Porto Rico : la "Grèce des Caraïbes" se déclare en situation de faillite

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(Crédits : Reuters Alvin Baez)
Le gouverneur de Porto Rico a demandé mercredi à ce que le territoire américain soit déclaré en situation de faillite, afin de pouvoir restructurer sa lourde dette de plus de 70 milliards de dollars.

Parfois surnommé la "Grèce des Caraïbes", Porto Rico prend cette décision deux jours après la levée d'un moratoire sur les remboursements à ses créanciers. C'est la plus grosse faillite d'une entité territoriale jamais déclarée aux Etats-Unis mais elle ne présente pas de risque systémique pour le système financier américain.

 Assurer les prestations essentielles

"Face à la réalité du calendrier et l'élimination du moratoire (...), j'ai pris la décision de demander au Comité de supervision que Porto Rico puisse se placer sous la protection de l'article 3 (Title III) afin de pouvoir travailler à un plan structuré concernant le remboursement de la dette", a dit le gouverneur Ricardo Rossello lors d'une conférence de presse.

En se déclarant en faillite, le territoire pourra assurer la prestation des services essentiels à ses habitants, a-t-il affirmé.

Le territoire croule sous un endettement de quelque 70 milliards de dollars et a plusieurs fois manqué d'honorer des paiements. En juillet 2016, l'île, qui ne peut se mettre sous la protection de la même loi sur les faillites que les villes américaines, n'avait pas pu rembourser une échéance de deux milliards de dollars.

Votée par le Congrès américain à la mi-2016 pour pallier à cette impossibilité, la loi Promesa permet, sous son article 3, que le territoire puisse restructurer sa dette. Un comité de supervision est chargé des négociations et a la haute main sur les finances portoricaines. Il a présenté à la justice américaine la demande de Porto Rico peu après les déclarations du gouverneur.

Son président, José B. Carrión III, a expliqué que le comté avait estimé nécessaire que le gouvernement portoricain se déclare en faillite afin de protéger ses 3,5 millions d'habitants mais aussi dans l'intérêt des créanciers.

Une décote de 80%

Selon les termes de cette demande, Porto Rico entend rembourser ses créanciers au rythme de près de 800 millions de dollars par an, a indiqué Ricardo Rossello, précisant que ceci représentait une décote de 80% par rapport au montant du remboursement précédemment accordé, avant son arrivée au pouvoir.

Mardi, plusieurs créanciers avaient refusé de ne se voir rembourser que la moitié de la valeur d'origine de leurs titres de dettes, comme proposé alors par le gouvernement de Porto Rico, préférant se tourner vers les tribunaux fédéraux à San Juan, sur l'île, et de New York pour réclamer le remboursement total.

La veille, le 1er mai, le moratoire sur le remboursement aux créanciers établi par la loi Promesa ("Puerto Rico Oversight, Management, and Economic Stability Act") avait été levé et des centaines de Portoricains étaient sortis manifester contre des mesures d'austérité proposées par le Comité de supervision.

"Ce processus de faillite est vital pour que Porto Rico puisse recevoir l'allégement de sa dette qu'on lui a promise", a réagi Eric LeCompte, directeur exécutif de Jubilee USA Network, une organisation spécialisée sur la question de la dette des pays pauvres.

Il pourra "ramener la dette à des niveaux soutenables, protéger les habitants les plus vulnérables et promouvoir la transparence", poursuit-il dans un communiqué.

Autrefois prospère, l'île de 3,5 millions d'habitants a amorcé son déclin économique en 2006 avec la fin d'exonérations fiscales massives qui avaient attiré de grandes multinationales et dopé l'activité. Depuis, la récession économique et la chute des recettes ont fait gonfler la dette du territoire.

(Avec l'AFP)

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Commentaires
a écrit le 05/05/2017 à 16:54 :
On leur prête Macron..?? Non. Mieux : on leur donne.
a écrit le 05/05/2017 à 8:29 :
Merci de bien vouloir changer le titre de l'article.

Je trouve ce titre insultant pour la Grèce et les grecs, vous donnez une connotation négative à ce pays en l'association au terme "faillite".
Réponse de le 05/05/2017 à 11:27 :
@Vassilis: tout à fait d'accord, on devrait parler d'incurie et d'alimentation (par le contribuable européen) du tonneau des Danaides des Grecs :-)
Réponse de le 08/05/2017 à 8:51 :
Patrick je t'ai rien demandé ha si! De ne pas commenter mes commentaires merci!
a écrit le 05/05/2017 à 8:19 :
On aimerait savoir quels sont les risques que cette situation tourne comme pour les argentins: les Tribunaux américains vont appliquer la Loi américaine..

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