Candidatures aux législatives : petits arrangements entre amis... et ennemis

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Afin de se ménager la bienveillance de certains possibles députés PS et Les Républicains, La République en marche, le mouvement d'Emmanuel Macron, a renoncé à présenter des candidats aux législatives  face à certaines figures emblématiques comme  Marisol Touraine, Myriam El Khomri (PS) ou encore Thierry Solère (Les Républicains.)
Afin de se ménager la bienveillance de certains possibles députés PS et "Les Républicains, "La République en marche", le mouvement d'Emmanuel Macron, a renoncé à présenter des candidats aux législatives face à certaines figures emblématiques comme Marisol Touraine, Myriam El Khomri (PS) ou encore Thierry Solère ("Les Républicains".) (Crédits : Reuters)
"La République en marche", le mouvement de soutien à Emmanuel Macron, a décidé de "ménager" certains candidats de droite et de gauche aux législatives en n'investissant personne face à eux. Objectif: élargir une majorité potentielle au lendemain du scrutin...

Depuis 18 heures vendredi 19 mai, il n'est plus possible de poser sa candidature pour les élections législatives, telle est la règle qui veut que les postulants dans les 577 circonscriptions se déclarent le quatrième vendredi qui précède le premier tour (le 11 juin cette année). Et, force est de constater que, contrairement aux propos de campagne du candidat Macron, il n'y aura finalement pas 577 candidats de son mouvement « En Marche ! » - devenu « La République en marche » (LREM)- et ce afin de ne pas « gêner » certains ralliés potentiels à gauche comme à droite à l'issue du scrutin... Tactique politique oblige pour le président, s'il veut obtenir une majorité absolue grâce à certains raliements. Cet objectif mérite donc quelques petits arrangements. Mais le PS et « Les Républicains » aussi ont décidé de faire quelques concessions pour ne pas insulter l'avenir et éviter des déchirements supplémentaires.

Quand les amis de Macron ménagent à droite et à gauche

Finalement donc LREM présentera une liste de 526 candidats... soit une cinquantaine de moins qu'initialement prévu. Et pour cause, plusieurs « personnalités » de gauche et de droite vont être favorisées.

A droite, il s'agit essentiellement de ceux qui ont signé l'appel à saisir la « main tendue » par Emmanuel Macron. Il en va notamment ainsi du ministre Bruno Le Maire dans l'Eure et des députés « LR » ou UDI sortants Franck Riester et Yves Jégo (Seine-et-Marne), Thierry Solère (Hauts-de-Seine). Le cas le plus emblématique est sans doute en Seine-Maritime (7eme circonscription) où Agnès Firmin Le Bodo (LR) qui souhaite succéder à Edouard Philippe, devenu Premier ministre, ne trouvera pas de candidat... LREM en face d'elle.

Cependant, avec certains « amis » potentiels, le mouvement LREM a parfois utilisé une autre tactique : certes, il présente des candidats contre les représentants de la droite mais ce sont loin d'être des poids lourds... pour ne pas trop gêner. C'est notamment le cas face au « juppéiste » et ami d'Edouard Philippe, Gilles Boyer dans la 8eme circonscription des Hauts-de-Seine. Mais aussi de Nathalie Kosciusko Morizet dans la seconde circonscription de Paris... A noter d'ailleurs que NKM doit aussi faire face à une liste dissidente de droite menée par Jean-Pierre Lecoq (maire du 6è arrondissement) - qui va être exclu du parti LR pour ce fait - qui lui reproche sa valse-hésitation autour d'Emmanuel Macron...

Personne de chez Macron et du PS face à Valls

A gauche, des personnalités du parti socialiste ont aussi droit à de petits cadeaux. Plusieurs ne trouveront pas de candidats LREM sur leur chemin. Il en va notamment ainsi de Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail, à Paris, Marisol Touraine, ancienne ministre de la Santé, en Indre-et-Loire ou encore François Pupponi, député sortant du Val-D'oise et maire de Sarcelles et de Stéphane Le Foll, ancien ministre de l'Agriculture, dans la Sarthe. Quant à la présidente du PRG, Sylvia Pinel (Tarn-et-Garonne), elle bénéficie carrément de l'investiture LREM...

Toutefois, le comble de la bienveillance concerne certainement l'ancien Premier ministre Manuel Valls... Pour sa candidature dans l'Essonne, il s'est auto-attribué l'étiquette « majorité présidentielle » mais, surtout, il ne sera confronté ni à une candidature des amis d'Emmanuel Macron ni... du parti socialiste. Une très grande mansuétude donc...

En revanche, l'ancienne ministre de l'Education Nationale, Najat Vallaud Belkacem, ne bénéficie pas du même régime de faveur dans la 6ème circonscription du Rhône (Villeurbanne). Elle va en effet trouver en face d'elle un redoutable candidat investi LREM en la personne du très médiatique entrepreneur Bruno Bonnell. Un duel saignant s'annonce !

A noter que dans cette région Rhône-Alpes-Auvergne, Laurent Wauquiez - qui aspire à prendre la tête du parti « Les Républicains »-  ne se représente pas à la députation, officiellement pour conserver la présidence de la région et ne pas être victime des textes sur le non cumul des mandats.

Ces règlements de comptes  et petits arrangements ne sont pas l'apanage de LREM. Ainsi, Bruno Le Maire, dans l'Eure (première circonscription), qui fait figure de « traitre » aux yeux de nombreux dirigeants de la droite, se verra opposer une candidature ...LR. A l'inverse, le PS ne présente pas de candidat dans les Alpes de Haute Provence dans la circonscription du nouveau porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, longtemps membre du PS...

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Commentaires
a écrit le 21/05/2017 à 22:20 :
En marche la Tambouille et Magouille recycle les vieilles pratiques du siècle dernier pour que les barons ou baronnes obtiennent leurs gamelles de fin de mois. Cette vieille habitude millénaire durera tant que la Com ne prendra pas face à un Trump à la française. Malheureusement. Ils nous rien compris au vote du 21 avril 2002 et à la trahison du peuple par le congrès de Versailles en 2007. Au fond sont-ils pour la démocratie et la république? Ou pour une forme de dictature pour la législature par le législateur contre le peuple, payé par le peuple?
a écrit le 21/05/2017 à 20:20 :
écoeurée de toutes ces magouilles qui continuent, je ne pense pas aller voter puisque c'est courru d'avance
a écrit le 21/05/2017 à 17:35 :
Macron est vraiment une chance de rénovation et de réforme pour la France avec participation des éléments de droite et de gauche parmi les plus qualifiés y compris une moitié de personnes du civil, ce n'est donc pas le moment de rater cette occasion très rare, qui ne s'était qu'en partie produite dans les années 74 avec Giscard dont le bilan a plutot été bon. Il y a donc évidemment lieu de donner la majorité à Macron pour gouverner d'autant qu'elle sera largement renouvelée.
a écrit le 21/05/2017 à 12:47 :
Il est évident que le gouvernement Macron doit avoir un majorité parlementaire pour gouverner, sinon c'est gabegie assurée lors de ce mandat et pour les élections présidentielles suivantes où il y aurait alors rejets de tous les partis encore plus marqué. Barouin comme Mélenchon font n'importe quoi par intérêt personnel en voulant une cohabitation qui n'a jamais marché dans le passé.
a écrit le 21/05/2017 à 12:16 :
Il va de soi qu'en marche ne recueillera environ à peine 30% des suffrages malgré le tapage de la presse en sa faveur encore . Il se dirige vers une alliance de fait pour pouvoir gouverner avec une composante, dont il n'y a aucun mystère à moins que les triangulaires ne lui jouent des tours.
a écrit le 21/05/2017 à 10:50 :
Le fait est qu'il va être difficile et peu cohérent de dire à des gens qu'on a encouragé à voter Macron au 2e tour qu'il faut maintenant ne pas voter Macron ! Cela s'appelle le retour de manivelle et les LR le prenne en pleine poire. Cela dit, le soufflé retombe toujours, c'est seulement une question de temps :-)
a écrit le 21/05/2017 à 10:48 :
voter pour qui ? ces députes ne sont qu a 10% présents a l assemblée lors des débats;ils ne pensent qu a la place et les avantages et ne servent qu a inaugurer des piscines,bâtiments,......d ou leur absence
Réponse de le 21/05/2017 à 13:16 :
Inutiles, vous avez Tout à fait raison, la preuve chez nous dans le Val d'Oise, des candidats parachuté et d'autre changeant d'étiquette politique pour ce faire élire coûte que coûte, on appelle cela de l'opportunisme.
Apres on nous parle d'égalité de fraternité, nous n'avons vraiment pas les mêmes valeurs avec ceux d'en haut, nous la France d'en bas.
Eux nous donnent des leçons en gagnant en salaire dix à 20 fois un smic, pour certains politiciens, évidemment aux frais de la république.

Et ensuite on nous parle de " liberté égalité fraternité" avec la main sur la poitrine en chantant "allons enfant de la patrie" tout ceux qui ont fait la révolution en 1789 doivent se retourner dans leurs tombes lorsqu'ils voient, les inégalités que la monarchie républicaine à instauré au fil des siecles......
a écrit le 21/05/2017 à 10:02 :
Bien plus intéressant que ces politicailleries, voilà confirmées les analyses de l' UPR et le programme Macron enfin rendu visible ..

« En progrès, mais ne relâchez pas vos efforts ». C’est grosso modo le message adressé ce mercredi par la Commission européenne à la France. Si Bruxelles « salue les autorités françaises pour leur engagement à se réformer », elle leur demande également de « poursuivre l’agenda des réformes ». Et elle a une idée précise des réformes que le gouvernement devrait mener. Voici ses principales recommandations.
1. Limiter la hausse des salaires

La Commission européenne demande au gouvernement de veiller à ne pas trop réévaluer le montant du Smic, jugé trop élevé. Elle souhaite aussi que les partenaires sociaux réforment le système de fixation des salaires afin que ces derniers ne progressent pas plus rapidement que la productivité, comme c’est le cas actuellement.
2. Revoir le système des retraites

Pour Bruxelles, les réformes conduites jusqu’à présent sont loin d’être suffisantes. La viabilité de notre système est toujours menacée, notamment à cause « des régimes des fonctionnaires et des employés des sociétés contrôlées par l’Etat », écrit la Commission, qui s’inquiète plus particulièrement pour l’avenir des retraites complémentaires. Elle demande au gouvernement de présenter de nouvelles mesures en mars 2016.

http://www.20minutes.fr/economie/1607847-20150513-salaires-retraites-chomage-impots-bruxelles-demande-france

https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon
a écrit le 21/05/2017 à 0:01 :
Ils ne font qu'intégrer les résultats du 2nd tour au premier, c'est plus de l'intelligence que des arrangements (qui de toutes façons auraient eu lieu).
Il vaut mieux à mon avis soutenir une autre liste dès le premier tour plutôt que de risquer d'avoir deux listes peu éloignées qui risquent de ne pas arriver au second tour car se divisant les voix.
Il s'agit également de gens qui sont ouverts au dialogue et au compromis, donc qui n'empêcheront pas le gouvernement d'avancer "par principe", mais qui resteront libres d'exprimer leurs désaccords. Ca nourrit en quelques sortes la démocratie et empêche de voir la majorité comme "tous des gens qui pensent la même chose" car ce cas de figure est assez dangereux en général (ça signifie qu'on est en présence d'une secte, ou alors qu'il y a un manque de remise en question des idées, ce qui n'est pas favorable au progrès).
On a toujours besoin à mon avis d'un contradicteur conciliant: qui est capable de remettre en question/challenger les idées, tout en acceptant les compromis ou les idées si elles sont bonnes.
Ne pas se mettre à dos les gens avec qui on peut s'entendre pour éviter de les braquer pour l'ensemble du mandat est à mon avis la meilleure stratégie et le plus raisonnable, et le meilleur moyen de laisser vivre la démocratie.
Réponse de le 21/05/2017 à 9:23 :
Et bien puisqu'ils ont l'intelligence de ne pas respecter leurs engagements et qu'ils savent être à l'écoute espérons qu'ils auront l'intelligence de ne pas appliquer tout le reste du programme mais étrangement je doute que l'intérêt des 'petits' soit égal à celui des politiques.. L'avenir nous le dira.
a écrit le 20/05/2017 à 21:55 :
Ce sont des arrangements naturellement bienvenus. L'essentiel est que LREM ait la majorité pour gouverner, une cohabitation ferait le jeu du FN de Marine le Pen ou de Mélenchon, candidats opportunistes.
a écrit le 20/05/2017 à 18:05 :
les mensonges s' accumulent 577 candidats reste 526 ,,,,,!!!!!!!!

15 ministres nous sommes à 22

Bayrou mon prealable avec MACRON LA MORALISATION alors que c'etait 120 circonscription

conclusion c'est comme avant
a écrit le 20/05/2017 à 13:26 :
Les électeurs qui ont été privés de débat en raison d'une campagne éprouvante,ils vont faire le tri sans être influencés par les partis. Ils vont choisir , veulent-ils une hausse de la CSG, des droits de succession , pas de baisse de l'IR comme le veut Macron ou une baisse de 10 % des impôts que souhaite appliquer la droite ? Réponse en juin.
Réponse de le 20/05/2017 à 21:57 :
LR veut une hausse de 2% de TVA, l'impact est bien plus important et généralisé qu'une hausse partielle de la CSG (40% des plus riches seulement touchés). Il y a quelques 10 milliards d'euros de différence. Le programme Marcon LREM est plus modéré et social que celui de LR.
Réponse de le 22/05/2017 à 9:09 :
@petit comptable: sauf que la TVA ne touche pas les produits de base, alors que la CSG touche tous les travailleurs. Dans la mesure où on oblige à payer la CSG et pas à acheter des produits non indispensables, il y a tout de même un fossé, non :-)
a écrit le 20/05/2017 à 13:13 :
La politique est ce qu'elle est et la nature humaine aussi. Qui penserait le contraire est un bisounours type bac +2, merci Jospin :-)
a écrit le 20/05/2017 à 13:12 :
La politique est ce qu'elle est et la nature humaine. Qui penserait le contraire est un bisounours type bac +2, merci Jospin :-)
a écrit le 20/05/2017 à 13:05 :
Il y a des pays où cela s’appelle des coalitions, ou des programmes communs. Sachant que le dialogue et les capacités de changer d'avis, ou de faire des compromis, sont aussi des signes d’intelligence.
Il y a bien sur des partis pris politiques, en dehors des partis, chacun peut aussi apporter où y trouver les idées et des objectifs communs, du moment que l'on respecte les axes de progrès pour le pays. Heureusement, ce ne sont pas les partis politiques clivants qui gèrent les entreprises, car sinon la France serait en faillite.

Reste à encourager les gens de bonne volonté qui œuvrent pour le bien commun et non pour leur propre intérêt. Ils sont faciles à reconnaitre : ils et elles n'ont plus ni œillères, ni muselières.
Réponse de le 20/05/2017 à 21:26 :
Vous avez une notion à "géométrie très variable" de la notion de coalition.
Il s'agit tout simplement de petits arrangements et plus vulgairement de magouilles .
Point à la ligne.
a écrit le 20/05/2017 à 12:55 :
C'est vrai que pour marcher, les politiciens nous font marcher, et depuis très longtemps.
Macron à trouver la bonne formule.
a écrit le 20/05/2017 à 7:22 :
.... ménager - magouiller : mème combat !
le début de l'avortement de la moralisation politique : on s'y attendait !asphalte19@gmail.com
a écrit le 19/05/2017 à 21:41 :
Finalement la tarte à la crème Macron, c'est la reconstitution de l'entente SFIO-MRP des années 50,60. La pire période politique de notre pays.
a écrit le 19/05/2017 à 21:16 :
Monsieur Chanut, vous abusez de la conjonction de coordination "mais". Vous l'avez utilisé 9 fois. Il faut varier ! Message amical et non message de reproche, je précise.
Réponse de le 20/05/2017 à 0:52 :
Merci de me le signaler !! Vous avez totalement raison... Le journalisme Internet pousse a aller trop vite, on se relit mal et on ne voit pas nos erreurs!!
Merci en tout cas de nous suivre.
a écrit le 19/05/2017 à 18:31 :
Pour votre information Christophe Castaner ne se présente pas dans le Var mais dans les Alpes de Haute Provence ou il est député sortant !
Réponse de le 19/05/2017 à 19:29 :
Oups! Pardon, vous avez totalement raison, erreur d'innatention de ma part. Je vous remercie pour votre vigilance et merci de lire La Tribune.
a écrit le 19/05/2017 à 18:01 :
Ils sont donc bien tous pareils, des politicards de bas étage traînant des casseroles et mangeant dans toute bonne gamelle à portée d'urnes.

Vive la Ripouxblique
a écrit le 19/05/2017 à 17:47 :
Je rigole je rigole je rigole les francais se sont encore fait avoir DE GAULLE LE DISAIT TELLEMENT BIEN BEEEEH.
Réponse de le 19/05/2017 à 18:52 :
Puisque c'est le général que l'on vite... les veaux ne bêlent pas 😉
Bon week-end 😎
a écrit le 19/05/2017 à 16:49 :
Les vraies valeurs de la France politique seront éternellement magouilles, tambouilles, distribution de steaks de fin de mois, gamelles de fin de mois pour acheter une majorité, un groupe ami. Devons-nous financer les partis politiques qui ont fait zéro au premier tour de la présidentielle. Qui représentent personnes car ils n'ont pas eu le courage de se présenter, de perdre, de prendre une claque financière. Mais ont préféré magouiller dans le dos du peuple souverain. Bref ils n'ont pas toujours compris le vote des français. A quand la fin de ces pratiques du millénaire dernier. A quand la fin du cumule indemnités/retraite différent de celui d'un français ou française?

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