L'Argentine propose un compromis aux "fonds vautours"

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e nouveau président argentin Mauricio Macri, au pouvoir depuis deux mois, a entrepris des réformes économiques et fait d'une résolution du conflit sur la dette une priorité.
e nouveau président argentin Mauricio Macri, au pouvoir depuis deux mois, a entrepris des réformes économiques et fait d'une résolution du conflit sur la dette une priorité. (Crédits : ENRIQUE MARCARIAN)
Buenos Aires a proposé de rembourser sa dette avec une décote de 25%. Cela représente un paiement de 6,5 milliards de dollars alors que le passif est estimé à environ 9 milliards.

L'Argentine veut en finir avec le litige qui l'oppose aux fonds spéculatifs. Vendredi, elle a proposé à des "fonds vautours" américains de rembourser sa dette avec une décote de 25%, a annoncé le ministère argentin des Finances. Des discussions ont débuté lundi à New York entre Buenos Aires et des fonds spéculatifs ayant gagné en justice un procès condamnant l'Argentine à leur payer 100% de la valeur des titres. D'après le médiateur, l'offre de Buenos Aires est un paiement de 6,5 milliards de dollars alors que le passif est estimé à environ 9 milliards.

"La proposition implique une décote d'environ 25% par rapport au jugement", dit le communiqué argentin. "L'Argentine a aujourd'hui rendu publique une proposition visant à trouver un compromis avec les nombreux détenteurs de titres de dette en défaut et à les payer", a indiqué Daniel Pollack, le médiateur en charge du dossier à New York.

Une priorité

Cette proposition doit toutefois être approuvée par le Congrès argentin et par le juge new-yorkais en charge du dossier Tomas Griesa, a-t-il ajouté dans un communiqué. Cette semaine, un fonds italien rassemblant 50.000 investisseurs a consenti une décote de près de 50% et conclu un accord prévoyant le paiement de 1,35 milliard de dollars.

Le nouveau président argentin Mauricio Macri, au pouvoir depuis deux mois, a entrepris des réformes économiques et fait d'une résolution du conflit sur la dette une priorité. Avant lui, la présidente argentine de gauche Cristina Kirchner avait engagé un bras de fer avec les fonds américains, et refusé d'appliquer le jugement d'un tribunal de New York.

Refus des anciennes remises de dette

Après la crise économique de 2001-2002, l'Argentine a restructuré la dette envers 93% de ses créanciers, mais des "fonds vautours" détenant environ 7% des titres ont refusé les remises de dette prévues par les restructurations de 2005 et 2010.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 07/02/2016 à 10:44 :
-25% c'est énorme, il y a assurément une proposition de facilité économique pour ces fonds d’investissement afin qu'ils acceptent la deal.
Réponse de le 07/02/2016 à 13:43 :
Dans le cas de la dernière répudiation de dettes honteuses, soit l'Equateur, il n'y a pas eu de contrepartie. Evidemment, le pays a été relégué au rang de dictature communiste par les us, bien sûr.
Réponse de le 07/02/2016 à 18:41 :
"répudiation de dettes honteuses", quel bel élément de langage. Vu de ses créanciers c'est "L'Equateur est un pays voleur qui n'honore pas sa signature et qui donc ne pourra plus jamais emprunter un kopeck sur les marchés". Autrement dit tôt ou tard, ce pays devra trouver un accord de remboursement avec ses créanciers.
a écrit le 07/02/2016 à 9:35 :
Le président Macri règle les problèmes calmement, sans drames, sans les gesticulations populistes et contre-productives de l'incompétente notoire qu'il a remplacée et qui a fait tant de tord à l'Argentine. Constatons d'ailleurs que l'Amérique Latine dans son ensemble, y compris Cuba, connait une évolution très positive et un retour au réalisme grâce sans doute à l'agonie du chavisme, ce qui devrait lui permettre de bénéficier d'une conjoncture porteuse.
a écrit le 07/02/2016 à 8:41 :
Toujours des critiques sur les fonds vautour mais un pays qui emprunte des milliards sachant qu il ne les remboursera pas c est quoi ?
Un E.
Les pertes toujours reportées sur des contribuables ne vous gênent pas ????
a écrit le 06/02/2016 à 22:56 :
Faut bien qu'on "vive"...
a écrit le 06/02/2016 à 22:52 :
Cet " arrangement "est une escroquerie ( les financiers américains qui détiennent ces créances les ont achetées pour une bouchée de pain ) . C est aussi une infamie car, une fois encore, un politicien sans courage se couche devant la justice américaine. " c'est légal parce que je le veux " disait Louis 14 au 17ème siècle. Au 21ème siècle on dira " c'est légal parce que les américains le veulent " Et bien sûr les bigots de l ideologie de la mondialisation néo libérale nous affirmeront que c'est la modernité. D'ailleurs ne sont-ils pas en train de nous concocter en grand secret leur TAFTA qui sera la consécration de leur rêve : plus d'état, plus de démocratie. Nous connaîtrons alors le plus grand chaos que notre monde ait jamais connu. Les premiers signes apparaissent déjà : désordres, écologique et économique, migration de population incontrôlable, montée de la violence, physique, psychologique, sociale. Mais ne nous décourageons pas : les tyrannies ne sont pas éternelles.
a écrit le 06/02/2016 à 13:08 :
Voila qui aurait dû être fait depuis longtemps. Faire un accord premier pour se dégager -les sommes sont relativement modestes pour un pays- et ensuite procéder à un second paiement, peut-être avec une légère remise, au besoin avec l'argent disponible qu'aune meilleure note mettrait à disposition. L'Argentine a perdu plus dans sa rigidité que les désagréments issus du paiement. La gestion d'un pays n'est pas celle d'une fortune personnelle. La bonne direction est prise, elle devra être suivie sans écart en dépassant toutes contraintes désormais.
a écrit le 06/02/2016 à 12:28 :
Les fonds vautour ont le droit de nuire en néolibéralisme c'est même son fer de lance...
a écrit le 06/02/2016 à 11:19 :
Pas de compromis avec les "Fonds vautours" qui ne devraient d'ailleurs même pas exister. Notons que c'est la "Justice" américaine dans le dossier Argentin qui a donné raison aux "Fonds vautours". La "Justice" américaine, c'est la justice du dollar. En ce qui concerne l'Europe, si nous signons TAFTA, nous signons aussi pour cette justice là...et à ce jeu nous sommes perdants à tous les coups.
Réponse de le 06/02/2016 à 12:37 :
Tout à fait d'accord avec vous.
Réponse de le 06/02/2016 à 15:49 :
+1
Réponse de le 06/02/2016 à 19:34 :
La plupart des commentaires sont faits par des lecteurs qui ne font pas l'effort de comprendre. Ils lisent "capitalistes" et "fonds vautours" et leur opinion est faite.
Je pense que si, dans une situation identique, on remplacait Argentine par "boite du CAC40" et fonds vautours pas "fonds lapin" leur opinion serait inversee.

Si je fais une bonne affaire un achetant un bien immobilier que le vendeur est presse de vendre parce qu'il a un emprunt a rembourser, est au chomage, suis-je un acheteur vautour ? Est-ce que je dois rendre le bien gratuitement sur demande du vendeur initial ?
Réponse de le 08/02/2016 à 10:35 :
Comparons les comparaisons ?
Si vous prêtez à 20% à une personne qui n'a plus de quoi se nourrir, oui vous êtes un fond vautour.
Vais-je me faire accuser de germanophobe ? L'Allemagne a pillé l'Europe pendant cinq ans, demandant au gouvernement français un paiement de 400 millions de francs par jour, puis 700 millions en 1944 (par jour !), dévalisant les musées de toute l'Europe. En 1958, la dette extérieure de l'Allemagne a été en grande partie annulée (et c'était une bonne chose).

Comparons comparons... Qu'ont fait l'Argentine ou la Grèce pour être traitées ainsi ? Qui ont-ils envahi ?

Comparons comparons...

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