Catalogne : le parlement lance le processus d'indépendance

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Un drapeau indépendantiste catalan à une fenêtre barcelonaise. Le parlement catalan a ouvert la voie à l'indépendance.
Un drapeau indépendantiste catalan à une fenêtre barcelonaise. Le parlement catalan a ouvert la voie à l'indépendance. (Crédits : Reuters)
Le parlement catalan a adopté une résolution demandant le lancement d'un procession de "déconnexion" avec l'Espagne. Mais la désunion du camp indépendantiste pourrait faire échouer cette ambition.

Un an jour pour jour après la « consultation » sur l'indépendance de la Catalogne interdite par le Tribunal Constitutionnel, le nouveau parlement élu de Catalogne a engagé le processus de sécession de la région avec l'Etat espagnol. 72 députés sur 135, soit l'intégralité des élus des deux listes indépendantistes, ont en effet voté un texte présenté par ces mêmes listes. Ce document demande au prochain gouvernement catalan d'initier une politique de « déconnexion » avec l'Espagne pour "créer un Etat catalan en forme de république" et d'engager des négociations dans ce sens avec Madrid.

Appel à la désobéissance

Mais l'élément le plus explosif de cette motion est l'appel à la désobéissance du gouvernement catalan. Même si le mot n'est pas écrit dans la motion votée, cette dernière demande à l'exécutif de « remplir seulement les normes et mandats venant de cette Chambre, légitime et démocratique, afin d'assurer les droits fondamentaux qui pourraient être affectées par les décisions des institutions de l'Etat espagnol » (point 8). Le point 5 indique que « le processus de déconnexion démocratique ne se soumettra pas aux décisions des institutions de l'Etat espagnol. »

Un référendum en ligne de mire

Autrement dit, le texte approuvé aujourd'hui par un parlement régional de l'Etat espagnol reconnaît l'illégalité de sa décision dans le cadre espagnol et place sa légitimité au-dessus de la constitution de 1978. Sans être la déclaration unilatérale d'indépendance que demandait initialement le parti de gauche radicale CUP, c'est donc un geste extrêmement fort qui engage un processus de rupture. « Avec cette résolution, nous donnons solennellement un départ à la construction d'un Etat catalan », a indiqué à la tribune du parlement Raul Romeva, la tête de liste de Junts pel Sí, la principale liste indépendantiste.

Pour autant, la nuance n'est pas faible. Si le parlement catalan refuse la légalité espagnole, c'est pour parvenir à imposer ce qui est impossible dans le cadre de cette légalité : un référendum sur l'indépendance. Celui du 9 novembre avait été interdit par le Tribunal Constitutionnel et avait dû se muer en « consultation citoyenne » pour l'organisation de laquelle les dirigeants catalans sont aujourd'hui poursuivis par la justice espagnole. Et si les indépendantistes n'ont pas obtenu la majorité des voix, ils entendent organiser un processus qui puisse déboucher sur un vote clair et définitif par référendum, ce qui est la procédure couramment utilisé dans ces cas dans d'autres pays (ex-Yougoslavie, Canada, Ecosse).

La réaction de Madrid

Que va-t-il se passer à présent ? Vendredi 6 novembre, le gouvernement espagnol avait promis de réagir vite. Il a tenu parole. Mariano Rajoy, le président du gouvernement catalan a lancé dès ce lundi midi la procédure pour promptement porter cette motion devant le Tribunal Constitutionnel (TC) pour que ce dernier en constate l'inconstitutionnalité, ce qui ne fait aucun doute, pas même à ses rédacteurs. Une fois cette illégalité proclamée, le bras de fer entre Madrid et Barcelone sera engagée. Car le gouvernement catalan sera mis au défi de respecter ou l'ordre constitutionnel espagnol ou l'ordre démocratique purement catalan revendiqué par la motion de « son » parlement. S'il fait le second choix. Autrement dit, si le gouvernement régional décide de se considérer comme lié par la motion et engage effectivement la création de structures pour un nouvel Etat, alors la rupture sera consommée. Un nouvel acte s'ouvrira alors.

L'article 155

Madrid peut réagir à cette désobéissance par la mise en place de l'article 155 de la Constitution espagnole qui prévoit que « si une communauté autonome (région) ne remplit pas les obligations que la Constitution lui imposent ou si elle agit de façon à porter gravement atteinte à l'intérêt général de l'Espagne, le gouvernement espagnol, après avoir préalablement mis en demeure le président de la Communauté autonome et si cette mise en demeure n'aboutit pas, pourra, avec l'approbation de la majorité absolue du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ces obligations ou pour protéger l'intérêt général mentionné. »

Cette procédure est souvent comprise comme la possibilité donnée à l'Etat central de suspendre l'autonomie régionale et, donc, le gouvernement et le parlement local. Il présente cependant quelques difficultés concrètes de mise en œuvre. Notamment, la convocation du Sénat, alors que les Cortès, le parlement espagnol, ont été officiellement dissouts fin octobre. Madrid soutient cependant que les Cortès restent légalement en fonction jusqu'à la convocation du nouveau parlement le 14 janvier. Il pourrait donc être possible de convoquer le Sénat.

Cet article avait été rédigé en 1978 en ayant à l'esprit les événements du 6 octobre 1934 où le président de la Generalitat Lluis Companys avait proclamé un « Etat catalan dans la république ibérique » avant que l'intervention de l'armée espagnole mette fin à cette tentative de sécession. C'est donc un article prévu pour les événements comme ceux que l'on vit aujourd'hui.

La désunion indépendantiste bloque l'application de la motion

Selon le quotidien madrilène El Mundo, le gouvernement de Mariano Rajoy prévoit cependant d'avancer progressivement. Il y a tout intérêt, car la motion votée au parlement catalan pourrait, dans un premier temps, rester lettre morte. En effet, pour l'appliquer, il faut un gouvernement catalan issu du parlement qui l'a votée. Or, pour le moment, il n'y a pas d'accord entre les deux listes constitutionnels : Junts Pel Sí et la CUP, sur le nom du futur président de la Generalitat, autrement dit du président catalan. Junts Pel Sí est une alliance électorale qui a été construite par le centriste Artur Mas, président sortant, autour de sa candidature. Mais la CUP rejette cette candidature en raison des soupçons de corruption qui l'entourent et de l'application par son gouvernement de sévères mesures d'austérité qui répercutaient en Catalogne la politique de Mariano Rajoy. « Il faut laisser derrière nous la Catalogne des coupes budgétaires, des privatisations et de la corruption », a déclaré la numéro 2 de la CUP Ana Gabriel devant le parlement ce lundi.

Pour le moment, la situation est bloquée. La CUP a refusé de voter pour Artur Mas et propose un candidat de compromis, Neus Munté, la vice-présidente du gouvernement et membre du même parti qu'Artur Mas. Mais cette dernière a refusé, se disant « à 100 % à côté d'Artur Mas. » Le vote présidentiel aura lieu mardi 10 novembre. S'il débouche sur un échec (Junts Pel Sí ne dispose pas de la majorité absolue sans la CUP), les négociations continueront, mais il n'y aura en Catalogne qu'un gouvernement intérimaire. Et si le 10 janvier, il n'y a pas de nouveau président, il y aura de nouvelles élections en mars en Catalogne.

Réaction progressive de Madrid

Selon des titres de presse catalane, c'est le scénario voulu par Artur Mas. Mais, selon El Mundo, ce serait aussi celui de Mariano Rajoy. Le gouvernement catalan provisoire ne pourrait en effet pas se lancer dans la « désobéissance » dans une telle situation. Dans ce cas, il suffirait d'attendre mars et de vaincre les indépendantistes dans les urnes pour refermer la page sécessionniste et enterrer la déclaration de ce 9 novembre. Le gouvernement de Madrid a donc tout intérêt à ne pas engager de provocations pour le moment, notamment à user de l'article 155. Tout acte de ce type conduirait en effet à unifier le camp indépendantiste.

Les plans de Madrid pour contrôler la police catalane

Cependant, El Mundo indique qu'en cas d'élection d'un président et de lancement concret du processus indépendantiste, le gouvernement envisage d'agir progressivement pour faire céder l'exécutif catalan. D'abord, en coupant les transferts financiers vers la Catalogne. Mais il s'expose alors à la prise de contrôle de l'administration fiscale par la Generalitat pour empêcher les impôts catalans de remonter à Madrid. Ensuite, en portant plainte contre le président régional et contre la présidente du parlement catalan.

Ce n'est qu'ensuite, si rien ne change, que Madrid entend utiliser l'article 155 avec un geste fort : la prise de contrôle de la police catalane, les Mossos D'Esquadra. Selon les données de Madrid révélées par El Mundo, seuls 300 des 17.000 Mossos seraient prêts à refuser cette prise de contrôle par le ministère espagnol de l'intérieur, la masse restera fidèle à l'Espagne. Un chiffre qui semble sans doute exagéré, mais qui fera son effet certainement sur une partie de la population catalane. Une fois les forces de l'ordre contrôlées, la suspension des institutions catalanes pourrait paraître aisée. Si, évidemment, les Catalans ne descendent pas dans les rues pour défendre leurs institutions...

En tout cas, le journal conservateur madrilène assure que la Commission européenne et les Etats de l'UE soutiendront Madrid et « les moyens employés pour soutenir la légalité. » L'Europe a donc fait son choix et les indépendantistes catalans ne pourront compter pour avancer que sur leur propre détermination.

Le 20 décembre changera-t-il la donne ?

Reste une inconnue : le résultat des élections espagnoles du 20 décembre. Mais ces plans ne devraient guère être remis en cause par une nouvelle majorité. Pour le moment, le Parti populaire de Mariano Rajoy et le parti des Citoyens (Ciudadanos) d'Albert Rivera, farouchement unioniste, semblent en mesure de gouverner ensemble. Or, le programme de ce dernier parti, révélé dimanche, va dans le sens d'une réduction de l'autonomie régionale. Sans doute sera-t-il même partisan d'une méthode plus directe contre l'indépendantisme. Quoi qu'il arrive, le PSOE, le parti socialiste espagnol, semble s'aligner sur le PP et Ciudadanos. Le 20 décembre, à moins d'une poussée aujourd'hui improbable de la gauche radicale, ne changera rien. Reste une hypothèse: si Ciudadanos lance la surenchère sur l'article 155 en critiquant la prudence de Mariano Rajoy, il pourrait décider ce dernier à agir plus rapidement. Et donc à changer la donner. Car le cas catalan est devenu un enjeu majeur de la campagne espagnole.

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a écrit le 10/11/2015 à 13:59 :
Parcequ'a un moment donné, il faut quand même arrêté la fumette....
La catalogne est une région géographique étalée sur deux états nation, l'Espagne et la France ( tout comme le Jura est une région géographique qui elle aussi est étalée sur les états nation que sont la France et la Suisse) . Les habitants de cette région sont soit des espagnols, soit français (les habitants de la région du Jura sont soit des français, soit des Suisses). Il n'y a pas de nation catalane, ni de groupe ethnique dit "catalan" (Il n'y a pas de nation Jurassienne, ni de groupe éthnique Jurassien). Il y a un dialecte régional dit "Catalan" du coté espagnol, mais cela ne constitue pas élément suffisant pour définir ceux qui le parle comme étant une nation. (il y a un légé patois Jurassien du coté Suisse, sans pour autant que ceux qui le pratique fasse partie d'une nation appart entière à la nation Suisse) Il y a un état dit "catalan" avec certains pouvoirs politiques et administratif, mais qui fait partie intégrante de l'etat nation d'Espagne. (Le Jura est egalement un canton suisse, une administration étatique pacticulière avec sa constitution et ses lois propres, qui fait partie intégrante de l'etat fédéral de la nation Suisse). Le droit National (ou Fédéral) prime toujours sur le droit communal-municipal-régional-départemental-cantonal, que se soit pour l'Espagne, la France ou la Suisse également. ... Ce qui ce passe à Barcelonne en ce moment s'appel un coup de force, voire une révolution coloré diriger contre la seule entité légitimement reconnue à l'international qu'est l'etat nation espagnol. On appel cela des politique de destabilisation, qui sont soutenue par des agents de l'extérieur de la nation espagnole. Le premier pays qui reconnaitra la catalogne comme état nation, sera celle qui aura profité le plus (voir commendité) cette situation. .... ABE
Réponse de le 10/11/2015 à 16:32 :
Bonjour,
Votre définition de nation me parait plus que fausse.
d'apres vous une nation est synonyme d'Etat. Puis je vous rapeler qu'il y a beacoup de nations sans etats?
Il existe deux grandes ecole pour definir la nation la française ou dite subjective (l'etat nation) qui dis qu'une nation est un peuple VOULANT faire partie d'une meme entité.
Et l'ecole allemande ou "objective" qui définie la nation comme une ethnie/ une communauté ayant consience de faire partie d'une meme entité. Cela pourrais se baser sur une langue, une culture, une religion...
Si il existe deux definition cela peut se comprendre en voyant que le territoire allemand ne comprend qu'une langue majoritaire, tandis qu'en france il en existé 5 ou 6 familles au moins.
Bref je veux pas refaire l'histoire mais juste faire part de mon avis,, sur votre definition faussé de nation. En esperant davoir etait clair. je mescuse de toutes ces fautes/
Réponse de le 10/11/2015 à 19:41 :
Certes, mais il faut quand même souligner que la vision de l'école Allemande s'est totalement discréditée en s'acoquinant avec le nazisme après des siècles à justifier les velléités pan-germanique de domination continentale brutale.
Nous n'avons pas pris la pleine mesure sur le moment du fait que le caprice Allemand en tant que premier vassal continental des Américains d'obtenir le démantèlement de l'état Yougoslave sur cette base ethno-raciale constituaient en réalité le prélude à la résurrection de la mentalité pan-germanique et de ses ambitions tyranniques. Mais ça commence à venir.
Comme disent nos "amis" juifs, la bête immonde ne meurt jamais. Elle peut parfois entrer en hibernation mais son ventre reste toujours fécond ! Et les même entraineront toujours les mêmes effets. Il faut en être bien conscient !
Réponse de le 10/11/2015 à 22:49 :
Êtes-vous rive gauche ou rive droite?

Vous me paraissez rive droite mais on ne sait jamais.

Pour résumer: en appliquant votre logique vous n'êtes pas Français, ni même Parisien. Vous êtes soit Bassin Parisien Nord, soit Bassin Parisien Sud, et parlez un dialecte à mi-chemin entre les deux, appelé le bâteau mouche.

Je vous conseille de vous retrancher dans l'île Saint Louis avec des provisions pour l'hiver nucléaire, et ne pas sortir jusqu'à... Je ne me souviens plus ce que disait Nostradamus, mais bon, je pense que pour aller acheter une glace vous avez toujours la permission.
a écrit le 10/11/2015 à 10:42 :
Precisement devenir un pays et non une region
a écrit le 09/11/2015 à 21:21 :
Je conseille à tous les séparatistes de visionner ne serait-ce que pas curiosité intellectuelle la conférence de François Asselineau sur les euro-régions pour savoir ce qui se trame derrière. www.upr.fr/conferences/reforme-territoriale-euro-regions

Quelques soient vos convictions que je respecte en tant que démocrate, n'oubliez pas ce que signifie fouler au pied le drapeau de la patrie des droits de l'homme à laquelle vous appartenez qui hélas je vous l'accorde s'étiole et se rigidifie sous les coups de boutoirs forcés de l'intégration euro-atlantiste. Mais vos rêves pourraient bien vous mener au pire.
Réponse de le 10/11/2015 à 10:13 :
Merci pour le conseil. Maintenant, laissez les gens s'exprimer librement et qu'ils assument leurs responsabilités.
Réponse de le 10/11/2015 à 22:37 :
La qualité du son est très mauvaise et je n'ai écouté que le début des propos de M. Asselineau, mais c'est suffisant: l'ennemi de la France ce sont les régions par en bas et l'UE par en haut. Un coup d'oeuil à leur site et on apprend que c'est des gens de gauche et de droite, mis ensemble grâce à une vision et un programme en un seul point: quitter l'UE, l'euro, l'OTAN et jusqu'à l'association d'anciens élèves au lycée, car tout ça est à l'origine de tous les maux économiques et mêmes moraux de la France.

Ça ne va pas, non? Franchement... Si c'est ce genre de farfelus nationalistes rococo qui prétendent renouveller la politique et ressuciter la démocratie, la République, vous êtes bien fichus.

Le plus beau c'est que c'est le genre de types à nous parler après de "replis identitaires". M. menardos, pour l'amour du Ciel, fuyez ce genre de dingues bidimensionnels sortis de la cave du château de Moulinsart.
a écrit le 09/11/2015 à 21:14 :
Eh bien, le principal mérite de la gesticulation catalane pourrait bien être une grande coalition à Madrid, avec Ciudadanos et le PSOE derrière le PP et Rajoy. Un pouvoir jouissant d'une très large majorité à Madrid pourrait organiser un référendum d'autodétermination en Catalogne sous le strict contrôle de l'OSCE afin que ses résultats soient incontestables. Les élections catalanes, qui n'ont pas, malgré une forte participation, donné de majorité en voix aux deux factions indépendantistes, évidemment incapables de s'entendre durablement, laissent à penser que le non l'emporterait assez facilement, ce qui permettrait de tirer définitivement la chasse sur l'indépendantisme catalan.
a écrit le 09/11/2015 à 20:36 :
Une nuance fondamentale.

Parler d'un "appel à la désobéissance" a la forte connotation de quelqu'un dépourvu d'autorité, qui depuis l'extérieur des institutions, du pouvoir, demande de ne pas se soumettre à l'autorité. Ce n'est pas du tout le cas. Les forces politiques qui font la proposition, l'amènent au parlement après l'avoir reçu comme mandat aux dernières élections. Ces forces, ce programme, ont gagné les élections, et le parlement est le siège de la souveraineté du peuple, le siège du pouvoir le plus légitime. L'autorité émane du parlement dans une démocratie, autrement il faut parler d'autre chose qu'un parlement. Par conséquent, la résolution approuvée ce matin par majorité absolue au parlement catalan, ce qu'elle fait c'est affirmer l'autorité du parlement, forte d'une déclaration préalable de suveraineté et d'un mandat démocratique. La Catalogne vient de se prononcer à deux niveaux.

Au niveau national -catalan- on vient de formaliser le mandat démocratique reçu le 27 septembre aux urnes, en adressant au gouvernment de la Catalogne, qui se doit au parlement catalan, l'ordre de ne plus obéïr à la loi ou aux autorités espagnols que dand la mesure où ils n'entreront pas en contradiction avec les décisions du parlement catalan. C'est un appel à l'obéissance obligée à la volonté souveraine du peuple catalan, exprimée aux urnes, de faire sécession. L'autorité et le pouvoir en Catalogne se trouvent désormais dans le parlement catalan et nulle part ailleurs. Ils ne sont plus symboliques, déclaratifs, mais deviennent effectifs.

Au niveau international, la Catalogne vient de lancer le message "nous sommes là, nous arrivons" comme un nouveau sujet politique, comme un nouvel acteur dans la communauté des nations souveraines. La résolution approuvée en langue catalane se traduit par: nous nous prenons en main dés aujourd'hui et lançons le processus de sécession, nous souhaitons faire cela dans l'ordre, amiablement, de façon négociée.

Je pense qu'il est très important de présenter la situation comme cela, et non à l'envers. Parler de désobéissance d'un parlement reviendrait à insulter son autorité, le fait que les élus sont investis de l'autorité souveraine du peuple. Les Espagnols vont prétendre jusqu'au bout que le parlement catalan n'est pas le siège d'un tel pouvoir qui, pour eux, n'existe même pas. Ils nient l'existence de la nation catalane et d'une souveraineté du peuple catalan. Mais la source ultime de légitimité ce sont les urnes. Une chambre d'élus qui affirme sa souveraineté, forte d'un mandat démocratique pour le faire, c'est incontournable. Dès lors q'un demos exprime sa souveraineté et agit souverainement au travers de son assemblée, c'est tabula rasa. C'est poser les nouvelles fondations de l'autorité sur le territoire et c'est d'une légitimité inattaquable. Quiconque voudrait se substituer à une telle chambre d'élus ou à toute décision directe, ultérieure, de ce demos (dans un référendum), ne pourrait le faire que par la force. Il n'aura plus que l'autorité, démocratiquement illégitime, découlant de son imposition par la force.

Si quelqu'un tente de s'imposer de l'extérieur de la Catalogne, ce sera un crime de lèse-démocratie, de lèse-souveraineté. Si quelqu'un refuse de se soumette de l'intérieur de la Catalogne, ce sera un acte illégal et, moralement, un crime de lèse-patrie ou de lèse-nation. Depuis le 27 Septembre 2015, sinon depuis le 23 Janvier 2013 (déclaration de souveraineté issue d'un mandat démocratique pour la faire expressément), la volonté du peuple catalan fait loi en Catalogne.

De ce point de vue, je respecte toutes les opinions, mais dès lors que certaines forces politiques soit-disant de gauche ont tenu jusqu'aujourd'hui que la Catalogne est bien une nation et qu'elle a le droit de décider son avenir, elles ne peuvent plus ne pas se ranger du côté de la majorité au sein du parlement catalan. Du côté de leur pays. Ils peuvent être en désaccord avec toute décision du parlement. Il peuvent essayer de la prévenir avant qu'elle soit prise, mais une fois prise ils sont moralement et démocratiquement tenus non seulement de s'y soumettre, mais encore de la défendre jusqu'au bout. Même pour qui trouverait à la décision un goût repoussant à la cigüe.
Réponse de le 13/11/2015 à 13:12 :
Merci pour ce copié/collé et traduit de la démagogie nationaliste

Aux prochaines élections en Catalogne, une commune non nationalistes (et il n'en manque pas dans la ceinture industrielle ) pourra ainsi légitimement déclarer son indépendance du reste de la Catalogne.
Réponse de le 13/11/2015 à 20:37 :
Je m'adressais à M. Toni Cardona bien-sûr.

Au fait, savez-vous que Cardona tient un lieu distingué dans l'histoire de la Catalogne. Cardona fut l'une des villes clé dans le dévelopement de la nation catalane.

Pour l'anecdote:

-le comte Ramon Folc II de Cardona commandait la flotte catalane qui en 1423 détruisit la flotte de Louis III d'Anjou, ainsi que le port de Marseille, qui fut mise à sac pendant trois jours. Ceci mit fin à la puissance maritime de Marseille.

-Jaume Francesc Folc de Cardona i de Gandia fut le 22ème président de la Generalitat, de 1443 à 1446.

-Pere Folc de Cardona fut le 36ème président de la Generalitat, de 1482 à 1485. C'était un homme très cultivé. L'empereur Charles Quint et François I furents ses hôtes, à Barcelone.
a écrit le 09/11/2015 à 20:26 :
M.Godin merci de nous faire part de la vision nationaliste de l'actualité catalane
J'ai l'impression que "ciudadanos" est votre bête noire, vous avez raison de les détester.

Cette formation est née en Catalogne et son nom original est "ciutadan's"
 Il s'agit au départ d'un groupe d'intellectuels catalans, principalement de gauche, anciens de PSUC , et beaucoup, anti-franquistes historiques engagés, comme Francesc Carreras ou Albert Boadella, écoeurés tant par la dérive nationaliste, que par l'attitude électoraliste des deux principaux partis PP et PSOE. Ces deux partis  pour obtenir des majorités au parlement, s'allient avec les nationalistes régionaux, leur concédant de plus en plus d'autonomie, les politiciens nationalistes catalans livrant le contrôle de l'éducation aux plus radicaux des séparatistes, et les gouvernements nationaux fermant les yeux sur toutes les affaires de corruption des dirigeants. Surtout le plus important, le fameux Jordi Pujol.
Ces intellectuels fondent le forum citoyen (foro ciutadan's) en 1997 nom en hommage à Josep Taradellas, le premier président de la generalitat, qui revenu d'exil prononça cette phrase lors de son premier discours à Barcelone ,  le 23 octobre 1977 "Ciutadan's de Catalunya ja soc aqui"(Citoyens de Catalogne me voilà ici)

En employant le terme ciutadan's (citoyens) ils entendaient sortir la Catalogne et l'Espagne des dérives du chauvinisme régional, et promouvoir la notion de citoyenneté au delà des régions, des tribus.  Défendre la convivialité inter-territoriale, l’égalité et l’équilibre des droits et des devoirs au sein de toutes les régions espagnoles, et surtout parmi tous les citoyens espagnols. Les régions n'ont pas de droits, seuls les individus en ont.
Le forum citoyen se transforme en parti à partir de 2005, et doucement s'implante comme une force alternative à la dérive nationaliste, comme à l'hypocrisie du PPSOE. Ils subissent un nombre incalculable d'agressions physiques de la part des nationalistes déchaînés contre eux, Albert Rivera reçoit des menaces de mort.

Son courage à défendre les valeurs de la citoyenneté au delà des nationalités, leur respect des formes, sans se poser comme parti nationaliste espagnol ni centraliste, comme leur humilité,  imposent le respect. 
Ciutadan's est partisan d'une libéralisation sérieuse du cannabis, et de la reprise des fouilles à la charge de l'état central, des fosses communes  du franquisme. De la révision de la constitution, pour ces aspects les plus discutables.
Ils ont été attaqués par le PP, car leur programme prévoit la renégociation du concordat avec le Vatican, ni les socialistes, ni le PP n'on re-négocié ce concordat, qui entre autre, paye les prêtres comme des fonctionnaires.
Sur le plan de économique, les nationalistes conduits par le parti CDC, ont peu à dire, ils font tous parti du même groupe parlementaire européen (ALDE) comme le parti nationaliste basque.
Réponse de le 10/11/2015 à 17:59 :
Ciutadans c'est du centralisme, encore plus de centralisme, toujours plus de centralisme. Ça fait vraiment envie. C'est tout ce qu'on cherche à fuir.
L'école livrée aux affreux "nationalistes", c'est à mourir de rire. C'est une véritable hagiographie que tu nous fais là. Dommage que la réalité ne soit pas aussi idyllique. Chaque geste est étudié, on sent la fabrication d'un gourou communicant.
a écrit le 09/11/2015 à 14:58 :
Adeu Espanya !!!
a écrit le 09/11/2015 à 14:46 :
Adeu Espanya ....
a écrit le 09/11/2015 à 13:10 :
Catalogne : le parlement lance le processus d'indépendance

En France, les Savoies et la Corse devraient suivre cette tendance visionnaire pour s'éloigner du magma Parisien Nantais Lillois et Lyonnais
a écrit le 09/11/2015 à 12:59 :
1936 💥2015 💥= plus d un millions des morts en Espagne en 3ans causes basque et catalans ? Viva Franco 🌹
a écrit le 09/11/2015 à 12:34 :
et apres demande une inculpation du 1er ministre espagnol
pour entrave a la liberte des peuples
et a toute personne etrangeres surtout europeene
qui soutienne la vision du 1er ministre espagnol

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