La Russie réduit son budget de 10 % pour s'adapter à la chute du prix du pétrole

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Le président du gouvernement russe, Dmitri Medvedev, estime que le pays doit se préparer au pire.
Le président du gouvernement russe, Dmitri Medvedev, estime que le pays doit "se préparer au pire". (Crédits : Maxim Shemetov)
Le gouvernement russe a décidé de revoir à la baisse son budget 2016, initialement établi sur un prix du baril de pétrole brut à 60 dollars, face à la chute libre des cours des hydrocarbures, qui représentent un quart du PIB du pays. Les dirigeants justifient cette austérité par un risque de voir émerger une crise financière comparable à celle qu’avait connue le pays en 1998.

La chute mondiale des cours du pétrole impacte gravement l'économie russe. Le gouvernement de Dmitri Medvedev a annoncé, ce mercredi 13 janvier, une réduction de son budget pour 2016 de l'ordre de 10 %. Le budget, qui était initialement prévu pour un baril de pétrole à 60 dollars, doit s'adapter à la chute des cours mondiaux, qui ont atteint cette semaine le seuil critique de 30 dollars le baril, une tendance que le gouvernement voit durable. Le président du gouvernement russe a justifié ces mesures drastiques d'austérité par le risque d'une crise financière d'une ampleur égale à celle de 1998, qui avait été marquée par une dévaluation brutale du rouble et un défaut sur la dette, suite à la crise économique asiatique de 1997 qui avait entraîné un ralentissement mondial : « Il faut se préparer au pire », a-t-il averti au cours d'un forum économique tenu à Moscou.

Contraction du PIB de 3,7 % en 2015

L'effondrement que connaissent les cours du pétrole en ce début d'année 2016 a brusquement changé la donne pour la Russie, qui tire des hydrocarbures un quart de ses revenus, 70 % de ses exportations et la moitié de son budget. Le gouvernement tablait sur une reprise économique cette année, prévoyant 2 % de croissance, suite à la profonde récession qui a secoué le pays l'année passée, avec notamment une contraction du PIB estimée par le gouvernement à 3,7 % sur l'ensemble de l'année, et une chute libre du rouble pénalisant le pouvoir d'achat et la consommation. La monnaie nationale tombait ce mardi 12 janvier à son niveau le plus bas, notamment par rapport au dollar et à l'euro, depuis décembre 2014.

« Adapter notre budget à la nouvelle réalité »

En réaction, le gouvernement a donc décidé d'ajuster ses dépenses publiques : « Nous devons prendre des mesures réfléchies pour adapter notre budget à la nouvelle réalité », a expliqué Anton Silouanov, le ministre des Finances. Confirmant des informations parues ces derniers jours dans la presse russe, le ministre a indiqué que chaque ministre devrait lui présenter un plan de réduction des dépenses de 10 % par rapport à ce qu'avait prévu la loi de budget, adoptée quelques semaines auparavant. Les ministres auraient jusqu'à vendredi, d'après le quotidien économique Vedomosti qui avait ébruité ces mesures avant les déclarations du gouvernement. Selon le même quotidien, les coupes budgétaires ne devraient pas concerner les salaires des fonctionnaires ni les soldes des militaires. Ces rectificatifs budgétaires représentent environ 500 milliards de roubles (soit 6 milliards d'euros), a précisé le ministre des Finances. Celui-ci a également souligné que le gouvernement œuvrait à la recherche de nouvelles rentrées de fonds publics, notamment par le biais des ventes de participations dans des entreprises publiques, qui pourraient rapporter à l'État 1.000 milliards de roubles (soit 12 milliards d'euros) en 2 ans.

L'ère du pétrole bon marché annoncée « très longue »

Le budget 2016 avait également prévu un déficit de 3 % du PIB, seuil en dessous duquel, selon le président Vladimir Poutine, « l'indépendance financière » du pays ne peut être garantie. Anton Silouanov a indiqué que, si le déficit avait pu être contenu à 2,6 % l'an dernier, 2016 s'annonçait plus difficile. Ces difficultés économiques interviennent quelques mois avant les prochaines élections législatives, qui doivent se tenir en septembre, alors que l'intervention militaire du pays en Syrie est estimée à un coût de plusieurs millions de dollars par jour. Les sanctions économiques européennes prises contre la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne ont participé à la récession qui a touché le pays l'an passé. Mais c'est surtout l'ère des prix historiquement bas de l'or noir qui enfonce le pays dans une récession durable, ère que le ministre de l'Économie, Alexeï Oulioukaïev, annonce « très longue ».

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Commentaires
a écrit le 14/01/2016 à 12:03 :
Ils on n'ont assez profites les producteur et les états la tva à 80% Sue les consolateur bientôt une planète vides de vie la richesses du pétrole pour vivre mieux pas pour faire la guerre ?
a écrit le 13/01/2016 à 22:31 :
poutine va réduire son budget sur l'éducation , la sante et le social mais va augmenter encore le budget de l'armée et du KGB pour agresser les pays qui ne veulent plus être dépendant de la Russie
a écrit le 13/01/2016 à 21:54 :
Bien plus courageux et avisés que les dirigeants français qui nous ruinent depuis 40 ans, les Russes...
a écrit le 13/01/2016 à 20:29 :
Le gouvernement russe actuel ne s'adapte pas assez vite car il a surtout réduit les dépenses de santé, d'éducation et les retraites notamment mais a maintenu de lourds programmes militaires disproportionnés, ainsi entre autres qu'encore des aides au secteur énergétique très proches du pouvoir actuel. Il y a désormais des manifestations et de la casse dans plusieurs importantes villes de Russie car des gens ne sont plus payés et de nombreuses entreprises ferment mais on n'en parle encore peu mais çà va être difficile à cacher longtemps. Les aventures et manipulations de Poutine en Ukraine et la mauvaise gestion de l'intervention en Syrie avec maintien de Bachar commencent à être une calamité pour les russes, comme d'habitude. Cà devient critique vue l'organisation très concentrée du pouvoir mis en place par Poutine qui avait très mal anticipé l'avenir. Bref encore un dirigeant à remplacer en plus de Bachar.

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