L'adjoint de Draghi bientôt gouverneur de la Banque de France

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Pendant deux ans, Benoît Coeuré a constitué la garde rapprochée de Mario Draghi au sein du directoire avec l'Allemand Jörg Asmussen, nommé en même temps que lui et rappelé par le gouvernement fédéral allemand à Berlin en janvier 2014.
Pendant deux ans, Benoît Coeuré a constitué la garde rapprochée de Mario Draghi au sein du directoire avec l'Allemand Jörg Asmussen, nommé en même temps que lui et rappelé par le gouvernement fédéral allemand à Berlin en janvier 2014. (Crédits : Reuters)
Selon nos informations, Benoît Coeuré, actuel membre du directoire de la BCE, devrait succéder à Christian Noyer au poste de gouverneur de la Banque de France. Claire Waysand, l'actuelle directrice de cabinet du ministre des Finances serait alors nommée à la BCE.


Christian Noyer, l'actuel gouverneur de la Banque de France quittera ses fonctions en octobre prochain. Un départ qui va donner lieu à tout un jeu de chaises musicales. Selon nos informations, c'est Benoît Coeuré, actuellement membre du directoire de la Banque centrale européenne qui devrait lui succéder. Cela fait plusieurs mois que son nom circule, mais les choses semblent se préciser même si, in fine, la décision reviendra au Président de la République, seul habilité à nommer le nouveau gouverneur... Sauf opposition des 3/5e des membres de la commission des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Chaises musicales entre Bercy, la Banque de France et la BCE

Toujours selon nos informations, si la nomination de Benoît Coeuré se confirme, c'est alors Claire Waysand, l'actuelle directrice de cabinet du ministre des Finances Michel Sapin qui pourrait lui succéder dans ses fonctions à la BCE. Claire Waysand et Benoît Coeuré ont, de fait, des profils assez comparables. La première est polytechnicienne, diplômée de l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae) ainsi que de London School of Economics. Elle a été directrice générale adjointe du Trésor et chef économiste du ministère de l'Economie et des Finances. Très en pointe sur les questions macroéconomiques et européenne, Claire Waysand a siégé au comité économique et financier chargé de préparer les réunions des ministres des Finances de la zone euro. Elle a notamment contribué au plan de sauvetage bancaire d'octobre 2008. Plus récemment, elle était directrice adjointe (en charge de l'économie) du cabinet de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, avant de rejoindre Michel Sapin aux finances.

Waysand


Claire Waysand pourrait succéder à Benoît Coeuré à la BCE

Benoît Coeuré lui aussi est polytechnicien et ancien de l'Ensae. Il a également été directeur adjoint du Trésor avant sa nomination décidée par Nicolas Sarkozy en janvier 2012 à la BCE. Il y aurait donc une forme de continuité.

Benoît Coeuré, un franc partisan de la méthode Draghi

En théorie, le mandat de Benoît Coeuré à la BCE  s'achève fin 2019. Il a une position assez modérée et est jugé particulièrement proche de Mario Draghi. Pendant deux ans, il a constitué la garde rapprochée de l'Italien au sein du directoire avec l'Allemand Jörg Asmussen, nommé en même temps que lui et rappelé par le gouvernement fédéral allemand à Berlin en janvier 2014. Benoît Coeuré est un partisan de la méthode Draghi, notamment de ses méthodes non conventionnelles telle la politique d'assouplissement quantitatif. Il a su s'opposer aux résistances allemandes. Sa tribune cosignée avec Jörg Asmussen, précisément, fin septembre 2014, pour demander à l'Allemagne de relancer, est restée dans les mémoires. Sa nomination à la tête de la Banque de France consoliderait la position de Mario Draghi au sein du Conseil des Gouverneurs, surtout si sa successeure au sein du directoire est du même bois que lui. Certes, Christian Noyer n'avait guère montré de volonté de résistance, mais il avait parfois fait preuve de mauvaise humeur, comme lors de son vote négatif sur les rachats de prêts titrisés ou d'obligations sécurisées en septembre dernier.

La question des relations entre la BCE et le pouvoir politique

Reste qu'un tel jeu de chaises musicales ne manquera pas de poser encore la question de l'indépendance réelle de la BCE du pouvoir politique. Un tel jeu n'est certes pas inédit. Christian Noyer, vice-président de la BCE de 1998 à 2002, avait ainsi démissionné en mai 2012 pour laisser la présidence à Jean-Claude Trichet un an et demi plus tard, le remplaçant alors comme gouverneur de la Banque de France. Mais ceci était inscrit dans l'accord qui avait prévu, lors de la création de la BCE, de remplacer à mi-mandat le Néerlandais Wim Duisemberg, nommé président en 1999.

Le précédent le plus gênant est précisément celui de Jörg Asmussen. Nommé lorsque le très orthodoxe Jürgen Stark avait claqué la porte du directoire de la BCE pour protester contre le « laxisme » de l'institution, ce secrétaire d'Etat aux Finances s'était révélé bien trop proche de Mario Draghi au goût d'Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble, son ministre des Finances. Profitant de la constitution de la grande coalition avec la SPD après les élections de septembre 2013, la chancelière avait exigé la démission de Jörg Asmussen. Une démission qu'on a peine à imaginer volontaire dans la mesure où Jörg Asmussen a quitté son poste à la BCE, qu'il remplissait à merveille et où tout se passait bien, pour un rôle subalterne au ministère fédéral allemand de l'emploi.

C'était donc une décision politique qui consistait à remplacer au directoire de la BCE une « colombe » par un « faucon », autrement dit la vice-présidente de la Bundesbank, Sabine Lautenschläger. Une décision politique que Mario Draghi avait dû accepter, bon gré mal gré, comme, en avril 2014, le remplacement très politique du gouverneur de la Banque centrale de Chypre Panicos Demetriades... Le jeu de chaises musicales français est certes moins polémique dans la mesure où le personnel en cause est bien moins marqué sur le plan doctrinaire.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2015 à 22:24 :
À l'époque du net, et après Trichet n'est pas joué, vous serez complètement e-cœuré (s) :-)
a écrit le 14/03/2015 à 11:53 :
Que sait-on de la compétence de ces personnes ? Rien. A part leur appartenance au même monde de la finance, totalement déconnectée de la réalité économique.
La baisse de l'euro, une bonne chose ?
Il faut être banquier ou patron d'eads pour le dire. Pour le reste de l'économie, c'est une catastrophe. Écrasement des marges par augmentation du coût des composants achetés en Chine, aucun impact sur la relance car le problème ne vient pas de l'offre mais de la demande. Pour la cohésion de l'Europe aussi, c'est une catastrophe : accentuation des écarts entre une Europe du Nord exportatrice et vertueuse et une Europe du sud importatrice et dépensière.
Non, vraiment, cette information n'est pas une Bonne Nouvelle !
D'ailleurs, la consanguinité a toujours apporté la décadence
a écrit le 14/03/2015 à 9:10 :
le profil de cette dame est plus qu'inquietant et personne ne doute que vu son parcours, l'objectif recherche est d'apporter une bonne dose de m'enfoutisme ' a la francaise' au niveau de la bce
a écrit le 14/03/2015 à 5:00 :
encore une future nomination a la BCE qui va n'en doutons pas , renforcer sa légendaire indépendance ...
a écrit le 14/03/2015 à 2:51 :
Les maîtres de la finances placent leurs pions un à un, masquent leur jeu.
La guerre monétaire continue. La stratégie $ est simple: transformer l’Europe en zone dollars.
La parité avec l’Euro est quasi achevée, les traités transatlantiques vont être ratifiés, ensuite faire s’effondrer la zone l’Euro.
Tous les dirigeants européens sont aux ordres…et déjà au courant du stratagème. On réhabillera la démocratie ensuite !
On rebaptisera le dollar pour mieux faire passer la pilule et « Sauver » l’Europe. Ça passe ou ça casse, Washington est dans l'urgence vu l’impasse économique occidentale.
Géostratégie monétaire indispensable à l’encerclement de la Russie qui refuse cet impérialisme écrasant les peuples sans état d’âme.
Junkers plaide pour une armée Européenne... l’OTAN va changer de nom également. On prépare la guerre, le dernier assault pour la maîtrise du monde.
L’Ukraine est Le pivot, la Russie La pièce maitresse à faire tomber impérativement pour tuer la Chine dans le dos…échec et mat !
Faites passer le message contre vents et marées des médias qui ont tous été rachetés pour qu’il soit ainsi.
Sommes-nous des grains de sable insignifiants ? Alors au boulot !
a écrit le 14/03/2015 à 2:46 :
Les maîtres de la finances placent leurs pions un à un. Masque leur jeu.
La guerre monétaire continue. La stratégie $ est simple. transformer l’Europe en zone dollars.
La parité avec l’Euro est quasi achevée, les traités transatlantiques vont être ratifiés, ensuite faire s’effondrer la zone l’Euro.
Tous les dirigeants européens sont aux ordres…et déjà au courant du stratagème. On réhabillera la démocratie ensuite !
On rebaptisera le dollar pour mieux faire passer la pilule et « Sauver » l’Europe. Ça passe ou ça casse, Washington n’a plus le choix vu l’impasse économique occidentale.
Géostratégie monétaire indispensable à l’encerclement de la Russie qui refuse cet impérialisme écrasant les peuples sans état d’âme.
Junkers plaide pour une armée Européenne, l’OTAN va changer de nom également. On prépare la guerre, le dernier assault pour la maîtrise du monde.
L’Ukraine est Le pivot, la Russie La pièce maitresse à faire tomber impérativement pour tuer la Chine dans le dos…échec et mat !
Faites passer le message contre vents et marées des médias qui ont tous été rachetés pour qu’il soit ainsi.
Sommes-nous des grains de sable insignifiants ? Alors au boulot !
a écrit le 13/03/2015 à 20:01 :
La bonne nouvelle c est le départ de Noyer .
a écrit le 13/03/2015 à 17:19 :
Et après i_ls s'étonnent que l'on ne puisse plus les voir en peinture.
Ils ne sont pas élus mais nommés par leurs pairs. Chaises musicales ils appellent cela, a bon!!!!
La neutralité de la Banque de Françe vient d'en prendre un coup, il fallait carrément nommer un gars de la Goldman Sachs, nous avons des hommes politiques et a commencer par le Président totalement vendus!!!!!!!
a écrit le 13/03/2015 à 16:06 :
Je connais assez mal la Grèce, mais je vis et travaille en France. Cela me fait tout de même un peu mal de le dire, mais vous avez raison : il n’y a rien qui fonctionne dans ce pays ! L’enseignement est en-dessous de tout et j’ai des membres de ma famille qui sont obligés d’aller se faire soigner – à leurs frais – à l’étranger parce que les médecins, hôpitaux ... français sont incapables de les soigner. Pourtant, il ne s’agit pas de pathologies extraordinairement rares et les technologies comme les connaissances scientifiques existent. Sauf en France qui, une fois de plus, est en arrière de rejoindre. Quant au travail... Les gens travaillent de moins en moins (enfin... quand ils ont du boulot : plus de 25 % des jeunes sont au chômage, beau bilan !) et de plus en plus mal. C’st vrai qu’ils confondent surfer sur Internet, papoter devant la machine à café et brasser du vent avec produire et travailler. Mais bon, ils s’agitent. Et ils croient que cela signifie travailler, les pauvres. Pauvres, justement : la société bleu-blanc-rouge est en voie de paupérisation avec notamment près de 500 sdf morts dans nos rues l’an passé ; Quel pays de cocagne. Ne mentionnons que pour mémoire les restos du cœur et autres organismes et associations de secours qui sont de plus en plus débordés. Mais bon... On va nous gaver avec un « succès » commercial à l’étranger qui n’est qu’un marchandage politique ou un miroir aux alouettes. Comme l’epr finlandais, « fleuron » du « made in France » qui est un fiasco financier, technologique, sécuritaire, ... total. Et il n’est même pas encore construit. Alors, oui, la France est en voie de sous-développement. Et il est trop facile d’accuser les politiciens. Ce sont les français qui les élisent. Et ce sont les français qui, en principe, doivent faire tourner le pays avec leur travail, leur production, leur savoir-faire, leurs compétences, ... Ouais... Du vent. Que dalle ! Une société d’assistés chroniques, abrutis par la télé-débilité et gavés par leurs hochets pour minables attardés. La « grandeur » de la France. Allons donc ! Elle est au même niveau que ses plus récents psdt (notamment à talonnettes) : tout juste un petit chihuahua qui, comme tous les roquets (et tous les tonneaux vides ... de courage et d’idées), fait beaucoup de bruit mais ne sert strictement à rien et ne représente rien. C’est ça aujourd’hui la France : un grand rien du tout ! Qu’on mette le pays sous tutelle et qu’on fasse travailler les gens bcp plus, bcp plus longtemps, pour des salaires revus à la baisse. Ce qui a été appliqué aux pays du Sud européen doit l’être à la France.
a écrit le 13/03/2015 à 15:47 :
Ou comment la troïka met un premier pied en france. Quoi d’étonnant et d’anormal à cela, d’ailleurs ? La france a une dette 7 fois plus élevée que celle de la Grèce, qui dépasse aujourd’hui 2.031 milliards d’euros. La pseudo-« aide » à la Grèce n’a été imposé manu militari à ce pays que pour tenter de sauver quelques bq véreuses et foireuses, à la gestion mafieuse, essentiellement françaises. Et cela a été le seul et unique but de cette « aide » à la Grèce qu’i n’est qu’un racket étatisé. L’ »aide à la Grèce » rapporte aujourd’hui des dizaines de millions d’euros par an à la France qui n’a jamais versé un seul centime à la Grèce. Aujourd’hui, la France a empoché, via ce racket, plus de 720 millions d’euros sur le dos des courageux Grecs. Et on peut continuer ainsi longtemps en parlant de la mentalité de fraudeurs des français (la fraude sociale est plus élevée en France qu’en Grèce où plus de 75 % de la population est fiscalement prélevée à la source), en mentionnant la fainéantise congénitale des français qui confondent glander devant la machine à café et bosser (les Grecs travaillent bcp plus que n’importe quel franchouillard moyen, chiffres ocde à l’appui), ... et, d’une manière générale, le sous-développement général (infrastructures, enseignement, soins de santé, ...) d’une France qui est aujourd’hui le véritable chancre, le véritable parasite, la véritable honte et le véritable boulet de la zone euro et de l’ue. Que la troïka mette enfin son nez dans les affaires françaises n’est que juste. Et que l’on applique aux français, glandeurs et profiteurs, les mêmes mesures qu’aux courageux Grecs. L’état général de la France est bien pire que celui de la Grèce où je vis depuis longtemps. Et, donc, que je connais mieux que les piliers de comptoir du très franchouillard Café du Commerce

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