing Act (en) interdisant toute discrimination raciale dans la planification urbaine aux Etats-Unis.

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Commentaires
a écrit le 17/02/2017 à 21:35 :
Et la grand-mère de TRUMP ? Elle faisait du vélo ? Cette hystérie devient franchement nauséabonde...
Réponse de le 18/02/2017 à 9:29 :
Et il ne serait pas un tantinet responsable, notamment par ses propos de campagne et premiers actes de président, dans la provoc permanente, de cette hystérie ?
a écrit le 17/02/2017 à 16:55 :
Les medias et la presse françaises ne font que tirer à boulet rouge sur Mr Trump !!c est à se demander pourquoi ?? au moins lui il fait ce qu il a dit pendant la campagne !!certes cela gêne les biens pensant et les bobos de gauche
Réponse de le 18/02/2017 à 9:33 :
La presse du monde entier, à part peut-être les tabloïds britanniques et quelques autres torchons du même acabit, ne peuvent que constater l'amateurisme, l'improvisation et autres grands écarts qui semblent accompagner les premiers pas du mandat Trump.
a écrit le 17/02/2017 à 12:54 :
La discrimination raciale et le racisme sont des faits dans tous les pays du monde et même à l'intérieur de groupes ethniques d'un pays ou territoire. Il est absurde de vouloir par la loi combattre un fait qui existe depuis l'aube de l'humanité.
Réponse de le 17/02/2017 à 15:44 :
C'est une autre façon de nous dire que la famille Lepen n'a pas évolué?

Parce que pour Homo Sapiens, on a développé des trucs comme lois, police, juge, amendes, prisons, pour lutter contre d'autres faits qui existent depuis Adam et Eve (le vol, le viol, l'inceste, l'esclavagisme...).

Et ça ne marche pas trop mal.
Réponse de le 17/02/2017 à 16:07 :
@ MDR
Est-ce les lois, les traités et autres décrets empêchenrt les vols les viols, les guerres, l'esclavage, les mensonges, etc. la réponse est clairement non. Le racisme,, le vrai, celui qui consiste à prétendre qu'un homme est inférieur à un autre est très marginal. Le problème aujourd'hui c'est qu'avec la complicité des médias, le racisme, la xénophobie etc. sont systématiquement employés pour dénoncer des causes prétendues de faits divers qui sont en réalité très éloignées du fait initiateur.
a écrit le 17/02/2017 à 11:06 :
Toutes les grandes fortunes sont assises sur une montagne de méfaits, de délits, de compromissions. La fortune, faire de l'argent, c'est dans l'ADN des américains, ce n'est d'ailleurs pas en soi une tare SI la fortune des uns fait aussi au passage le bien-être des autres. C'est loin d'être le cas et le fossé se creuse de plus en plus entre les riches et les pauvres. Le résultat pour les Américains, c'est qu'ils ont Trump, qui construit des murs, élargit les fossés avec leur argent et devrait finir par déclencher une guerre... la seule voie possible pour la restauration d'une "America is back again".
a écrit le 17/02/2017 à 10:47 :
Ah si seulement tous les présidents du monde pouvaient être traités comme trump par les autorités, notre planète deviendrait un véritable paradis car débarrassée de tout ces imposteurs.

Et je vous dis pas si en plus c'était à effets rétroactifs, il faudrait sortir les petits dealers de prison pour y mettre nos politiciens et leurs amis hommes d’affaires tellement il y en aurait.

Oups mais qu'est-ce qu'il m'arrive je parle de justice et d'égalité là, je rêve donc, désolé.
Réponse de le 17/02/2017 à 16:41 :
"il faudrait sortir les petits dealers de prison pour y mettre nos politiciens et leurs amis hommes d’affaires". Non, il faudrait construire des nouvelles prisons. La place des dealers, petits et gros, est à l'ombre. Pour très longtemps.

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