Elections en Slovaquie : comment Bruxelles a favorisé l'euro-scepticisme

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Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a subi une lourde défaite samedi.
Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a subi une lourde défaite samedi. (Crédits : Reuters)
Les élections slovaques de samedi 5 mars ont clairement favorisé les partis de droite eurosceptique. Un résultat auquel les politiques européennes ne sont pas étrangères. Et pas seulement sur la question migratoire.

Les élections parlementaires slovaques qui se sont tenues samedi 5 mars sont une nouvelle gifle pour l'Europe telle qu'elle fonctionne actuellement. En Slovaquie, comme en Irlande une semaine plus tôt, le système politique traditionnel a éclaté. Mais alors qu'en Irlande, on a connu un basculement vers la gauche, la Slovaquie a connu un fort basculement vers la droite eurosceptique.

La défaite du « centre-gauche »

Ainsi, le parti du Premier ministre sortant Robert Fico, le Smer, considéré comme « social-démocrate » (mais à la rhétorique très nationaliste) est passé de 44 % des voix en 2012 à 28 % des voix. Le grand vainqueur du scrutin est le parti Liberté et Solidarité (SaS) qui arrive deuxième en doublant son score avec 12,3 % des voix. SaS est un parti marqué par le libertarisme étatsunien, qui, en 2012, avait fait chuter le gouvernement en votant contre toute « aide » à la Grèce. Il est talonné par un parti assez proche, quoique plus conservateur, Oľano (« gens ordinaires ») qui obtient 11%.

La victoire des partis xénophobes

Viennent ensuite des partis ouvertement xénophobes. D'abord, le Parti national slovaque (SNS), à 8,5 % (+4,1 points), allié de l'UKIP britannique au parlement européen, ouvertement nationaliste. Ensuite, Kotleba-ĽSNS, un parti ouvertement fascisant, allié des néo-nazis allemands du NPD et grecs d'Aube Dorée, qui obtiennent - à la surprise générale - 8 % des voix, plus de 6 points de plus qu'en 2012. Enfin, le parti Sme Rodina, de l'homme d'affaires Boris Kollár, qui entre au parlement avec 6,6 % des voix et qui, lui aussi, a une rhétorique nationaliste.

La disparition de la droite pro-européenne

Cinq des huit partis du parlement - représentant 80 des 150 sièges du parlement - sont désormais clairement eurosceptiques, à des degrés différents et pour des raisons différentes. Mais la droite pro-européenne membre du Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker ou à l'alliance des Libéraux (ALDE) subissent une cuisante défaite. Si le parti de la minorité hongroise, Most-HID, membre du PPE, maintient ses positions en tant que représentants des Magyars de Slovaquie, avec 6,4 % des voix, les Chrétiens-démocrates du KDH, membre du PPE et deuxième parti du pays en 2012, ont obtenu moins des 5 % des voix nécessaires à l'entrée au parlement. Celui qui devait prendre le relais de l'opposition de centre-droit, le parti Sieť (Réseau), membre de l'ALDE, n'a obtenu que 6 % des voix, moins de la moitié que ce que les sondages lui prédisaient.

La campagne anti-migrants de Robert Fico, raison première du désastre

Comment comprendre ces résultats ? D'abord, c'est le fruit de la campagne de Robert Fico, centrée sur la question des réfugiés et sur son refus de participer aux quotas de redéploiement des migrants en Slovaquie. En focalisant sa campagne sur ce terrain, le Smer a alimenté le nationalisme. Sauf qu'à ce petit jeu, Robert Fico s'est rapidement fait débordé sur sa droite et a clairement ouvert la voie à une extrême-droite qui a pu dénoncer la participation du gouvernement à la gestion de la crise des réfugiés en Europe. Mais la faute de Robert Fico est aussi la faute de l'Europe.

Les Européens ont permis la campagne de Fico

D'abord parce que les Européens ont laissé la rhétorique anti-migrants de Robert Fico se développer. Le Premier ministre slovaque a pu appuyer son discours sur des réalités : le refus partagé par les autres pays d'Europe centrale (Pologne, République tchèque, Hongrie) de respecter les quotas, mais aussi la décision de l'Autriche de limiter les entrées le 19 février dernier qui a singulièrement rapproché Bratislava et Vienne. Robert Fico a alors pu défendre l'idée d'une Angela Merkel isolée et d'un front « du refus » des quotas dominants en Europe. D'autant que certains pays d'Europe occidentale, à commencer par la France, se sont montrés fort peu pressés d'accepter des réfugiés. Pourquoi Robert Fico aurait-il alors accepté ces quotas et pourquoi n'aurait-il pas fait de ce refus son principal élément de bilan ? Mais, on l'a vu, cette stratégie s'est révélée très périlleuse.

L'absence de réaction des Sociaux-démocrates européens

En passant, on soulignera la responsabilité de la social-démocratie européenne. Malgré des appels répétés, malgré une alliance du Smer avec le SNS, malgré une rhétorique de plus en plus nationaliste, le parti socialiste européen (PSE) n'a jamais voulu sanctionner le parti de Robert Fico. En octobre dernier, le Smer s'était contenté d'assurer son « engagement avec les valeurs du PSE. » Mais ce manque de vigilance des socialistes européens a été un des éléments qui n'ont pas freiné le premier ministre slovaque. Et qui, partant, ont alimenté son discours anti-migrants. Moyennant quoi, le PSE a subi ce samedi une nouvelle défaite électorale cuisante, une semaine après l'effondrement du Labour irlandais.

Quelles « valeurs communes » ?

Evidemment, ce désastre électoral slovaque traduit également l'absence de vraie gestion de la crise migratoire. Lorsqu'Angela Merkel a accepté d'ouvrir les frontières en espérant une solidarité européenne, elle a clairement surestimé l'engagement européen des pays d'Europe centrale et sous-estimé leur nationalisme latent. Du coup, l'ouverture des frontières allemandes a conduit à une clôture des frontières de ses pays dont les populations se sont clairement renfermées sur eux-mêmes. Peu importe que ces pays, à la démographie déclinante, figurent parmi ceux qui ont le plus a gagné de l'immigration, peu importe aussi qu'ils sont ceux qui ont le moins d'immigrés sur leur sol : le fait est qu'ils ne semblent pas prêts à accepter des immigrés du Moyen-Orient. Pour les Slovaques, comme pour les Polonais ou les Hongrois, l'accueil des migrants ne fait pas partie des valeurs européennes. Ceci soulève donc une question assez brûlante : celle des « valeurs communes » à l'Europe. Angela Merkel a cru que l'accueil des migrants faisait partie de ces valeurs. Les électeurs slovaques se sont empressés de lui démontrer le contraire.

Le refus de la solidarité européenne

Avec le recul, il est donc sans doute temps de réfléchir au bilan de cette intégration. Au-delà des chiffres idylliques de croissance, ces élections slovaques, comme les élections polonaises l'automne dernier, viennent prouver que le bilan de l'élargissement de 2004 est en demi-teinte. Les transferts financiers et les délocalisations industrielles vers ces pays n'ont mis fin au nationalisme latent dans ces pays. La crise économique et celle des migrants l'a rapidement réveillé. Certes, l'Europe centrale n'est pas un cas unique : la xénophobie connaît une expansion à l'ouest et au nord du continent. Mais il y a dans cette région un vrai paradoxe : elle a considérablement profité de l'intégration européenne, mais elle recule devant tout acte de solidarité européenne. On peut se contenter de se lamenter sur cette version unilatérale de l'engagement européen de ces pays, qui seraient prêts à recevoir mais pas à donner. Mais il convient aussi de se souvenir de quelques réalités.

La croissance ne pourvoit pas à tout

D'abord, l'erreur de l'Europe qui a cru que la croissance pourvoirait à tout et assurerait le succès de l'esprit européen. Mais c'est oublier quelques éléments. Cette croissance de 4 % entre 2001 et 2011 a un revers : elle s'est faite aux prix de « réformes » qui ont détruit un peu partout l'Etat social. Ceux qui défendent ces politiques en faisaient d'ailleurs des modèles « d'adaptation » et « d'efforts » qui ont payé. Mais parmi les raisons du rejet du Smer ce 5 mars, les électeurs citaient, outre la question des migrants, le mauvais état des systèmes scolaires et médicaux et des infrastructures. La Slovaquie fière qui donnait des leçons budgétaires à la Grèce en 2015 souffre également d'un sous-investissement public constant. La défaite du Smer est aussi la défaite de la social-démocratie convertie à l'austérité.

D'autant que la croissance slovaque est très inégalitaire. Un seul chiffre permettra de le prouver. Au classement régional des PIB par habitant d'Eurostat, la région de Bratislava arrive en sixième position avec un PIB par habitant supérieur à 86 % de la moyenne de l'UE, soit plus que la Bavière et l'Île de France. Mais les trois autres régions slovaques se situent à un niveau inférieur de 28 % à 49 % à cette moyenne. Par ailleurs, malgré la croissance, le chômage reste élevé : 10,8 % de la population active, traduisant le fait qu'une part des actifs, souvent issus des industries traditionnelles « liquidées » par la modernisation, mais aussi des minorités, comme les Roms, ne profitent guère de la croissance.

Les dividendes de la crise grecque

Le modèle de croissance promu par l'Europe a donc son revers qui de plus en plus insupportable pour les citoyens slovaques qui, rejet logique du communisme oblige, se tourne vers l'extrême-droite pour tenter de trouver des solutions. Et là encore, la responsabilité de l'Europe n'est pas nulle. Lors de la crise de la zone euro, et particulièrement lors de la crise grecque de l'an passé, l'Allemagne, la France et les institutions européennes ont utilisé la Slovaquie comme contre-exemple de la lutte contre Alexis Tsipras. Il s'agissait de mettre en avant le modèle slovaque de réformes et de modernité contre l'archaïsme et la mauvaise volonté grecque, en oubliant l'apport de l'UE dans la croissance slovaque. Le gouvernement slovaque a pris ce rôle - qui le flattait fort - très au sérieux. Son ministre des Finances, Petr Kažimír, a été un des plus violents contre la Grèce. Mais c'était un jeu dangereux : on flattait ainsi le nationalisme slovaque et on encourageait son refus de solidarité.

Le jeu dangereux de Berlin en 2015

Berlin, qui avait allumé la mèche, vient, ce samedi, de constater les conséquences de ce jeu dangereux. Le deuxième parti du pays, le SaS est un parti qui s'oppose à toute forme de solidarité interne à la zone euro comme il l'a prouvé en 2012 en rejetant l'aide à la Grèce. C'est le parti qui assume pleinement le discours de Petr Kažimír. Les électeurs slovaques se sont montrés logiques : flattés l'an dernier dans leur « supériorité » supposée vis-à-vis du sud de l'Europe, ils ont choisi un parti qui assurera une politique de non solidarité avec cette région. Cet « égoïsme » ne tombe pas du ciel : en 2012, SaS, après son rejet de l'aide à la Grèce, avait perdu 7 points de pourcentage. Il en regagne 6 aujourd'hui.

Logiquement : le gouvernement de Robert Fico, avec l'appui de Wolfgang Schäuble, lui a donné raison l'an passé... Lorsque, lors de la crise grecque, on a encouragé le gouvernement slovaque à tenir un discours méprisant pour un autre peuple, égoïste et « supérieur », on ne doit pas s'étonner de voir ce même gouvernement refuser la solidarité sur les migrants (du reste, le gouvernement a continué à accuser la Grèce sur les migrants) et, in fine, l'extrême-droite investir le parlement de Bratislava.

Au final, le bilan de ces élections slovaques sont désastreuses. Elles rendent le pays ingouvernable et en font un partenaire très difficile pour les Européens de l'ouest. Mais il convient de ne pas oublier que plusieurs erreurs de l'Europe ont conduit à ce désastre. Angela Merkel va sans doute apprendre à ses dépens que s'appuyer en 2015 sur la Slovaquie contre la Grèce pourrait se révéler avoir été une erreur tactique lourde de conséquences.

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Commentaires
a écrit le 08/03/2016 à 15:26 :
L'UE était un projet fantastique pour les générations à venir. Oui, mais voilà, les technocrates, les conflits d'influence, le manque de pédagogie, le langage abscons pour la plupart des Européens utilisé par l'UE et ses représentants. Remuer le tout entre Bruxelles et Strasbourg et vous obtenez un mélange aussi peu agréable à l’œil qu'au goûter. Alors que les Eurosceptiques soient de plus en plus nombreux et que les autres vomissent sur les décisions et indécisions de l'UE est loin d'être étonnant. Que nous réserve la France révolutionnaire?
a écrit le 08/03/2016 à 11:20 :
Cher M Godin, pourriez vous m expliquer comment les migrants actuels sont une chance pour des pays europeens a demographie faible ? La Slovaquie a 10 % de chomeurs. Faut il en faire venir d autres ?
Meme dans un pays comme la RFA ou le chomage est bas, que faites vous d immigrants qui ont un niveau de formation bas, dont certains sont illettres (d apres les allemands c est 20 % des syriens et plus de 50 % des afghans et tres peu sont capable d ecrire en alphabet latin) et qui de toute facon ne parle pas la langue du pays .
et la je ne parle meme pas du probleme culturel ou securitaire (cf cologne)
a écrit le 08/03/2016 à 10:43 :
"Fin de cycle pour la social-démocratie" est le dossier du monde diplomatique du mois de mars qui traite abondamment le sujet.

Les partis sociaux démocrates qui ont permis de manipuler l'opinion publique afin de lui faire croire que le social financier était crédible meurent sous la réalité néolibérale.

Était-ce de la naiveté inculte ou bien une compromission avérée vis à vis du milieu financier afin de nous faire plier à ce régime économique autoritaire ?

Nous ne le saurons jamais une chose est certaine, avec nos socialistes qui malgré macron, je connais l'électorat de droite qui ne votera jamais socialiste et c'est maintenant que je comprends pourquoi, ces gens là disant aux gens de se serrer la ceinture afin d'engraisser les gros plein de frics qui n'en ont pas besoin, vont peut-être faire moins de 10% aux futures présidentielles, cette politique là de bonimenteur n'a plus aucune crédibilité populaire.
a écrit le 08/03/2016 à 9:02 :
Les politiques migratoires sont, partout, des sujets hautement sensibles. Elles touchent à la représentation mentale que chaque peuple se fait de son identité. Elles dépendent des liens historiques, économiques et sociaux que l’histoire a légués à chaque pays. Elles relèvent d’anticipations sur les besoins démographiques qui sont extrêmement variables entre pays européens et sur lesquels il n’y a d’ailleurs presque jamais consensus au sein même de chaque pays. Elles résultent ici ou là de la volonté de certains cercles dirigeants du monde économique d’utiliser cyniquement l’immigration pour peser à la baisse sur le niveau de salaires et de protection sociale des nationaux.

Dans ces conditions, en quoi est-il logique, utile, légitime et pertinent de forcer la France à harmoniser ses positions avec celles des gouvernements letton, finlandais, slovaque, danois, irlandais ou bulgare lorsqu’il s’agit de traiter des questions d’immigration en provenance des pays du Maghreb ou d’Afrique francophone ? Qui ne voit que le principal résultat à attendre d’une telle approche, outre créer des blocages bureaucratiques, est de donner aux questions d’immigration les dimensions d’une confrontation entre le monde blanc et riche de l’Europe et le reste du monde, alimentant ainsi la théorie funeste du Choc des Civilisations
Un parti l' UPR insiste d’ailleurs sur le fait que la prolifération des sujets subalternes est, avec la thématique de « l’Autre Europe », l’un des leurres essentiels mis en avant par les partisans de la construction européenne pour empêcher les Français de s’intéresser au seul sujet qui compte : qui a le pouvoir de décider de quoi ?
Réponse de le 08/03/2016 à 10:24 :
Excellent, je comprends qu' on ostracise ce parti capable de nommer les choses ET qui n'est pas dans la ligne du ..parti !

Imaginez le danger systémique s 'il arrivait au pouvoir..
Réponse de le 08/03/2016 à 10:44 :
ah les obsessions hein...
Réponse de le 08/03/2016 à 17:41 :
@ Grémillon voilà encore l' UPR, pilotée par un énarque qui en dehors des couloirs de cabinets n'a jamais gagné un euro soit avec ses mains soit avec sa sueur et encore moins avec sa tête. Encore un parti fondé par un viré de l'UMP. Un compagnon de route économique du FN ou de son clone le Front de Gauche encore un parti inutile qui et oui encore vient sucer un peu plus de contribuable. Le pouvoir de décider de quoi certainement pas la colonie de vacances de l'UPR. Bon allez @Grémillon soyons honnête vous êtes inutiles, avec quel parti allez vous vous allier pour exister le FN, le Front de Gauche ou Debout la France le fameux Monsieur qui veut donner des leçons à tout le monde avec comme assistante parlementaire son épouse encore un grand profiteur des deniers publics.
a écrit le 08/03/2016 à 8:16 :
Les logés dans les buildings de l’Europe, les politiques dans leurs palais comme l’Elysée ou dans leur bunker comme en Allemagne ne savent plus écouter ne savent plus donner une vision à cette Europe car la politique est devenue une affaire journalière plus aucune vision à moyen et long terme. Le cas des réfugiés est un cas d’école voilà un sujet qui a commencé sérieusement à Lampedusa il y a environ 5 ans pensant des années les politiques européens ont dit à nos amis italiens « démerdez vous » le problème est votre, pas celui de l’Europe puis de dégradations en dégradations nous avons eu le débordement en Grèce la également au début une obligations pour les grecs « démerdez vous » puis le « Bienvenue » en Allemagne, conséquence de petites décisions minables en petites décision forcées les citoyens se disent à juste titre que l’Europe sa commission, son parlement, les politiques nationaux sont débordés et sans solutions pérennes et acceptables par les citoyens du continent. Restent le cri « dehors » et les extrêmes mais en fait les extrêmes ne sont-ils pas aussi les gouvernements européens et nationaux en place, dits démocrates, qui refusent comme les extrêmes d’écouter ceux qui aujourd’hui sont en souffrance et ceux qui ont peur que demain eux aussi soient en souffrance. Alors nos politiques M. Junker le Président du parlement, parlement bien muet d’ailleurs sur ces affaires, mais également M. Hollande Mme Merkel et autres ne sont -ils pas eux aussi des extrémistes puisqu’ils n’écoutent plus leurs citoyens, d’ailleurs sont-ils encore capables de comprendre d’expliquer et surtout de gérer des situations exceptionnelles non car le politique aujourd’hui n’est plus un serviteur de l’Etat Nation ou Etat Europe mais un politique de sondages, de vision à très court terme et un manque cruel de capacité de gouvernance
a écrit le 07/03/2016 à 20:46 :
Cette attitude n'est pas spécifique à l'Europe de l'Est mais au monde entier actuellement, à de rares exceptions près, voir les discours de Trump aux Etats-Unis ou les positions de Poutine en Russie, pays qui a pourtant de quoi accueillir mais qui se sert de ces migrations pour déstabiliser l'Europe. Vue la taille de la Slovaquie son potentiel d'accueil est de toutes façons faible et ce sont les pays plus représentés dans le monde qui ont intérêt à former les nouveaux arrivants tel un investissement pour plus tard comme çà a été souvent le cas de l'Angleterre entre autres.
a écrit le 07/03/2016 à 20:19 :
Pour nuancer cet article. Il est important de comprendre que le sentiment nationaliste pour des pays nouveaux et longtemps sous le joug sovietique ou austrohongrois est un argument qui reussit et marche tres bien. On vit dans ces pays le nationbuilding que l europe de l Ouest a vecu fin XIX et debut XX.

Ensuite, il faut comprendre aussi que les habitants d Europe Centrale qui visitent et travaillent a l Ouest sont choque par le sentimemt d insecurite qu ils assimillent a l immigration non europeene.

Aussi je rappelerai que la Pologne souhaitait il y a peu que les valeurs chretiennes soient celles de l europe. La aussi ils sont choques par les burkas et autres hijab qui selon eux ne fait pas partie de leur vision de l europe.

Donc oui il y a un choc de valeurs entre l Est et l ouest. Ou a l Est on a l impression que les refugies sont mieux lotis que leurs "plombiers" et ou a l ouest on leur reproche leur manque de solidarite et leur cote prude et tres chretiens.

Enfin pour Fico, ces 10 annees de pouvoir quasi continue et son bilan entache de corruption et de clientelisme pesent bien lourd ds le resultat dont il sort malgre tout grand vainqueur (2,5 × + que le 2eme)
a écrit le 07/03/2016 à 18:39 :
L'UE est fondée sur le principe libéral (mercantile) que le bonheur est dans le PIB et que l'immigration massive est souhaitable pour sa croissance (mais pas forcément du PIB/hab).. Au vu des résultats (augmentation des inégalités, chômage croissant, dégradation du milieu de vie et des paysages urbains et ruraux, bétonnage, produits médiocres en quantité au détriment de la qualité,....), beaucoup d'européens ne veulent plus de cette confiscation du pouvoir par des apparatchiks libéraux, aussi fanatiques que les ex-soviétiques. Je connais la Hongrie où la France, avec son plus fort pourcentage de populations immigrées et son économie en berne, est vue comme un repoussoir. Par les migrants aussi!
Réponse de le 08/03/2016 à 11:02 :
Ah c' est pas mal ça, et que fait-on pour changer les choses ?
Réponse de le 08/03/2016 à 14:48 :
@ Léon: on essaie de changer l'UE (peu probable vus les intérêts en jeu) ou on revient à l'Europe des nations, à la carte..
a écrit le 07/03/2016 à 17:25 :
Le tort des européens aurait été de laisser faire la démocratie en Slovaquie, en somme.
Je sais que nous sommes désormais à l'ère post-démocratique:
L'opinion publique doit être rééduquée en permanence pour accepter de laisser le pouvoir aux élites...je crois que je suis rétif à la rééducation. Le système post-démocratique va devoir m'éliminer socialement, en m'accusant de populisme, d'incompétence, ou pire encore.
a écrit le 07/03/2016 à 17:19 :
en clair, il aurait fallu dire ' bienvenue aux 30 millions de futurs arrivant' pour eviter ce qu'il se passe!
vaut mieux entendre ca que d'etre sourd!
je pense qu'au contraire les gens en ont plein le dos qu'on leur dise le contraire de ce qu'ils pensent, et sans pouvoir protester, svp!
a ce titre le silence assourdissant de la police et des medias sur les evenements de la gare de cologne a bien porte ses fruits! les allemands sont furieux et pas seulement l'extreme droite, contrairement a ce qu'on lit ici ou la
et c'est pour ca aussi soit dit en passant que le fn monte en france, mais bon, vaut mieux donner des lecons de morale aux autres...
a écrit le 07/03/2016 à 17:02 :
Les leçons de morale allemandes valaient celles que valent toutes les leçons de morale : en l'occurrence elles se fondaient, en grande partie, sur les intérêts de l'économie allemande, par rapport à sa démographie. Un certain La Rochefoucauld a tout dit sur cet Intérêt qui gouverne nos vertus !
a écrit le 07/03/2016 à 16:16 :
En fait l'erreur de Bruxelles et de nos élites c'est de penser que les citoyens d'Europe sont de simples consommateurs et des agents économiques sans racines, histoire, bref sans "civilisation".
Il faut arrêter de tous résumer à l'austérité ou à la politique économique. Le peuple slovaque s'est exprimé sur son identité, sa culture. Il a dit NON à l'installation de populations dont la culture radicalement différente de la sienne.
Enfin il est faux de dire que l'Europe ne fait rien sur le sujet. L'UE a pris déjà beaucoup de mesures pour gérer ce qui est l'un des flux de population les plus importants depuis la 2eme Guerre mondiale. Pourquoi ne jamais parler d'autres régions du monde? Les pays du Golfe sont riches et prospères et ne font rien....
a écrit le 07/03/2016 à 15:49 :
Dimanche les élections en Allemagne devraient donner le même résultat car les élections se suivent et se ressemblent. L'euro c'est notre chance la Commision européenne non élue démocratiquement aussi et nos deux cerveaux que sont Harlem Désir et JM Ayrault sont nos points forts.
a écrit le 07/03/2016 à 14:54 :
Le titre de cet article est une parodie de journalisme. En quoi "bruxelles" c'est a dire la Commission, le Conseil et le parlement ont quoi que ce soit avoir avec ce résultat?

Quand on lit l'article de Godin, tout ce qu'il trouve a dire pour justifier ses dires, c'ets la position individuelle de quelques gouvernements nationaux. Voici l'exemple typique du mauvais journalisme a la française qui favorise le sensationnel au fait. On en a vu passé des articles de Godin qui ont tendence a s'eloigner des fait, mais la, c'est le ponpon.

La réalité bruté, est que le gouvernement FICO a fait monter pendant plusieurs années la sauce nationaliste, le tout courronée par l'exploitation a outrance des problems migratoires, dans un pays qui...ne recoit que tres peu d'immigration de toute maniere, et que cela a lamentablement echoué pour lui...avec pour conéquence une Slovaquie ingouvernable et le retour au premier d'un parti ultranationaliste et d'un parti se réclamant du nazisme.
La faute est purement nationale...comme souvent.
Réponse de le 07/03/2016 à 20:37 :
N enterrez pas trop vite Fico car il va vite revenir. D ici qq mois ou qq annes, on verra bien si il y a de nouvelles elections. En fin politicien il a juste comprit que la posture mondialiste et universaliste ne lui aporterai rien voir lui deservirai. D ailleurs en parlant de solidarite et dimmigration les Slovaques et polonais n ont aucun probleme a acceuillir les ukrainiens qui fuient la pretendu guerre au dombass...
a écrit le 07/03/2016 à 14:45 :
Depuis des années, dans le courrier des lecteurs de LA TRIBUNE,je dénonce la forme du discours de M. SCHAÜBLE,
Cette forme a des relents nauséabonds dont on pensait qu'ils n'existaient plus depuis 1945.
a écrit le 07/03/2016 à 14:28 :
Pour les Slovaques, comme pour les Polonais ou les Hongrois, l'accueil des migrants ne fait pas partie des valeurs européennes. Ceci soulève donc une question assez brûlante : celle des « valeurs communes » à l'Europe. Angela Merkel a cru que l'accueil des migrants faisait partie de ces valeurs. Les électeurs slovaques se sont empressés de lui démontrer le contraire.
Précisions: Il faut dire migrants ISLAMIQUES ce qui explique mieux les choses!
Réponse de le 07/03/2016 à 15:00 :
Les Slovaques n'ont reçu quasiment aucun réfugié. surtout, ce qui se passe en Slovaqauie, comme ce qui se passe en Hongrie (la pologne n'a pas grand chose a voir dans l'analyse) est un probleme qui vient de bien plus loin et n'a pas grand chose a voir avec la vague migratoire actuelle. Ce sont des pays ou les rétoriques nationalistes ont le vent en poupe depuis des années.
Fico par exemple s'est déja allié dans le passé a un parti ultra-nationaliste d'extreme droite. La réalité, est que la Slovaquie n'a recu quasiment aucun migrant, que l'ensemble des partis politiques sans exception sont pour le rejet des réfugiés, et que malgré cela, un parti d'exterme droite nationaliste recoit 9% et un autre parti admirateur du nazisme fait 8%.
Réponse de le 07/03/2016 à 16:19 :
Il faut remonter à inconsciente collectif. Ces pays d'Europe centrale ont souvent été envahis ou mis sous tutelle (Ottomans, Empires allemand, autrichien, russe, puis soviétique). Ils ne supportent pas qu'on décide à leur place ou qu'un leur impose l'arrivée de populations étrangères.
Réponse de le 07/03/2016 à 21:09 :
Pour etayer vos dire, je rajouterai que lors de la guerre des balkans, ces pays ont acceuilli beaucoups de serbo-croates sans rien dire et meme plus que certains pays de l ouest... On peut etre sur aussi qu ils en feraient de meme avec les ukrainiens si la situation explosait au dombass. Bcp d ukrainiens se sont deja installe sans que cela ne pose de pb au polonais ou slovaques... on parle souvent du principe d immigration choisie, on peut aussi parler de solidarite choisie ?

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