L'accord de Paris, une "mauvaise affaire" pour les Etats-Unis

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En mars déjà, Scott Pruitt avait pris le contre-pied du consensus scientifique mondial en estimant que les émissions de CO2 n'étaient pas un facteur déterminant dans le changement climatique.
En mars déjà, Scott Pruitt avait pris le contre-pied du consensus scientifique mondial en estimant que les émissions de CO2 n'étaient pas un facteur déterminant dans le changement climatique. (Crédits : © Joshua Roberts / Reuters)
Le directeur de l'Agence américaine de protection de l'environnement, Scott Pruitt, a regretté que la Chine, plus important émetteur de CO2 de la planète, et l'Inde, également un gros pollueur, n'aient "aucune obligation dans le cadre de cet accord jusqu'à 2030".

Le patron de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) considère que les Etats-Unis doivent se retirer de l'accord de Paris sur le climat, devenant ainsi le premier haut responsable de l'administration Trump à prendre publiquement une telle position.

"L'accord de Paris est quelque chose que nous devons vraiment examiner de près", a déclaré Scott Pruitt, sur la chaîne conservatrice Fox, avant d'ajouter: "Les Etats-Unis doivent en sortir, selon moi."

Ce climato-sceptique a estimé que cet accord - adopté par 195 pays en décembre 2015 - était "une mauvaise affaire pour l'Amérique", relevant que la Chine, plus important émetteur de CO2 de la planète, et l'Inde, également un gros pollueur, n'avaient "aucune obligation dans le cadre de cet accord jusqu'à 2030". En revanche, a-t-il déploré, "les Etats-Unis -deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre - subissent tous les coûts sans délai".

En mars déjà, Scott Pruitt avait pris le contre-pied du consensus scientifique mondial en estimant que les émissions de CO2 n'étaient pas un facteur déterminant dans le changement climatique.

Division au sein du gouvernement et des proches de Trump

L'administration Trump a fait savoir qu'elle examinait sa position sur le changement climatique et la politique énergétique sans, pour l'instant, indiquer si elle comptait respecter la promesse de campagne du candidat Trump "d'annuler" la participation des Etats-Unis à l'accord de Paris. Le chef d'Etat a indiqué fin mars qu'il prendrait position "d'ici fin mai".

Le sujet divise les conseillers du président républicain. Son stratège Steve Bannon, un nationaliste économique dont l'influence paraît faiblir, prône un retrait à l'instar de Scott Pruitt tandis que le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, ex-PDG du géant pétrolier ExxonMobil, est partisan d'un maintien. Ivanka, la fille aînée du président, et son mari Jared Kushner --qui ont l'oreille du milliardaire - partagent également l'opinion du chef de la diplomatie, selon des sources citées par les médias américains.

ExxonMobil, qui a publiquement soutenu l'accord de Paris, avait adressé en mars une lettre à la Maison Blanche pour réitérer cette position, en expliquant que "les Etats-Unis étaient en bonne position pour être compétitifs dans le cadre de cet accord".

Retour en arrière sur les centrales à charbon

La précédente administration s'était engagée à Paris à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de CO2 de 26 à 28% d'ici 2025, par rapport au niveau de 2005. Pour ce faire, le président démocrate Barack Obama avait notamment donné par décret autorité à l'EPA pour contraindre les centrales électriques à charbon de réduire leurs émissions de CO2. Mais son successeur est revenu sur ces mesures, demandant à l'EPA de les réexaminer.

(avec AFP)

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a écrit le 18/04/2017 à 0:28 :
L'accord des 195 pays est bien parti dans ses applications et retombées mondiales. Aux Etats-Unis de nombreux Etats, villes et entreprises vont à l'encontre des choix de Scott Pruitt d'autant que les énergies renouvelables créent beaucoup plus d'emplois et réalisent des chiffres d'affaires supérieurs. Cà a été pareil en Australie et au Canada. Les agissements de quelques ministres de Trump ne sont donc qu'un épiphénomène dans la tendance lourde mondiale, sinon une légère perte de temps, et c'est une occasion pour les autres d'aller encore plus de l'avant et en prenant les parts de marchés dans les renouvelables, donc une erreur de la part de Trump qui risque d'ailleurs de changer d'avis car il disposait de chiffres sous estimés notamment quand il parlait de solaire lors des élections. Un peu comme Marine le Pen qui prétend se passer d'éolien alors que 2/3 d'éolien et 1/3 de solaire donnent les meilleurs équilibres et résultats en France et qu'une approche au niveau du réseau européen (et non principalement français) permet d'économiser 500 TWh par an d'énergie (alors que la France en consomme quelques 425 TWh par an). Comme quoi certains politiques ne connaissent pas grand chose aux problématiques de l'énergie et les conséquences peuvent être graves !
a écrit le 17/04/2017 à 14:39 :
J'espère que cet épisode va faire réaliser à nos dirigeants que la vassalisation aux US (ou à quelque autre pays) n'apporte rien de bon et qu'un jour ou l'autre on se prend le retour de manivelle dans les dents :-)
Réponse de le 18/04/2017 à 0:17 :
Si nous étions vassalisés aux Etats-Unis nous utiliserions du charbon et gaz de schiste alors que l'on se retire de l'un et faisons le contraire pour l'autre. Cessez de dire n'importe quoi en méconnaissance des réalités à chacune de vos interventions douteuses, c'est pénible, informez vous mieux et plus sérieusement.
a écrit le 17/04/2017 à 7:38 :
Le travail et l'énergie, c'est la même chose. Il faudrait profiter de cette occasion pour mettre une taxe sur l'énergie et utiliser cette taxe pour financer le chomage et les retraites. Mais personne n'est capable de comprendre cette mesure pourtant décrite dans la note n°6 du CAE.
a écrit le 16/04/2017 à 14:05 :
Les USA ont raison de ne pas adhérer à ce machin qui ne tient pas la route !!!en effet beaucoup de pays ont signé ce traité mais ne feront rien car leurs priorités c est l emploi !!sauf nous qui encore une fois sommes à contre sens du progrès !!Les écolos nous roulent dans la choucroute et comme des veaux nous suivons les yeux fermés ,leur but est bien connu : non au nucléaire , non aux Ogm ,non à tout ce qui n est pas Bio ,non à la consommation etc!!!
Réponse de le 17/04/2017 à 13:26 :
Sauf que les libéraux dont tu sembles faire partie ne comprennent pas qu'il y a beaucoup d'emplois à créer grâce à la transition energétique et qu'il vaudrait mieux payer son energie un petit peu plus cher et avoir beaucoup moins de chômeurs donc plus de cotisants pour les retraites mais les veaux dont tu parles suivent aveuglément le libéralisme et son cortège d'energies fossiles dont le nucléaire fait partie... Les veaux pensent à eux et après nous le déluge... Oui à la consommation mais non à la consommation idiote
a écrit le 16/04/2017 à 3:06 :
Les Etats-Unis ce n'est qu'un pays sur 195. Cà permet aux autres de prendre des mesures contre les Etats-Unis. D'autant que beaucoup d'Etats américains en plus des démocrates et une part des républicains soutiennent ces accords de Paris. Le nouveau chef de l'EPA va se sentir un peu faible si tout le monde lui tient tête en plus des entreprises très engagées dans les renouvelables, les banques etc. En Australie le gouvernement pro-charbon a vite été éliminé malgré le lobby important dans ce pays.
a écrit le 15/04/2017 à 23:49 :
Déjà, les us, sous Obhama, avaient obtenu que l'accord initial soit NON contraignant. Soit, en gros, du vent. (qui souffle maintenant à 159 Km/h en Bretagne et m'arrache mes arbres. Mais je me fous de mes arbres, ce sont mes GOSSES qui comptent.). Là, maintenant, au moins, c'est plus clair dans le sens où tout le monde sait que POLLUER est un droit et une PREUVE de richesse. Ca met les cartes sur table : les plus riches ouvrent la guerre AUSSI sur la survie de la planète. Sympa, non..??
a écrit le 15/04/2017 à 18:48 :
Ce machin était voué à l'échec dès sa signature......cirque médiatique, engagements bidons......
Réponse de le 15/04/2017 à 20:32 :
C'était toujours mieux que rien, voyez l'accord comme un demi-pas en avant et la réaction de l'administration Trump comme deux gros pas en arrière, malheureusement pour faire changer d'avis les pays riche il faudrait vraiment que l'écologie rattrape leur économie et qu'il en pâtissent, le problème c'est que lorsqu'il s'en seront rendu compte il sera probablement déjà trop tard, au vu des enjeux il y aura obligatoirement une crise (énergétique, bouffe, matière première...), l'humanité y survivra probablement mais le tout étant de savoir si nos civilisations ne seront pas sacrifiée dans l'histoire.

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