Iran : les alliés de Rohani en tête aux législatives

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Le camp Rohani est assuré de disposer pour les quatre prochaines années de plus du double de ses 30 députés dans l'actuel Parlement.
Le camp Rohani est assuré de disposer pour les quatre prochaines années de plus du double de ses 30 députés dans l'actuel Parlement. (Crédits : reuters.com)
Les alliés réformateurs et modérés du président iranien Hassan Rohani ont pris la tête dimanche face aux conservateurs aux législatives, selon un décompte de l'AFP. Les résultats définitifs de ces élections sont attendus lundi ou mardi.

Les alliés réformateurs et modérés du président iranien Hassan Rohani qui compte sur eux pour accélérer sa politique d'ouverture, ont pris la tête dimanche face aux conservateurs aux législatives, selon un décompte de l'AFP portant sur plus de la moitié des 290 circonscriptions. Au Parlement, ils pourront compter sur 73 députés sur les 165 sièges pour lesquels les résultats sont connus mais non officiels. Sur ces 73 sièges, les alliés de Hassan Rohani en ont remporté directement 60 et ils peuvent également compter sur les sièges remportés par 13 candidats indépendants qui leur sont proches. A noter la bonne performance des réformateurs et modérés à Téhéran où ils raflent la totalité des 30 sièges mis en jeu.

Une nouvelle atmosphère

Le président Rohani a affirmé dans un tweet que "les électeurs ont créé une nouvelle atmosphère". Les résultats définitifs des législatives en Iran sont attendus lundi ou mardi. Grâce à sa percée à Téhéran, le camp Rohani est assuré de disposer pour les quatre prochaines années de plus du double de ses 30 députés dans l'actuel Parlement, qui était dominé par les conservateurs. Religieux modéré, Hassan Rohani misait sur l'avancée majeure qu'a été l'accord nucléaire conclu en juillet avec les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien pour engranger un maximum de députés favorables à sa politique au Parlement et poursuivre dans cette voie.

La plupart des conservateurs les plus radicaux qui s'étaient opposés à cet accord historique ont été éliminés lors du scrutin. Autre motif de satisfaction pour le président iranien: son élection et celle de son allié Akbar Hachemi Rafsandjani, ancien président de la République islamique, à l'Assemblée des experts après être arrivés en tête à Téhéran. Cette chambre, composée de 88 religieux élus pour huit ans, est chargée de nommer le guide suprême iranien et pourrait être amenée à jouer un rôle déterminant durant son mandat puisque le guide actuel, Ali Khamenei, est âgé de 76 ans.

Une percée réalisée dans un contexte contraint

Deux religieux conservateurs connus pour leur hostilité envers les réformateurs, les ayatollahs Mohammad Yazdi, actuel chef de l'Assemblée des experts, et Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, ne seraient pas en position d'être élus, selon des résultats partiels portant sur la presque totalité des bulletins dépouillés. En revanche, l'ayatollah Ahmad Janati, chef du puissant Conseil des Gardiens de la constitution (conservateur), serait lui élu.

Akbar Hachemi Rafsandajani a affirmé dans un tweet que "personne ne peut résister à la volonté de la majorité du peuple et ceux dont il ne veut pas doivent se retirer". Les résultats définitifs pour l'Assemblée des experts devraient être annoncés dimanche. La percée des pro-Rohani, si elle se confirme, est d'autant plus remarquable que la plupart des grandes figures du camp réformateur avaient été écartées de la course aux législatives par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui a un droit de veto sur les candidatures.

Des résultats au-delà des attentes

Selon Ali Shakouri-Rad, un responsable réformateur, "ces résultats sont au-delà de nos attentes". Il a promis que son camp "fera preuve de retenue pour exprimer (sa) satisfaction". A Téhéran, le chef de liste des conservateurs, Gholam-Ali Hadad-Adel, un ancien président du Parlement, n'arrive qu'en 31e position et serait battu. En tête de liste des candidats certains d'être élus figurent Mohammad Reza Aref (réformateur) et Ali Motahari (modéré), avec respectivement près de 1,3 million et plus de 1,1 million de voix. Ces résultats portent sur le décompte de la quasi-totalité des bulletins à Téhéran.

Les réformateurs avaient inclus dans leur liste trois conservateurs modérés, dont Ali Motahari, qui ont tous été élus. La liste des réformateurs/modérés à Téhéran était menée par Mohammad Reza Aref, ancien candidat réformateur à la présidentielle de 2013, qui s'était retiré en faveur du candidat Rohani. Dans le reste du pays, les réformateurs/modérés - unis au sein de la liste "Espoir" - et les conservateurs se partagent les voix avec des candidats indépendants qui ne figuraient sur aucune des deux listes principales, selon des résultats partiels.

Dans l'attente des résultats de grandes villes

Sur les 135 sièges de province dont les résultats sont connus, les conservateurs en gagnent 38 auxquels il faut ajouter 16 indépendants qui leur sont proches, soit un total de 54. Un second tour devra être organisé en avril ou en mai dans au moins 31 circonscriptions. Les résultats des grandes villes de province, notamment Machhad (nord-est) et Ispahan (centre) où les conservateurs seraient en bonne voie de l'emporter, n'ont pas encore été annoncés officiellement.

(Avec AFP)

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a écrit le 28/02/2016 à 18:36 :
Encore une victoire progressiste à mettre sur le compte de Barack Obama, comme quoi entre un Obama qui a parié sur la paix pour faire prospérer son pays et un Bush qui pariant sur la guerre pour faire prospérer les marchands d'armes et de pétrole qui étaient ses principaux sponsors, le peuple américain et le monde même y ont fortement gagné.

Pourvu que ce soit Sanders qui gagne les élections afin de valider ce début de progressisme politique qui même s'il ne casse pas la baraque à au moins le mérite de semer la paix.

Obama, meilleur président américain depuis 50 ans au moins.
Réponse de le 28/02/2016 à 23:16 :
Quand Obama avait Ahmadinedjad comme interlocuteur obligé, les choses n’avançaient pas trop.
Ceci ne retire aucun mérite à Obama, qui est ce que les USA ont eu de mieux ces 20 dernières années, mais souligne que les grands gagnants sont les iraniens. Il s'agit d'une variété soft d'un printemps arabe qui est en train de se produire à Téhéran et ils ont payé cher pour l'obtenir. On se souviendra des manifestations durement réprimées lors des dernières élections. Espérons que le mouvement ne se perde pas en route.
Réponse de le 29/02/2016 à 8:39 :
ça il est évident que la transition démocratique ne se fera pas sans heurt, il ne faut pas rêver, les oligarchies ultra conservatrices étant déjà particulièrement puissantes en europe on se doute qu'en Iran ça doit être énorme également, mais l'important est le premier pas vers le progressisme, ensuite les peuples ont vraiment du mal à s'en détacher quand le mouvement est initié.

Je suis d'accord avec vous ce sont les iraniens qui vont le plus y gagner mais malgré tout Obama permet à l'amérique, une nouvelle fois, de bénéficier de la primauté d'un nouveau marché plus qu’intéressant.

Ne doutons pas non plus dans notre monde gouverné par le fric que s'il n'y avait pas eu ce marché à prendre Obama n'aurait jamais pu s'accorder les faveurs de l'iran est initié indirectement ce mouvement démocratique.
a écrit le 28/02/2016 à 18:18 :
Nous avons en occident des mots extraordinaires pour dire que celui qui pend est plus modéré que celui qui lapide.
Réponse de le 28/02/2016 à 18:37 :
Commentaire haineux et donc stupide.
Réponse de le 28/02/2016 à 23:43 :
bonsoir @Zorro, J'ai connu l'Iran de la transition et vous vous avez mis les pieds dans ce merveilleux pays? si votre réponse est non évitez comme d'habitude de faire des commentaires de petit bonhomme du peuple car la aussi vous n'avez certainement pas mis les pieds dans un pays rouge. La politique d'un pays qui est aux mains des gardiens de la révolution l'instance suprême ne se fait pas dans les urnes mais dans ceux qui ont le vrai pouvoir c'est à dire, comme déjà vu en Iran, le guide et sa "garde" idéologique, vous connaissez la gouvernance par l'IDEOLOGIE, non M. Salman Rushdie devrait apprécier votre commentaire car la Fatwa sur sa tête vient de grimper de plusieurs milliers de dollars.

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