Hamon met Macron et Fillon dans le même panier

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Benoît Hamon cherche le bon positionnement politique à l'élection présidentielle
Benoît Hamon cherche le bon positionnement politique à l'élection présidentielle (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
Benoît Hamon a présenté son programme ce jeudi 16 mars à la maison de l'Architecture à Paris. Il compte incarner une idée progressiste contrairement à Macron et Fillon qui, selon Hamon, ne feront qu'entretenir la dynamique du Front National.

Difficile pour le candidat Benoît Hamon de mener sereinement sa campagne à l'élection présidentielle. Distancé dans les sondages par Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, lâché cette semaine par Manuel Valls, qui avait pourtant promis de rallier le vainqueur de la primaire de la "Belle alliance populaire", il n'arrive pas à sortir du lot. Pour ce faire, il a décidé d'affirmer sa candidature comme une alternative aux candidats du bloc de droite, sans mettre l'accent sur les quelques divergences qu'il entretient avec le candidat de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, dont il est proche politiquement.

Ce jeudi à la maison de l'Architecture pour la présentation définitive de son programme, Benoît Hamon a ainsi identifié trois voies politiques : celle prise par Marine le Pen qui entérinerait le retour « vers un monde que l'on pensait mort », violent et générateur d'insécurité ; celle empruntée par Emmanuel Macron et François Fillon qui perpétuent « les solutions libérales, la dérégulation, qui ont échoué partout où elles ont été mises en œuvre » ; et la sienne, la plus prospective et génératrice de liens entre les générations. En outre, selon Hamon, les suppressions annoncées de 500.000 et 120.000 postes les fonctionnaires respectivement par Fillon et Macron feront le jeu de l'extrême droite dans les prochaines années. « Qui ne voit pas qu'une réduction des services publics favorise le Front national ? », invective le candidat PS. Car ce sont dans les déserts de services publics que le FN récolte ses nouveaux électeurs, estime-t-il. A l'inverse, Benoît Hamon souhaite que son « quinquennat soit utile pour que le Front National sorte des esprits des Français ».

Transition écologique, nouvelle vision du travail

Ensuite, Benoît Hamon a précisé les grands axes de son programme : une nouvelle vision du travail et de la démocratie, les transitions écologique et numérique et le renforcement des services publics. S'il avait déjà en grande partie présenté ses mesures, Benoît Hamon a apporté quelques précisions. Concernant l'écologie, il portera entre autres, « à 50% la part des énergies renouvelables dans le mix électrique en 2025 en favorisant la production décentralisée et citoyenne d'énergie, avec un objectif de 100% en 2050. »

Pour sortir du nucléaire à l'horizon d'une génération - 25 ans -, il promet aussi de fermer les réacteurs en fin de vie durant le quinquennat et de garantir les emplois du secteur énergétique. L'emploi est d'ailleurs un sujet sur lequel le candidat Hamon a beaucoup d'idées originales : il propose « une contribution sociale sur les robots, pour répondre aux mutations du travail, qui alimentera le fonds de transition travail (FFT) dont la mission sera de créer autant d'emplois nouveaux que ceux qui disparaîtront, et de financer la formation des salariés à ces nouveaux métiers. » En revanche, les entreprises dont la robotisation s'accompagne d'une augmentation des effectifs seront dispensées de cette contribution.

Des précisions sur le revenu universel

Le candidat PS a aussi précisé ce jeudi les contours de son revenu universel d'existence. Il devrait permettre, dans une première étape, « d'augmenter automatiquement le revenu des actifs, ouvriers, employés indépendants et étudiants dont les revenus sont inférieurs à 2.200 euros net, et prioritairement ceux dont les moyens sont les plus faibles ». Dans son programme, Hamon détaille trois exemples : celui d'un étudiant qui travaille un jour par semaine et dont le revenu mensuel passera de 231 euros à 749 euros en 2018 grâce au revenu universel première version ; celui d'une assistante maternelle qui perçoit 50% du Smic et dont le revenu passera de 576 euros à 973 euros et enfin celui un couple d'ouvriers dont les revenus passeront de 2.304 euros à 2.694 euros par mois.

Dans un second temps, Hamon réunira une conférence sociale pour programmer les étapes suivantes qui devraient permettre « la généralisation progressive du revenu universel à l'ensemble des Français et son augmentation à 750 euros ». Bref, il s'érige en candidat du pouvoir d'achat des plus modestes et d'une partie des classes moyennes. « Je suis le candidat de la fiche de paie », a d'ailleurs martelé Benoît Hamon. Et pour financer son revenu universel qui coûterait 35 milliards d'euros dans un premier temps, Hamon mise notamment sur les retombées bénéfiques de la hausse de la consommation.

S'inspirer du programme de Montebourg

D'autres précisions ont été faites sur certaines mesures symboliques annoncées durant la primaire de la gauche. Sur le 49.3 citoyen, Hamon a précisé qu'il permettra à 1% du corps électoral de soumettre une loi votée au référendum sous conditions de représentativité (un nombre minimum de personnes dans chaque département ou région) et de participation au scrutin. Hamon soumettra également le vote blanc au référendum, et autorisera le droit de vote des étrangers pour les élections locales. Et sur le terrain des institutions, le candidat PS créera, s'il est élu, une sixième république avec une dose de proportionnelle, sur le modèle des conseils régionaux.

Par ailleurs, de nouvelles mesures sont apparues dans le programme du candidat. Il a notamment fusionné une partie des propositions d'Arnaud Montebourg durant la primaire avec les siennes sur deux points très symboliques : le made in France et la régulation financière. Sur le premier point, Hamon promet s'il est élu que 50 % des marchés publics seront réservés aux petites et moyennes entreprises, sans différentiation de nationalité. Il introduira aussi des clauses sociale, environnementale, d'emploi et de « produire local ». Par ailleurs les entreprises qui délocalisent devront rembourser les aides publiques perçues.

Revenir sur les renoncements de Hollande

Concernant la Finance, Benoît Hamon a suivi Arnaud Montebourg sur deux mesures phare : reprendre la loi de séparation bancaire en cantonnant effectivement l'ensemble des activités de marché des banques, comme Hollande l'avait promis en 2012, et surtaxer les méga profits des banques françaises à hauteur de 5 milliards d'euros sur un total d'environ 23.5 milliards d'euros de profits.

Enfin, Benoît Hamon reviendra, s'il est élu, sur un autre renoncement du quinquennat Hollande : l'encadrement des loyers dans les métropoles et la garantie universelle des loyers pour sécuriser les locataires, comme les propriétaires de logements, deux mesures initialement prévus dans la loi Alur. De quoi certainement satisfaire l'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot, présente dans la salle, aux côtés notamment de Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Luc Bennahmias, Aurélie Filippetti et Marie-Noëlle Lienemann.

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Commentaires
a écrit le 17/03/2017 à 22:48 :
bonsoir . pour moi M. Hamon est celui qui a declanche les frondeurs et maintenant il voudrait avoir la place de president ? il reve .il dit que M.Valls le laisse tomber et qu'il ne tien pas parole mais lui qu'a-t-il fait ? il a ete odieux pendant 2 ans . pensez-vous que l'on peut oublier cela ?
j'aurais fait la meme chose que M.Valls . et de toute façon il n'aura pas ma voix .il faut reflechir avant de faire quelque chose ,qu'il assume . mais maintenant il est trop tard pour revenir en arriere
a écrit le 17/03/2017 à 15:27 :
Notre Benoîte a entièrement raison. Fifi avec ses costards de chez Anys et Brigitte Trognon ses robes sur mesure à fleurs de chez LV et des escarpins de chez Hermès. Et moi je m'habille chez Tati!!!
a écrit le 17/03/2017 à 14:51 :
Et moi je les mets tous dans le même panier de crabes :-)
a écrit le 17/03/2017 à 13:54 :
Sortir de l'EU, de l'euro, de l'OTAN, je ne pense pas que Macron, Hamon, Fillon et autres aient les c......s de le faire. Les britanniques ont eu ce courage, pourquoi en France les candidats s'aplatissent devant cette EU. Renégocier les traités est impossible en tant que tel. Donc, reprendre ses billes est la solution c'est tout. L'EU est une arnaque que personne n'a le courage de dénoncer ni Hamon, ni Fillon, ni Mélenchon, ni le FN et encore moins Macron le clone de Hollande, la marionnette de la finance à qui il doit tout, la chose des Dragi, Bergé, Collomb, j'en passe et des moins bons, Attali et consorts. Bref, il ne vaut pas la corde pour le pendre (c'est une image bien sûr).
a écrit le 17/03/2017 à 9:38 :
Contrairement aux autres candidats ,pas de bol pour Hamon hier ,son programme le matin et pratiquement aucune image l'après-midi à la TV sur les chaines d'infos en continu suite à la fusillade à Grasse.
a écrit le 17/03/2017 à 9:17 :
Hamon, si l'époque n'était pas dramatique, pourrait avoir le charme d'une effeuilleuse: on ne compte plus ses revirements programmatiques; sans compter le couplet de "la finance, mon véritable ennemi" qui lui permet de vouer aux gémonies Fillon et Macron.
Il y a assurément plusieurs formes d'escroqueries: celle de l'argent (suivez mon regard) et celle des idées. Car à virevolter au gré des opinions, à renoncer au programme qui lui a valu de remporter la primaire socialiste, à promettre le "demain, on rase gratis", Hamon n'est certainement pas un parangon d'honnêteté intellectuelle!
a écrit le 17/03/2017 à 8:06 :
C'est simple la politique, il faut un politicien qui n'a jamais crée un seul emploi et qui ne connait rien à l'économie d'entreprise explique à des gogos comment il va créer plein d'emploi grâce à un tas de nouveau impôts et de nouvelles taxes.
a écrit le 17/03/2017 à 7:45 :
Fernand Hamon nous fait quand mème beaucoup moins rire que son prédecesseur Raynaud : son irresponsabilité nous ferait mème tousser !
a écrit le 17/03/2017 à 7:38 :
Il y a deux idées intéressantes, la transition énergétique et le revenu universel. Les solutions mériteraient d'être précisées.
a écrit le 17/03/2017 à 6:49 :
Je lis Macron héritier direct su Sarkosysme. Je ne le crois pas. C'est un pure produit Socialiste Hollandais. La preuve. Il n'est pas gêné avec l'argent des autres. Sa dernière idée, piocher dans l'assurance Vie des Français à taxant à 30%. C'est un comportement caractérisé du socialisme.
a écrit le 16/03/2017 à 22:33 :
Il est vrai que macron et fillon sont des héritiers directs du sarkosysme. Quelqu'un voudrait-il en reprendre une louche..?? Moi, pas. Sinon, je serais du fn, j'essayerais de me faire élire ailleurs. Mais où, on cherche encore... Même en Hollande et en Autriche, ils n'en voudraient pas. Vous dire...
a écrit le 16/03/2017 à 21:59 :
Hamon président, ça sera la naufrage du vaisseau France et l'isolement de notre Pays. LE monde ne nous attendra pas.
Réponse de le 16/03/2017 à 23:47 :
On n'a pas besoin d être les premiers !
a écrit le 16/03/2017 à 21:25 :
Il est bien gentil et bravache en apparence le petit Hamon. Quand il a voté la loi qui porte son nom, il l'a limitée pour qu'ellle ne touche pas Canal+ de sorte qu'il n'ait pas une marionette trop hard.
Aucun courage ni aucune conviction ce type
a écrit le 16/03/2017 à 20:41 :
Hamon, petit apparatchik de bas étage, fait une campagne à sa dimension. La seule décision qui serait à la hauteur du personnage serait qu'il se retire d'ici le premier tour et de se faire définitivement oublier.
Réponse de le 17/03/2017 à 7:28 :
au contraire,Hamon est un homme humble,honnete,humaniste,fidèle a ses valeurs de gauche,je comprends que ça en dérange certains.
Réponse de le 17/03/2017 à 11:43 :
Pas sûr que l'humanisme consiste à enfermer le pays dans une impasse à la grecque, ce à quoi nous condamneraient les élucubrations qui lui servent de programme.
a écrit le 16/03/2017 à 19:53 :
"mener sereinement sa campagne". Cette campagne est une misère où s'étale la corruption des politiques et hauts fonctionnaires qui vivent grassement sur la pauvre bête: la France. Etre serein serait de diminuer de 20% les impôts et les dépenses de l'état. C'est en gros le montant des détournements de fonds publics. Mais aucun candidat ne le propose sereinement. "Quand le foin manque au râtelier, les ânes se battent". Vieux proverbe français.
a écrit le 16/03/2017 à 18:34 :
En effet si on prend Macron et qu'on y ajoute fillon, dans leurs campagnes en tout cas, nous avons le front national.

Bon d'un autre côté il faut dire aussi que le FN dit tout et son contraire depuis des années et des années, de ce fait sans le faire exprès on peut se retrouver à parler comme le FN un jour et le lendemain avec le même discours contre.

Si les médias étaient lucides jamais une imposture comme le FN ne pourrait peser 30%, jamais.
Réponse de le 16/03/2017 à 23:53 :
Ba s est une mode.
Un point s est tout, vous savez la mode, la terre, le terroir,
Réponse de le 17/03/2017 à 8:55 :
la mode ou un réflexe oligarchique étant donné que politiciens hommes d'affaires et personnages médiatiques sont tous issus à peu près du même milieu.

Pas facile de se débarrasser de son éducation quand elle est néfaste et surtout quand malgré tout on vit dans le grand confort.

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