Brexit : les négociateurs sous la pression des entreprises

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Les négociations menées par le Monsieur Brexit de l'UE, le français Michel Barnier et son homologue britannique David Davis doivent avoir lieu au siège de la Commission européenne jusqu'à jeudi.
Les négociations menées par le Monsieur Brexit de l'UE, le français Michel Barnier et son homologue britannique David Davis doivent avoir lieu au siège de la Commission européenne jusqu'à jeudi. (Crédits : Reuters)
Pour poursuivre leurs échanges commerciaux dans de bonnes conditions, les entreprises du Royaume-Uni et d'Allemagne veulent des clarifications rapides concernant les modalités de mise en oeuvre du Brexit.

La rentrée pour les négociateurs du Brexit s'annonce tendue. Alors que le troisième round de discussions au sujet des modalités de départ du Royaume-Uni de l'Union européenne débute ce lundi à Bruxelles, la Chambre de commerce britannique (British Chambers Of Commerce) et l'association des Chambres de commerce allemande (DIHK) ont appelé les négociateurs à se concentrer sur les enjeux économiques et commerciaux. Les deux organisations veulent que "le commerce florissant continue, à la fois maintenant et pour le futur. Les politiciens doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que ça se passe pour le mieux". Le directeur général de la Chambre de commerce du Royaume-Uni Adam Marshall a ainsi déclaré que :

"Le Royaume-Uni et l'Union européenne doivent commencer à travailler sur des accords transitoires, particulièrement sur les tarifs douaniers, pour que les entreprises des deux côtés de la Manche aient confiance pour prendre des décisions en matière d'investissement."

"Construire un climat de confiance"

Dans un communiqué, les deux organisations ont appelé les leaders politiques "à construire un climat de confiance mutuelle et de dialogue constructif pour délivrer des certitudes et de la clarté pour les entreprises commerciales à travers l'Europe". Une récente enquête d'opinion menée par l'association allemande a révélé que "les prévisions des entreprises outre-Rhin, qui étaient engagées dans des relations commerciales avec le Royaume-Uni, s'empiraient". Les principales inquiétudes concernent "le poids possible des dépenses pour les entreprises engendrées par la limitation de circulation des travailleurs, les taxes, l'augmentation des obstacles administratifs pouvant affecter l'activité économique des deux côtés".

Dans le même temps, les répondants d'une récente enquête de la Chambre de commerce britannique ont exprimé leur préférence pour une période de transition importante. "68% d'entre eux ont répondu qu'ils souhaitaient une période de transition d'au moins trois ans".

> Lire aussi : Brexit : le ministre anglais des Finances défend une transition de trois ans

Les tarifs douaniers au centre des préoccupations

Tous ces doutes et incertitudes dans le milieu des affaires sont liées au nombreux points qui restent à régler au cours de ces négociations. Les sujets à aborder en priorité selon les deux organisations sont les droits des travailleurs européens au Royaume-Uni et le droit des travailleurs britanniques dans l'UE à 27. Les barrières douanières sont également au centre des préoccupations. "Les entreprises au Royaume-Uni et en Allemagne veulent voir les discussions se concentrer sur les sujets fondamentaux- et particulièrement les tarifs douaniers - le plus rapidement possible."

Des échanges commerciaux importants

Le Royaume-Uni reste un partenaire commercial privilégié pour l'Allemagne. Selon le communiqué, le pays de Sa Majesté serait le troisième marché le plus important pour les exportations de bien allemands. L'Allemagne est la deuxième destination pour les exportations de biens et services en provenance du Royaume-Uni. Mais depuis le vote en faveur du Brexit au mois de juin 2016. Les relations commerciales entre les deux économies tournent au ralenti. Selon une note du service économique de l'ambassade de France en Allemagne publiée au mois de juin dernier, "la part des échanges entre l'Allemagne et le Royaume-Uni s'est quelque peu contractée en glissement annuel. [La part] du Royaume-Uni est passée de 5,9% à 5,6% (de 7,5% à 7,1% en ce qui concerne les exportations allemandes vers le Royaume-Uni et de 4,0% à 3,7% en ce qui concerne les importations allemandes depuis le Royaume-Uni)". D'après une étude du service des douanes publiée en avril dernier, l'Allemagne serait "le pays européen le plus impacté par le recul des importations britanniques" en 2016.

Pour les experts, cette perte de vitesse "résulte de la chute du cours de la livre sterling suite au Brexit. Celui-ci fait peser un risque sur les performances commerciales allemandes, le Royaume-Uni étant le pays avec lequel l'Allemagne réalise son plus important excédent commercial (50,5 milliards d'euros contre 49 milliards d'euros avec les Etats-Unis et 35,7 milliards d'euros avec la France) et le deuxième client de son industrie automobile derrière les Etats-Unis et devant la Chine".

Des négociations sous tension

La troisième session de discussions qui s'ouvre ce lundi s'annonce dans un climat tendu. Des divergences subsistent toujours sur la manière d'aborder les négociations. D'un côté, Bruxelles souhaite que les Britanniques s'engagent en premier lieu sur les droits des ressortissants européens et sur le règlement de la facture du divorce, de l'autre, le Royaume-uni juge que la question des relations futures doit prévaloir.

Face au risque des négociations prévues cette semaine, les Travaillistes se sont posés dimanche en défenseur "d'un Brexit en douceur" qui permettrait au Royaume-Uni de rester dans le marché unique européen et dans l'Union douanière pendant plusieurs années. Dans un tel contexte, les entreprises des deux côtés de la Manche risquent encore de devoir faire face à un nombre de sujets en suspens, pourtant essentiels à la poursuite des échanges commerciaux à l'intérieur du marché européen.

> Lire aussi : Brexit : le Labour veut maintenir le Royaume-Uni dans le marché unique

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Commentaires
a écrit le 29/08/2017 à 10:08 :
Sommes nous partis par un Brexit qui se discuterait à deux avec un strapontin pour les autres cela semble commencer. Il est clair une nouvelle fois que le canif pourrait venir de nos amis allemands amis lorsque cela les arrangent.
a écrit le 29/08/2017 à 8:18 :
le vrai pouvoir est l'argent donc les "négociateurs " ne feront qu'enteriner les décisions de ceux qui l'ont !!!
a écrit le 28/08/2017 à 21:00 :
Bin voyons, le referendum a été annoncé genre 2 ans avant d'avoir été exécuté. Pendant ces deux ans personnes dans ces conseils d'administration n'a même envisagé la possibilité d'une victoire du "out"?

Dommage pour eux...
a écrit le 28/08/2017 à 16:39 :
"rester dans le marché unique européen et dans l'Union douanière pendant plusieurs années."
dix, ça irait, le temps de s'organiser ?
Brexit, c'est Brexit, non ? Ils vont de toute façon négocier et signer de nombreux accords très favorables aux affaires & business avec le Monde entier. Juste une question de temps (et de personnel, 196 pays - 28, 168 négociations en vue), pour ça que garder l'existant longtemps permettrait de faire la transition tout doucement.

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