Catalogne : Madrid utilise l'arme financière pour faire céder les indépendantistes

 |   |  999  mots
Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, veut faire céder la majorité indépendantiste catalane.
Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, veut faire céder la majorité indépendantiste catalane. (Crédits : reuters.com)
Madrid a annoncé poser de "nouvelles conditions" à la Catalogne pour son accès à des fonds régionaux. Il s'agit d'une première tentative d'asphyxier le gouvernement local pour faire tomber la majorité indépendantiste.

L'Espagne sort l'arme financière contre la majorité parlementaire indépendantiste catalane. Ce week-end, le ministre espagnol du budget, Cristobal Montoro, a annoncé que la Catalogne devrait se soumettre à de « nouvelles conditions » pour avoir accès au Fonds de Liquidité des Autonomies (FLA). Pour la Catalogne, ce programme représente encore 3,03 milliards d'euros. Le FLA a été créé en 2012. Il s'agit de prêts consentis aux Communautés autonomes (régions) par l'Etat central pour éviter à ces dernières de lever des fonds sur les marchés.

Nouvelles conditions

Quelles seront ces nouvelles conditions ? Elles seront ouvertement politiques. Cristobal Montoro l'a clairement assumé. « Ces conditions prévoient des garanties pour que pas un euro n'aille vers des buts sécessionnistes », a indiqué le ministre. Le gouvernement catalan devra donc, pour toucher ces fonds, donner l'assurance qu'ils seront utilisés pour le fonctionnement des services publics et « nullement pour violer la constitution. » Cette décision « s'explique clairement par les circonstances politiques que connaît la Catalogne », a indiqué le ministre du Budget.

Mise sous tutelle de la Catalogne

Concrètement, ceci signifiera que le Trésor espagnol versera les fonds du FLA chaque mois après avoir obtenu le feu vers d'un contrôleur du gouvernement qui se sera assuré auprès du gouvernement catalan, la Generalitat, de la « validité » des dépenses engagées. Autrement dit, l'autonomie financière de la Catalogne est en partie réduite. Et cette décision pose un grave problème au gouvernement de Barcelone si ce dernier décide d'appliquer la résolution du parlement votée le 9 novembre dernier et ouvrant la voie à un processus de séparation avec l'Espagne. Cette résolution - qui a été suspendue le 11 novembre par le Tribunal constitutionnel espagnol - prévoit en effet la création de « structures d'Etat. » Si ces structures sont effectivement créées, Madrid pourrait en prendre prétexte pour suspendre les versements du FLA, ce qui placerait le gouvernement catalan en grande difficulté financière.

Asphyxie financière

Déjà, le secrétaire général du département catalan de l'Economie, Albert Carreras, a indiqué que ces nouvelles règles étaient « extrêmement confuses. » « Nous ne savons pas ce que nous pourrons payer et quand nous pourrons payer », a-t-il ajouté. C'est sans doute ce que cherche Madrid. Le gouvernement espagnol tente de saper les bases du soutien aux indépendantistes catalans en provoquant des retards de paiements et des dysfonctionnements dans les services publics. Cette mesure est aussi clairement un premier pas avant l'utilisation de l'article 155 de la Constitution qui permet de suspendre l'autonomie régionale. Mais le gouvernement espagnol hésite à utiliser cet article qui obligerait à prendre des mesures d'ordre public difficile à mettre en œuvre. Il préfère donc contourner la difficulté en asphyxiant financièrement le gouvernement catalan. En réalité, cette mesure est une forme d'article 155 financier. Il est bien plus efficace : nul besoin d'envoyer la garde civile au risque de provoquer une résistance des Catalans, il suffit de tenir les cordons de la Bourse.

La zizanie au sein du camp indépendantiste se poursuit

Face à une telle stratégie, le gouvernement catalan semble désarmé pour l'instant. Et la première raison en est qu'il n'est qu'un gouvernement de transition qui ne dispose pas du soutien du parlement. L'actuel président de la Generalitat, Artur Mas, a, par deux fois, échoué à être élu en raison de l'opposition du parti de gauche radicale indépendantiste, la CUP. Les discussions se poursuivent, mais aucune issue ne se profile. S'il n'y a pas de président élu le 10 janvier, il faudra procéder à de nouvelles élections en mars. En attendant, il est impossible pour un gouvernement en sursis d'appliquer la résolution indépendantiste. Cette division et les menaces de Madrid font peser un risque notable sur le score des sécessionnistes en cas de nouvelles élections.

Pressions financières

Les indépendantistes sont, de plus, désormais, sous plusieurs pressions économiques. Certaines associations d'entreprises ont signalé des départs de sociétés de la région par crainte de la sécession. Des chiffres qui sont cependant à prendre avec précaution, pour le moment. Vendredi 20 novembre, un think tank anti-indépendantiste, le Cercle d'Economia, a demandé aux politiques catalans de ne pas appliquer la résolution du 9 novembre. Plus grave sans doute, l'agence de notation Fitch a dégradé la note de la Catalogne au statut d'obligation « pourrie » (« junk bond ») en raison du risque indépendantiste. En réalité, Fitch semble surtout effrayé par l'influence de la CUP. Mais cette décision peut gêner l'accès de la Catalogne aux marchés.

Quelle réponse de la Catalogne ?

Ces menaces et pressions visent à interrompre rapidement le processus indépendantistes. Mais si les indépendantistes parviennent à s'entendre et décident d'appliquer leur résolution, alors ils s'estimeront en droit de placer « leurs » lois, celles votées par le parlement régional, avant les décisions de Madrid (ce sont les points 6 et 8 de la résolution). Dans le cas où la Catalogne est asphyxiée financièrement, elle pourrait être tentée de « réquisitionner » et de « nationaliser » l'administration fiscale pour faire cesser tout transfert vers Madrid.

Selon les indépendantistes, la Catalogne est une des régions d'Europe qui accuse un « déficit fiscal » (différence entre les impôts versés et les sommes reversées par l'Etat central) le plus élevé. Une telle réponse serait un acte fort de séparatisme et placerait l'Etat espagnol dans une situation difficile. Mais ce serait aussi l'entrée dans un territoire inconnu, car il n'est pas sûr que les fonctionnaires acceptent ce changement et que la police catalane fasse respecter les décisions du parlement catalan plutôt que ceux de Madrid. Dans ce cas, par ailleurs, l'usage de l'article 155 apparaîtrait comme inévitable. Plus que jamais donc, le fossé se creuse lentement, mais toujours un peu plus entre Barcelone et Madrid.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/12/2015 à 21:16 :
Derniére chose pour les nationalistes qui crient que l'Espagne n'est pas un pays décentralisé.
De fait elle l'est plus que la Suisse et l'Allemagne. Ce ne sont pas ces maudits madrilénes qui le disent mais l'OCDE. http://www.oecd.org/ctp/tax-policy/revenue-statistics-levels-of-government.htm
a écrit le 25/11/2015 à 18:57 :
Madrid et Ankara même combat:tuer les minorités.
a écrit le 25/11/2015 à 18:25 :
Et par pitié, ce serait bien si les nationalistes catalans voulaient bien arrêter un peu avec leurs argumentaires victimistes. Artur Mas compare la situation des Catalans tantôt à l'Inde à l'époque de Gandhi, tantôt aux noirs d'Afrique du Sud sous l'Apartheird. Carme Forcadell (présidente du parlement régional) parle de siècles d'esclavage. On lit souvent des commentaires assimilant la situation de la Catalogne d'aujourd'hui à celle des colonies des siècles passés. Les termes de "spoliation", "exploitation", reviennent souvent. Il faut vraiment n'avoir aucun sens des réalités ou une mauvaise foi à toute épreuve pour oser faire de tels parallèles.
a écrit le 25/11/2015 à 18:17 :
Nous lisons régulièrement des informations sur l'argent public dépensé pour promouvoir l'idéologie nationaliste en Catalogne et à l'extérieur : subventions à des associations telles que l'ANC, promotion du "pan-catalanisme" (idée d'une "Grande Catalogne", Països Catalans, qui irait de Perpignan à Alicante, en incluant les Baléares), lobbying à l'étranger en faveur du processus sécessionniste, médias publics utilisés comme arme de propagande, etc. On sait qu'il y a en Espagne la sale manie d'utiliser les institutions publics au service du parti au pouvoir; mais à ce jeu-là, les nationalistes catalans semblent pousser le bouchon particulièrement loin. Maintenant, ils ont clairement annoncé qu'ils n'obéiraient aux lois espagnoles qui s'ils en ont envie (est-ce que les adversaires de l'indépendance en Catalogne auront le droit de désobéir aux lois du gouvernement local ?...). Et le gouvernement de M Mas franchi un pas supplémentaire en mettant ouvertement sur pied des institutions étatiques (administration fiscale, diplomatie, etc.). Pendant ce temps, les pharmaciens ne sont pas remboursés. Je n'ai aucune sympathie pour le gouvernement central de Mariano Rajoy, mais je ne vois pas très bien comment il pourrait laisser faire ça impunément.
Franchement, vous imaginez dans un pays "normal", un politicien local annoncer tranquillement qu'il va dépenser de l'argent public pour mettre en place des structures illégales, sans que personne ne réagisse ?
Je vis dans un pays très fédéraliste (la Suisse) et il est ici courant qu'un canton soit contraint de modifier une loi locale pour la faire correspondre au droit fédéral. Ici, en Suisse, simplement pour créer un nouveau canton en le séparant d'un autre (cas du Jura dans les années 70), il a fallu faire voter tout le peuple suisse et obtenir la double majorité du peuple et des cantons. En Espagne certains se posent en victimes parce qu'on ne les laisse pas piétiner la constitution en vigueur comme bon leur semble ; et en plus ils ont le toupet d'exiger que ça soit au contribuable de payer leurs manigances.
Réponse de le 27/11/2015 à 23:29 :
Votre pseudonyme doublement cinématographique, fantastique même, fait bien honneur au rapport de vos observations avec la réalité...

C'est peut-être le résultat de ne lire que la presse espagnole à propos de la Catalogne. Un petit peu de presse catalane ferait du bien à votre perspective.

Je regrette franchement que vous ne voyez pas la différence entre un canton suisse et la Catalogne, mais je n'y peut rien sans doute.

Je regrette aussi que vous ne saisissiez pas que lorsqu'un peuple, une nation, échoue pendant deux siècles à essayer de s'intégrer dans un cadre étatal supérieur, il est peut-être temps de le quitter avant qu'il ne vous détruise définitivement..

Il ne s'agit pas de ce politicien-ci ou de celui-là. Il s'agit que les Catalans en ont majoritairement le bol, au point de tout risquer pour échapper à une nation, l'espagnole, un état, l'espagnol, qui n'estime jamais, JAMAIS, raisonable de se mettre d'accord avec les Catalans plutôt que de les humilier, les réprimer, et essayer de les "espagnoliser" (comme déclara le ministre de l'education de M. Rajoy au Congrès espagnol, en rapport avec les écoliers catalans).

Nous sommes des démocrates, les Catalans, et avons un respect traditionnel bien connu de la loi. Mais lorsque l'Espagne piétiner à répétition sa propre constitution depuis 35 ans, pour nous écraser, personne n'aura de succès à vouloir nous la faire respecter.
a écrit le 25/11/2015 à 17:58 :
J'ai lu des comparaisons avec les USA. Aux USA, la question est très claire : il n'y a aucun droit à la sécession, référendum ou pas. Que se passerait-il si le gouvernement d'un état des USA décidait d'utiliser le budget public pour mettre en place une sécession unilatérale ? Franchement, je ne suis pas un spécialiste du droit constitutionnel américain, mais je doute que le gouvernement central resterait les bras croisés dans un tel cas de figure.
Réponse de le 27/11/2015 à 23:45 :
Je me demande quelles comparaisons vous avez pu lire...

Les USA, l'Allemagne, la "Confédératon" Helvétique, etc. ce sont des états fédéraux, et ils correspondent tous à des peuples qui se considèrent une seule et même nation.

Le Royaume d'Espagne (par succession de la dictature fasciste, jamais soumise à référendum) n'est pas une république. C'est encore moins un état fédéral. Même la proposition fédéralisante des socialistes espagnols (PSOE), inviable sans la droite, reste loin d'un vrai état fédéral.

L'Espagne ce sont plusieurs nations. La Catalogne ce n'est pas le Texas, la Californie, ou le Vermont. Nous avons le droit de décider sur notre avenir, le droit à l'autodétermination, et nous sommes en train de l'exercer. Unilatéralement? Oui. Parceque l'Espagne a été incapable d'abord de négocier une solution ne serait-ce que fédéralisante, et incapable ensuite d'assumer qu'ils sont allés beaucoup trop loin et que nous, on part. Il ne veulent pas négocier la sécession, alors il faut bien partir unilatéralement. Le temps est révolu où l'épouse ne pouvait divorcer que si son mari était d'accord. Nous en plus, n'avoons jamais été mariés mais séquestrés.

C'est si simple, si clair, que ne je comprend pas vos difficultés à comprendre tout ça un petit peu mieux.
a écrit le 25/11/2015 à 17:58 :
J'ai lu des comparaisons avec les USA. Aux USA, la question est très claire : il n'y a aucun droit à la sécession, référendum ou pas. Que se passerait-il si le gouvernement d'un état des USA décidait d'utiliser le budget public pour mettre en place une sécession unilatérale ? Franchement, je ne suis pas un spécialiste du droit constitutionnel américain, mais je doute que le gouvernement central resterait les bras croisés dans un tel cas de figure.
a écrit le 25/11/2015 à 17:58 :
J'ai lu des comparaisons avec les USA. Aux USA, la question est très claire : il n'y a aucun droit à la sécession, référendum ou pas. Que se passerait-il si le gouvernement d'un état des USA décidait d'utiliser le budget public pour mettre en place une sécession unilatérale ? Franchement, je ne suis pas un spécialiste du droit constitutionnel américain, mais je doute que le gouvernement central resterait les bras croisés dans un tel cas de figure.
a écrit le 25/11/2015 à 10:25 :
Vous ne voulez quand même pas que l'argent de l'ensemble des espagnols servent à financer l'indépentisme, la propagande nationaliste et les "ambassades" catalanes à l'étranger? Si?!?!
Réponse de le 26/11/2015 à 8:30 :
Les Catalans, 16% de la population, contribuent 19% des impôts et ne reçoivent que 9% de cet argent en retour.

La différence, de 15 millards €, permettrait à la Catalogne de créer un réseau diplomatique presque à la hauteur des USA, dont le State Department et USAID présentent pour 2016 un budget de 50,3 millards $.

Le budget du Ministère des Affaires Étrangères de l'Espagne est de 676 millons €.

Le budget équivalent du gouvernement Catalan n'est que de 17 millons € (<3% du budget espagnol).

La Catalogne est la communauté autonome qui dépense le moins d'argent par habitant en Affaires Étrangères.

L'Ambassade d'Espagne auprès de l'UE compte plus de 300 personnes, dont PAS UN SEUL CATALAN.

Tout comme l'Etat espagnol sabote la Catalogne en Espagne, il fait de même à l'étranger. Dernière action en date, hier même, lorsque l'Ambassade d'Espagne en Chine a intervenu auprès des autorités chinoises pour avorter toutes les réunions prévues d'une mission de chefs d'entreprise catalans qui venaient d'arriver en Chine, accompagnés du ministre catalan de l'Agriculture.

http://www.vilaweb.cat/noticies/ciuraneta-denuncia-el-boicot-de-lestat-espanyol-a-la-missio-comercial-a-la-xina/

Réunions anullées au dernier moment:
-avec le sous-directeur du Food Safety Bureau (SSB-AQSIQ), Bie Kexing
-avec le directeur du Départament de Viandes et Productes Dérivés de l’FSB, Wang Ning
-entre la vingtaine de chefs d'entreprise déplacés en Chine et la China Certifications and Acreditation Administration (CNCA), l’organisme qui s’ocupe de certifier et d'autoriser les exportateur
-avec le responsable de la China Inspection and Quarentine Association (CNCA).

Ce que dépense le gouvernement catalan à l'étranger, avec son réseau superefficace de représentations fondamentalement commerciales, n'est donc qu'un minimum exigu par rapport à un service diplomatique espagnol que la Catalogne finance alors qu'il sabote systématiquement la Catalogne au lieu de la promouvoir en quoi que ce soit à l'étranger.

Le plus scandaleux est que les 200.000 Catalans qui vivent à l'étranger se voient systématiquement empèchés de voter aux élections catalanes, à la différence de, mettons, les Galiciens. Comme les Catalans et les Basques qui vivent à l'étranger sont surout des professionnels, chercheurs, etc., ayant un bon niveau éducatif, la plupart votent pour les partis catalans, indépendantistes, au lieu des partis espagnols. Du coup, tout est fait pour que dans la pratique, ils ne puissent pas voter. Rappellons qu'il n'a manqué que 5000 votes à Junts pel Sí pour obtenir 1 député suplémentaire et pouvoir investir Artur Mas président, actuellement bloqué para la gauche indépendantiste anticapitaliste de la CUP.
a écrit le 24/11/2015 à 11:45 :
Par Ramon Cotarelo Garcia, paragraphe écrit par un professeur de sciences politiques à Madrid ...21 novembre 2015 20:05 pm

Le 20 Novembre, dans le temps libre entre les masses Franco et hommages à sa mémoire, ses disciples d'aujourd'hui dans le gouvernement espagnol a décidé d'aller avec les faits et les étrangler financièrement le gouvernement. Mas-Colell a expliqué que les contrôles d'accès au fonds de liquidité régional (FLA) équivalent à une intervention par l'intermédiaire de l'article 155. Cela est confirmé par Artur Mas, pour qui il est clair que l'Etat punit Catalogne pour son attitude politique. Montoro a déclaré Saenz de Santamaria et la vigilance accrue à propos d'assurer une bonne administration de fonds autonomes et d'assurer la légalité des dépenses. Etes-vous en quatre ans les fonds pillés de sécurité sociale, ce qui est bien et de la Catalogne, en laissant 50% de ce qu'ils ont reçu. Ceux qui prennent une vingtaine d'années de paiement et chargement sobresou noir, traçant Gürtel et punique veulent éliminer les subventions à la dépendance sur les autres, mais sont plus que le père du président du gouvernement et ne croient pas qu'ils ont à donner une quelconque explication pour telle mesquinerie. Ceux qui privatisée apprécié ce touches restent. Ceux qui ont ruiné le pays.
a écrit le 24/11/2015 à 9:42 :
Deux précisions.

1) Le gouvernement Espagnol asphyxie la Catalogne depuis belle lurette. La mesure annoncée n'est que la dernière en date.

Depuis 35 ans (rétablissement de l'autonomie) les gouvernements espagnols successifs ont tout fait pour entrâver l'économie de la Catalogne. Ils ont imposé une saignée de 9% en moyenne du PIB catalan. Tous les ans, ils ont systématiquement retardé les versements au gouvernement catalan, qui du fait s'est trouvé dans le besoin chronique de s'endetter pour subvenir aux dépenses courantes en attendant son propre argent. Ils ont toujours boycotté nos infrastructures stratégiques. Finalement, quand ils ont reussi à ce que la Catalogne, surendettée, se trouve coupée des marchés créditices, ils lui ont imposé un "sauvetage" consistant à lui prêter son propre argent à un taux d'intérêt de 5%.

Cela se passe comme suit: la Catalogne transfère 16 millards € nets /an à l'Espagne, elle manque d'argent, et l'Espagne lui prête 3 millards à 5% d'intérêt. Bilan: la Catalogne, qui manque de fonds, finit par transférer à l'Espagne 16 millards € + 5% d'intérêt sur 3 millards €. En plus, les Catalans doivent supporter la moquerie unanime des politiciens et médias espagnols, prétendant que l'Espagne, toute générosité, sauve la Catalogne que ses incapables de gouvernants nationalistes coulent de leurs folies identitaires, corruption, et incompétence. C'est la triple humiliation: on réduit à l'état de besoin une Catalogne qui subvient exagerément à l'Espagne, on l'insulte ensuite en lui jettant qu'elle est ruinée d'elle même et que c'est l'Espagne qui vole à son secours, pour finalement lui prêter son propre argent à un 5% d'intérêt. C'est tout simplement indigne et outrant au delà d'au delà de toute limite.

2) Le gouvernement espagnol ne va pas surveiller que l'usage fait des fonds du FLA par le gouvernement catalan. Il va surveiller l'entièreté des dépenses catalanes et va le faire à l'avance. Le gouvernement catalan ne pourra plus dépenser 1€ qui n'ait été approuvé par Madrid. Autant dire que, dans les faits, il n'y a plus d'autonomie ni même de démocratie en Catalogne. Les Catalans ont le droit de voter leurs représentants au parlement catalan, en fonction de leurs programmes éléctoraux, ils ont beau se douer du gouvernement qu'ils souhaitent, mais après, ces représentants, ce gouvernement, ne peuvent pas mettre en pratique le programme voté par les citoyens car Madrid intervient les finances catalanes et décide pour les Catalans des dépenses qui ppeuvent ou ne peuvent pas être faites, qu'il laissera gérer au gouvernement catalan, ainsi réduit à la fonction de relai du gouvernement espagnol malgré être issu des élections catalanes.

Aujourd'hui, le président catalan, Artur Mas, a convoqué la presse pour donner sa réponse à la décision du gouvernment espagnol.
Réponse de le 24/11/2015 à 18:48 :
n'oubliez pas les resultats des dernières elections ...en nombre de citoyens !
vous avez une notion de la démocratie un peu partisane .
Réponse de le 26/11/2015 à 12:36 :
C'est une réponse pour gegemalaga:
Le résultat des dernières elections au Parlement de la Catalogne a été favorable aux independentistes. Majorité clair de oui! 1.948.335 votes pour l'indépendance. 1.593.825 votes contre, i 363.235 votes undefined. Cet résultat à un référendum aboutirait à 55% en faveur, 45% contre (dans un référendum seulement sont enregistrées les votes pour et les votes contra, les votes undefined no ont aucun valeur). C'est vous qui n'est pas bien informé ou qui a une notion un peu déformé de la démocratie.
a écrit le 24/11/2015 à 8:55 :
Madrid utilise l'arme financière pour faire céder les indépendantistes, c'est toujours ce même principe qui était en cours lorsque l'Espagne avez sa monnaie nationale et permettait ainsi l'Unité que, l'UE de Bruxelles cherche hypocritement a faire exploser!
a écrit le 24/11/2015 à 6:08 :
Si Washington faisait à la Californie ou au Texas où même à la Louisiane,ce que Madrid veut faire à la Catalogne,ce serait le début d'une crise sans précédent aux USA.Washington n'a jamais re centraliser les pouvoirs de décision prévue à la Californie Malgre que celle ci soit en faillite.
Quant à traiter les catalans d'égoïstes ,c'est un mensonge absurde une contre vérité de la propagande du PP.Ce qui se passe ,c'est que les impôts des classes moyennes et ouvrières catalanes servent à engraisser les grandes entreprises de construction madrilènes tels que Florentino Pérez et consort,en construisant des aéroports ,des lignes TGV,des autoroutes inutiles et hors de prix.Expliquez moi pourquoi Malgre les milliards d'euros versés par l'Europe et la Catalogne le chômage est il de 35% dans le sud de l'Espagne et de 23% dans l'ensemble de ce pays ,avec un endettement de 90%?
Réponse de le 24/11/2015 à 8:23 :
Les USA sont, comme leur nom l'indique, des états unis en une construction fédérale; l'Espagne étant un pays unique à l'organisation (très) décentralisée et qui respecte plutôt bien les spécificités régionales, notamment les langues. Rien de comparable. La constitution des USA ne permettrait pas de centraliser les pouvoirs de décision de la Californie ; c'est d'ailleurs pour ça que le pouvoir central des USA n'a jamais pu imposer aux états d'abolir la peine de mort...
a écrit le 23/11/2015 à 20:07 :
Eh bien c'est clair, les entreprises votent contre l'indépendance catalane avec leurs pieds. Et elles ont bien raison, l'Espagne démocratique n'a rien d'un état jacobin à la française et n'empêche nullement l'autonomie linguistique et culturelle de la Catalogne. Les seuls vrais ressorts du sécessionisme catalan sont l'égoïsme financier (ne plus payer pour les régions moins favorisées économiquement) associé à la volonté des dirigeants de la CDC d'échapper à leurs procès.
Réponse de le 23/11/2015 à 21:43 :
Vous ne dites pas la vérité, Mr.
Quel respect il-y-a à Madrid pour la langue et la culture catalanes? Aucun. Le dernier ministre de culture (?!), Mr. Wert, a dit, au Congreso, que le gouvernement espagnol avait l´intention "d´espagnoliser les enfants catalans". Ça a eté un scandale... mais il l´a dit! Vous ne dites, non plus, que la télévision catalane ne peut se voir a València parce que là on parle, aussi, le catalan et l´état entrave , tant qu´il peut, les rélations culturelles entre régions catalano-parlantes.Vous ne dites pas que le gouvernement espagnol a empeché que le catalan deviene langue officielle de l´UE (nous sommes 10 millions de parlants européens!!), etc., etc.
Enfin, Mr. je crois que vous tentez de donner une version totalement déformée de la question. VOUS SAUREZ POURQUOI... Moi, je peux l´imaginer.
Vous parlez d´égoïsme financier... mais vous ne disez que l´état espagnol emporte de la Catalogne entre 12 et 16.000.000.000 € par an tandis que restreint les inversions en infrastructures vitales (freine, per exemple, la construction de l´axe méditérranéen et l´accés ferroviaire au port de BCN), etc.
Maintenant, le gobierno veut asphyxier le gouvernement catalan pour faire tomber la majorité indépendantiste. Majorité légale et démocratique, ne l´oubliez pas!.
Vous croyez que, si la Catalogne a tenté dépuis 300 ANS de récupérer sa souveraineté est pour caprice? Pour égoïsme?
Réponse de le 24/11/2015 à 0:19 :
Espagnoliser la catalogne, bien sûr; je ne nie pas que ces propos ont été tenu.
Par contre ce que vous ne dîtes pas, c'est que les classes maternelles et de primaires apprennent en premier aux enfants à parler catalans.... on a vu pire pour tenter de faire vivre une langue régional. Imaginable en France? Je ne pense pas; Ce ne sont pas les école d'Iwan en Bretagne qui vont soutenir la comparaison.
De plus, la catalogne a ses propres jours fériés, comme le 11 septembre, jour régional de Catalogne, jour de l'annexion à l'Espagne. Entre nous, maintenir un état d'esprit de victimisation, on a connu mieux pour exalter sa propre histoire #avispersonnel
D'un point de vue économique, l'état d'esprit de la Catalogne s'inscrit dans la même mouvance que la ligue du nord en Italie, "Ras le bol de payer pour les flemmards du Sud". Avant 1992, personne n'en avait rien à faire de Barcelone; c'est une ville qui s'est inscrit dans la modernité depuis les JO payés par....tous les espagnols. Et lors dans 25 années de rattrapages économiques, on entendait relativement peu les indépendantistes. Certes, les partisans de l'autonomie, tout comme les basques ou les andalous... Les Catalans n'ont rien de plus rien de moins!!!
Alors certes, la Catalans payent plus que les gens du sud, mais finalement n'est-ce pas le propre d'une démocratie avec une certaine dose de solidarité face aux difficultés économiques. Un peu comme l'impôts, les riches payent plus.... pour financer des programmes sociaux (dans un monde idéal et non corrompu bien entendu).

Et parlons-en de l'UE, Il est juste insupportable d'entendre les indépendantistes promettre la cession d'un état pour intégrer une communauté d'état. Primo, vous présenteriez votre candidature en ayant fait preuve de peu de solidarité vis à vis de l’Espagne. Hors l'UE, c'est un peu comme une équipe, on gagne ensemble, on perd ensemble... malgré quelques fortes têtes comme l'Allemagne. Et que chouineriez vous à l'UE? Que votre région est en difficulté économique et que vous devez donc recevoir plus que votre contribution???? En tant que Francais, j'espère que pas un seul de mes euro viendra financer votre boulette.
De plus, pour être adhéré, il vous faudra un accord à l’unanimité, hors, jamais l’Angleterre ne vous l'accordera; par trop grande crainte de donner des munitions aux indépendantistes écossais.
De plus la généralitat actuelle n'est qu'un trompe l'oeil. Alors certes vous avez la majorité des députés mais avec + ou - 47% des voix. Je reconnais que c'est un score impressionnant. Mais c'est tout de même assez ironique de voir une minorité qui souhaite se revendiquer comme étant un exemple de démocratie face à l'état corrompu espagnol imposer ses idées(certes, ce dernier point sur la corruption est un vrai problème je vous l'accorde).
D'un point de vue historique, la Savoie annexée en 1860, le ralliement politique de la Bretagne après 1000 ans d'autonomie en 1500 n'ont rien à envier à la Catalogne annexée en 1714 (langue, coutumes, folklore,...).

L'herbe n'est pas plus verte ailleurs, les catalans donnent surtout le sentiment d'enfants gâtes,

De la part d'un français, qui se revendique aussi bien d'être Breton et vivant à .... Barcelone
Réponse de le 24/11/2015 à 0:27 :
Chère Laura,
Votre réponse est digne d'être publiée dans les journaux régionaux catalans. Vous vous adressez à des lecteurs du "LaTribune". Premièrement, pourquoi n'expliquez-vous pas à Bruno vos réelles convictions ? Bruno devrait savoir que la Catalogne ne s'intéresse plus à l'Espagne depuis que les fonds européens sont partis en Europe de l'Est (2011). Auparavant, l'Espagne avait le support de EU pour environ 30.000.000 €/an (infrastructures ...) + 5.000.000 €/an pour la promotion des régions (culture, langue ...). La Catalogne et le Pays Basque ont profité indirectement de ces fonds compte tenu de l'industrialisation du nord de l'Espagne. Commencez donc par rembourser les Européens qui suite à votre entrée dans l'Union, vous a permis de ne plus être un pays du tiers monde. Deuxièmement, expliquez bien à Bruno, quel est le niveau d'Espagnol des jeunes catalans aujourd'hui ! Vous parlez d'une langue placée au rang 88 au niveau mondial contre l'une des principales langues parlées sur cette planète. Vous rendez-vous compte de cette richesse qui est naturelle chez vous. Vous osez vous comparez au Valencien ! Sachez que n'avez rien à voir avec la culture valencienne. Si vous avez un doute, allez faire un petit tour dans cette charmante région. A priori, votre deuxième étape, serait de parler des Catalans en France. Ne rêvez pas, ils ont déjà fait les comptes et la France restera la meilleure option. Cela fait 4 ans que vous évitez de voir les choses en face, 52% des Catalans ne souhaitent pas quitter l'Espagne et ne vous cachez pas derrière le nombre de sièges qui est un calcul qui favorise plus une petite ville de Catalogne qu'un vote d'un Barcelonais. J'avoue ne pas comprendre le futur que vous souhaitez à vos enfants.
Maintenant, pour revenir à l'article de LaTribune, il serait intéressant d'analyser les conséquences de cet acharnement stupide indépendantiste qui ne tient pas compte de ces sociétés qui quittent en masse le sol catalan (683 à ce jour) et des notations (Fitch) qui n'ont rien à voir avec Rajoy mais bien avec Mas.
J'espère que les gens comme vous, cesseront l'intoxication, respecteront la démocratie (les 52% de Catalans) et enfin n'encourageront plus la corruption sous prétexte que Madrid use des mêmes pratiques. Que voulez-vous faire d'une Catalogne indépendante ? hors de l'Europe ? un gigantesque puticlub ? un Las Vegas ? Ce ne sont pas vos industries qui vont vous le permettre ... Vous osez vous comparez au Luxembourg ou à la Suisse ... Jolie rêve, vous oubliez que ces petits pays maitrisent à la perfection entre 3 et 4 langues européennes !!! à méditer. De grâce, par pur respect de la Démocratie, demandez à vos copains indépendantistes de retirer ces drapeaux accrochés sur les balcons. Cela me rappelle trop les années noires que nous avons vécu en Europe le siècle dernier. Un amoureux de la Catalogne !!! Bonne soirée Laura.
Réponse de le 24/11/2015 à 8:14 :
@Paula : l'Espagne, contrairement à la jacobine France, a ratifié la charte des langues régionales et l'usage du catalan ne pose aucun problème ; à vrai dire, un peu comme en Flandre où le français a quasiment disparu de l'espace public, le castillan a été exclu de l'espace public en Catalogne. Nul ne songe non plus à retirer Gaudi, Miro ou Dali à la Catalogne. Maintenant arrêtons de larmoyer sur le soi-disant étranglement financier de la Catalogne, ce que l'Espagne fait c'est de refuser d'emprunter sans conditions pour une région qui se veut sécessionniste, point barre. A la Catalogne, si elle le veut, d'emprunter directement, bon courage, ses obligations étant considérées comme des "junk bonds" et ses entreprises votant avec leurs pieds contre l'indépendance. De toutes façons, bien qu'ayant obtenu une majorité de parlementaires grâce au système électoral (majorité improbable puisqu'une partie de celle-ci, la CUP, comme toutes les extrêmes gauches, n'a qu'une politique, la politique du pire, et en Catalogne c'est l'indépendance qui est la politique du pire), les partis indépendantistes n'ont PAS obtenu une majorité des voix. C'est dire qu'ils n'ont PAS la légitimité nécessaire pour engager un bouleversement profond comme l'indépendance.
Réponse de le 24/11/2015 à 13:55 :
L'indépendance de la Catalogne ne se résume pas à gérer les coutumes, la langue et le folklore. Encore qu'il y aurait bien à dire sur la langue que Madrid essaie d'étouffer, mais bon. Ça c'est la vision totalitaire de l'autonomie. Ça me rappelle les reportages en noir et blanc où on voyait Pétain assister à des fêtes où il admirait les danses régionales, ou Franco visitant un village où il recevait un bouquet de fleurs de la miss régionale ou de la petite fille du maire. Tous les dictateurs ont encouragé ce genre de manifestations. Ça fait "près du peuple" ou "je vous ai compris, je suis des vôtres".
A part ça, on interdit à la Catalogne de choisir ses dépenses, et je ne parle pas de l'actuel décret. L'asphyxie financière ne date pas d'aujourd'hui. Comment peut-on accepter que la balance financière soit de 16 milliards, que le FLA soit à rembourser avec intérêts, que toutes les initiatives catalanes soient contrecarrées par des décisions de Madrid ou des décrets du T.C. ? Et ils ont le cynisme d'affirmer que l'Espagne est le pays le plus décentralisé. Il n'y a que les imbéciles qui croient ça. Et il y en a, malheureusement.
a écrit le 23/11/2015 à 19:01 :
Votre article résume l'état d'esprit du PP envers la Catalogne:l'asphyxie économique,culturelle ,politique..Rajoy n'a aucune volonté de négocier .Il veut détruire la Catalogne .Problème:il ne dispose la bas que d 11 députés sur 135. Meme si on rajoute les 25 de Ciudadanos qui sont ,a priori,des centralistes,cela ne fait que 27% des députés catalans favorables à moins de pouvoir pour la Catalogne. C'est Rajoy qui mène a la division de l'Espagne.Il le paiera très cher.
Réponse de le 24/11/2015 à 18:56 :
et bien ...r.d.vous ...le 20 Decembre alors ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :