Présidentielle 2017 : Bayrou en arbitre du duel Macron-Fillon

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La candidature ou pas de François Bayrou semble, à ce stade, avoir une influence certaine sur la présence soit d’Emmanuel Macron, soit de François Fillon au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen
La candidature ou pas de François Bayrou semble, à ce stade, avoir une influence certaine sur la présence soit d’Emmanuel Macron, soit de François Fillon au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
A à peine plus de deux mois du premier tour de la présidentielle, l'électorat a rarement été aussi hésitant. La présence ou l'absence de François Bayrou lors du scrutin semble déterminante pour savoir qui, à ce stade, de François Fillon ou Emmanuel Macron sera au second tour face à Marine Le Pen.

A guère plus de deux mois du premier tour de l'élection présidentielle (le 23 avril), le jeu reste grand ouvert pour connaître les deux finalistes du second tour. Et ce d'autant plus que la période est aux grandes manœuvres. A gauche, on saura bientôt si le candidat officiel de la "Belle alliance populaire" (le PS et ses alliés) Benoit Hamon arrivera à convaincre le candidat d'Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV), Yannick Jadot,  de se désister à son profit. Le même Benoit Hamon est également censé discuter avec Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise) d'un "rapprochement", mais là, la donne semble nettement plus difficile.

De grandes inconnues à deux mois du scrutin

Pour sa part, Emmanuel Macron devrait enfin dévoiler les grandes lignes de son programme le 2 mars. Un exercice attendu qui devrait avoir une influence positive ou négative sur son électorat potentiel encore très fluctuant. Autre question, savoir comment (et si) François Fillon "Les Républicains" (LR) va sortir de ses ennuis judiciaires. La fronde dans son camp va-t-elle prendre de l'ampleur au risque de le déstabiliser encore plus ou va t-il réussir à calmer la grogne? Reste enfin à connaître la décision de se présenter ou pas de François Bayrou (MoDem) qui va avoir de sérieuses conséquences sur le duel que se livre actuellement François Fillon et Emmanuel Macron pour une place au second tour face à Marine Le Pen. Car, pour l'instant une seule chose est certaine, la présidente du Front National continue d'occuper la première place dans les intentions de vote  du premier tour.

Un électorat encore très mouvant

C'est d'ailleurs ce que confirme la nouvelle vague de l'enquête électorale Cevipof-Le Monde (sciences Po), réalisée par Ipsos-Sopra Steria du 7 au 12 février auprès d'un panel de 15.874 personnes. Cette enquête souligne un fait inhabituel lors d'une présidentielle à deux mois du scrutin: la moitié des électeurs assurent qu'ils n'ont pas encore fait un choix définitif. Parmi les "grands candidats" cette proportion monte même à... 67% pour les électeurs qui "songent" voter Emmanuel Macron. On voit là que le contenu de son programme va être déterminant. A l'inverse, élément rassurant pour la leader Frontiste, son électorat potentiel est d'un pérennité quasi absolue, avec 74% qui sont "certains" de leur vote. Tous les autres candidats ont un électorat plus volatil.

Fillon ou Macron au second tour... tout dépend de Bayrou

En termes d'intentions de vote, l'enquête a retenu deux hypothèses: avec ou sans la présence de François Bayrou. Si le président du  MoDem est candidat, Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour (25%), suivie par Emmanuel Macron (20%), François Fillon (17,5%), Benoît Hamon (14%), Jean-Luc Mélenchon (11,5%), François Bayrou (6%). En revanche, si François Bayrou n'est pas présent, alors derrière Marine Le Pen (26%), c'est à ce stade Emmanuel Macron qui se qualifierait (23%), largement devant François Fillon (17,5%), Benoit Hamon (14,5%), Jean-Luc Mélenchon (12%).

On voit donc que c'est François Bayrou qui joue l'arbitre des élégances entre Emmanuel Macron et François Fillon. A la différence d'il y a quelques semaines, le candidat "Les Républicains" a maintenant intérêt à ce que François Bayrou soit candidat. Car, en son absence, toute une frange de l'électorat centriste semble allergique à l'idée de voter pour François Fillon depuis les révélations sur de possibles emplois fictifs familiaux.

Macron perd à gauche mais gagne à droite

Autre enseignement de l'enquête Cevipof-Le Monde, on assiste actuellement à des transferts de voix autour de la candidature Macron. Ceci est dû, d'une part, à la fin de la primaire de gauche et l'émergence de Benoît Hamon et, d'autre part, aux difficultés de François Fillon. Ainsi, globalement, l'ancien ministre de l'Economie, perd sept points au sein de l'électorat qui se situe "à gauche ou plutôt à gauche". A l'inverse, il en gagne quatre chez ceux du centre ... et 7,5 chez ceux qui se disent "plutôt" à droite. Encore, une fois, on voit là très nettement les effets des déboires de François Fillon.

Un "bloc des gauche" unifié serait au second tour

A gauche, depuis qu'il a gagné sa primaire, il y a manifestement un effet Hamon qui devance maintenant Mélenchon. D'ailleurs, le candidat socialistes a rallié 2,5 points des électeurs qui se prononçaient plutôt jusqu'ici en faveur du leader de la France Insoumise. Ce qui est aussi remarquable, si par pure hypothèse, on additionne les intentions de vote en faveur de Mélenchon, Hamon et Jadot, que François Bayrou postule ou pas, le candidat alors unique de la gauche serait... qualifié pour le second tour. Mais c'est une pure vue de l'esprit, car la frange "centriste" du PS  - et encore moins celle à la droite du parti qui n'a pas encore déserté pour Macron - aurait le plus grand mal à accepter de voter pour Mélenchon, voire même pour un Benoît Hamon forcé de "gauchir" son discours pour séduire l'électorat de la France Insoumise. Il y aurait de toute façon de la perte en ligne.

On le voit donc, les lignes vont encore bouger. Avec des intentions de vote limitées à 6% on voit mal François Bayrou, s'il est candidat, refaire son retard. En revanche, il pèse suffisamment pour bénéficier d'un réel pouvoir de nuisance, surtout à l'égard d'Emmanuel Macron. Sauf si ce dernier prend définitivement le large sur François Fillon dans les semaines à venir. La première quinzaine de mars va être décisive.

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Commentaires
a écrit le 22/02/2017 à 20:39 :
Macron a bouffé du maomam , les nouveaux bonbons il gesticule tout le temps .
a écrit le 22/02/2017 à 13:40 :
Pour se présenter, il faudrait commencer par avoir un programme et au 21 siecle un site internet.
Les électeurs ont compris depuis bien longtemps qu il ne servait à rien.
a écrit le 19/02/2017 à 12:04 :
Bayrou rentre chez toi, le vent a tourné......
a écrit le 18/02/2017 à 20:32 :
Quand les oracles demandaient des sacrifices, ils se donnaient la peine de donner des raisons.

Nous sommes entrons dans l'ère de la science et du savoir. Si M. Bayrou et consorts veulent nous serrer la ceinture, il serait presque une question d’hygiène qu'ils nous expliquent pourquoi?!
a écrit le 18/02/2017 à 19:46 :
Il est maintenant évident que le libéralisme est en train d'enterrer le socialisme. En effet le seul candidat socialiste, Melenchon n'est crédité que de 14 % d'intentions de vote.
On voit pas comment Hamon et les casseroles du PS, pourrait passer au second tour.
Vraiment les jeux sont fait pour ce qui est de la philosophie. La France vire totalment à droite.
a écrit le 17/02/2017 à 18:37 :
Cet homme has been Girouette éprouvée ne fera pas 6% je n'y crois pas il fera bien moins On n'en veut pas
il a voté Hollande quelle clairvoyance quelle belle lucidité
Son pouvoir de nuisance (car c'est tout ce qu'il sait faire) est faible très faible
On ne l'aime ni à gauche , ni à droite et le centre est pris par Lagarde
cet homme est fini !!: il en sera pour ses frais de campagne si il y va !!
il vendra ses chevaux
a écrit le 17/02/2017 à 15:26 :
Bayrou et Macron sont des opportunists. Ils attendant que les autres se déchrient pour rester seuls en lice. On voit déjà que Macron n'a pas de programme viable (s'il a un programme) et que Bayrou ne propose que du recuit qui n'a pas fonctionné dans le passé. La France a besoin d'un électrochoc avant de repartir de l'avant. Qui sera cet électrochoc. MLP n'a aucun chance au 2e tour et je pense qu'on va une fois de plus se retrouver avec un président fantoche et totalement incompétent issu de la pagaille :-)
a écrit le 17/02/2017 à 13:54 :
Si Mr Bayrou veut entrer dans l’Histoire par la grande porte, il soutiendra Mr Macron et il fait enfin triompher ses idées du centre dont il est le porteur depuis plus de 30 ans. Mr Bayrou a beaucoup plus en commun avec Mr Macron qu'avec Mr Fillon, surtout avec toutes les casseroles que Mr Fillon traine derrière lui.
a écrit le 17/02/2017 à 13:43 :
lui il va voter hamon ou melanchon, alors on ne voit pas en quoi il est arbitre de fillon/ macron
a écrit le 17/02/2017 à 13:18 :
J'aime beaucoup les médias, qui nous trouvent toujours un 3 hommes pour l'élection de 2017.... Personnellement rien n'est décidé .... Je crois que quitter la zone euro serait une catastrophe pour notre pays, là gauche est en échec complet depuis 5 ans, et Mr Bayrou n'as pas de programme, pas d'équipe, et s'est un canards oui oui, qui change de posture à chaque vent dominant....
a écrit le 17/02/2017 à 12:25 :
Bayrou, un type qui touche des salaires de député, mais se déclare comme agriculture
(avec 16 oies), pour payer moins d'impôts, y compris surtout sur ses propriétés bâties, et ce depuis 30 ans. Calculez le montant de fric dont l'état a ainsi été délesté.
a écrit le 17/02/2017 à 10:48 :
Bayrou? Aucune importance.
a écrit le 17/02/2017 à 10:33 :
Bayrou c'est un opportuniste, il va rallier Macron et essayer d'obtenir quelques circonscriptions. Cet homme a déjà fait battre la droite en 2012, pourquoi ne pas récidiver?
a écrit le 17/02/2017 à 8:19 :
Dans tous les cas Mr Macron serait au deuxième tour d'après votre article donc la candidature de Mr Bayrou apparaît inutile sauf pour son ego,par contre ces propos accusateurs sur Mr Fillon me semblent plein de bon sens!
a écrit le 17/02/2017 à 7:23 :
Voilà une question embarrassante , car on ne peut prévoir le positionnement de cette girouette ! sera-t-elle au pied de l'escalier de la Bravitude ?, mais depuis qu'elle est l'adoratrice de Castro il est possible que la girouette adhère plutôt à Mme Le Pen , dépitée de ne pouvoir renvoyer l'ascenseur à Juppé qui l'a planqué à Pau !!
a écrit le 17/02/2017 à 4:05 :
Ces elections francaises ressemblent a une course de vieux chevaux sur une piste mouillee apres la pluie. Accablante de mediocrite.
Bayrou l'arbitre des "elegances" il faut le lire pour le croire. Filou fera perdre la droite c'est clair desormais.
a écrit le 16/02/2017 à 23:12 :
Bayrou n'aura de toutes façon pas les moyens, ni financiers, ni les signatures, pour se présenter même s'il le voulait...
a écrit le 16/02/2017 à 23:08 :
«l'enquête a retenu deux hypothèses…
- Si le président du MoDem est candidat, MLP [serait] suivie par Emmanuel Macron…
- En revanche, si François Bayrou n'est pas présent, alors derrière MLP, c'est Emmanuel Macron qui se qualifierait»

Vous m'expliquez la différence entre ces 2 hypothèses ?
a écrit le 16/02/2017 à 21:38 :
Tous ces sondeurs se gardent de rappeler qu'avant le résultat des primaires du PS, leur candidat (quelqu'il soit) était créditer en tre 6 et 8 % alors qu'après le résultat de ces primaire, le candidat vainqueur se retrouvait avec près du double.
A priori, il y a des chances que l'erreur soir du même type concernant Bayrou. Si celui-ci se décide de se présenter, je parie qu'il montera immédiatement à au moins 10 % des sondages, prenant essentiellement sur Macron, rendant beaucoup plus incertaine les élections avec pas moins de 6 candidats qui feraient au moins 10 %.

Ce qui est sûr c'est que cette campagne électorale aura montrer l'échec intégral des prédictions des sondages lorsqu'il y a une forte incertitude sur les candidats potentiels à ces élections.
Réponse de le 17/02/2017 à 11:26 :
Oui mais le candidat a lu d'étranges nuages prémonitoires dans le ciel et entant un soulèvement électoral se lever . C'est pas banal quand même .
a écrit le 16/02/2017 à 20:23 :
Allez je parie que Fillon va rattraper Macron ( 1 point seulement les sépare ) et que Mélanchon va faire jeu égal avec Hamon lequel fait une campagne mollassonne .
Fillon et Mélanchon sont obligés de passer à l'offensive , de cliver, de prouver qu'ils ont l'étoffe d'un bon candidat cette pugnacité qui manque tant à Hamon le nouveau mou et à Macron le maladroit sans programme . Inévitablement avec le temps ce sont les plus motivés qui vont retenir l'attention ceux qui ont le cuir solide capables d'affronter les épreuves prouvant ainsi qu'ils peuvent gouverner . Quant à MLP inutile de faire campagne les faits parlent pour elle . L'actualité peut évidemment venir troubler tout ce petit monde .
a écrit le 16/02/2017 à 20:22 :
"Fillon ou Macron au second tour... tout dépend de Bayrou". Les français comprennent que le premier tour n'est q"une opération de chantage politique. Il voteront dès le premier tour le seul candidat qu'ils sont sûr de trouver au deuxième tour. Arrêtons les finasseries, la France n'en a plus les moyens, ses institutions se délitent par l'usage qu'en font une oligarchie dévoyée.
a écrit le 16/02/2017 à 19:05 :
N importe quoi ce bon a rien
a écrit le 16/02/2017 à 18:59 :
On se demande comment il y a encore des gens qui peuvent voter pour Fillon c'est quand même totalement aberrant.

Bon d'un autre côté vous me direz on se demande bien comment d'une façon générale les gens peuvent voter pour tout ces pantins grotesques.
a écrit le 16/02/2017 à 18:35 :
En clair Bayrou ! c'est le plan B de la droite qui ne le sait pas encore . C 'est celui qui a le pus de chance , mais a aussi autant d'ennemis .
a écrit le 16/02/2017 à 18:14 :
Il y a un problème avec les sondages actuellement. Alors que depuis des décennies et de façon très stable, presque depuis 1988, on a :gauches=40%, droites=60%, le niveau de l'extrême-droite permettant quand même parfois à la gauche de diriger, actuellement on ne s'y retrouve plus. Sauf à classer Macron à droite. Or il sera bien forcé de révéler un jour son programme... S'il est franchement connoté libéral, il gagnera un peu de terrain sur Fillon mais en perdra un peu à gauche. S'il est connoté socio-démocrate ce sera le mouvement inverse et Fillon retrouvera de l'air.

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