Immigrés surqualifiés : les Etats-Unis perdent des milliards chaque année

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La couleur de peau est également un facteur discriminant. L'étude démontrant que les asiatiques et les blancs rencontrent moins de difficultés pour trouver un emplois à la hauteur de leurs qualifications que les noirs et les hispaniques.
La couleur de peau est également un facteur discriminant. L'étude démontrant que les asiatiques et les blancs rencontrent moins de difficultés pour trouver un emplois à la hauteur de leurs qualifications que les noirs et les hispaniques. (Crédits : Reuters/Keith Bedford)
Contraints d'exercer des emplois en-dessous de leurs qualifications, les immigrés ne sont pas rémunérés à hauteur de leur compétence. Un manque à gagner de 10,2 milliards de dollars d'impôts pour les pouvoirs publics américains.

Diplômés de médecine ou d'une école d'ingénieur, ils sont pourtant chauffeurs de taxis ou serveurs. Aux Etats-Unis, près du quart des 7,6 millions d'immigrés détenteurs d'un diplôme universitaire étaient soit au chômage, soit à des postes qui ne requièrent pas de diplôme entre 2009 et 2013, selon une étude du Bureau du recensement américain décortiqué par Benchmark, l'équipe de data journalistes de Bloomberg.

Or, en exerçant une activité à la hauteur de leurs qualifications, les immigrés empocheraient 39,4 milliards de dollars de revenus en plus chaque année. Ainsi, ils devraient s'acquitter d'un total de 10,2 milliards de dollars d'impôts - 7,2 milliards au niveau fédéral et 3 milliards au niveau de leur Etat.

Des immigrés de plus en plus éduqués

Le phénomène ne touche pas que les immigrés. Environ deux américains sur dix sont également concernés par le chômage ou les emplois sous-qualifiés, malgré un CV fourni. Du côté des étrangers, la proportion est évidemment plus forte pour ceux diplômés d'un établissement de leur pays d'origine, ainsi que ceux dont la maîtrise de l'anglais n'est pas parfaite. La couleur de peau est également un facteur discriminant. L'étude démontrant que les asiatiques et les blancs rencontrent moins de difficultés que les noirs et les hispaniques.

Les chercheurs plaident pour une meilleure prise en compte de la situation par les pouvoirs publics car la part des nouveaux arrivants éduqués est de plus en plus importante. Entre 2011 et 2015, près de la moitié des immigrés adultes étaient détenteurs d'une licence, contre un tiers entre 2007 et 2009.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2016 à 10:06 :
On peut former des millions de pilotes d avion, de medecins ou d ingenieurs mais si le pays n en a pas besoin d autant, il faudra bien qu ils se retrouvent chauffeur de taxi ou serveurs... C est la meme chose qu en france ou on a fait croire aux gens que faire des etudes plus poussees allaient ameliorer leur sort. c est vrai pour une partie d entre eux mais l economie francaise ne peut absorber un tel flux ou offrir des postes de bac+5 a tous (et encore, je parle pas des bac+5 payes a peine plus du smic ...)
a écrit le 13/12/2016 à 9:25 :
Je viens de recevoir une proposition commerciale officielle d'une très grande entreprise française révélant plusieurs lacunes de forme. Ce n'est pas la première fois. Survaloriser des parcours ou des formations fantoches pour recruter des diplômés pour des emplois sous-qualifiés…
a écrit le 13/12/2016 à 9:22 :
"Mon livreur de pizza sait réparer les satellites."
a écrit le 13/12/2016 à 9:09 :
d'après une étude anglaise, 58% des diplômés anglais du supérieur ont un job en dessous de leur qualification ("non graduate job") contre seulement 22% en France (Chartered Institute of Personnel & Development, 2015). taux de 50% aux US (Careerbuilder, 2014).
25% de "low wage earners" aux US - taux le plus élevé des pays développés avec Irlande - contre 7% en France (OCDE, Eurostat).
a écrit le 12/12/2016 à 20:44 :
Dans un monde idéal les pays pourraient d'un coup de baguette magique donner à chacun la possibilité d'occuper un emploi à la hauteur de ses qualifications et compétences... Même si l'on peut le regretter dans une économie moderne il n'y a pas que des emplois hautement qualifiés à pourvoir, il y même bien plus d'emplois de service peu qualifiés et peu rémunérateurs.
a écrit le 12/12/2016 à 18:51 :
Il faut être au moins consultant pour faire ce genre de calculs ! ça n'a aucun sens : si ces personnes ne trouvent pas d'emplois à hauteur de leurs compétences, c'est que ces emplois ne sont pas demandés. Oh, éh : on est aux USA là : il n'y a pas de freins à l'embauche. --- D'ailleurs le même... "calcul" serait aussi valable pour les autochtones : si mon concierge allait faire ce type d'analyse en étant payé comme ce monsieur ( et vue la qualité, cette analyse lui serait largement accessible), il créerait encore plus de "richesses". Mais il ne le peut pas car il n'a pas payé une fortune une grande école privée pour justifier d'être payé une blinde à faire des analyses à 2 balles.

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