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Pourquoi la réforme des 500 parrainages suscite des inquiétudes

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Plusieurs petits candidats, dont Pierre Larrouturou (Nouvelle donne), ont organisé une conférence de presse commune, jeudi 23 février.
Plusieurs "petits" candidats, dont Pierre Larrouturou (Nouvelle donne), ont organisé une conférence de presse commune, jeudi 23 février. (Crédits : REUTERS/Christian Hartmann)
La chasse aux 500 signatures pour se présenter à l'élection présidentielle démarre ce samedi 25 février. Les élus locaux vont être fortement sollicités par les candidats. Mais la réforme validée en 2016 suscite des inquiétudes chez les élus et les candidats des "petits partis" notamment.

La collecte des parrainages pour les candidats à l'élection présidentielle démarre ce week-end. Les élus locaux (maires, députés, sénateurs, députés européens, conseillers régionaux, conseillers départementaux) vont ainsi recevoir un formulaire qui doit leur permettre de parrainer un prétendant à la fonction présidentielle. Ils auront jusqu'au 17 mars à 18 heures pour envoyer ce formulaire au Conseil constitutionnel, ce qui  fait un peu moins de trois semaines.

>> Lire aussi : Election présidentielle : vers un "verrouillage" du système ?

Quelles nouveautés dans les parrainages ?

Lors des précédentes élections présidentielles, seuls 500 parrainages tirés au sort par le Conseil constitutionnel étaient rendus publics. Depuis la réforme des règles de l'élection présidentielle adoptée en avril 2016, l'ensemble des noms des élus qui parrainent les candidats sera rendu public deux fois par semaine le mardi et le vendredi au fur et à mesure des réceptions des parrainages et doivent faire l'objet d'une publication finale par le Conseil constitutionnel. Ce qui mettra fin à tout faux suspense des prétendants dans la course aux 500 signatures. Les porteurs du texte avaient déclaré : "Le principe de responsabilité politique et l'exigence de transparence devraient conduire à ce que les élus ayant décidé de présenter un candidat assument ce choix devant leurs électeurs."

L'autre innovation majeure intervenue dans cette réforme concerne une mesure technique. Les candidats et leurs équipes ne vont plus devoir transmettre eux-mêmes les 500 signatures rue de Montpensier. Les formulaires de parrainage doivent être envoyés par les élus uniquement par voie postale comme l'indique le site du Conseil constitutionnel :

"Les parrainages ne pourront plus être déposés physiquement au siège du Conseil constitutionnel ; ils devront exclusivement être envoyés par voie postale, à l'aide du formulaire et de l'enveloppe qui seront transmis aux élus concernés en même temps que la publication du décret de convocation des électeurs."

Une fois la réception du courrier effectuée, le Conseil constitutionnel doit en vérifier la validité selon une décision prise de manière collégiale.

 >> Lire aussi : Présidentielle 2017 : parrainages, patrimoine... ces règles qui changent

Quels sont les candidats à la peine ?

Cette réforme allant dans le sens d'une plus grande transparence a évidemment suscité des inquiétudes notamment chez les petits candidats. Après avoir exprimé de vives inquiétudes à la fin de l'année 2016, Jean-Luc Mélenchon a affirmé au début du mois de janvier avoir ses 500 signatures. Après avoir obtenu la certitude de ces 500 parrainages, le candidat de la France insoumise avait déclaré : "Ces parrainages stoppent un débat : je serai candidat quoiqu'il arrive et quelque coup de téléphone qu'on veuille me passer."

>> Lire aussi : Mélenchon : son programme de relance économique en cinq chiffres

Du côté des autres candidats , les incertitudes règnent.  Philippe Poutou (NPA), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Christian Troadec, Charlotte Marchandise-Franquet (laprimaire.org), Alexandre Jardin (mouvement Bleu Blanc Zèbre) et l'indépendantiste polynésien Oscar Temaru ont lancé un appel commun ce jeudi 23 février à travers un communiqué et devant une soixantaine de journalistes.

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Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste Philippe Poutou. Crédits : Charles Platiau/Reuters.

Ces prétendants à la présidentielle ont ainsi dénoncé le fait que les parrainages soient rendus publics. Cela rend les candidatures "toujours plus difficiles, si bien qu'il est devenu quasiment impossible de porter une candidature hors des grands partis". Ils ont également évoqué les pressions possibles exercées par les maires qui "ne peuvent accorder leur parrainage librement en raison des retombées négatives qu'ils ou elles pourraient subir". Arthur Keller en charge du programme de Charlotte Marchandise-Franquet a déploré que "certains maires disent qu'ils aimeraient bien nous apporter leur signature, mais ils craignent de devoir se justifier devant leur conseil municipal. Des élus de petites communes redoutent aussi des pressions de la part de leurs intercommunalité". M.Keller a tenu rappeler que "parrainer ce n'est pas soutenir un candidat, c'est soutenir la démocratie". D'autres qui n'ont pas participé à cette conférence de presse comme Henri Guaino ou Rama Yade pourraient également éprouver des difficultés. En revanche, la représentante de Lutte ouvrière s'est dite confiante sur la collecte de ces 500 parrainages indispensables pour se présenter à la présidentielle. "Nous sommes présents depuis 1974 et je pense que je serai présente pour faire entendre les intérêts des travailleurs, des ouvriers, des classes populaires," a-t-elle confié à l'antenne de BFM-TV.

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a écrit le 16/04/2017 à 10:09 :
De toutes façons la présidentielle au suffrage universel est une élection qui rend fou, surtout depuis le quinquennat qui a présidentialisé le régime à outrance et transformé, du moins dans les cas "classiques" (puisqu'il est probable que ni Le Pen, ni Macron ni Mélenchon ne pourront obtenir de majorité parlementaire). A défaut de revenir à la version initiale de la Vè (le président élu par un collège de grands électeurs), l'autre solution serait de porter de 500 à 5000 le nombre de parrainages requis afin de se débarrasser des candidatures folkloriques genre Asselineau, Lassalle, Cheminade, Poutou, Arthaud, Dupont-Aignan, voire Le Pen et Mélenchon.
a écrit le 26/02/2017 à 11:15 :
Deux parties uniques qui ont monopolisé la démocratie et les postes pendant 40 an , pour preuves le cadena effectivement des parrainages par leurs élus et le front Républicain en cas de risque de perdre Région département ou région et même vu à la Présidentielle de 2002 . Mais là la situation est différente , ça dézingue à fond la caisse .Une Révolution peut-être salutaire pour que notre pays revienne à ses vrais valeurs d'entant .
a écrit le 25/02/2017 à 18:09 :
ce système est révélateur de la dictature des grands partis en plus ils viennent de se voter une amnistie sur mesure
a écrit le 25/02/2017 à 14:52 :
Il est inconcevable que N. Arthaud qui représente un parti présent depuis plus de 40 ans ne puisse obtenir les parrainages nécessaires, et de la même manière un H. Guaino ou une R. Yade doivent pouvoir se présenter si ils le souhaitent. Et afin d’éviter de tout cannibaliser un candidat ne devrait pas pouvoir présenter plus 600 signatures. Il indispensable de pouvoir entendre d'autres idées, d'autres programmes avec une couverture médiatique équivalente commentés par des journalistes qui gardent leur neutralité. La pluralité, l'équité et la neutralité sont la base d'une élection démocratique mais on s'en éloigne de plus en plus.
a écrit le 25/02/2017 à 14:43 :
Dans une démocratie ce système de parrainage ne devrait pas exister, mais sommes nous encore dans une vrai démocratie.
On nous laisse nous exprimer tant que cela ne les dérange pas, mais à part au moment des élections notre opinion ne compte guère.
a écrit le 25/02/2017 à 10:49 :
Les parrainages c'est le cadenas pour ne pas s'écarter des partis institutionnels subventionnés .
a écrit le 25/02/2017 à 10:36 :
Je trouve toujours surprenant de ne jamais voir cité François Asselineau ou l'UPR dans les articles évoquant les candidats à la présidentielles.
On retrouve régulièrement des noms de partis ou de candidats comme Nouvelle donne (Laroutourou), le NPA, etc... or combien ces partis comptent-ils de militants, quels scores ont-ils réalisé aux élections ?
L'UPR en compte lui plus de 16 000 militants (soit entre 1/2 et 1/3 du nombre revendiqué par les PS par exemple), a totalisé près de 1% des suffrages aux régionales (malgré un colossal déficit de notoriété), et pourtant, jamais une citation, dans aucun article.
Asselineau aurait-il raison lorsqu'il parle de boycott médiatique ?
Réponse de le 25/02/2017 à 12:00 :
C'est en défendant tous les petits partis que vous défendrez asselineau, votre nombrilisme politique, voir narcissisme centré autour de votre leadeur est improductif au possible et en plus lui fait une vraiment très mauvaise publicité.

Merci en tout cas pour cette information.on voit du coup bien la mentalité chez les militants de asselineau, au secours.
Réponse de le 25/02/2017 à 13:32 :
La loi Urvoas est un pur scandale destiné à verrouiller le pouvoir et le débat autour des grands partis installés, LR, PS et FN (l'assurance élective des 2 premiers).
Maintenant concernant Asselineau et l'UPR,
1: je ne suis pas militant de ce parti (pas encore mais, à force, cela ne saurait tarder), mais j'adhère totalement à son message
2. je trouve, et je maintien que, comme le dit Asselineau, il est anormal que l'UPR ne soit jamais cité nul part.
Pour illustration, citez moi les passages d'Asselineau sur les grands médias. Compte tenu de leur nombre, je doute que vous vous fassiez des ampoules au bout des doigts en les écrivant tous.
Par contre Laroutourou, Besancenot et d'autres aussi représentatifs sont régulièrement interviewés (20h, C dans l'air...)
Cette sélection médiatique promeut outrageusement Macron (5 présences sur la page d'accueil de La Tribune, rien qu'aujourd'hui) et passe sous silence tout aussi outrageusement, d'autres candidats, en tête desquels, se trouve, je l'affirme, Asselineau.
Pourquoi en tête ? parce que lui a patiemment construit un parti qui compte un nombre de militants qui le plaçe, sur ce critère, dans les 5 premiers partis français, et parce que Asselineau A UN PROGRAMME établi (qui ne varie pas au grès des vents), que l'on soit d'accord avec ou non.
Réponse de le 25/02/2017 à 13:33 :
Stephane ne fait qu'exprimer une réalité: Les hommes politiques cpables de porter une alternative mais mal vue par la cours des médias sont systèmatiquement black listé ce qui les empéche de se batir une notoriété.
Au contraire des micros partis bien vus par le monde médiatique sont largement évoqués.
Réponse de le 25/02/2017 à 18:22 :
Attaquer le système en s'affirmant plus gros parti que les petites partis stigmatisés par l'oligarchie c'est délégitimer tous les petits partis vous compris. Mais pour ça il faut en effet ne pas avoir de ressentiments contre les petits c'est sûr.

Enfin, ne cherchez surtout pas à comprendre ce que je dis, continuez à faire comme vous faites, vous avez raison.

De toutes façons, essayer de discuter avec les partisans des uns et des autres c'est toujours l'enfer. Du FN au FG.

Adieu et désolé d'avoir essayé de vous parler.
Réponse de le 25/02/2017 à 19:28 :
Discuter ? parler ? quand ?
Avec ton et des propos très supérieurs et suffisants, sans me connaître, vous me taxez de nombrilisme politique et de narcissisme centré sur Asselineau et vous dénoncez je ne sais quelle mentalité...
Ce n'est pas exactement ce que j'appelle parler.
Maintenant, je ne sais pas où vous avez lu que j'avais un quelconque ressentiment pour les petits partis politiques.
Ce que je tente d'expliquer, c'est que même un parti très fourni en militants peut être boycotté par les médias (mon explication tenant aux idées défendues par ce parti).
Pour moi, indépendamment de leur taille ou de leur représentativité, ne sont valorisés que les partis ou mouvements qui sont, soit parfaitement inoffensifs (NPA, Lutte ouvrière...) soit, tout aussi parfaitement en accord avec la doxa neo-liberale, l'Europe, l'Euros... en un mot, l'oligarchie néo-libérale qui nous dirige.
Réponse de le 28/02/2017 à 21:27 :
Boycott médiatique ! Tout les medias et la plupart des politiques font comme s'il n'existait pas......
a écrit le 25/02/2017 à 9:53 :
C'est le scandale oligarchique qui perdure, non seulement ce nouveau système de parrainage désavantage les petits partis mais en plus la nouvelle Loi du CSA n'impose plus un temps égal de présence médiatique entre tous les candidats, les médias pouvant se référer aux sondages... Au secours.

Élections piège à gonds.
a écrit le 25/02/2017 à 9:13 :
Ce système de Parrainage est une barrière bien trop dure à franchir et cet réforme ne va pas arranger les petit candidat contre les machine de guerre électorales. Je me souviens que Hollande avait déposé plus de 5000 parrainage en 2012 ce qui fait qu'il a empéché 9 autres candidats potentiel d'avoir suffisamment de signature
Réponse de le 25/02/2017 à 9:56 :
Et non seulement hollande est responsable de ce gaspillage démocratique flagrant mais en plus les maires qui donnent leur parrainage alors que la sélection de leur candidat est déjà validée sont vraiment des bons à rien.

Tout ça pour frimer à la télé et influencer les gens en leur montrant que c'est eux qui ont la plus grosse, quelle bande de ploucs compromis.
Réponse de le 25/02/2017 à 10:14 :
Il y a environ 42000 personnes physiques (pour 47000 mandats, il y a des cumulards) susceptibles d'apporter un parrainage, donc dans l'idéal jusqu'à 84 candidats possibles.
Même si certains abusent, la barrière des 500 signatures n'est pas totalement insurmontable en théorie.
Le problème vient surtout des mandataires qui refusent de parrainer, pour une raison ou une autre. Et la publicité du parrainage ne les aide pas à être courageux et inventif.

D'un autre coté, que faire des candidats qui sont inconnus hors de leur rue, qui n'ont pas été été capable de convaincre leurs concitoyens de leur accorder un mandat, ne serait ce que de conseiller municipal et qui n'ont d'autre atouts pour gouverner un pays de 66 millions d'âmes et doté de l'arme nucléaire, que leurs bonnes intentions et quelques idées?

Etre élu n'est que le début du job, il faut ensuite faire en sorte de pouvoir travailler, c.a.d d'avoir une majorité parlementaire assez stable, et des personnes solides pour encaisser les chocs d'une fonction ministérielle.

Bref, pas un boulot d'amateur solitaire.

Pour ma part, je ne crois pas à l'homme providentiel et je ne crois pas qu'il y ait eu des générations de Mozarts de la politique injustement rejetés par le système des parrainages.
Réponse de le 25/02/2017 à 12:03 :
Vous êtes en train de nous dire là que la démocratie c'est vraiment nase et que l'oligarchie c'est quand même vachement génial.

C'est vrai que notre système nous démontre ses hautes performances et son progressisme tous les jours...
a écrit le 25/02/2017 à 8:28 :
il est normal que la maffias prennent des mesures de protection quand elles en ont l'occasion , c'est une question de survie !

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