Espagne : croissance de 3,2 % en 2016

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L'Espagne a connu encore une forte croissance en 2016.
L'Espagne a connu encore une forte croissance en 2016. (Crédits : REUTERS/Marcelo del Pozo)
Le PIB espagnol a connu une croissance équivalente à 2015 et 2016. Le Royaume devra faire face désormais au défi de l'inflation en hausse et de la consolidation budgétaire.

La croissance espagnole demeure solide. Selon l'Institut national des Statistiques (INE) du Royaume, le PIB espagnol a progressé de 0,7 % au cours du dernier trimestre de 2016. Sur l'ensemble de l'année 2016, la croissance de l'Espagne atteint 3,2 %, soit le même rythme qu'en 2015. C'est une des croissances les plus élevées de la zone euro.

Le détail de ces chiffres ne sera connu que le 2 mars prochain, mais les économistes estiment que la croissance s'est principalement fondée sur la demande intérieure, et notamment la consommation des ménages qui est restée soutenue par les gains de pouvoir d'achat lié à une inflation encore faible et par le recul du chômage. La politique budgétaire devrait aussi avoir soutenu la croissance, comme c'est le cas depuis trois ans (et c'est une des raisons des résultats décevants des ratios budgétaires du pays). L'investissement devrait également s'être renforcé. Enfin, malgré la croissance des exportations, la croissance espagnole reste très gourmande d'importations : la contribution des échanges extérieurs devrait rester faible.

Le dernier trimestre connaît un rythme de croissance égal à celui du troisième trimestre. Il convient cependant de rappeler que ce rythme de 0,7 % est le plus faible depuis le dernier trimestre de 2014. En rythme annuel, la croissance espagnole du quatrième trimestre s'établit à 3 %, ce qui est moins qu'au troisième trimestre (3,2 %) et ce qui est le plus faible niveau depuis le premier trimestre de 2015. Malgré tout, l'Espagne bénéficie d'un rythme de récupération soutenu et, Irlande exceptée, inédit parmi les pays qui ont connu la visite de la troïka et se sont retrouvés au centre de la crise européenne de 2010-2013.

Une croissance avec moins d'emploi qu'auparavant

Le Royaume a désormais dépassé son niveau de PIB d'avant sa « deuxième récession » entamée au dernier trimestre de 2010 de près de 3 %. Cette deuxième récession a duré jusqu'au troisième trimestre de 2013. En revanche, la richesse espagnole demeure encore 0,4 % en deçà de son point haut du deuxième trimestre 2008, mais l'on peut dire que, désormais, l'Espagne a effacé l'essentiel de ses années de crise. Avec cependant une différence : le chômage, quoiqu'en décroissance, reste très élevé à 18,9 % de la population active en décembre 2017 contre 14,8 % au point haut de la croissance, en décembre 2008.

De plus, on constate sur le long terme que la croissance espagnole reste in fine modérée. Sur dix ans, entre le troisième trimestre 2006 et celui de 2016, le PIB espagnol a progressé de 3,1 %. C'est certes mieux que l'Italie, la Grèce et le Portugal qui n'ont pas retrouvé leur niveau de richesse d'il y a dix ans, mais c'est largement inférieure à la croissance française (7,4 %) et allemande (12,2 %). Au final, au-delà des chiffres impressionnants de la croissance actuelle de l'Espagne, il convient de garder à l'esprit quelques éléments : le pays a connu une véritable « décennie perdue » et sort de la crise socialement fragile : c'est un des pays où le risque de pauvreté est le plus élevé en zone euro et où les inégalités sont les plus importantes.

Deux éléments négatifs pour 2017

L'enjeu sera donc de maintenir en 2017 cette croissance. Les observateurs tendent cependant à tabler sur un ralentissement du rythme. Si l'Espagne devrait bénéficier d'une amélioration du contexte européen, plusieurs éléments joueront contre la vigueur de la croissance. D'abord, la reprise de l'inflation. L'Espagne est un des pays où les prix sont les plus sensibles aux prix du pétrole. L'inflation s'est donc accélérée notablement en fin d'année après des années de recul. Le problème est que la croissance du pouvoir d'achat des Espagnols dépendait principalement de cette inflation faible. Les salaires suivront-ils les prix ? Jusqu'ici, ils sont restés sans dynamique. Sans augmentation des salaires, les revenus réels et donc la consommation des ménages devraient ralentir.

Autre élément négatif : la politique budgétaire qui, en réalité, a été un des éléments clés de la reprise. La Commission européenne a contraint Madrid à engager une consolidation budgétaire rapide, avec notamment des hausses d'impôts de 5 milliards d'euros. Ce sera un soutien de moins pour la croissance espagnole qui ne peut désormais qu'espérer en une forte hausse de la croissance extérieure et une poursuite de la reprise de l'investissement. Néanmoins, le pays pourrait rester dans le peloton de tête de la croissance européenne, avec une hausse du PIB attendue près de 2,5 %.

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a écrit le 30/01/2017 à 14:49 :
en septembre, la Banque d'Espagne prévoyait un déficit public de 4,9% en 2016. après 5% en 2015...
c'est sûr qu'il faut s'inspirer de l'Espagne, comme dit Steph :
45% de chômage des jeunes (alors que la fécondité est faible depuis 3 décennies et que des tas de jeunes ont émigré), 58% des jeunes de 18-34 ans vivant chez les parents, salaires de misère, R&D/innovation faible, très difficile pour les entreprises de trouver des "cerveaux" (Bloomberg, 01/07/2016), etc...
Réponse de le 30/01/2017 à 16:22 :
"salaires de misère, R&D/innovation faible, très difficile pour les entreprises de trouver des "cerveaux"" : tout ça est lié et l'Espagne a encore des progrès à atteindre en matière de compétitivité hors-coûts. Mais il y a toutes raisons d'être encore plus inquiet pour la capacité à trouver à terme des "cerveaux" en France si on regarde les résultats de l'étude TIMSS 2015, franchement catastrophiques pour les capacités des jeunes français en maths et sciences, désormais largement bons derniers en Europe.
http://cache.media.education.gouv.fr/file/2016/81/9/depp-ni-2016-33-TIMSS-2015-mathematiques-sciences-evaluation-internationale-eleves-CM1_672819.pdf
Or ce sont bien ces disciplines qui comptent pour la capacité à innover en technologies. Il serait temps de revenir sur les réformes éducatives des 30 dernières années qui à l'évidence sont à l'origine de ce désastre absolu.
A ce compte dans 20 ans en France on aura 100% des jeunes au chômage faute de compétences. Le revenu universel, à ce rythme, sera bientôt le lot de tous....
Réponse de le 30/01/2017 à 17:46 :
bd
je sais. ça fait un bout de temps qu'on nous dit que l'éducation est médiocre en France, notamment dans les classements Times Higher/Shanghai/QS.
mais la France continue de dominer le Deloitte Tech Fast 500 EMEA. la France est en pointe dans la digitalisation (John Chambers, 06/2016). les classements en R&D restent très bons. la France a les meilleures formations à la programmation (CodinGame).
mais bon, je ne nie pas qu'on peut améliorer le système et notamment travailler sur les inégalités. de bonnes initiatives ont été prises d'après l'OCDE.
a écrit le 30/01/2017 à 14:09 :
Donc l'Espagne par ses reformes sociales qui ont reduit un peu les droits supposés acquis des salariés, a remis sur les rails plusieurs centaines de milliers de personnes qui se désespéraient d'etre au chomage, vont pouvoir s'imaginer un avenir et qui sait, se former et postuler pour des postes plus remunerateurs, on ne peut que se rejouir.

Ne tirer aucune lecon pour la France biensur, l'important etant de continuer a s'admirer le nombril, et a bavsser de notre systeme social -que-le-monde-entier-nous-envie, mais que bizarement personne ne copie.
Réponse de le 30/01/2017 à 16:18 :
A quel niveau de chomage etait l'espagne auparavant ?
Reporter vous au commentaire de gfx au lieu de nous ressortir le discours habituel.de la doxa liberale. Puisque le modele social francais semble vous contrarier, vous avez la solution de vous exiler....en espagne justement.
a écrit le 30/01/2017 à 12:22 :
Vive l'information.....chez les autres, Grande Bretagne 2% et Espagne, 3,2% en 2016 et la France? Où sont passés dans les médias nos 1,2% ?
a écrit le 30/01/2017 à 11:37 :
En gros ils en sont au stade de la croissance sans création d'emploi, là où on en était il y a 5 ou 6 ans, dorénavant nous n'avons ni création d'emploi ni croissance, cette UE c'est l'impasse totale.
Réponse de le 30/01/2017 à 13:33 :
Nous écoutons patiemment votre programme économique d'une France en dehors de la zone euro ...
Réponse de le 30/01/2017 à 14:49 :
Faudrait savoir ! Tantôt vous voulez que je me taise et maintenant vous voulez que je parle beaucoup ?

Sinon sachez qu'il n'y a pas de sauveur, arrêtez d'attendre toujours des autres, prenez votre avenir en mains et avancez enfin.

Merci.
Réponse de le 30/01/2017 à 15:20 :
Ne vous inquietez pas pour moi, j'ai pris soin de mon destin ... que ce fardeau soit enlevé de vos épaules.

Je parlais du débat d'idée... vos positions ... vos arguments... je ne parlais pas de m'en remettre mon sort en vos mains !
Réponse de le 30/01/2017 à 15:59 :
Il faut que les partisans d'un frexit s'expriment le plus possible, c'est la meilleure manière de prouver l'inanité de leurs propositions.
Réponse de le 30/01/2017 à 16:10 :
Oserais-je vous rappeler que même la France de Hollande a créé plus de 150000 emplois en net en 2016, grâce entre autres à l'amélioration, certes encore trop modeste, de sa compétitivité-coût (la CICE et le pacte de compétitivité ont finalement permis le début d'inflexion de la courbe du chômage observé l'an dernier... bien aidé par la formation d'un grand nombre de chômeurs décidée en 2016) , et que, concernant l'Espagne, après près de 600000 créations nettes d'emplois en 2015, il s'en est encore créé 425000 en 2016, entraînant un fort reflux du chômage de près de 27% à moins de 19% ? Il y a encore du chemin à parcourir mais le malade espagnol va quand même bien mieux. Principalement grâce aux décisions du gouvernement Rajoy en cohérence avec l'UE. Vous remarquerez d'ailleurs que malgré les difficultés, peu de monde en Espagne envisage une sortie de l'UE.
Réponse de le 30/01/2017 à 17:36 :
Donc voulez vous que je me taise ou que je commente ? Pouvez vous au moins simplement répondre à cette question je vous prie ? Exprimez vous clairement parce que vous savez j'ai une amie bipolaire et c'est vachement particulier de savoir ce qu'elle veut exactement.

Peut-on parler d'amie même du coup ? C'est une expérience vraiment intrigante en tout cas.

brunobd: sachez que vos deux commentaires rentraient dans un seul, si si je vous le garantie, j'en ai fais des beaucoup plus long vous savez...

Vous aimez beaucoup parler à la place des peuples européens c'est parce que vous les connaissez tellement bien hein ?

Je n'ai jamais dis que ce serait facile de sortir de l'UE par contre et c'est pas Trump au pouvoir qui va me démentir avec la Chine qui va se ruer sur l'UE et ses vieux dirigeants corrompus et incompétents qui me rassureront hein, j'affirme par contre en effet qu'au moins au pourra sauver les meubles.

Moi vous savez j'attends juste que l'on arrive à me convaincre de l'inverse, si vous m'opposiez des arguments convaincants (le mien date d’aujourd’hui, c'est un article qui vient juste d'être publié ici-même, j'en ai tellement à ma disposition d'arguments, un par semaine au moins depuis le putsch des politiciens concernant la constitution européenne), faites un effort, vous me rabâchez toujours les deux trois idées en boucle qui ont 20 ans et n'ont jamais fonctionné.

Je vous le demande sincèrement, rassurez moi au lieu de sans cesse confirmer ma pensée !

Hé oui vous faites partie intégralement du phénomène mon cher c'est à ses partisans que l'on jauge si un concept est bon ou pas.
Réponse de le 30/01/2017 à 20:45 :
Comme disait ...

Vous avez un avis sur tout ,mais surtout un avis .

Et vos avis ( ceux que vous donnez a longueur de temps ) certains mérite attention ( j'en convient ) d'autres vous feriez mieux de vous taire : voulez vous mettre le NPA comme leader de la France entre autres ?

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