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Présidentielle : quels sont les conseillers économiques des candidats ?

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Les candidats à la présidentielle s'entourent parfois d'économistes de renom pour donner de la légitimité à leur propositions en matière économique.
Les candidats à la présidentielle s'entourent parfois d'économistes de renom pour donner de la légitimité à leur propositions en matière économique. (Crédits : POOL New)
Les différents ("grands") candidats à l'élection présidentielle font souvent appel à des économistes pour donner de la légitimité à leur programme. Si ces experts ne sont pas tous médiatisés, ils peuvent jouer un rôle prépondérant dans les équipes de campagne et dans l'élaboration des programmes. Tour d'horizon des principaux conseillers.

L'engagement des experts lors de la présidentielle peut être très variable. Beaucoup d'économistes très reconnus restent parfois en marge du débat public lors des périodes électorales. D'autre peuvent fustiger l'instrumentalisation de leur pensée par des partis. Enfin, quelques uns ont décidé de s'engager par conviction et tenter d'apporter plus de crédibilité à leur candidat. Cet engagement peut susciter des critiques pour ces personnes qui agissent dans l'ombre des équipes de campagne.

    | Lire aussi : Vingt-cinq Nobel d'économie fustigent l'instrumentalisation de leurs idées par le FN

Jacques Généreux et Mélenchon

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Jacques Généreux lors d'une manifestation en septembre 2011. Crédits : Place Au Peuple/Wikimédia commmons/CC.

Son CV : Né en 1956 à Saint-Brieuc, il adhère au Parti socialiste en 1980 alors qu'il poursuit ses études à Paris. Diplômé de l'institut d'études politiques de Paris, il soutient également une thèse de doctorat sur les mécanismes d'ajustements du marché du travail aux chocs conjoncturels. Il est maître de conférences des universités et professeur à Sciences Po, où il enseigne les sciences économiques depuis 1983. Après le congrès de Reims du PS en novembre 2008, il suit Jean-Luc Mélenchon qui fonde le Parti de gauche. Il va être secrétaire national à l'économie du parti jusqu'en 2013 et va devenir conseiller économique du candidat de la France insoumise pour la présidentielle

Ses positions : il fait partie des économistes hétérodoxes et se revendique comme un défenseur "des biens publics et d'un progrès fondé sur la qualité des liens plutôt que l'accumulation des biens". Il a pendant longtemps été militant à l'aile gauche du PS pour y combattre "la dérive centriste". Il a écrit plusieurs ouvrages à fort tirage comme le Manuel critique du parfait Européen : les bonnes raisons de dire non à la Constitution. Si Jean-Luc Mélenchon est élu, il pourrait obtenir le poste de ministre de l'Economie comme il l'a évoqué sur l'antenne de France Inter.

Thomas Piketty et Hamon

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Thomas Piketty lors des entretiens du Trésor à Bercy en 2015. Crédits : Charles Platiau/Reuters.

Son CV : Né en 1971 à Clichy dans le département des Hauts-de-Seine, il a fait une classe préparatoire en mathématiques au lycée Louis Le Grand puis il a poursuivi ses études à l'Ecole normale supérieure. Il a passé une thèse à l'EHESS et la London School of Economics (LSE) intitulée "Essais sur la théorie de la redistribution des richesses". Il est actuellement directeur d'études à l'EHESS et professeur à l'Ecole d'économie de Paris. L'auteur du célèbre ouvrage "Le capital au XXIème siècle"  a rejoint l'équipe de campagne de Benoît Hamon en février dernier lors de l'inauguration du QG de campagne dans le 10ème arrondissement de Paris.

Ses positions : Thomas Piketty est proche du Parti socialiste. Ségolène Royal cite régulièrement les travaux de cet économiste depuis des années. Il avait exprimé "un soutien vigilant" à François Hollande en 2012 au point de signer une tribune dans Le Monde en faveur du candidat PS. Mais il va rapidement critiquer les actions du gouvernement et même refuser la légion d'honneur en signe de protestation. "Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable."

Jean Pisani-Ferry et Macron

Jean Pisani-Ferry

Crédits : DR.

Son CV : né en 1951 à Boulogne-Billancourt, il est diplômé de l'école d'ingénieurs Supélec en 1974. Il a ensuite obtenu une maîtrise en mathématiques et un diplôme au Centre d'études des programmes économiques. Président du comité de suivi du CICE et commissaire général de France Stratégie, il a décidé de rejoindre l'équipe d'Emmanuel Macron en janvier dernier. Il a d'ailleurs joué un rôle très important dans l'élaboration du candidat d'En marche. Jean Pisani-Ferry avait également participé à la rédaction du programme de Lionel Jospin en 2002 et François Hollande en 2012.

Ses positions : l'ancien directeur du think tank européen Bruegel a fait partie de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Khan lorsque ce dernier était à Bercy entre 1997 et 1999. Il est décrit comme une "boussole structurelle" par l'un de ses proches comme le rapporte le Monde. D'autres comme le syndicat Force ouvrière le qualifie de "libéral social ou social libéral". Il est en tout cas proche des idées sociales-démocrates.

Philippe Chalmin et Fillon 

Philippe Chalmin

Crédits : Valérie Couteron,groupe Agrica/Flickr.

Son CV : né en 1951, Philippe Chalmin a été diplômé d'HEC en 1974 et obtient l'agrégation d'histoire en 1977. Il est également docteur es Lettres et Sciences humaines. Il est actuellement professeur à l'université Paris Dauphine, co-directeur du master Affaires internationales. Cet expert est également président fondateur de CyclOpe, institut de recherche spécialisé sur les marchés internationaux des matières premières.

Ses positions : ce spécialiste des matières premières est un économiste libéral et catholique affiché. Dans une interview accordée à l'Express, Philippe Chalmin expliquait que "le chrétien croit en l'homme, donc il a une vision optimiste : il ne peut qu'être libéral." Cet économiste fait partie des irréductibles soutiens de François Fillon malgré les affaires qui sont venues bousculer la campagne du candidat des Républicains. Dans une tribune publié au Figaro ce 18 avril, c'est au côté de deux autres économistes (Michel Godet et Marc Ivaldi) qu'il explique les raisons de ce soutien "malgré tout" :

"Si nous soutenons François Fillon, ce n'est pas parce qu'il est de droite, ni même parce qu'il représente le candidat légitime d'une partie importante de l'électorat. L'explication de notre vote est simple : le programme de Fillon est le seul à pouvoir redresser la France."

 Bernard Monot et Marine Le Pen

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Bernard Monot lors d'un débat sur les Panama Papers au parlement européen en 2016. Crédits :  European Union 2016 - European Parliament/Flickr/CC.

Son CV Bernard Monot est né en 1952 à Nice. Il est diplômé de l'école supérieure de commerce (ESC) et titulaire d'un Dess. Il a également travaillé comme trader Forex, puis chez Allianz Group. A partir de 2005, il devient directeur financier chez Natixis Asset Management. Il va ensuite travailler comme économiste à partir de 2009 à la Caisse des dépôts et consignations.

Du côté politique, il est élu député européen en 2014 en battant Brice Hortefeux dans sa circonscription. Membre de la commission des affaires économiques et monétaires, il fait partie du groupe Europe des nations et des libertés.

Ses positions : Bernard Monot adhère en 1989 au Front national et rentre en contact régulier avec Jean-Marie Le Pen à partir de 2005. Ce dernier le charge de rédiger plusieurs notes sur les projections économiques et leurs conséquences politiques. La même année, il devient  stratégiste économique du FN. Bernard Monot se revendique comme libertarien dans le domaine économique. Ce qui peut paraître en opposition avec les positions de Marine Le Pen. Il se dit être à l'origine du modèle de "patriotisme économique" et de "protectionnisme intelligent". Il a également déclaré qu'il était à l'initiative de la "doctrine du FN sur la monnaie, le financement de l'Etat, l'emploi et les retraites".

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Commentaires
a écrit le 20/04/2017 à 21:04 :
Merci de nous révéler celui de Jean Lassalle. Pour l'économiste soi disant chrétien de M.Fillon, le moins qu'on puisse dire est qu'il n'en préconise pas l'application des idéaux de base tels que" l'argent de ne fait pas le bonheur" et "les premiers seront les derniers". Son programme se résume plutôt par charité commence par moi-même... C'est curieux cette mode LR de mettre en avant des convictions religieuses pour prêcher dans les faits tout le contraire.
a écrit le 20/04/2017 à 16:14 :
Et les autres alors ?
Ca vous ferait mal sans doute d'admettre, par exemple, qu'Asselineau, lui même expert économique (ancien délégué général à l'intelligence économique, à Bercy), est accompagné, entre autres par Vincent Brousseau, expert de l'euro au CV long comme le bras ?

Vincent Brousseau :
- Diplômé de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud et titulaire de deux doctorats, l’un en mathématiques et l’autre en économie
- A travaillé pendant 15 ans à la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, à la direction de la politique monétaire
- A démissionné de cette institution pour rejoindre l'UPR, et y assumer la fonction de responsable National de l’UPR en charge de l’euro et des questions monétaires.

Je ne crois pas qu'il existe plus expert de l'Euro que lui en France... En tous cas, certainement pas à La Tribune.
a écrit le 20/04/2017 à 7:54 :
Ben et les autres ? les journaliste de LA TRIBUNE sont partiaux ?

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