La Banque du Japon peine encore à vaincre la déflation

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Depuis les précédentes estimations, formulées en avril, l'inflation s'est accélérée, portée par les prix de l'énergie. Mais si l'on exclut ces effets, les récents développements ont été plutôt faibles, souligne la BoJ.
Depuis les précédentes estimations, formulées en avril, "l'inflation s'est accélérée, portée par les prix de l'énergie. Mais si l'on exclut ces effets, les récents développements ont été plutôt faibles", souligne la BoJ. (Crédits : Toru Hanai)
Dans son dernier rapport, l'institution anticipe une hausse des prix à la consommation de 1,1% d'ici à mars 2018 contre 1,4% auparavant. Son objectif de 2%, que le gouverneur Haruhiko Kuroda espérait initialement atteindre en 2015, ne sera donc pas concrétisé avant au mieux 2019/20.

Impuissante face à la déflation qui mine la troisième économie mondiale, la Banque du Japon (BoJ) a encore abaissé jeudi ses prévisions d'inflation, tout en laissant inchangée sa politique monétaire pour soutenir la reprise. Dans son dernier rapport trimestriel, elle anticipe désormais une hausse des prix à la consommation de 1,1% sur l'exercice d'avril 2017 à mars 2018 (contre +1,4% auparavant), puis de 1,5% l'année suivante (au lieu de +1,7%). Son objectif de 2%, que le gouverneur Haruhiko Kuroda espérait initialement atteindre en 2015, ne sera donc pas concrétisé avant au mieux 2019/20.

Depuis les précédentes estimations, formulées en avril, "l'inflation s'est accélérée, portée par les prix de l'énergie. Mais si l'on exclut ces effets, les récents développements ont été plutôt faibles", souligne la BoJ. Elle invoque "la prudence" des entreprises,  réticentes à augmenter les salaires, et des ménages, après plus de deux décennies de déflation.

Des signes positifs

Il y a matière à espoir cependant, note la banque centrale, car l'économie se porte mieux, ce qui l'a incitée à légèrement élever ses projections de croissance à +1,8% en 2017/18 (au lieu de +1,6%), puis +1,4% l'exercice d'après (au lieu de +1,3%).

L'archipel a montré ces derniers mois des signes positifs : de solides exportations (+9,5% au premier semestre), des entrepreneurs plus confiants (un indice Tankan inédit en plus de trois ans), une consommation des ménages qui a quasiment stoppé sa chute en mai et des investissements publics, en particulier dans la construction, dopés par la perspective des jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

Programme de rachat d'actifs maintenu

Pour conforter cette tendance positive, la BoJ a reconduit jeudi, à l'issue d'une réunion de deux jours, son massif programme de rachat d'actifs (actuellement de 80.000 milliards de yens par an, soit 615 milliards d'euros), en le modulant pour que le taux des obligations d'Etat à 10 ans se situe autour de zéro. Ce dispositif, qui vise à inonder les circuits de liquidités pour faire repartir le crédit, les prix, et la croissance, est complété par des taux négatifs, maintenus à -0,1%.

Aucun des 43 analystes interrogés par l'agence financière Bloomberg n'avait pronostiqué de changement, et quasiment aucun n'en envisage avant la fin du mandat du gouverneur Haruhiko Kuroda en avril 2018.

(Avec AFP)

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