Les sanctions américaines contre la Russie inquiètent l'UE

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Vladimir Poutine et Donald Trump au sommet du G20 à Hambourg le 7 juillet dernier.
Vladimir Poutine et Donald Trump au sommet du G20 à Hambourg le 7 juillet dernier. (Crédits : Reuters/Carlos Barria)
La Commission européenne est prête à agir en cas d'adoption définitive par le Congrès américain de nouvelles sanctions contre la Russie. De grandes entreprises européennes dans le domaine de l'énergie pourraient être pénalisées.

La Chambre des représentants a voté à une très large majorité de nouvelles sanctions contre la Russie, l'Iran et la Corée du Nord dans la nuit de mardi à mercredi. Le texte, adopté par 419 voix contre trois, doit encore être approuvé au Sénat et promulgué ou non par le président. Cette proposition de loi inquiète les institutions et les entreprises européennes qui pourraient subir les conséquences d'une telle décision.

Des entreprises européennes menacées

Plusieurs pays européens comme la France et l'Allemagne ont exprimé leurs inquiétudes sur cette loi qui pourrait limiter l'activité d'entreprises européennes dans le domaine de l'énergie par exemple. En effet, le texte prévoit par exemple d'infliger des amendes aux sociétés qui collaborent avec la Russie pour construire des infrastructures permettant d'exporter de l'énergie. D'après Reuters, les entreprises européennes impliquées dans Nord Stream 2, un projet de gazoduc à 9,5 milliards d'euros destiné à transporter du gaz russe vers l'Allemagne à travers la mer Baltique, pourraient être affectées. L'entreprise Engie, les groupes allemands spécialisés dans l'énergie Wintershall et Uniper, la société anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et l'autrichien OMV figurent sur la liste des entreprises européennes impliquées dans le projet Nord Stream 2.

La France a indiqué d'après Reuters que la proposition de loi du Congrès américain apparaissait "illicite au regard du droit international" et a appelé à une concertation au niveau européen. A Berlin, la Chambre de commerce et d'industrie a estimé que le projet américain risquait de nuire à la sécurité énergétique de l'Allemagne et semblait favorable aux entreprises américaines.

Une décision unilatérale critiquée

La dernière décision votée à la Chambre des représentants est très critiquée en Europe. Alors que le régime des sanctions contre la Russie en raison de l'annexion de la Crimée était régulièrement débattu entre les deux côtés de l'Atlantique, cette initiative unilatérale passe très mal rappelle l'AFP. Par ailleurs, le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas a déclaré lundi dernier que "l'unité du G7 à l'égard des sanctions est d'importance primordiale, car il en va du respect de l'application des accords de Minsk". Enfin, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a souligné que la proposition de loi américaine pourrait avoir un "impact négatif sur la sécurité énergétique de l'UE" :

"C'est pourquoi la Commission a conclu aujourd'hui que si nos inquiétudes ne sont pas suffisamment prises en compte, nous nous tenons prêts à agir en conséquence rapidement. L'Amérique d'abord ne peut pas signifier que les intérêts de l'Europe viennent en dernier", a ajouté le président de la CE par allusion au slogan de campagne de Donald Trump, 'America First'".

Inquiétudes de la Russie

Le Kremlin s'inquiète également des conséquences possibles des nouvelles sanctions américaines qui pourraient affecter non seulement la Russie mais aussi des pays tiers. A Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a affirmé ce mercredi qu'il n'existait désormais aucune possibilité d'amélioration des relations avec Washington. "Ceci a d'ores et déjà un impact extrêmement négatif sur la normalisation de nos relations", a-t-il dit à l'agence de presse Interfax. De son côté, Dmitry Peskov, le porte-parole de l'exécutif russe a ainsi rappelé que :

"Nous travaillons avec nos partenaires européens à la réalisation de plusieurs projets de grande envergure", a dit Peskov en réponse aux questions sur les possibles effets des nouvelles sanctions américaines sur des projets comme Nord Stream 2. "Il va sans dire que nous attachons une très grande importance, comme nos partenaires européens, à la finalisation de ces projets et nous travaillerons dans ce sens."

Pour le moment, nous pouvons dire que c'est plutôt une triste nouvelle du point de vue des relations russo-américaines et leur avenir. Ce n'est pas moins décourageant du point de vue du droit international et des relations commerciales internationales", a-t-il ajouté. Mais attendons que cela devienne une loi."

Comme le rappelle l'agence de presse, "la capacité de riposte de l'UE à d'éventuelles nouvelles sanctions américaines est toutefois limitée car elle ne dispose que de très peu de moyens d'actions qui n'exigent pas une décision unanime des 28."

Or les 28 pays sont loin d'être d'accord sur la position à adopter. Quelques pays de l'ancien bloc de l'Est comme la Pologne ou les pays baltes sont peu susceptibles de voter en faveur d'un projet comme Nord Stream 2 auxquels ils sont opposés. Il accroît la dépendance énergétique de l'UE à l'égard de la Russie.

Par ailleurs, le Royaume-Uni, l'un des proches alliés de Washington, est aussi opposé à défier les parlementaires américains. En effet, Londres se prépare à négocier un nouvel accord commercial avec les Etats-Unis dans le cadre du Brexit.

Donald Trump indécis

La Maison Blanche a fait savoir que Donald Trump n'avait pas encore pris de décision quant à la promulgation du texte. Il est vrai que ce dernier pourrait compromettre les tentatives de rapprochement les Etats-Unis et la Russie. L'agence de presse Reuters rappelle néanmoins que le texte pourrait être adopté avec une marge suffisante pour passer outre un éventuel veto présidentiel.

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Commentaires
a écrit le 27/07/2017 à 9:07 :
Les Américains préfèrent que l'Europe demeure dépendante des fournisseurs Arabes pour son énergie, pays modèles de démocratie... plutôt que les Européens diversifient leurs fournisseurs en achetant du gaz à leur voisin Russe moins cher pour les consommateurs...
a écrit le 27/07/2017 à 8:46 :
Simple entente entre la Russie, qui c'est adapté a la situation, et les USA qui change de paradigme au dépend de "l'Union Européenne"!
a écrit le 26/07/2017 à 23:36 :
l'Europe n'existe pas, tout juste le valet des américains. A quand les premieres sanctions contre les entreprises européennes? Il suffit des polonais pour bloquer l'europe. Alors faisons exploser cette europe. Les polonais ne sont pas européens, seulement pour prendre l'argent et envoyer les travailleurs détachés. Où est l'europe de Mitterrand et de Koll? Un Juncker qui a favorisé l'evasion fiscale quand il etait premier ministre? Merkel qui prend l'argent des petits pays (taux d'interet élevé pour leur dette) pour payer l'assurance vie de ses retraités. Macron, l'homme de Rothschild ? Remarquez qu'ils parlent le meme langage. Il est temps de faire une grande Europe en balayant tous ces dirigeants et revenir aux fondamentaux de l'Europe.
Réponse de le 27/07/2017 à 8:12 :
+1
Réponse de le 27/07/2017 à 8:28 :
Beaucoup de mots pour une conclusion en forme de slogan vide : pas merci pour ce moment de lecture.
Réponse de le 27/07/2017 à 9:38 :
Et meilleur moyen de quitter l' Ue qui nous berce depuis des décennies à
coups de lendemains meilleurs qui viendront ..demain, est de commencer par suivre les analyses de l' UPR pensées depuis longtemps
et qui décrivent parfaitement bien le piège de l' Ue, notoirement celle-là "qui gouverne réellement la France et l' Europe" et ensuite
d' embrayer sur un Frexit serein, maitrisé et totalement assumé avec Asselineau ....

https://www.youtube.com/watch?list=PLKVgrNogVYWK41wLTn8MUD_UO6n1V64RC&v=bZZf703Ck3o
a écrit le 26/07/2017 à 22:16 :
Les americains ont la jalousie de l'économie russe qui progrésse de plus en plus sous les sanctions mais les perdants dans toute ces mesures anti-russe sont les europeens. les même mesures ont renforcées les secteurs agricoles russes.
a écrit le 26/07/2017 à 22:15 :
Les americains ont la jalousie de l'économie russe qui progrésse de plus en plus sous les sanctions mais les perdants dans toute ces mesures anti-russe sont les europeens. les même mesures ont renforcées les secteurs agricoles russes.
a écrit le 26/07/2017 à 20:28 :
Ce que ne comprennent pas les europeuropeistes convaincus c'est que les états de l'est de l'UE et l'UK sont le cheval de Troie qu'utilise les USA pour imposer des règles et des sanctions. Mesures qui masquent en réalité une guerre économique menée non pas contre la Russie ou tel autre état paria mais contre la première économie mondiale qu'est l'UE. L'UE si elle ne réforme pas est condamnée à disparaître.
a écrit le 26/07/2017 à 19:45 :
Nos generalisimes dirigeants auraient ils enfin compris le piège des sanctions?
Auront ils la volonté de contrarier l'oncle Sam?
Le test est intéressant , les intérêts de l'Allemagne étant en jeu, qui révélera la capacité de l'UE.
Et je ne suis pas franchement optimiste.
a écrit le 26/07/2017 à 19:30 :
La politique des « sanctions » imposées par les autorités de Washington figurent parmi les pièges les plus cyniques, et les plus efficaces, dans lesquels tombent leurs domestiques européens. Car pendant que ces derniers appliquent les sanctions, ce sont les… Américains – mais aussi les Chinois – qui ramassent la mise !

Ainsi, les « sanctions » que la France a prises à l’encontre de l’Iran pour obéir au coup de sifflet imposé par Washington ont eu pour effet de saborder la présence française en Iran, notamment celle de Peugeot, et de forcer le groupe PSA Peugeot-Citroën à ouvrir son capital à des intérêts chinois pour surmonter le désastre financier provoqué de toutes pièces. Au même moment, Boeing ou General Motors ont accru leur présence en Iran, au nez et à la barbe du locataire de l’Élysée.
https://www.upr.fr/actualite/monde/sanctions-contre-russie-tgv-moscou-kazan-echappera-alstom
Réponse de le 27/07/2017 à 0:32 :
Parce que tu crois encore que les actionnaires de Peugeot sont français ?
Réponse de le 27/07/2017 à 10:32 :
@Dingo Hors sujet ...
a écrit le 26/07/2017 à 19:29 :
Aucune chance que ces sanctions ne passent, "l'état profond" en a décidé autrement, trop d'argent en jeu.

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