La croissance chinoise au plus bas depuis 1990

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Cette croissance au ralenti représente une nouvelle normalité, selon Xi Jinping.
Cette croissance au ralenti représente une "nouvelle normalité", selon Xi Jinping. (Crédits : Reuters)
La croissance chinoise s'est établie à 6,9% en 2015, selon les chiffres du gouvernement chinois. Elle pâtit notamment d'une activité manufacturière au ralenti et d'un plongeon du commerce extérieur.

Le ralentissement de la croissance chinoise en 2015 était attendu à ce niveau-là par Xi Jinping, le président chinois. Ce dernier l'avait traduit par une "nouvelle normalité". Sur l'ensemble de l'année 2015 en Chine, la croissance s'établit en effet à 6,9% contre 7,3% l'année précédente, soit son rythme le plus faible depuis 25 ans, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS), mardi 19 janvier.

croissance chinoise

Pour l'économiste Mylène Gaulard, "le président Xi Jinping tente de relativiser le ralentissement de la croissance du PIB. Malheureusement, tous les indicateurs dont nous disposons révèlent un sérieux ralentissement qui va au-delà d'un simple retour de la croissance à un niveau "raisonnable".

Plusieurs facteurs ont en effet pesé sur la croissance. Au fil de 2015, les indicateurs sont restés largement dans le rouge: contraction de l'activité manufacturière --aggravant de sévères surcapacités--, refroidissement de l'immobilier, plongeon du commerce extérieur: autant de piliers traditionnels de la croissance chinoise qui s'effritent.

Et en décembre, les derniers indicateurs publiés en même temps que les chiffres de la croissance étaient particulièrement mitigés. La production industrielle a déçu. Elle a augmenté le mois dernier de 5,9% en rythme annuel, soit une hausse inférieure aux attentes, après une augmentation de 6,2% en novembre. Néanmoins, les investissements en actifs fixes ont augmenté de 10,0% en 2015 par rapport à 2014.

Difficile pour la Chine de réorienter son économie

Pour justifier le ralentissement de la croissance, le BNS a insisté mardi sur les douloureuses "transformations structurelles" en cours: "C'est une période cruciale durant laquelle les défis devront être surmontés (...) et la nécessité d'approfondir les réformes demeure impérieuse."

La stratégie de réorientation de l'économie chinoise vers son marché intérieur est un échec pour le moment, selon Mylène Gaulard:

"La hausse des salaires, les politiques budgétaires et monétaires expansives, n'ont pas permis de relancer suffisamment la consommation des ménages qui reste toujours inférieure à 40% du PIB."

Des marchés chinois en hausse

Les marchés chinois n'ont pas été surpris par les annonces de la BNS. La Bourse de Shanghai prenait même 3,06% à 7h33, heure française. Celle de Shenzhen gagnait 3,04% à la même heure.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2016 à 12:23 :
Le problème actuel des Chinois, c'est le ralentissement de leurs exportations vers des pays occidentaux exangues. Mais, il savent vivre en autarcie et peuvent developer leur marché interne. Les problèmes de l'Occident ne sont donc les leurs que dans une moindre mesure. En revanche, les Occidentaux s'étant précipité pour tirer parti de l'esclavagisme ds Chinois voit leur sites de production s'écrouler. Cela va créer des problèmes majeurs parce qu'à la fois, on ne pourra plus compter sur la production chinoise à bas coût, mais aussi parce qu'en Occident, les producteurs ont été éliminés. Peut-on inverser la courbe ? Oui, mais cela prendra des années pour former et motiver des gens sur des secteurs susceptibles d'être à nouveau délocalisés :-)
a écrit le 19/01/2016 à 12:26 :
On n'a jamais mesuré autant comment les économistes populistes peuvent se fourvoyer par de telles affirmations finalement admises béatement par tous. Un indicateur est un faux ami, il doit être utilisé en comparatif pour ses éléments semblables ou proches. Or, rien n'est proche d'avec la Chine. On tente donc de mesurer avec nos indicateurs de pays occidentaux matures, les résultats d'un pays que l'on en peut qualifier ni d'émergent ni de tiers monde car il est les deux à la fois. Devrait-on dire sinoant par exemple pour définir ce paradigme ? Bref, ce mauvais usage revient à ce que l'on pense que la Chine baisse alors qu'elle monte ! Heureusement nos économistes de bazar auront tout l'avenir de nous expliquer leur nouvelle vision, à savoir qu'ils se sont trompés dans la précédente. Une mauvaise habitude que nous ne sommes pas obligés de suivre.
a écrit le 19/01/2016 à 11:08 :
LA CHINE S EN SORTIRAS CAR ELLE UNE IDELOGIE DIFFERANTE QUE L OCCIDENT MEME SOUS DICTATURE /// LE PEUPLE D ABORD/// MAIS ELLE A DES PROGRES A FAIRE POUR ATEINDRE LE NIVEAUX DE VIE DES OCCIDENTAUX???
a écrit le 19/01/2016 à 9:53 :
NOrmal, la croissance de la chine repose surtout sur la délocalisation des actionnaires des autres pays de leurs outils de production pour aller chercher une main d'oeuvre moins chère voir carrément esclave (cf Bangladesh).

Or si vous augmentez ces gens là afin qu'ils compensent le chomage de masse que subissent les pays développés de ce fait ben ils ne seront plus compétitifs et les multinationales délocaliseront dans des pays encore moins cher comme ils le font actuellement.

L'économie ne profite plus aux peuples elle profite seulement aux milliardaires et aux millionnaires serviteurs de ces premiers, du coup elle apauvrit les populations mondiale sans pitié.

Nous nous retrouvons du coup dorénavant en contradiction totale entre les médias de masse, propriétés de ces mêmes milliardaires, dont les drôles d'experts et autres spécialistes continuent de nous affirmer que l'économie créée de la richesse, ce qui n'est pas faux et la réalité, ce qu'ils oublient de dire, volontairement bien entendu, c'est que cela ne profite surtout et d'abord qu'à ceux qui possèdent déjà tout.

Nous sommes le Titanic, nous avons heurté l'iceberg mais c'est pas grave, l'orchestre joue encore c'est le principal.
Réponse de le 19/01/2016 à 12:39 :
Vous parlez du " chômage de masse que subissent les pays développés" ...Où avez-vous vu ça ? Les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, et bien d'autres pays très développés, connaissent le plein emploi ! Ne prenez pas notre France socialiste comme unité de mesure au niveau international ! Nous sommes plutôt l'exception qui confirme la règle.
Réponse de le 19/01/2016 à 14:09 :
@ferres

Il faut te reveiller , en Allemagne job à 1€.
Royaume-Uni , la moitié des chômeurs préferent se mettre en situation de longue maladie ce qui les sort des stats et l'allocation mensuelle est plus forte que celle du chômage , près de 2 millions de salariés sont concerné contre 4 à 500.000 en France ( longue-maladie/invalidité) .
US : La décrue du chômage est surtout liée au fait que de nombreux chômeurs se découragent (40 % des chômeurs sont dans cette situation depuis plus de six mois et ne sont donc plus indemnisés), cessent de chercher du travail et sortent de la population active. Ce qui a fait baisser le taux de chômage (nombre de chômeurs rapportés à la population active). Le Bureau of Labor Statistics publie un taux de sous-emploi, qui additionne les chômeurs, les travailleurs découragés et les personnes ayant accepté un emploi à temps partiel mais souhaitant travailler plus. Ce taux, lui, ne baisse pas et atteignait toujours 14,7 % en septembre dernier.
Réponse de le 19/01/2016 à 16:25 :
"Les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, et bien d'autres pays très développés, connaissent le plein emploi !"

Heu vous pouvez donner des sources qui ne viennent pas du pays fantastique de Peter Pan je vous prie ? Merci.

Les états unis avaient 43.5 millions de pauvres en 2013 je vois mal comment tout ces gens pouvaient bénéficier d'un emploi viable hein...

Et arrêtez avec vos fixations sur les socialistes, les fonctionnaires, les immigrés et-c... L'économie 'est pas une science occulte liée à l'astrologie c'est une science exacte, vos peurs n'y changent absolument rien.

Merci.
a écrit le 19/01/2016 à 9:33 :
Il n'aura échappé à personne que la Chine est une dictature communiste. Favoriser la consommation intérieure, c'est perdre du pouvoir. Les dirigeants, la nomenklatura chinoise ne l'entendent pas ainsi. Ils veulent garder le pouvoir, ils ne feront rien pour faire émerger une vraie classe moyenne, car ils savent qu'au bout, c'est la démocratie et donc la fin de leur pouvoir. Grosses turbulences prévisibles en Chine, accompagnées de détournement d'attention.
Réponse de le 19/01/2016 à 10:04 :
"est une dictature communiste"... Pour votre info, nous avons le même type d'oligarques à la maison. Pas la peine d'être jaloux. Simplement, ils ne sont pas dans les gouvernements, mais les dirigent. Seule différence.
a écrit le 19/01/2016 à 9:00 :
quelle decouverte!!! ' les arbres ne montent pas au ciel'
le gros pb de la chine, c'est pas tellement l'export, ca va etre le vieillissement accelre de sa poupulation
le sinologue raymond domenach a dit ' la chine sera vieille avant d'etre riche'
a écrit le 19/01/2016 à 8:33 :
la transition vers la consommation n'est pas évidente comme le montre l'article du Financial Times "China's consumers cannot save the day" de novembre dernier.
a écrit le 19/01/2016 à 8:33 :
le PIB ne croit plus de 7.3 mais de 6.9 et ce serait la fin du monde ?
avec une croissance de 7.3
100, 107.3, 115.13...
avec 6.9
100 106.9 114.27
Bref, c'est la catastrophe, l'échec, ils sont de plus en plus pauvres.

On aimerait bien échouer comme eux.
Réponse de le 19/01/2016 à 10:20 :
Oui, mais ... non. Il faut bien comprendre qu'ici, nous réussissons à calmer les chômeurs avec des "aides sociales" de survie. Là-bas, ils n'ont pas ça. Et un paysan chinois en colère, quand il s'y met à 200 000, même l'armée est débordée...

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