Wall Street a dépensé deux milliards de dollars pour la présidentielle américaine

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Donald Trump a nommé plusieurs cadres dirigeants issus de Wall Street à des postes stratégiques de son gouvernement.
Donald Trump a nommé plusieurs cadres dirigeants issus de Wall Street à des postes stratégiques de son gouvernement. (Crédits : ANDREW KELLY)
L'industrie bancaire et financière a dépensé plus de deux milliards de dollars, ces deux dernières années, pour tenter d'influencer la campagne présidentielle américaine. Selon l'organisation American for financial reform, qui vient de publier un rapport à ce sujet, c'est un record dans la vie politique outre-Atlantique.

Les banques, établissements financiers et hedge funds, ont dépensé plus de deux milliards de dollars pour tenter d'influencer la campagne présidentielle américaine sur la période 2015-2016. L'organisation American for financial reform (AFR), qui défend une régulation plus stricte du secteur financier au Etats-Unis, a ainsi analysé, dans son rapport publié le 8 mars, les sommes dépensées par l'industrie bancaire et financière pour financer les campagnes des candidats à la présidentielle et tenter de défendre ses intérêts. La directrice exécutive de l'AFR Lisa Donner a ainsi déclaré :

"Tout l'appareil gouvernemental agit dans un environnement inondé par des millions de dollars au quotidien [...] Si vous voulez comprendre pourquoi la finance affecte trop souvent les clients, investisseurs et entreprises éloignés de Wall Street, regardez ces chiffres."

Si Donald Trump est souvent critiqué pour avoir nommé des anciens membres de l'industrie bancaire et des partisans de la dérégulation financière dans son gouvernement, il est loin d'être le seul acteur politique à entretenir des liens étroits avec des acteurs du secteur financier. La candidate démocrate Hillary Clinton avait également reçu un fort soutien de Wall-Street pour sa campagne en 2016 alors qu'elle avait fait environ 12 conférences rémunérées devant des grandes banques mondiales (notamment Goldman Sachs et Deutsche Bank). En 2008, Barack Obama avait également bénéficié d'un appui important des établissements bancaires. Les financiers de Goldman Sachs étaient la deuxième source de financement de la première campagne du candidat démocrate comme le rappelle Slate.

>> Lire aussi : Trump nomme un ancien dirigeant de Goldman Sachs au Trésor

1,2 milliard de contributions directes

Les auteurs du rapport de 62 pages intitulé "Wall Street Money in Washington" ont étudié les contributions directes des individus et acteurs liés aux marchés financiers et les dépenses relatives aux campagnes de lobbying et d'influence pendant les deux dernières années. Ces dépenses seraient 25% plus élevées que pour la période 2007-2008, relève le Financial Times et le secteur financier est de loin le plus grand contributeur direct pour le financement de la campagne fédérale.

  • Pour les contributions directes : elles s'élèvent à 1,2 milliard de dollars pour les candidats à l'élection présidentielle et également pour les élections au Congrès. Le sénateur républicain de Floride et candidat à l'élection présidentielle, Marco Rubio, est celui qui a reçu le plus de dons avec 8,6 millions dollars. Du coté de la Chambre des représentants, c'est le républicain Paul Ryan (Wisconsin) qui a reçu le plus avec 5,7 millions de dollars. Ce dernier avait obtenu le poste de président de la Chambre des représentants en 2015.
  • Pour les dépenses de lobbying et d'influence : le document de l'AFR rapporte que le secteur financier a déboursé plus de 897 millions de dollars pour 2015 et 2016. Ce montant classe l'industrie financière en troisième position (en matière de lobbying et d'influence), derrière le secteur de la santé qui a dépensé 1,02 million de dollars et celui des services aux entreprises (qui comprend probablement des sociétés rattachées aux banques) qui a dépensé 1,01 million de dollars.

Ces montants ne représentent pas l'intégralité des sommes dépensées par l'industrie financière. Comme le souligne le rapport, les données rapportées ne prennent pas en compte "l'argent sale" ou les montants non-déclarés. Par ailleurs, l'association souligne qu'environ 2.000 groupes de pression du secteur financier étaient recensés sur un registre officiel aux Etats-Unis pour l'année 2016. Ce nombre important d'acteurs peut compliquer les investigations sur l'origine des fonds.

>> Lire aussi : Trump, Wall Street et les banques : vers une dérégulation massive

Les acteurs les plus généreux

 L'organisation American for financial reform a également établi un palmarès des 20 sociétés et acteurs du secteur financier qui ont fait les plus grandes dépenses à la fois en contributions directes et en lobbying. Il apparaît que la National Association of Realtors est l'organisation qui a le plus dépensé avec plus de 118 millions de dollars. La principale fédération d'entreprises immobilières, basée à Chicago, compte plus de 1,2 million d'adhérents. Du coté du secteur bancaire, l'American Banker Association a dépensé plus de 25 millions de dollars. Le grands établissements bancaires tels que Wells Fargo (14,7 millions de dollars), Citigroup (13,6 millions de dollars) ou Goldman Sachs (12,4 millions de dollars) ont grandement participé au financement de la campagne américaine. Enfin les trois hedge funds -Renaissance Technologies, Paloma Partners et Elliott Management- se classent parmi les cinq premiers donateurs.

Source : les données présentes dans le rapport de l'AFR sont issues du Center for Responsive Politics. C'est un organisme à but non lucratif qui étudie, entre autres, le financement de la vie politique américaine.

>> Lire aussi : Présidentielle américaine : qui dépense le plus ?

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Commentaires
a écrit le 09/03/2017 à 18:45 :
P.S.: Profitez en après la campagne c'est plus cher forcément.
a écrit le 09/03/2017 à 18:44 :
L'occupation principale de la finance, acheter les politiciens.

En france le marché est encore ouvert...

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