Japon : Shinzo Abe change dix de ses ministres

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe aux côtés de son nouveau gouvernement lors d'une séance photo.
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe aux côtés de son nouveau gouvernement lors d'une séance photo. (Crédits : REUTERS/Yuya Shino)
Neuf postes clés, comme les ministères des Finances et l'Economie, restent néanmoins inchangés dans ce remaniement du gouvernement japonais, destiné à ouvrir une nouvelle page de l'action publique et de la politique économique.

Avant les sénatoriales des 2016, Shinzo Abe redéfinit son équipe. Le Premier ministre japonais a remanié son gouvernement mercredi 7 octobre, en laissant néanmoins inchangée environ la moitié des 19 portefeuilles, dont quelques postes clés.

Le secrétaire général du gouvernement Yoshihide Suga, les ministres des Finances Taro Aso, de l'Economie Akira Amari, de la Défense Gen Nakatani et des Affaires étrangères Fumio Kishida ne sont notamment pas concernés pas ce réaménagement de l'exécutif, qui doit accompagner un recentrage de l'action politique sur l'économie. Au total, neuf des 19 sortants gardent leur ministère.

Seulement trois femmes

  • Parmi les nouveaux entrants, Motoo Hayashi, figure du Parlement, prend en charge le ministère du Commerce et de l'Industrie. Yoichi Miyazawa, auquel il succède, sera resté un an à peine à ce poste.
  • Un autre député, Taro Kono, qui a souvent fait entendre une voix discordante au sein du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, est nommé ministre de la Réforme administrative.
  • Le secrétaire général adjoint du gouvernement, Katsunobu Kato, ancien fonctionnaire du ministère des Finances, décroche un portefeuille nouvellement créé pour augmenter la population active dans un archipel vieillissant, et promouvoir les femmes sur le marché du travail.

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  • Yoshimasa Hayashi, sénateur qui avait perdu face à Shinzo Abe dans la course à la direction du Parti libéral démocrate (PLD) en 2012, est remplacé à la tête du ministère de l'Agriculture par Hiroshi Moriyama, après moins d'un an à ce poste.

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  • Alors que Shinzo Abe a à maintes reprises affirmé la place centrale occupée par les femmes dans sa politique de relance de la troisième économie du monde, et a appelé à les faire accéder à des postes plus élevés dans le monde des affaires et la politique, seulement trois femmes sont nommées ministres, contre cinq lors d'un précédent remaniement en septembre 2014. Tamayo Marukawa, une ancienne présentatrice de télévision de 44 ans, obtient le portefeuille de l'Environnement.

  • Aiko Shimajiri a été nommée ministre chargée d'Okinawa et des Territoires du Nord, quatre îles que se disputent la Russie et le Japon, appelées Kouriles par la Russie.

Le précédent remaniement gouvernemental remontait à septembre 2014. Abe avait alors largement rebattu les cartes, mais l'initiative avait tourné court, deux ministres étant rapidement contraints à la démission après avoir été impliqués dans des scandales.

De nouvelles pistes pour les Abenomics

Le remaniement limité annoncé mercredi doit ouvrir une nouvelle page de l'action publique après l'adoption définitive de l'impopulaire loi de défense qui devrait pour la première fois depuis 1945 permettre à l'armée de combattre hors de l'archipel.

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Les questions économiques vont désormais revenir au premier plan. Shinzo Abe a récemment ouvert de nouvelles pistes qui doivent reprendre et prolonger la politique monétaire ultra-accommodante, les mesures de relance budgétaire et les réformes structurelles, le triptyque (ou les "trois flèches") de la politique économique suivie par Abe pour revitaliser l'économie japonaise. L'objectif est désormais d'accroître largement le PIB japonais (20% à terme), de doper le taux de fertilité et de réformer l'Etat providence.

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