Espagne : le sauvetage des banques a coûté 61 milliards d'euros aux contribuables

 |   |  294  mots
Après une entrée en Bourse catastrophique en 2011, Bankia avait dû être sauvée de la faillite.
Après une entrée en Bourse catastrophique en 2011, Bankia avait dû être sauvée de la faillite. (Crédits : © Marcelo del Pozo / Reuters)
Cette estimation, non définitive, a été publiée mercredi par la Cour des comptes espagnole. Bankia, née de la fusion de sept caisses d'épargne en difficulté, aurait englouti a elle seule 22 milliards d'euros.

Le sauvetage des banques espagnoles, laminées par l'explosion d'une bulle immobilière à la fin des années 2000, a coûté une fortune au contribuable espagnol. "Le coût accumulé des fonds publics employés dans le processus de restructuration bancaire atteignait, fin 2015, 60,718 milliards d'euros", détaille une estimation provisoire de la Cour des comptes, mardi.

La période prise en compte débute en 2009, un an après l'éclatement de la bulle immobilière qui s'était formée pendant la période d'euphorie des années 2000, quand des prêts pour des logements étaient accordés à tour de bras à des foyers incapables de les rembourser. Le secteur bancaire dans la tourmente avait dû faire l'objet d'un plan de sauvetage en 2012, et l'Espagne avait notamment bénéficié de plus de 41,3 milliards d'euros de prêts européens.

3 à 5 milliards récupérés auprès des banques

Bankia, née de la fusion de sept caisses d'épargne en difficulté, était en première ligne: après une entrée en Bourse désastreuse en 2011, elle avait dû être sauvée de la faillite par une injection de plus la moitié des fonds alloués au sauvetage soit 22 milliards d'euros d'argent public. Le gouvernement espagnol s'est d'ailleurs récemment donné encore deux ans, jusqu'à fin 2019, pour privatiser Bankia.

La Cour des comptes souligne toutefois que l'estimation du coût total du sauvetage "ne peut être considérée comme définitive, tant que tous les processus de restructuration ne sont pas finalisés". L'Etat espagnol n'a pour l'instant récupéré auprès des banques que 3 à 5 milliards, selon les estimations du Fonds de restructuration bancaire (FROB) et de la Banque d'Espagne. Et Madrid a remboursé à l'Union européenne 6,6 milliards d'euros.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/01/2017 à 21:10 :
c'est bien de chiffrer les choses, ca dit combien coutent les erreurs
apres, accuser les banques, c'est bien, en contrepartie de combien a cru le pib et pdt combien de temps
quand on est objectif on regarde les couts ET les avantages.... si ca a servi a financer les subprimes yanks, on peut discuter, si ca finance les erreurs potentielles de l'economie espagnole, ca fait partie des 'pertes et profits' ( ce qui agace la gauche car elle ne prefereait que des pertes sinon c'est du vol et de l'exploitation, comme chacun sait)
a écrit le 11/01/2017 à 17:21 :
ça fait toujours plaisir à savoir...
a écrit le 11/01/2017 à 17:11 :
Les économistes en culotte courte vont nous dire que l' Espagne est en plein boum....+de 3 points de croissance ! à quel prix ? combien sur le carreau ? et la misère on la comptabilise comment ? évidemment il n'y a pas de logiciel pour ça.
a écrit le 11/01/2017 à 16:28 :
Le néo-libéralisme c'est cette doctrine qui veut qu'il faut appliquer la fiscalité la plus basse possible pour que les "investisseurs" soient en condition de créer des richesses qui profiteront par ricochet au reste de la société et pour ce faire il faut réduire le poids de l'état et virer le maximum de fonctionnaires oisifs (policiers, infirmières etc...).
Dans les fait, le néo-libéralisme appliqué à la finance, c'est on s'en met plein les poches quand la bourse monte et quand la bourse baisse, l'Etat prend le relai et le contribuable paie la facture.
Le néo-libéralisme, c'est comme le communisme, c'est socialement et économiquement nocif en plus d'être fondamentalement hypocrite.
D'ailleurs les néo-libéraux sont les premiers à vanter le fruit des "réformes" en Espagne qui donne une forte croissance depuis peu, alors que le pays a été littéralement laminé par la crise, que l'Etat s'est fortement endetté, que la natalité s'est effondré, que les jeunes diplomés font leurs valises.
a écrit le 11/01/2017 à 14:24 :
"le sauvetage des banques a coûté 61 milliards d'euros aux contribuables"

Avec en plus,une loi travail de Mariano Rajoy pour les salariés espagnoles.

À la veille de l'adoption des nouvelles lois sur le travail en Espagne, le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos avait prévenu le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, sans s'apercevoir que les caméras de télévision enregistraient le message : « Nous adopterons demain la réforme du marché du travail, et vous allez voir, elle sera extrêmement agressive, avec beaucoup de flexibilité dans la négociation collective et en réduisant les indemnités de licenciement ».Le commissaire européen affichait sa satisfaction en levant le pouce au ministre espagnol.
a écrit le 11/01/2017 à 13:37 :
Sans oublier qu'une partie de ce fric a sûrement fait un petit détour, sans retour bien entendu, sur les comptes offshore de certains politicards, hommes d'affaires & co. Au final le ''petit '' espagnol lui s'est vu ponctionné par plus d'impôts et autres taxes ?
a écrit le 11/01/2017 à 13:32 :
Très belle socialisation de pertes. Ne soyons pas surpris des profits des moins pauvres.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :