L'inflation au Japon, après deux mois de timide remontée, retombe à zéro en janvier

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Après deux mois d'une hausse modeste, l'inflation est retombée à zéro en janvier, dans un pays frappé par la déflation depuis des années.
Après deux mois d'une hausse modeste, l'inflation est retombée à zéro en janvier, dans un pays frappé par la déflation depuis des années. (Crédits : Laszlo Balogh/Reuters)
Malgré deux mois de faible hausse, la troisième économie mondiale reste loin de l'objectif de 2% en deux ans fixé par la banque centrale en 2013, via un massif programme dit d'"assouplissement qualitatif et quantitatif" (QQE).

Un revers de plus pour les "Abenomics" du Premier ministre japonais Shinzo Abe. Le taux d'inflation est retombé à zéro en janvier au Japon, après deux mois de hausse modeste, loin de l'objectif de 2% de la banque centrale, a annoncé vendredi le ministère des Affaires intérieures nippon. Les prix à la consommation, hors ceux des produits périssables, ont stagné le mois dernier comparé à ceux d'un an plus tôt, sous l'effet de la chute des tarifs du pétrole et d'une reprise atone dans la troisième économie mondiale. Si l'on exclut l'alimentation et l'énergie, ils ont augmenté de 0,7%, ce qui montre que le taux d'inflation global est lesté par l'or noir.

Les taux négatifs, mesure contestée

Pièce maîtresse des "abenomics", stratégie de relance lancée fin 2012 par le Premier ministre Shinzo Abe, la Banque du Japon (BoJ) ne parvient pas à doper l'inflation malgré tous les efforts mis en oeuvre depuis trois ans. Signe de sa détermination, elle a décidé fin janvier d'instaurer des taux négatifs, mesure qui consiste à pénaliser les banques plaçant leurs liquidités dans ses coffres au lieu de les faire circuler, dans l'espoir de stimuler le crédit, et donc l'activité économique.

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Cette initiative, jugée extrême, ne fait cependant pas l'unanimité parmi les experts - dont certains membres de la Banque du Japon- craignant qu'elle ne fasse "plus de mal que de bien" à l'économie, selon les termes de Capital Economics.

"Le ministre des Finances, Taro Aso, a mis le doigt sur le problème", soulignaient les analystes de Mizuho Securities dans une récente note: "Le problème avec l'économie japonaise aujourd'hui du point de vue des institutions financières, c'est qu'elles ont de l'argent mais que la demande n'est pas là".

Des freins à l'emprunt

Les entreprises et consommateurs sont en effet réticents à emprunter dans un archipel confronté à un environnement extérieur difficile, avec le ralentissement en Chine et dans les pays émergents, et marqué par des années de déflation. Désireuse d'en finir avec ce phénomène pernicieux, la BoJ a profondément réformé en avril 2013 la politique monétaire en ciblant une inflation de 2% via un massif programme dit d'"assouplissement qualitatif et quantitatif" (QQE).

Vers un abaissement des taux d'intérêt?

Le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, espérait initialement atteindre son objectif en deux ans, mais il a été contraint de repousser l'échéance à plusieurs reprises et vise désormais "le premier semestre 2017-2018" (avril-septembre 2017). Au vu de ces nouvelles statistiques d'inflation, la BoJ n'aura d'autre choix que d'assouplir encore sa politique, prédit Capital Economics. "Nous pensons qu'elle va abaisser les taux d'intérêt et augmenter son programme de rachat d'actifs le mois prochain", estime l'analyste Marcel Thieliant.

(Avec AFP)

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