Brexit : la campagne pointe les grandes difficultés du système de santé britannique

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Environ 11% des travailleurs rattachés au NHS sont étrangers (sur 1,3 millions), selon une étude de 2014.
Environ 11% des travailleurs rattachés au NHS sont étrangers (sur 1,3 millions), selon une étude de 2014. (Crédits : Reuters)
Le sujet de la santé publique, auquel les Britanniques sont très sensibles, est un axe majeur de la campagne sur le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Pour les pro-Brexit, une sortie de l'Union européenne permettrait au système de santé britannique (NHS) en difficulté de récupérer des milliards de livres. Les anti-Brexit estiment que cela entraînerait au contraire de graves surcoûts.

Rapidement, la campagne sur le référendum britannique du 23 juin s'est intéressée aux conséquences d'un Brexit sur le service public de santé (National health service, NHS), un thème au centre des préoccupation de la population britannique. Dans un sondage de janvier 2015, quatre mois avant les élections générales, les Britanniques estimaient que la NHS était être une priorité, devant l'économie ou l'emploi.

En avril 2016, deux des principaux porte-parole du camp pro-brexit Boris Johnson, ancien maire de Londres, et Michael Gove, ministre de la Justice du gouvernement britannique, ont insisté sur les milliards de livres alloués à l'Europe et "payés par les contribuables britanniques" qui pourrait être injecté dans la NHS. Ils en ont même fait un de leurs slogans de campagne : "350 millions de livres (455 millions d'euros, NDLR) envoyés à l'Union européenne chaque semaine... Utilisons plutôt ces fonds pour financer la NHS." Un chiffre basé sur un rapport du ministère de l'économie et des finances britannique.

Mais les estimations d'experts et de médias oscillaient entre 100 et 136 millions de livres poussant les pro-Brexit à revoir leurs chiffre à la baisse, promettant début juin d'injecter 100 millions de livres par semaine dans la NHS d'ici à 2020 si le Royaume-Uni quitte l'Union européenne.

Des pertes financières pour la NHS en cas de Brexit, selon Cameron

Les anti-Brexit, dont la campagne s'est un peu moins focalisée sur le National Health Service, d'après The Independent, ont quant à eux jugé qu'une sortie du Royaume-Uni entrainerait au contraire des pertes de financement pour le système de santé britannique, en raison du "choc économique". Ils se sont appuyés sur les nombreuses études évoquant des pertes financières pour le Royaume-Uni en cas de Brexit ou les inquiétudes du FMI, sans s'entendre sur un chiffre précisSimon Stevens, dirigeant de la NHS a lui-même estimé qu'un Brexit pouvait mettre à mal son institution, estimant même une sortie "très dangereuse". "La fortune de la NHS est liée à celle de l'économie", a renchéri David Cameron.

Menant une campagne zélée pour le maintien du Royaume-Uni, son ministre des Finances, George Osborne est allé plus loin. il a publié un scénario catastrophe: en cas de brexit, la NHS serait touchée par des coupes budgétaires.

Enfin, autre argument des pro-"Remain" (maintien, en anglais), 130.000 travailleurs rattaché au système de santé britannique connaîtraient une situation incertaine en raison du statut de leur visa..

La pérennité du système de santé britannique est menacée

S'il est difficile de prévoir les conséquences réelles du brexit sur la NHS,une chose est sûre. Les deux camps misent sur l'inquiétude que suscitent les profondes difficultés économiques de la NHS. En 2014, The Guardian titrait "la NHS est en crise financière en raison de la hausse de la demande et des coupes budgétaires", une double pression susceptible de faire grimper le déficit du système de santé britannique à 30 milliards de livres d'ici à 2020.

Mais après plusieurs années de coupes budgétaires, un retournement de situation se profile. George Osborne a promis une injection de 8 milliards de livres supplémentaires dans le budget de la NHS en 5 ans. Une somme minimale pour assurer la survie du système, selon Simon Stevens. Mais pour Heidi Alexander, secrétaire d'Etat à la santé, anti-Brexit et travailliste, "le système de santé britannique va demander beaucoup plus d'argent que ce que le gouvernement s'apprête à dépenser".

A noter que le Royaume-Uni consacre 9,1% de son PIB à la santé. Un taux bien plus faible que celui de ses voisins européens.

Le Royaume-Uni, dépendant de ses travailleurs non britanniques dans la santé

Enfin l'argument des pro-Brexit sur la question du visa des travailleurs peut également avoir un fort impact sur l'opinion. Car le NHS ne peut pas fonctionner correctement sans les travailleurs étrangers, expliquait le British Medical Association (BMA), notamment pour certains corps de métiers. Un quart des docteurs sont non britanniques, par exemple. Au total environ 11% des travailleurs rattachés au NHS sont étrangers (sur 1,3 millions), selon une étude de 2014. A noter que parmi ces  travailleurs de la santé non britanniques, beaucoup ne sont pas Européens, viennent d'Inde et des Philippines notamment.

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Commentaires
a écrit le 23/06/2016 à 12:46 :
La chronique intitulée : "LES SYSTEMES DE SANTE AU CŒUR DES PREOCCUPATIONS DES FRANÇAIS ET DES BRITANNIQUES SUR FOND D’ACTUALITE" qui était proposée le 21 mai sur la webradio webtv indépendante AWI avait pour objectif de montrer à quel point cette légitime préoccupation peut jouer un rôle majeur dans le cadre du référendum qui se déroule aujourd'hui au Royaume Uni.
a écrit le 23/06/2016 à 10:19 :
Souvenir de 2007 :

Faute de trouver un dentiste appartenant au National Health Service (NHS), le système public britannique, certains Anglais n'hésitent pas à s'arracher eux-mêmes des dents ou à se faire un détartrage avec un tournevis. C’est ce que révèle lundi une étude menée auprès de 5.212 personnes résidant en Angleterre.
Les témoignages horrifiques, cités dans la presse, s’y succèdent : «J'ai dû m'arracher quatorze dents avec des pinces», témoigne une personne interrogée. «Je me suis arraché une dent. C'est plus facile que de trouver un dentiste», a répondu une autre. «J'ai bouché une dent avec du mastic», admet un patient, tandis qu'un autre dit avoir recollé une couronne avec de la colle extra-forte et un troisième avoir utilisé un tournevis pour enlever la plaque dentaire.
Le sondage révèle que 6% des personnes interrogées disent avoir dû se soigner elles-mêmes car elles n'arrivaient pas à trouver un dentiste appartenant au NHS et ne pouvaient opter pour le système privé, dont le coût est plus élevé. «J'ai vraiment essayé de trouver un dentiste» dans le système public, témoigne Valerie Halsworth, 64 ans, sur la chaîne de télévision GMTV. «C'était devenu tellement douloureux qu'il a bien fallu que je fasse quelque chose», a-t-elle ajouté.
La sexagénaire a alors pris son courage à deux mains... et une pince dans la trousse à outils de son mari. L'opération a été très douloureuse, admet-elle, «mais une fois qu'on a enlevé la dent... on n'a plus mal». Depuis, Valerie Halsworth ne cherche même plus à trouver un dentiste. Elle s'est arrachée elle-même six autres dents.
a écrit le 23/06/2016 à 8:29 :
Pauvre GB, pleine de riches très riches qui ne paient que peu d'impots et des pauvres très pauvres dans des quartiers limite misérables, le RMI est plus bas qu'en France et ce référendum divisera pour longtemps la GB si les pauvres ne gagnent pas, il en restera la haine des autres !
a écrit le 23/06/2016 à 8:21 :
santé, Irlande du Nord ... un tien vos mieux que deux tu l'auras .... Nous seront fixés demain midi ! Et le grand risque éclatement de l’Europe continentale !

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