L'Egypte décroche 36,2 milliards de dollars de contrats en trois jours

 |   |  545  mots
Quatre pays du Golfe ont promis 12,5 milliards de dollars d'investissements et d'aides.
Quatre pays du Golfe ont promis 12,5 milliards de dollars d'investissements et d'aides. (Crédits : AMR ABDALLAH DALSH)
La conférence sur "l'avenir" de l'Egypte organisée de vendredi à dimanche à Charm el-Cheikh a montré l'importance des soutiens internationaux dont bénéficie le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

La conférence économique organisée de vendredi 13 à dimanche 15 mars dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, afin d'attirer les capitaux étrangers en Egypte, a porté ses fruits. Pendant ces trois jours, Le Caire a signé des contrats d'investissements directs d'un montant de 36,2 milliards de dollars (34,5 milliards d'euros), a annoncé dimanche 15 mars le Premier ministre du pays, Ibrahim Mahlab.

Et ce n'est pas tout. Les autorités ont également signé des contrats d'investissement "clés en mains" d'une valeur de 18,6 milliards de dollars, a-t-il indiqué, expliquant:

"Quelqu'un va nous construire une centrale électrique, il va la financer et nous allons le rembourser sur plusieurs années."

BP investit 12 milliards de dollars

Parmi les contrats signés, figure celui avec le géant pétrolier britannique BP, pour un investissement de 12 milliards de dollars (11,4 milliards d'euros) dans un champ gazier de l'ouest du delta du Nil. Son exploitation avec son partenaire russe DEA pourrait assurer une production équivalente au quart de la production actuelle du pays.

Le conglomérat allemand Siemens a également signé un contrat de 4 milliards d'euros (4,18 milliards de dollars) pour la construction d'une centrale électrique d'une capacité de 4,4 gigawatts et des éoliennes d'une capacité totale de 2 gigawatts.

Trois pays du Golfe promettent quatre milliards de dollars chacun

Quatre pays du Golfe ont de surcroît promis des investissements et une aide de 12,5 milliards de dollars (11,9 milliards d'euros). L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït, qui ont déjà largement subventionné l'Egypte, ont notamment promis quatre milliards de dollars chacun en aides ou en investissements. Oman a rajouté 500 millions.

L'Egypte a par ailleurs obtenu 5,2 milliards de dollars (4,9 milliards d'euros) en prêts et aides de fonds et d'institutions internationaux, a expliqué le Premier ministre lors de la cérémonie de clôture.

Dans un discours tenu dimanche, le président de l'Egypte, Abdel Fattah al-Sissi, avait affirmé:

"L'Egypte a besoin de pas moins de 200 à 300 milliards de dollars pour qu'il y ait véritablement de l'espoir pour les 90 millions (d'Egyptiens), pour qu'ils puissent vivre, travailler et être heureux".

Accusé de bafouer les droits de l'Homme

Baptisé conférence sur "l'avenir" de l'Egypte, l'événement était éminemment politique. Il a montré les soutiens internationaux dont bénéficie le président, qui se veut le fer de lance des pays arabes dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI). Plusieurs ministres occidentaux ont fait le déplacement à Charm el-Cheikh, dont le chef de la diplomatie américaine John Kerry, signe du soutien de Washington à l'allié égyptien, qui possède l'armée la plus puissante de la région.

Pourtant, Sissi est accusé par les organisations de défense des droits de l'Homme d'avoir mis en place un régime plus répressif encore que celui de son prédécesseur Hosni Moubarak, renversé en 2011 par une révolte populaire. Depuis qu'il a destitué l'islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, le nouveau président réprime en effet toute opposition, islamiste mais aussi laïque. Dans les mois qui ont suivi la destitution de Morsi, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués, plus de 15.000 de ses partisans emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/04/2015 à 1:43 :
L Egypte vit un despotisme noir. Le peuple est opprime et on commence a decouvrir des realites choquantes en rapport avec le role joue par d autres pays dans ce coup d etat. L inculpation des Etats Unis et de certains regimes du golfe est claire. Les premiers croyant ainsi proteger israel et les autres de peur de perdre leur royaume et leur regne absolu. Le plus choquant est le role joue par le conseil militaire égyptien dans cette guerre anti-Egypte, cette guerre contre le peuple aspirant a la liberte et a la résurrection
a écrit le 16/03/2015 à 13:33 :
C'est facile de signer et de se faire livrer, mais après...ils paient comment ? Nouveau scénario à la grecque :-)
Réponse de le 16/03/2015 à 15:03 :
Baisse des hydrocarbures, l'Egypte est faiblement industrialisée, sa facture énergétique correspond à 3 à 4 % de PIB.
Les prévisions de croissance pour 2015 sont en progression, soit 3,5%.
La croissance fut de l'ordre de 1,8% en 2013, minée par l'instabilité politique et l'insécurité en résultante.
L'Egypte est le 6ème exportateur mondial de gaz.
Le pays tire toujours une bonne partie de ses revenus du Canal de Suez.
Le doublement du canal va permettre d’augmenter le trafic et les gains.
L'Egypte exporte principalement minéraux, pétrole, gaz, coton, fer, acier et or.
L'agriculture contribue à environ 14% du PIB et emploie environ un tiers de la population active.
La chaleur et l’eau du Nil permettent d'avoir plusieurs récoltes annuelles sur des zones limitées. Sa production agricole est trop faible. L’Egypte est le premier importateur mondial de blé.
Elle importe aussi beaucoup de bois.
Les principaux produits cultivés sont les céréales, le coton, la canne à sucre et la betterave.
Les activités gazières et pétrolières et le secteur secondaire contribuent à un peu plus d'un tiers du PIB. Le secteur tertiaire représente environ 50% du PIB égyptien et emploi 45% de la population.
Il est largement dominé par les recettes des télécommunications et du tourisme (l'industrie du tourisme apporte près de 10 milliards de recettes annuelles).
C’est un pays qui était très visité par les touristes avant crise.
Si la stabilité revient, l’économie touristique retrouvera son niveau d’avant crise.
Le commerce représente plus de 45% du PIB du pays (moyenne 2010-2012).
Le déficit commercial s'était creusé en 2012, puis s'est réduit en 2013, les exportations augmentant plus rapidement que les importations.
L’Egypte est notre 1er fournisseur au Proche-Orient avec une part de 48% de nos importations depuis cette région, notamment hydrocarbures et engrais.
Ses trois principaux clients sont l'Union Européenne qui représente plus du tiers des échanges, les Etats-Unis et la Syrie, Coté Syrie, c’est plutôt la catastrophe depuis 4 années.
L'Egypte reste un pays faiblement industrialisé avec un déficit en infrastructures et transports.
De gros efforts à faire sur la qualité de l’eau, les hôpitaux publics, la pollution.
Mais ce n’est pas une tache insurmontable, notamment puisque E.A.U., Arabie, Koweït et même le petit Oman l’aident financièrement.
a écrit le 16/03/2015 à 12:35 :
La France c'est 5.000 milliards d'€
C'est facile , on passe une écriture ; DR France , CR Capital BCE
a écrit le 16/03/2015 à 11:57 :
La dictature et l'oppression sont des gages de bons rendements financiers. Les Droits de l'Homme on s'en fout tant que l'on gagne de l'argent! Eh puis c'est plus simple que de traiter avec les intérêts parfois multiples et divergents des peuples.
Alors plus de cannons, d'armements en tous genre et de gros investissements en infrastructures qui permettrons des commissions occultes ... qui eux garantissent que nos sociétés, sois-disant démocratiques, seront bien dirigées par des oligarchies. Regardez le financement de la Droite et de la Gauche ces derniers 50 ans et plus, tous émanent de fonds via des dictatures étrangères via des contrats d'armements, des contrats d'infrastructures, des contrats d'exclusivité d'accès aux ressources naturelles ... et on sait que la population est manipulable à volonté et votera selon le montant financier consacré à la campagne publicitaire (voir dépassements dernière campagne présidentielle).
Elle sont belles nos démocraties ... à vous d'en juger
Réponse de le 16/03/2015 à 12:23 :
Une certaine confusion ici...
a écrit le 16/03/2015 à 10:06 :
Les organisations des droits de l'homme, toujours promptes à dénoncer ceux qui sont confrontés dans leur chair au terrorisme islamiste.
a écrit le 16/03/2015 à 9:28 :
Il faut sauver le soldat Sissi pour la stabilisation de l'Egypte
-
11-14, Archos, annonce la signature d’un contrat stratégique avec l’égyptien Uni Group pour développer la distribution et la commercialisation de ses gammes de smartphones et tablettes.
12-14, la France finance l’achat de nouveaux wagons de métro.
Financement de l’achat de 64 wagons de métro..
La France a contribué depuis 30 ans à la construction du métro du Caire, à hauteur de 2 milliards d’euros de prêts concessionnels cumulés et de 31 millions d’euros de dons.
01-15, Alstom remporte un contrat pour la fourniture des équipements de signalisation destinés à la ligne de chemin fer régionale de Beni Suef-Asyut de 240 km et leur maintenance pour une période de cinq ans.
01-15, blé, la France devient le 1er fournisseur depuis juillet 2014. L’Egypte est le premier importateur mondial de céréales.
Ceci étant, le blé français n’a pas évolué depuis longtemps et est de mauvaise qualité par rapport à certains blés concurrents. Taux de protéines trop bas. Le manque à gagner serait de 20 tonnes à l’exportation par an. Que font donc la FNSEA et l’Etat ?
02-15, Saphymo (Bertin), systèmes et instrumentations pour le nucléaire, la défense et l’environnement va sécuriser la totalité du territoire égyptien pour la radioactivité.
02-15, 24 Rafales + missiles air-air Mica + missiles croisière Scalp + bombe air-sol 2ASM + lances-Leurres Lacroix + une frégate multimissions FREMM
02-15, Orange monte au capital d’ECMS, l'un des premiers opérateurs télécom du pays sous la marque Mobinil, à 99%, par l'acquisition des parts détenus par la holding Orascom.
02-15, Suez Environnement gérera la station de traitement des eaux usées du Caire, .
L'exploitation de deux des installations de traitement des eaux usées de la station de Gabal El Asfar au Caire. 84 M€ sur quatre ans. Sera réalisé par un consortium composé du groupe français et de trois entreprises égyptiennes : DHCU, Arcom et Icat.
Aujourd'hui, 70% de la production d'eau potable pour le Grand Caire est assurée par des installations (Fostat, Mostorod, Amerya, Ghiza...) construites par Degrémont, filiale de Suez Environnement.
02-15, métro, Caire, 6 entreprises françaises décroche l’extension .
Thalès, la signalisation.
Colas, l’infrastructure avec Rail, Orascom et Arabco.
Alstom, moteurs d'aiguillage, équipements de signalisation, système de ventilation, ascenseurs et escalators.
Vinci, Bouygues et Eurovia sont acteurs du projet d'extension
Le métro du Caire transporte trois millions de personnes par jour avec un objectif de cinq millions en 2020.
(Thales Université est en train de réaliser une Académie Egyptienne des Sciences et Technologies des Transports (EATST) qui pourra accueillir plus de 1000 stagiaires à terme.)
03-15, Le Koweït, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis promettent 12 Mrds$ supplémentaires à l’Egypte.
03-15, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la France signent un accord trilatéral à la Conférence de développement économique de l’Egypte (EEDC) à Sharm El Sheikh.
Le protocole d’accord se concentre sur la stimulation de l’investissement du secteur privé dans un certain nombre de secteurs prioritaires en Egypte, y compris l’énergie, les infrastructures, le transport, la technologie de l’information et des communications, et avec un accent particulier sur la promotion des meilleures pratiques environnementales. Le protocole d’accord comprend également une étude sur un programme d’énergie renouvelable EAU / France / Egypte qui vise à produire 20% des besoins en électricité de l’Egypte à partir de sources renouvelables d’ici 2020.
Réponse de le 16/03/2015 à 11:34 :
Juste un point à propos du blé. L'augmentation du gluten dans le blé est une des causes des intolérances alimentaires qui se multiplient actuellement en France et de la maladie cœliaque.
Car le taux de gluten a déjà très fortement progressé depuis 50 ans dans le blé dur pour un pain bien gonfant.
Tant pis pour les gens fragiles et vive le commerce et le pèze...
Réponse de le 16/03/2015 à 12:33 :
@clkergo
C'est malheureusement une exigence des pays importateurs, certainement cause l'abrutissement imposé par les lobbys.
Australie, Russie, Brésil, Argentine ont des taux plus élevés. Peut-être parce qu'ils utilisent plus de nitrates?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :