Chine : la banque centrale baisse ses taux

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La banque centrale chinoise veut soutenir l'activité
La banque centrale chinoise veut soutenir l'activité (Crédits : © Petar Kujundzic / Reuters)
Les autorités monétaires chinoises ont baissé de 25 points de base les taux à un an, mais ont aussi réduit le taux de dépôts et le montant des réserves obligatoires. Le but : soutenir l'activité.

Le mouvement était attendu après la publication des derniers chiffres de la croissance chinoise. La banque centrale de Chine a abaissé son taux pour les opérations de refinancement à un an de 4,6 % à 4,35 %. La décision sera effective dès demain samedi 24 octobre. Le taux de dépôt à un an a également été abaissé de 1,75 % à 1,5 % afin de décourager les banques de laisser leurs réserves dormir auprès de la Banque Populaire de Chine (BPC). Enfin, parallèlement, les autorités monétaires chinoises ont réduit de 0,5 point le taux de réserves obligatoires des banques à 17,5 %, avec, pour certains établissements, un abaissement supplémentaire de 0,5 point.

Stopper la tendance déflationniste

Ces mesures sont logiques après la publication de la croissance du PIB chinois au deuxième trimestre qui s'est situé à 6,9 %, soit en dessous du seuil symbolique de 7 %. La BPC avait fait savoir ces dernières semaines qu'elle était prête à soutenir davantage l'économie.

Les mesures annoncées ce vendredi 23 octobre ont pour ambition de relancer les prêts à l'économie dans deux directions : soutenir le processus de rééquilibrage de l'économie vers la consommation des ménages et stopper la tendance profondément déflationniste de plusieurs industries en surproduction.

Un rééquilibrage avec de la casse probable dans l'industrie

Le ralentissement chinois s'inscrit dans un processus plus large de rééquilibrage de la croissance chinoise qui tente de moins dépendre de ses industries exportatrices. Au deuxième trimestre, la croissance a été soutenue par la consommation et le secteur des services.

Une telle transformation ne peut se produire sans casse dans un secteur industriel où, souvent, les investissements ont été trop importants et ont provoqué une surcapacité.

La tâche de la Fed rendue plus malaisée

Avec ces mesures importantes, la BPC entend envoyer un message aux agents économiques : l'économie chinoise sera soutenue de façon déterminée. Il est donc possible que la banque centrale intervienne encore dans l'ancien Empire du Milieu.

Après l'annonce de la BCE, hier, les soutiens monétaires à l'activité se multiplient. Ceci ne manquera pas de rendre encore plus malaisée la tâche de la Fed, qui est engagée dans un processus inverse.

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Commentaires
a écrit le 24/10/2015 à 11:01 :
On nous vante les bienfaits d'investir en bourse pour soutenir les entreprises. Hors, plus les épargnants chinois spéculent en bourse, plus leur économie ralentie. Un économiste éclairé (voir illuminé...) pourrait-il nous éclairer sur ce phénomène.
Réponse de le 24/10/2015 à 15:01 :
Hors sujet. Plus les épargnants chinois mangent du chocolat, plus leur économie ralentie. Un économiste éclairé (voir illuminé...) pourrait-il nous éclairer sur ce phénomène. Tu vois, on peut le faire sur n'importe quoi.
a écrit le 24/10/2015 à 9:05 :
La chine n'est plus le Far-Est !
a écrit le 23/10/2015 à 19:01 :
"la tâche de la Fed, qui est engagée dans un processus inverse." . Et vous avez rêvé ça où..??
a écrit le 23/10/2015 à 17:17 :
Un petit signe mais ô combien éloquent. Les conditions négociées au développement de la Chine comportaient probablement un environnement économique dynamique ou un serpent monétaire stable, pour les pays occidentaux et le Japon tout du moins. Face à la modification de ces variables la Chine entend faire savoir qu'elle souhaite modérer ses propres engagements. Cette intention comporte des risque pour elle-même mais autant pour le développement occidental. Le concept de l'interpénétration est ainsi mis à mal. Les pressions chinoises sur les économies étrangères ont mis ces dernières à genoux de telle sorte que les débouchés espérés n'existent plus ou nécessitent d'importants soutiens qui affaiblissent devises et gains envisagés. Il faut donc moins interpénétrer et donc réguler. Cependant cette notion s'accommode mal du soft power économique au travers duquel chacun comptait tirer, à son profit, les marrons du feu et l'on sait bien que tout le monde ne peut être gagnant. De ce point de vue la France qui a le moins "interpénétré" parmi les grands pays garde des cartouches de retard et donc une position relativement favorable. La période régressive, largement prévisible, durera malgré tout encore au moins 6 ans avant que nous ne puissions en récupérer l'avantage. Les américains eux devront négocier au mieux l'atterrissage périlleux qui s'annonce pour leur économie. Le sort du Japon reste lui extrêmement complexe pour ne pas dire désespéré. Il devient ainsi indispensable, au moins, que le reste du monde prenne le relais et que COP21 ou régulation permettent aux multiples devises de s'apprécier.

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