Pétrole : le Venezuela et la Russie veulent s'associer pour enrayer la baisse

 |   |  461  mots
Longtemps soutenue par la manne pétrolière, la chute des prix du pétrole a entraîné l'effondrement de l'économie vénézuélienne. Sur la photo, Nicolas Maduro et Vladimir Poutine le 23 novembre au Forum des pays exportateurs de gaz à Téhéran.
Longtemps soutenue par la manne pétrolière, la chute des prix du pétrole a entraîné l'effondrement de l'économie vénézuélienne. Sur la photo, Nicolas Maduro et Vladimir Poutine le 23 novembre au Forum des pays exportateurs de gaz à Téhéran. (Crédits : Reuters)
Les deux grands exportateurs de pétrole, lourdement affectés par la chute des cours du brut, veulent engager une action commune pour réduire la production et redresser les prix, assure le président vénézuélien.

Nicolas Maduro, le président vénézuélien, a affirmé vendredi, qu'il s'était mis d'accord avec son homologue russe, Vladimir Poutine, pour travailler ensemble à enrayer la chute des cours du pétrole qui frappe durement les deux pays.

"Sans aucun doute nous allons défendre le marché. Nous nous sommes mis d'accord avec le président Vladimir Poutine pour continuer de travailler à une vision et un plan communs", a déclaré le président vénézuélien lors d'une rencontre avec des chefs d'entreprise.

Nicolas Maduro a expliqué s'être entretenu par téléphone avec son homologue russe au sujet de "la situation du marché pétrolier".

Pression sur l'Opep

Nicolas Maduro, qui multiplie les efforts diplomatiques pour réduire la production globale de brut, a également réitéré sa volonté de faire pression sur ses homologues de l'Opep "jusqu'à ce qu'on ouvre la voie à une stabilisation et une reprise du marché".

Le pays a appelé à une réunion extraordinaire de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en février pour discuter de mesures permettant de stabiliser les prix.

Le Venezuela, qui détient les plus grandes réserves prouvées de brut au monde, a vu ses revenus chuter avec la dégringolade des cours de l'or noir. Sauf que le pays, au même titre que l'Algérie ou l'Azerbaïdjan tire la quasi-totalité de ses revenus (96%) des exportations de pétrole. Vendredi, le prix du brut vénézuélien est tombé à 21,50 dollars le baril.

Crise politique au Venezuela

La chute des cours du brut plonge le Venezuela dans une grave crise économique. Au cours des neufs premiers mois de 2015, l'inflation a atteint 108%, soit l'une des plus élevées du monde.

Et, cette situation entraîne désormais le pays dans une grave crise politique. Vendredi, le Parlement vénézuélien a rejeté l'état d'"urgence économique" décrété par le président Nicolas Maduro le 15 janvier, signant le premier acte fort de l'opposition de centre-droit, désormais majoritaire à l'Assemblée.

>>>LIRE AUSSI : Pénalisé par la chute des prix du pétrole, le Venezuela cherche à éviter la faillite

 Russie à l'arrêt

Déjà fragilisée par les sanctions occidentales, l'économie russe vacille avec la chute des prix du pétrole. La Russie, non membre de l'Opep, est le deuxième producteur mondial de pétrole  après l'Arabie Saoudite, et tire 70% de ses recettes des exportations d'hydrocarbures. Mais dans un contexte où le prix du baril est tombé à 30 dollars, l'hypothèse d'une reprise économique s'éloigne.

La banque centrale a précisé tabler sur une baisse de 0,5% à 1% du produit intérieur brut (PIB) en 2016 et une croissance de zéro à 1% en 2017.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/01/2016 à 20:20 :
L'état de l'économie russe n'a jamais été aussi déprimant depuis une décennie et les perspectives sont peu encourageantes. Opinion d'un ennemi juré de la Russie et de Poutine ? Non, il s'agit du diagnostic établi par Rouslan Greenberg, conseiller scientifique en chef de l'Institut d'économie de l'Académie russe des sciences. Que dit-il : le PIB a reculé de 4% en 2015, l'inflation a oscillé entre 13 et 15% et les revenus ont chuté de 10 à 12%. Mais le plus inquiétant, ajoute-t-il c'est le pessimisme ambiant, les gens sont en plein désarroi, au bord de la panique. Les causes ? La philosophie même de notre politique économique erronée. Le gouvernement aurait dû mener une politique industrielle et fixer des priorités de développement. Quant aux causes concrètes, Rouslan Greenberg en indique trois, l'effondrement du cours du pétrole, la chute du rouble et les sanctions. Quant aux perspectives pour 2016, il prévoit une aggravation de la situation.
a écrit le 24/01/2016 à 13:45 :
Faux, l'économie Russe ne s'est jamais autan bien porté , travaillez avec eux et vous verrez....
Réponse de le 24/01/2016 à 15:15 :
@cm: C'est du seconde degré?
a écrit le 24/01/2016 à 13:34 :
Il y a un point qui me dérange dans les articles sur la Russie, que je connais bien par ailleurs. Quand on dit que la Russie tire 70% de ses revenus par le pétrole .. non, il s'agit de l'Etat, pas de la société Russe, de son potentiel industriel et technologique, agricole, de ses fortes régions qui ont un pouvoir économique aussi !
De plus 70 % doit être la somme pétrole et gaz et la dynamique n'est pas totalement la même entre les deux. La Russie a beaucoup d'atouts. La répartition du coût de l'abaissement du prix de matières premières est une question de politique gouvernementale et des régions (dont on ne parle pas assez !).
La Russie est engagée dans des contrats énormes avec la Chine, l'Inde et maintenant l'Iran. Les projets de développement de la Sibérie orientale, que je connais, sont énormes avec le Japon, la Chine, la Corée du Sud notamment. Sans compter les développements agricoles, les liens qui se tissent avec Israël en remplacement de la Turquie etc etc...
Ma conclusion est que la Russie, peu endettée, peut voir venir et un rouble faible peut aussi servir ses exportations. Je rappelle que Chine et Russie ont bien avancé sur le remplacement du dollar dans leurs échanges avec les autres pays ! Cela change tout !
Bref la censure (et la xénophobie idiote en plus) sur l'information concernant la Russie n'aide pas les Français (et ses dirigeants) à comprendre les vrais enjeux. Il faut la lever, le gouvernement actuel ayant trop poussé à cela, ce qui n'est pas notre intérêt, et c'est inquiétant pour la démocratie.
Réponse de le 24/01/2016 à 15:28 :
@labete: J'ai une forte impression que vous connaissez la Russie à travers sa télévision d'Etat. Déjà parlez sérieusement des régions en Russie avec les gouverneurs nommés et le pouvoir (et le budget) limité, c'est un peu étrange (bon, il y a certains plus égaux que les autres, mais cela change rien). Même si le tableau n'est pas tout noir, Une bonne part des projets , dont vous parlez, sont de la com. Le rouble faible peut soutenir le volume des exportations et les bénéfices des exportateurs, car même sans pétrole et du gaz, les prix pour la plupart du reste des exportations sont en baisse. Le remplacement des dollars entre la Chine et la Russie est une blague. De plus il n'est pas clair de quelle xénophobie (idiote ou pas) vous parlez.
a écrit le 24/01/2016 à 12:04 :
Maduro se raccroche là où il peut. Personne n'a la carrure de Chavez et l'opposition financée par les USA notamment suite aux nationalisations ne saura que se soumettre à la gamelle. Aucun pays et certainement pas la Colombie (rappelons quand même le traffic des paramilitaires colombiens orchestré avec la bénédiction du gouvernement colombien qui consistait à dévaliser les entrepôts de nourriture distribuée gratuitement aux habitants du Venezuela pour la revendre à prix d'or en Colombie) n'a autant fait pour ses pauvres que le Venezuela sous Chavez. Chavez mort dans des circonstances "poutiniennes"....
Réponse de le 24/01/2016 à 15:09 :
@Raven: Faire bien aux pauvres, c'est bien, mais le problème du "chavizme" est l'incompréhension totale du marxisme et du socialisme (et de l'économie en général). Le socialisme est obligé d'être productif, pas basé sur la redistribution de la manne pétrolière. A Venezuela il y a eu au contraire une dégradation de l'économie productive dans plusieurs domaines y compris dans le secteur pétrolier, en plus la corruption, la criminalité etc. La fin du "chavisme" est tout à fait logique.
Réponse de le 24/01/2016 à 17:01 :
Vous avez tout à l’envers. L’opposition maintenant devenue majoritaire suite à la catastrophique gestion du pays par les chavistas, n’a pas besoin de l’aide d’Obama. Par contre c’est Chavez qui soutenait les narcoterroristes de La Farc et qui a laissé son pays devenir une plaque tournant de la cocaïne.
Réponse de le 25/01/2016 à 7:55 :
Chavez ne doit qu'au fait d'être mort de sa belle mort d'avoir échappé au TPI
-pour les multiples atteintes aux droits de l'homme et aux libertés publiques commises sous sa présidence
-pour le sabotage méthodique de l'économie (et son pillage systématique par son clan) de son pays pourtant assis sur les premières réserves de pétrole du monde
-pour avoir soutenu les criminels des FARC dans leur entreprise de déstabilisation de la Colombie
a écrit le 24/01/2016 à 9:57 :
Maduro n'a tout simplement rien compris au fait que les données ont changé depuis l'alignement exceptionnel des planètes qui a permis la hausse du pétrole jusqu'à près de 150$ :
-la croissance chinoise est en train de prendre un rythme de pays développé et donc sa demande de pétrole va plafonner voire se contracter
-l'Iran, acteur majeur du pétrole, est de retour sur les marchés
-les techniques permettant de décarboner l'économie se développent rapidement y compris pour l'automobile (autonomie des voitures en croissance rapide, pile à combustible, renouvelables, nucléaire...)
-si le baril à moins de 25$ ne permet pas de rentabiliser les pétroles non-conventionnels tels que les huiles de schistes, leur production sera suspendue... mais les puits ne disparaitront pas pour autant ce qui garantit que le prix du baril ne dépassera plus jamais les 50-60$
La vérité est que Maduro est coincé par les choix désastreux du chavisme, et quand on compare les trajectoires économiques de deux pays très semblables et voisins, le Venezuela et la Colombie, ce n'est guère à l'avantage du premier...
a écrit le 24/01/2016 à 0:18 :
Il n'est pas facile à comprendre en quoi ils veulent collaborer en sachant que la Russie augmente elle-même la production du pétrole. Venezuela tout simplement ne peut pas le faire. L'OPEP est en état de coma. Il y a une bataille pour les parts de marché, il y aura des perdants. Les deux pays, surtout Venezuela, sont parmi les premiers candidats à perdre cette bataille.
a écrit le 23/01/2016 à 23:47 :
Poutine tente de sauver sa place et celles de ses copains oligarques. En russie, La pauvreté et l'inflation augmente fortement, le rouble et les réserves s'effondrent. Quand les russes se réveilleront de ce cauchemar, poutine va devoir courir vite.
Réponse de le 24/01/2016 à 13:16 :
@Patriot9: tu es allé quand en Russie ? ton commentaire ressemble plus à de la propagande qu'à la réalité :-)
a écrit le 23/01/2016 à 16:24 :
"travailler ensemble" ?? quand même la forte impression qu'on est dans la même configuration que la France vis-à-vis des US. On reçoit les ordres de Washington et on exécute, n'est-ce pas :-)
Réponse de le 23/01/2016 à 17:19 :
On a pas suivi les américains en Irak sur leur mensonge.
On est intervenu au Mali sans demander la permission.
On voulait intervenir en Syrie, pas eux.
"On" étant le gouvernement en poste à l'époque des faits, d'autres gouvernements auraient peut-être fait d'autres choix!
Réponse de le 23/01/2016 à 19:40 :
Des conneries aux deux ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :