La Fed mise sur la stabilité des taux d'intérêt... mais pas sur la croissance

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La Fed, présidée par Janet Yellen a décidé de maintenir les taux d'intérêt dans leur fourchette actuelle comprise entre 0,25% à 0,50%.
La Fed, présidée par Janet Yellen a décidé de maintenir les taux d'intérêt dans leur fourchette actuelle comprise entre 0,25% à 0,50%. (Crédits : Reuters)
Pessimiste sur la croissance économique mondiale, la banque centrale des Etats-Unis a cependant laissé les taux d'intérêt inchangés, comme les marchés s'y attendaient.

Après le coup d'éclat de la BCE la semaine passée, la Fed opte pour le statu quo. La banque centrale américaine a laissé mercredi les taux d'intérêt inchangés en invoquant les "risques" posés par la situation économique mondiale, selon un communiqué du Comité monétaire (FOMC).

A l'issue de deux jours de réunion à Washington, il a ainsi été décidé de maintenir les taux d'intérêt dans leur fourchette actuelle comprise entre 0,25% à 0,50%, conformément aux attentes des marchés.

Lors de sa précédente réunion fin janvier, la Fed avait déjà choisi de faire une pause dans la normalisation de sa politique monétaire après avoir augmenté d'un quart de point ses taux en décembre pour la première fois depuis presque dix ans.

Inquiétudes

Pour justifier ce nouvel accès de prudence, la Fed insiste fortement sur les turbulences sur les marchés mondiaux, alimentées par le ralentissement économique de la Chine, le coup de mou des autres grands pays émergents du globe et la chute des cours des matières premières dont le pétrole.

"La situation économique et financière mondiale continue de poser des risques", écrivent les membres du FOMC dans leur communiqué, une terminologie nouvelle qui reflète une inquiétude accrue depuis leur réunion de la fin janvier.

La Réserve fédérale opte pour cette position attentiste à l'heure où ses homologues japonaise et surtout européenne renforcent leurs politiques monétaires accommodantes pour soutenir une activité morose.

 Tableau contrasté

Sur le front intérieur, la Fed brosse un tableau légèrement plus optimiste mais très contrasté. Dans son communiqué, elle note que l'activité aux Etats-Unis a progressé "malgré" la situation internationale et se félicite du "nouveau renforcement" du marché du travail à l'heure où le taux de chômage évolue à son plus bas niveau depuis 8 ans (4,9%).

Point positif alors qu'elle vise un objectif d'inflation de 2%, la Fed relève que l'inflation s'est "accélérée ces derniers mois" même si elle reste éloignée de sa cible.

Mais, elle signale également quelques points noirs. L'investissement des entreprises et les exportations, pénalisées par le dollar fort, restent "faibles", déplore le FOMC. Signe de cet optimisme très mesuré, la Fed a par ailleurs revu en baisse sa prévision de croissance pour cette année, comme pour l'année prochaine, dans ses nouvelles projections dévoilées mercredi.

Le PIB américain devrait progresser de 2,2% sur un an au dernier trimestre 2016, soit 0,2 point de moins que ce qui était prévu il y a trois mois.

Les taux à 0,9% fin 2016

Très suivie par les marchés, la prévision médiane du niveau des taux d'ici la fin de l'année montre que les membres du Comité sont beaucoup plus prudents.

La majorité des membres du Comité monétaire jugent que les taux d'intérêt se situeront à 0,9% fin 2016 au lieu de 1,4% lors de leur projection de décembre. Cela correspondrait à seulement deux hausses de taux de 0,25 point de base contre quatre, selon la précédente estimation.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2016 à 13:35 :
Ooooooooh : quelle surprise :-) !!
a écrit le 17/03/2016 à 0:01 :
On aime parler des food-stampers qui sont des assistés sociaux comme nous en avons beaucoup plus. Quoi qu'il en soit les USA tiennent le monde et c'est la faiblesse des autres qui les préoccupe. La France socialiste est le boulet européen qui menace la croissance et l'avenir de la zone euro. On commence à le réaliser...
a écrit le 16/03/2016 à 22:21 :
"Cela correspondrait à seulement deux hausses de taux de 0,25 point de base contre quatre, selon la précédente estimation." Je verrais bien une seule demi hausse de "point" histoire de tenir un semblant de "point" de promesse... Sinon, coté schiste, ça va bientôt scheester dans le ventilo. Ils vont devoir donc faire comme les anglais pour le pétrole : sauver le système... Néanmoins, quand tu regardes : ils ont déjà sauvé : AIG, freddie, fanny, les big trhee, les banques (sauf heureusement Lehman), les food-stamps, les crédits études, et presque l'immobilier... Tu m'étonnes qu'ils soient hyper-endettés... On dirait bientôt le Japon. Et donc, tu as 95,1% de la population qui bosse 2 heures par semaine au moins. Tu m'étonnes aussi les 53 millions de joyeux food-stampers... Haméricane drim for ever and freedom!

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