Iran : Khamenei accuse Washington de ne pas respecter l'accord nucléaire

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L'accord historique conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances - dont les Etats-Unis -  et l'Iran sur son programme nucléaire, est entré en vigueur mi-janvier, permettant la levée d'une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran.
L'accord historique conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances - dont les Etats-Unis - et l'Iran sur son programme nucléaire, est entré en vigueur mi-janvier, permettant la levée d'une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran. (Crédits : REUTERS/Leonhard Foeger)
Le guide suprême d'Iran, l'ayatollah Khamenei, a accusé dimanche les Etats-Unis, qualifiés d'"ennemi", de "ne pas respecter leurs engagements" pris lors de la conclusion de l'accord nucléaire avec les grandes puissances en juillet 2015.

"Dans l'accord nucléaire (...) les Américains n'ont pas respecté leurs engagements, ils n'ont pas fait ce qu'ils devaient faire"

Voici ce qu'a déclaré le guide suprême d'Iran dimanche lors d'un long discours à Machhad (nord-est) prononcé à l'occasion du nouvel an perse.

Ils ont levé les sanctions "sur le papier, mais par des voies détournées, ils empêchent la République islamique d'atteindre ses objectifs", a-t-il ajouté. "Ils ont dit avoir levé les sanctions (...) mais dans les faits, ils font en sorte que les effets de la levée des sanctions ne se voient pas".

Un accord conclu en juillet 2015

L'accord historique conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances - dont les Etats-Unis -  et l'Iran sur son programme nucléaire, est entré en vigueur mi-janvier, permettant la levée d'une grande partie des sanctions internationales contre Téhéran.

Mais, selon le guide suprême, "le secrétaire (américain) au Trésor travaille jour et nuit pour que la République islamique ne puisse pas tirer profit de l'accord nucléaire". Les, Américains "menacent en permanence", a-t-il affirmé.

Il s'est inquiété de ce que le successeur du président Barack Obama ferait une fois qu'il entrera en fonction en janvier 2017. "Il n'y a aucune garantie que le prochain gouvernement américain applique ces engagements limités". "Les candidats à l'élection présidentielle font la course à l'insulte contre l'Iran", a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs estimé que l'Europe était réticente à faire des affaires avec l'Iran par "peur" des Etats-Unis. "Aujourd'hui, dans l'ensemble des pays occidentaux qui sont sous leur influence, les échanges bancaires rencontrent des problèmes", notamment "pour le rapatriement de notre argent" et "lorsque nous enquêtons, nous nous apercevons qu'ils ont peur des Américains" et d'éventuelles futures sanctions.

Le guide suprême met régulièrement en garde contre les risques "d'infiltration" étrangère dans son pays depuis la conclusion de l'accord et le non respect par les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, de leurs engagements. Il a affirmé que les Etats-Unis voulaient contraindre l'Iran à renoncer à ses "principes" révolutionnaires et islamiques, notamment dans sa politique régionale.

Année de "l'économie de résistance et de l'action"

Dans son message de nouvel an diffusé dimanche matin, il avait estimé que l'année à venir devait être celle de "l'économie de résistance et de l'action", en particulier pour relancer l'économie afin de lutter contre le chômage et la récession.

A Machhad, il insisté sur la nécessité de privilégier la relance de la production nationale et de ne pas se faire d'illusions quant aux effets de la levée partielle des sanctions.

Dans son message de nouvel an diffusé juste après celui d'Ali Khamenei dimanche matin, le président Hassan Rohani avait lui été plus optimiste et qualifié l'année à venir d'année "de l'espoir et de l'effort".

"J'ai l'espoir et la certitude qu'avec l'effort" de tous et "l'entente avec le monde, nous pouvons aller vers la prospérité économique, atteindre une croissance de 5%", a-t-il affirmé.

La priorité du président Rohani, qui achèvera son premier mandat de quatre ans en 2017, est de recréer de l'emploi dans un pays où 10% de la population active est au chômage, 25% chez les jeunes qui représentent la majorité des 79 millions d'habitants.

Hassan Rohani mise sur les retombées attendues de la levée des sanctions pour relancer l'économie et espère être réélu pour un second mandat.

(AFP)

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Commentaires
a écrit le 20/03/2016 à 18:08 :
Les américains ont surtout peur d'être commercialement "black-listé". Ils ont peur que l'Iran se tourne que vers l'Europe et la Chine.

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