Dette grecque : les intérêts ont rapporté 8 milliards d'euros aux banques centrales

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C'est une question politique relevant des Etats membres de la zone euro, et pas de la BCE ni des banques centrales nationales, souligne Mario Draghi dans un courrier à un eurodéputé grec.
C'est une question politique "relevant des Etats membres de la zone euro", et pas de la BCE ni des banques centrales nationales, souligne Mario Draghi dans un courrier à un eurodéputé grec. (Crédits : Reuters Yannis Behrakis)
Durant la crise, les banques centrales des pays de la zone euro ont acheté des titres de la dette grecque. Les bénéfices réalisés devaient être reversés à l'Etat, mais Athènes n'a jamais vu la couleur d'une partie de ces sommes.

Les obligations grecques achetées par les banques centrales de la zone euro pour alléger la dette du pays leur ont rapporté 7,8 milliards d'euros d'intérêts entre 2012 et 2016, selon la Banque centrale européenne (BCE).

La destination de cette somme, révélée mardi dans une lettre du président de la BCE Mario Draghi à l'eurodéputé grec Nikolaos Chountis, reste en partie mystérieuse, alors que l'Eurogroupe avait initialement promis de la reverser à la Grèce. C'est une question politique "relevant des Etats membres de la zone euro", et pas de la BCE ni des banques centrales nationales, souligne Mario Draghi dans son courrier.

4,3 milliards d'euros transférés à la Grèce de 2012 à 2016

Sur décision de l'Eurogroupe en février 2012, les pays de la zone euro ont d'abord transmis à la Grèce les montants "équivalents à la part réalisée par leur banque centrale dans le portefeuille d'obligations grecques", explique le président de la BCE.

Problème, Athènes n'a jamais vu la couleur d'une partie des 7,8 milliards d'euros de bénéfices réalisés sur les quelque 35 milliards d'euros de titres souverains grecs achetés jusqu'en 2011, dans le cadre du programme dit "SMP".

Parallèlement, l'Etat grec a reçu les intérêts réalisés dans le cadre d'un programme d'achat de titres propre à la Banque nationale du pays (ANFA). Mais la banque centrale grecque affirmait mercredi à l'AFP "ne pas disposer des chiffres".

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a affirmé le 6 septembre dernier que 4,3 milliards d'euros avaient été transférés à la Grèce de 2012 à 2016 au titre des programmes SMP et ANFA, sans distinction entre les deux. Mais seules les années 2013 et 2014 intègrent des transferts d'Etats membres autres que la Grèce, a-t-il précisé, alors que les autres concernent des sommes versées par la Banque de Grèce à son gouvernement.

| Lire aussi : la crise grecque a rapporté plus de 1 milliard d'euros aux finances allemandes

Mécanisme de stabilité

Pour compliquer le tableau, un montant de 1,8 milliard d'euros au titre de l'année 2014 reste bloqué dans le compte de séquestre créé en 2012 au sein du mécanisme de secours MES pour rembourser directement des échéances de la dette colossale du pays. A condition que le pays s'engage en même temps à mener d'importantes réformes attendues de ses créanciers publics.

Cet arrangement donnant-donnant a volé en éclats en juin 2015, lorsque l'Eurogroupe a décidé de geler les transferts de bénéfices liés au programme SMP, en plein bras de fer avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Face aux efforts entrepris par le nouveau gouvernement grec, l'Eurogroupe a annoncé, en juin dernier qu'il reprendrait le transfert des bénéfices à Athènes, mais en remontant seulement au début de l'année 2017.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 17/10/2017 à 11:51 :
Une excellente démonstration qu’en titrisant de la dette, on arrive à gagner beaucoup. Pas pour rien que les banques continuent à prêter aux états, entre autre. Tout cela existe depuis bien longtemps, que ceux qui s’inquiètent pour notre dette, ou utilisent cet argument pour justifier je ne sais quelle mesure de redressement économique, se renseignent un peu.Un exemple de plus de la financiarisation de l’économie héritée des années 80.
a écrit le 13/10/2017 à 20:55 :
Et nous ça nous rapporte quoi quand les argentiers jouent avec nos salaires (déposés en banque) et notre épargne sur les marchés?
a écrit le 13/10/2017 à 14:14 :
La BCE pratique un véritable chantage sur le peuple grec, ce qu'explique bien ici Eric Toussaint sur RTS : https://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/8974454-la-crise-grecque-a-rapporte-7-8-milliards-d-euros-a-la-banque-centrale-europeenne.html
a écrit le 13/10/2017 à 8:12 :
Un accord prévoit que les intérêts doivent être reversés à la Grèce. Si certains, dont la France coutumière du fait, ne respectent pas leur signature, il y a rupture de contrat et c'est anormal :-)
a écrit le 13/10/2017 à 6:47 :
Du parlement européen ils sont employés après leurs mandat part leS grandes banques Goldman sache ? Comme barroso Belle démocraties ?
a écrit le 12/10/2017 à 18:55 :
Je ne sais pas si cela a rapporté de l'argent aux banques centrales mais ce qui est certain c'est que les Etats (dont nous) sont passés à la caisse à de nombreuses reprises pour renflouer la Grèce et que probablement, on ne reverra jamais notre argent.
Cordialement
Réponse de le 13/10/2017 à 13:21 :
@Bernardino, si tu prêtes de l'argent à personne sachant qu'elle sera incapable de te rembourser, c'est ta responsabilité.

Autre exemple, une banque prête à un ménage sachant qu'il est surendetté ou une somme supérieur à sa capacité d'emprunt, en cas de défaut de paiement, devant un tribunal, le ménage ne sera pas tenu de rembourser son emprunt, la responsabilité de la banque est engagée dans la situation de surendettement du ménage.

Dans le cas de la Grèce, non seulement l'Eurogroupe a prêté à la Grèce sachant les difficultés qu'elle aurait à rembourser ses emprunts voire l'impossibilité mais en plus l'Eurogroupe a réduit les capacités de remboursement de la Grèce de par les différentes mesures d'austérités qui lui ont été imposées.

A plus d'un titre, la dette grecque est illégale, illégitime, insoutenable et odieuse.

Et puis, depuis le début de la crise, la Grèce n'a jamais fait défaut aux remboursements des prêts que l'Eurogroupe et le FMI lui ont consentis, la preuve en est les milliards d'euro de bénéfices que la BCE et le FMI ont engranger.
Réponse de le 13/10/2017 à 13:34 :
Votre com’ est totalement faux et mensonger ! Etes-vous ignorant à ce point ou êtes-vous tellement manipulé par la dictature de la pensée unique soigneusement véhiculée par des medias (français notamment) qui ne sont plus que de vulgaires organes de propagande ? Jusqu’à présent, les soi-disant « aides » à la Grèce qui ont d’ailleurs été imposées de force à ce pays n’ont pas coûté un seul centime d’euro ni à la bce, ni au fmi, ni aux états membres de la zone euro. Que du contraire ! Jusqu’à aujourd’hui, la bce a engrangé un fabuleux trésor de guerre sur le dos des Grecs et plusieurs états membres de la ze, France en tête, en tirent un profit maximum. Après tout, selon la version désormais officielle et incontestée reprise notamment dans plusieurs rapports du fmi, les « aides » à la Grèce – imposées notamment par un eurogroupe qui ne repose sur aucune base légale ou juridique et dont les décisions n’ont donc aucune valeur légale – n’ont été imposées à ce pays que dans le seul et unique but de sauver une fois de plus les banques françaises gérées par des incompétents et au bord de la faillite. En outre, comme le démontre la jurisprudence internationale que vous semblez méconnaître, la Grèce n’a absolument aucun devoir de remboursement vis-à-vis de n’importe quel créancier. Si les Grecs continuent à rembourser au centuple des « aides » qui n’arrivent d’ailleurs dans le pays qu’à hauteur de moins de 15 % (les 85 % autres pourcents étant détournés par les créanciers avant que les sommes arrivent en Grèce), c’est parce qu’ils sont pleins de bonne volonté, moins fraudeurs que les français (plus de 75 % des Grecs sont prélevés à la source sont possibilité de fraude fiscale ; on en est loin en France) et beaucoup plus courageux que les français ou les allemands notamment (voir les chiffres officiels de l’ocde). Si quelqu’un ne voit pas l’argent qui lui est dû, c’est bien l’état grec ; les parasites, profiteurs, mafieux et voleurs – qui se situent plus à Francfort, Paris ou Bruxelles qu’à Athènes - étant passés par là.
Réponse de le 13/10/2017 à 13:36 :
@Vassilis: "une banque prête à un ménage sachant qu'il est surendetté". Euh, t'as des exemples concrets, car d'après ce que je crois comprendre, les banques ont du mal à prêter en général ces temps-ci et à fortiori à des gens qu'elles savent dans la mouise :-)
Réponse de le 13/10/2017 à 13:37 :
Votre com’ est totalement faux et mensonger ! Etes-vous ignorant à ce point ou êtes-vous tellement manipulé par la dictature de la pensée unique soigneusement véhiculée par des medias (français notamment) qui ne sont plus que de vulgaires organes de propagande ? Jusqu’à présent, les soi-disant « aides » à la Grèce qui ont d’ailleurs été imposées de force à ce pays n’ont pas coûté un seul centime d’euro ni à la bce, ni au fmi, ni aux états membres de la zone euro. Que du contraire ! Jusqu’à aujourd’hui, la bce a engrangé un fabuleux trésor de guerre sur le dos des Grecs et plusieurs états membres de la ze, France en tête, en tirent un profit maximum. Après tout, selon la version désormais officielle et incontestée reprise notamment dans plusieurs rapports du fmi, les « aides » à la Grèce – imposées notamment par un eurogroupe qui ne repose sur aucune base légale ou juridique et dont les décisions n’ont donc aucune valeur légale – n’ont été imposées à ce pays que dans le seul et unique but de sauver une fois de plus les banques françaises gérées par des incompétents et au bord de la faillite. En outre, comme le démontre la jurisprudence internationale que vous semblez méconnaître, la Grèce n’a absolument aucun devoir de remboursement vis-à-vis de n’importe quel créancier. Si les Grecs continuent à rembourser au centuple des « aides » qui n’arrivent d’ailleurs dans le pays qu’à hauteur de moins de 15 % (les 85 % autres pourcents étant détournés par les créanciers avant que les sommes arrivent en Grèce), c’est parce qu’ils sont pleins de bonne volonté, moins fraudeurs que les français (plus de 75 % des Grecs sont prélevés à la source sont possibilité de fraude fiscale ; on en est loin en France) et beaucoup plus courageux que les français ou les allemands notamment (voir les chiffres officiels de l’ocde). Si quelqu’un ne voit pas l’argent qui lui est dû, c’est bien l’état grec ; les parasites, profiteurs, mafieux et voleurs – qui se situent plus à Francfort, Paris ou Bruxelles qu’à Athènes - étant passés par là.
Réponse de le 13/10/2017 à 15:33 :
@patrick ton ignorance n'a d'égal que ton insolence. Les banques sont justement responsable de la crise notamment pour avoir prêté à tout va ...
a écrit le 12/10/2017 à 18:45 :
Cette union c’est vraiment n’importe toi , il faut une constitution pour mieux pratiquer leur tour de passe passe entre les pays membres de l’union... encore une salade «  entre- eux ».
a écrit le 12/10/2017 à 17:09 :
"Athènes n'a jamais vu la couleur d'une partie des 7,8 milliards d'euros de bénéfices réalisés"

Mesquin mais pas étonnant.
Réponse de le 13/10/2017 à 17:02 :
L'UE a versé via le MES dans les 100 Md€ à la grèce. Alors je sais pas qui est mesquin, mais pleurer car ils ont payés 8 Md€ d'intérêt c'est abscon.
Imaginez vous me donnez 100, je vous reverse 8 et je vous engueule au passage en vous disant que vous m'avez volé 8 ? C"est une blague;
Réponse de le 15/10/2017 à 19:28 :
Vous voudriez dire qu'il ne faudrait pas suivre les règles que l'UE à elle même faites ?

C'est donc déjà l'anarchie totale et personne ne m'a rien dit ?

"Échelle de mesure pour tous les jours: Nous nous tromperons rarement en associant nos actes les plus courageux à la vanité, les plus médiocres à l'habitude et les plus mesquins à la peur." Nietzsche

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