Pétrole : au Mexique, Pemex essuie plus de 30 milliards de dollars de pertes

 |   |  359  mots
La compagnie d'Etat avait déjà dû réduire son budget 2015 de 11,5% face à ses mauvais résultats.
La compagnie d'Etat avait déjà dû réduire son budget 2015 de 11,5% face à ses mauvais résultats. (Crédits : Reuters)
Pénalisée par la chute des cours du brut et une production en baisse, l'entreprise publique mexicaine a enregistré des pertes record en 2015. Néanmoins, Pemex assure que ces résultats ne devraient pas avoir d'impact sur l'emploi.

La compagnie pétrolière mexicaine Pemex (publique) a annoncé, lundi 29 février, des pertes de 30,3 milliards de dollars en 2015, soit près du double de 2014, et le report de 3,6 milliards de dollars d'investissements.

En 2014, les pertes s'élevaient à plus de 17 milliards de dollars, déjà supérieures de 55% à celles enregistrées en 2013.

L'entreprise a souligné lundi que les résultats de 2014 et de 2015 "n'étaient en rien comparables" car Pemex avait dû s'acquitter d'impôts bien plus élevés liés à une réforme fiscale.

Une production divisée par deux en dix ans

De son côté, la production a chuté en 2015 de 6,7% à 2,2 millions de barils (mbj) contre 2,4 mbj en 2014. Onze ans plus tôt, en 2004, la production s'élevait à 3,4 mbj.

Ces annonces interviennent après que le gouvernement a ordonné à la plus grosse entreprise du pays, vitale pour les finances du Mexique, de réaliser 5,5 milliards de dollars d'économies.

"Pemex fait face à des difficultés financières à court terme mais il s'agit clairement d'une entreprise solvable", a déclaré son nouveau directeur général Jose Antonio Gonzalez Anaya.

"Ce que nous devons faire, c'est nous ajuster aux nouvelles réalités de Pemex", a-t-il ajouté, faisant remarquer que le groupe avait élaboré son budget en se fondant sur un prix du pétrole à 50 dollars le baril, mais depuis celui-ci a été réduit de moitié, le forçant à réduire ses dépenses.

Gonzalez Anaya a précisé que Pemex avait décidé de reporter les projets qui n'auraient pas un impact à court terme.

Pas de nouvel impact sur les salariés

Les 1,9 milliard de dollars d'économies restants, sur les 5,5 demandés par le gouvernement mexicain, concernent des coupes budgétaires pour améliorer le rendement de l'entreprise. Mais le personnel de Pemex, qui emploie 145.000 personnes, ne serait pas impacté.

"Nous voulons avant tout garantir la sécurité des salariés", a déclaré le patron du groupe pétrolier, qui a déjà supprimé 11.000 postes, en ne remplaçant pas des départs en retraite.

Face à de mauvais résultats, la compagnie d'Etat avait déjà dû réduire son budget 2015 de 11,5%.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/03/2016 à 9:19 :
Le Mexique est un pays particulier, les cartes de la drogue y sont terriblement puissants et du coup la mafia est infiltrée dans un peu toutes les institutions mexicaines mais malgré cela il convient de constater que les salariés sont, dans tous les états du monde, bien plus protégés au sein d'entreprises publiques que privées.

Pourquoi ? Parce que l'intérêt d'un état n'est pas d'avoir des millions de chômeurs qui lui coûtent cher tandis que l'intérêt des décideurs privés est de posséder une réserve conséquente de main d’œuvre lui permettant de faire baisser les salaires, de plus quand ils virent des salariés pour X raisons ensuite ça ne leur coûte rien aux entreprises privées vu que ce sont les états qui pallient à leurs énormes lacunes.
Réponse de le 01/03/2016 à 15:55 :
Alors votre exemple est mal choisi. Pemex est connu pour maltraiter ses ouvriers dans de nombreux scandales, utiliser une main d'oeuvre esclave asiatique et a réussi à faire exploser son propre immeuble servant de siège.
Sortez un peu de votre laïus marxiste honteux.
Réponse de le 01/03/2016 à 16:41 :
Pardon Corso, j'habite au Mexique, je cotoie PEMEX et je n'ai jamais vu un asiatique parmi les employés qui sont mieux payés que la moyenne nationale et loin d'ètre des esclaves ! Mais il est vrai qu'il y a un gros problème concernant la sécurité avec au moins un accident majeur tous les an.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :