L'Argentine se rapproche d'un accord avec les "fonds vautours"

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Pour payer les fonds, le président Mauricio Macri envisage de lever des fonds sur les marchés de capitaux. (Photo: le 15 mars, manifestation devant le parlement à Buenos Aires contre l'accord négocié par le président Mauricio Macri, ici caricaturé)
Pour payer les fonds, le président Mauricio Macri envisage de lever des fonds sur les marchés de capitaux. (Photo: le 15 mars, manifestation devant le parlement à Buenos Aires contre l'accord négocié par le président Mauricio Macri, ici caricaturé) (Crédits : Reuters)
Le nouveau président argentin Mauricio Macri a remporté mercredi son premier succès législatif, qui ouvre la porte à un accord avec les fonds spéculatifs. Cela pourrait signer la fin du bras de fer qui grève les comptes du pays depuis la crise de 2001. Mais il reste à convaincre le Sénat, très critique sur les conditions de l'arrangement.

"Une session marathonienne", selon la presse argentine. Après dix-sept heures de débat intense, les députés argentins sont finalement tombés d'accord. Ils soutiennent à la majorité de 165 voix sur 257, l'accord avec les "fonds vautours" voulu par Mauricio Macri.

La loi qui permettrait à Buenos Aires de tourner définitivement la page du conflit sur sa dette, hérité de la crise économique de 2001, doit encore être approuvée par le Sénat, mais ce vote représente un premier pas.

Jusqu'à 15 milliards de dollars pour régler la dette

Selon le ministre du Budget, Alfonso Prat-Gay, l'Argentine devra verser 11 milliards de dollars à une partie des fonds spéculatifs ayant intenté une action en justice. Mais ces derniers ne représentent pas l'intégralité des 7% de créanciers récalcitrants à toute restructuration.

Les marchés estiment qu'un accord avec l'ensemble des créanciers récalcitrants aux restructurations pourrait coûter plus de 15 milliards de dollars à l'Argentine.

Pour payer, le gouvernement argentin envisage de lever des fonds sur les marchés de capitaux. Le précédent gouvernement puisait dans les réserves de la banque centrale pour se désendetter, mais ces réserves ne sont aujourd'hui que d'environ 28 milliards de dollars.

Les fonds vautours "favorisés"

Le règlement négocié fin février, très à l'avantage des fonds, est critiqué par l'opposition constituée par le Front pour la victoire (FPV, gauche) de l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), qui a systématiquement refusé de payer plus aux "fonds vautours" qu'aux créanciers restructurés.

D'après les termes de l'accord, Buenos Aires paiera 75% de la valeur des titres de dette alors que 93% des créanciers ont accepté en 2005 et 2010 de n'encaisser que 30%, afin de permettre à l'Argentine de se relancer.

Le vote de mercredi démontre que le président de centre-droit Mauricio Macri, au pouvoir depuis le 10 décembre, peut constituer une majorité à la chambre des députés alors que sa coalition est minoritaire. Le prochain défi sera pour lui de convaincre la chambre haute, dominée par l'opposition de l'ancienne présidente Cristina Kirchner, hostile à cet accord.

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a écrit le 17/03/2016 à 14:53 :
2/ Que s'est-il passé ? L'Argentine, trompée, s'est engagée dans des emprunts qu'elle refusa ensuite de rembourser. Les banques, prises au piège avec un état, dans un procès qui menaçait de durer des années, ont vendu leurs titres de créance à prix réduit à d'autres fonds qui pouvaient soutenir les procès et disposaient de temps. Elles ont passé les provisions correspondant à leurs pertes et ont retrouvé une note satisfaisante leur permettant d'envisager d'autres opérations nouvelles ailleurs. Les fonds dits "vautours" en poursuivant le dossier comptaient faire un bénéfice correspondant à leur prix de remboursement déduit de leur prix d'achat, soit par exemple 20% ou moins selon les résultats de la négociation. Un accord négocié raisonnable leur fera certainement récupérer leur argent investi et se trouver payés de leurs efforts et de leurs frais. Rien de vautour à cela car une créance doit être payée. L'Argentine ne peut pas dire aux USA : "Je m'en prend à vos banques, réglez ce problème en interne, car je n'ose m'en prendre à vous".
a écrit le 17/03/2016 à 14:39 :
On ne peut que se satisfaire de cette décision à venir qui fera que le pays pourra à nouveau gagner de l'argent alors qu'il en perdait. Il est toujours difficile d'admettre de perdre une manche, surtout lorsque l'on pensait avoir gagné toute la partie mais ne pas le faire est encore plus nocif. Une fois la dette réglée, le pays pourra demander des comptes de ceux par qui il estime -à juste titre- avoir été floué. Non les financiers mais l'état américain qui a pris les décisions ayant permis la fraude. Il fera un procès ou pas, obtiendra gain de cause ou pas mais refermera la page jaunie trop longtemps au soleil. L'Argentine est en bonne voie et nous avons lieu d'en être satisfaits.
a écrit le 16/03/2016 à 17:10 :
Ce serait la victoire du capitalisme le plus charognard... j'espère que le Sénat dira non, pour l'Argentine et pour d'autres pays qui auront à restructurer leur dette.

Vincent
Réponse de le 16/03/2016 à 21:14 :
Vous seriez investisseur vous seriez d'accord pour renoncer au paiement de vos titres? À renoncer à 70 voire 100%. Je ne pense pas.
Réponse de le 16/03/2016 à 22:25 :
Ce serait la victoire contre les mauvais payeurs! Peu importe comment et à quel prix la dette a été acheté par ces fonds. Quand on emprunte, on doit rembourser! Sinon, on n’emprunte pas!!!!

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