Europe : l'échec de la stratégie du "containment"

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Pablo Iglesias, leader de Podemos, durant les élections locales
Pablo Iglesias, leader de Podemos, durant les élections locales (Crédits : ANDREA COMAS)
En jouant la ligne dure contre la Grèce, les créanciers voulaient faire un exemple politique. Cette stratégie semble avoir échoué entièrement, comme le démontrent les élections de dimanche en Espagne et en Pologne.

Les élections locales espagnoles du dimanche 24 mai signent, au-delà du contexte local, l'échec de la stratégie des Européens depuis le coup de tonnerre de la victoire de Syriza le 25 janvier dernier. Le refus du compromis avec le gouvernement grec a été caractérisé par le rejet complet des « listes de réformes » présenté par Athènes, par la mise en place d'un processus d'asphyxie financière de la Grèce et l'insistance sur des mesures d'austérité que l'on hésitait à imposer au gouvernement conservateur d'Antonis Samaras.

Les buts des créanciers de la Grèce

Quel était le but de cette stratégie ? Certainement pas, comme on essaie de le faire croire, assurer le remboursement des dettes contractées par la Grèce auprès de ses « partenaires. » Assure-t-on un tel remboursement en menant un pays au bord du défaut, en réduisant les moyens d'action de son gouvernement et en faisant peser sur sa croissance la menace d'un défaut et d'une sortie de la zone euro ? Quoi qu'en disent les experts patentés, la raison eût voulu dans cette affaire que les créanciers, tout en prenant des garanties que les Grecs étaient prêts à leur donner, laissent travailler le nouveau gouvernement grec. L'accord du 20 février, où Athènes acceptait de payer son dû et se reconnaissait liée par les « accords existants », ce qui était déjà des concessions considérables, aurait dû suffire aux créanciers. L'intérêt économique de toute l'Europe était de rapidement réglé cette affaire grecque afin de se concentrer sur la timide reprise.

La stratégie du « containment »

Mais on a tout fait pour faire durer la crise grecque. C'est que, en réalité, la stratégie des créanciers était avant tout politique. Effrayés de voir débarquer dans leurs réunions feutrées des énergumènes sans cravate et professant des idées horriblement keynésiennes, les dirigeants européens ont voulu « faire un exemple » afin de « contenir » la poussée de ceux qui osent remettre en cause les choix pris depuis 2010. Cette stratégie était la même que celle du président américain Harry Truman, au début de la guerre froide, ce « containment » dont la Grèce fut, une des plus cruelles victimes par une guerre civile qui l'a durablement marquée. Pour éviter d'autres « dominos » de tomber, pour éviter que d'autres pays victimes de la logique des « sauvetages de l'euro » ne demandent à leur tour une restructuration de leurs dettes, il fallait mettre le gouvernement Tsipras à genoux. Il fallait que le premier ministre hellénique finisse par reconnaître la vérité des choix économiques imposés par les créanciers. Alors, preuve eût été faite qu'il « n'y a pas d'alternative » puisque même ceux qui professe une alternative finissent par accepter le bréviaire. Dès lors, à quoi bon voter encore contre la pensée économique dominante ?

La leçon espagnole

Ce calcul a échoué. Quoi qu'il advienne, non seulement la résistance grecque place les créanciers désormais dans la position de devoir prendre le risque d'un défaut hellénique, mais la recherche d'une capitulation politique grecque n'a pas permis de contenir les oppositions ailleurs. C'est le principal enseignement des élections espagnoles du 24 mai. Certes, il convient de rappeler que le parti populaire (PP) de Mariano Rajoy demeure le premier du pays. Il faut aussi souligner combien le mouvement anti-austérité Podemos semble être un phénomène urbain. Mais « l'exemple grec » n'a pas dissuadé les électeurs espagnols de « châtier » les deux grands partis qui avaient soutenu l'austérité en 2011. Podemos, que les sondages disaient en déclin, a frappé les esprits en s'imposant comme une force centrale à Madrid et Barcelone, mais aussi à Saragosse. Quant au parti « centriste » Ciudadanos, sorte de copie du grec Potami, parti « rénovateur », mais « pro-européen », il a percé de façon bien plus limitée que ce que l'on pensait. Enfin, la poussée de la gauche, toute tendance confondue, est très nette. Bref, si Podemos n'est certes pas « au porte du pouvoir » et si l'Espagne n'est pas la Grèce, la stratégie du « containment » a certainement échoué ce dimanche.

Cauchemar espagnol

Ce résultat est un vrai cauchemar pour les dirigeants européens. D'abord, parce que, comme la victoire de Syriza le 25 janvier, le succès de Podemos à Madrid et Barcelone et l'effondrement partout des Conservateurs permet de relativiser le « miracle économique espagnol » qui serait le fruit des « réformes douloureuses. » Les Espagnols ont, dans les urnes, ruiné ce storytelling devenu récurrent pour faire accepter lesdites réformes, notamment de ce côté-ci des Pyrénées. Ensuite, parce que les élections du 20 novembre présentent un défi délicat pour l'Europe. Si Podemos participe au pouvoir, il y aura une remise en cause de l'idéologie dominante en Europe, et un nouveau domino tombera. Si, en revanche, les deux partis traditionnels s'allient dans une « grande coalition » qui fait tant rêver les fonctionnaires européens, Podemos deviendra la première force d'opposition et on risque de reporter la chute du domino espagnol à plus tard.

Suite au Portugal et en Irlande ?

Le « containment » semble avoir échoué dans les autres pays qui ont connu les visites de la troïka. Si la greffe « Podemos » n'a pas pris au Portugal et si l'extrême-gauche n'y progresse pas, les Socialistes portugais n'hésitent plus à reprendre des éléments de langage de la gauche radicale et évoquent notamment désormais une négociation sur la dette. En Irlande, le Sinn Fein pourrait aussi l'an prochain faire une percée et prendre la première place, ce qui, là aussi, viendrait, là aussi, remettre en cause le fameux « retour du Tigre celtique grâce à l'austérité. » Dans ces deux cas non plus, le traitement infligé aux Grecs n'a pas eu l'effet espéré par les dirigeants européens.

Les Eurosceptiques de droite ont aussi le vent en poupe

Mais il y a encore pire. La stratégie du « containment » n'a pas davantage réussi à calmer l'essor des Eurosceptiques de droite. Pour une raison simple : la dureté avec laquelle les Grecs sont traités a alimenté le fonds de commerce « anti-Grec » et plus largement anti-euro de ces mouvements. La méfiance des créanciers de la Grèce a été prise comme preuve de la réalité des clichés contre ce pays. Une bénédiction pour des mouvements comme les Finnois de Timo Soini, arrivé en deuxième position le 19 avril lors des élections législatives finlandaises, mais plus généralement pour tous les Eurosceptiques du nord. De même, l'utilisation par les créanciers des oppositions internes à la zone euro entre les « bons élèves pauvres » (baltes ou d'Europe centrales) et « les mauvais élèves » du sud pour faire céder Athènes a été du pain béni pour les mouvements nationalistes de ces pays. Sans compter que ces pays ont pu aussi voir dans la renaissance de la crise grecque la confirmation de trois de leurs présupposés : l'incapacité de la bureaucratie bruxelloise, la mise en danger par l'Europe de l'argent des contribuables et la faillite des « sauvetages » de 2010-2011.

Aussi l'euroscepticisme fleurit-il toujours davantage au nord et à l'est. Dimanche où les électeurs polonais ont infligé une gifle retentissante à Bruxelles en élisant contre toute attente à la présidence de la République le conservateur eurosceptique Andrzej Duda, contre le candidat du président du Conseil européen et ancien premier ministre Donald Tusk !

L'appel de Matteo Renzi

Le « containment » prend donc l'eau de toute part. Les dirigeants européens devraient donc d'urgence repenser leur stratégie vis-à-vis de la Grèce, mais, plus généralement, les fondements de leur pensée économique. Les électeurs n'ont pas toujours tort et leurs « protestations » révèlent aussi une forme de réalité économique que les dirigeants s'obstinent à ne pas vouloir appréhender au nom du « long terme. » Cet aveuglement qui fait de toute politique alternative un « populisme » mène l'Europe dans le mur. Matteo Renzi qui, ce week-end, devra faire face à des régionales difficiles, a, une nouvelle fois, appelé l'Europe à « changer. » Sera-t-il entendu ? Tout commencerait par la construction d'une vraie discussion avec Athènes. Plus que jamais l'avenir de l'Europe se joue en Grèce.

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Commentaires
a écrit le 28/05/2015 à 16:09 :
@Beber
Merci pour vos contributions: cela fait plaire de lire les écrits d'une personne qui a du bon sens. On ne peut pas, de façon durable, dépenser plus de ce que l'on gagne. A un moment, cela craque.
Ceux qui pensent que c'est à cause de l'Europe libérale, des banquiers, des politiques, de la BCE, de la Commission, d monsieur Schauble et de je ne sais trop qui, que la Grèce et certains autres pays sont dans dans la panade, se trompent largement. Qu'on ne me parle pas des armes achetés par la Grèce, c'est peanuts par rapport à l'enjeu.
Certains pays sont gérés de façon convenable et il est très intéressant de remarquer que c'est dans ces pays là que les dépenses sociales sont parmi les plus élevées en % de PIB.
Cordialement
Réponse de le 28/05/2015 à 19:55 :
On ne peut surtout plus sauver des banques qui font du casino avec des dettes publiques.
Ceux qui veulent prendre des risques doivent les prendre tout seul sans mettre un couteau sous la gorge de l'économie et des habitants quand ils perdent.
Réponse de le 29/05/2015 à 11:21 :
La BCE et le FMI, qui ne sont pas des banques comme les autres ont prêté pour des raisons politiques et non financières, car la Grèce qui les a appelés au secours. Ces deux banques sont non commerciales, elles utilisent des fonds d'états, donc en cas de défaut, la perte sera pour les états correspondants. Les banques privées non grecques qui ont prêté à la Grèce se sont fait sagement garantir leur prêts par leurs états car le risque était inacceptable sur des critères purement bancaires. En cas de défaut, ce seront donc encore des états -donc leurs contribuables- qui paieront, pas les banques. Où est le casino ?
a écrit le 27/05/2015 à 12:40 :
Sincères félicitations M. Gaudin , votre analyse est pertinente. Les espagnols sont bien conscients dans leur majorité, que l'attitude des docteurs Folamours de Francfort à Bruxelles, à l'égard de la Grèce, est également un message implicite qui leur est envoyé. l'Espagne de Madrid à Barcelone, en réponse, retrouve sa tradition libertaire et assemblèaire,des mouvements généreux; créatifs démocratiques; ce qui nous manque par ici,
Et lorsque je lit certains commentaires un peu plus haut, j'ai comme l'impression qu'on a pas fini de ramer, ici on en est aux Charlie pas Charlie, la longueur des robes, et autres âneries Halall, sans prendre à bras le corps les vrais problèmes
Le Titanic coule, et c'est chacun pour sa tronche en écoutant l'orphéon.
Petit bémol , vous ne rappelez pas que vos "amis" nationalistes catalans se sont également pris une veste, les Barcelonais avec Ada Colau on rédigé un programme pour Barcelone, avec des assemblées citoyennes, et ne sont pas tombés dans le panneau
des nationalistes, dont vous avez souvent repris les thèses, consistant à signaler Madrid comme responsable de la crise, et l'indépendance comme seule solution
a écrit le 27/05/2015 à 12:08 :
L'auteur oublie de dire que le progrès des partis anti-austérité en Espagne et en Gèrce doit beaucoup à la corruption des partis au pouvoir, pas seulement à la crise (c'était d'ailleurs la même chose en Allemagne dans les années 30). Si c'était juste le rejet de l'austérité, comment expliquer la progression du FN en France ?
a écrit le 27/05/2015 à 11:31 :
Les créanciers n'imposent rien à la Grèce. Ils disent simplement qu'ils ne prêteront rien de plus car ils n'ont pas confiance dans la parole des gouvernants et dans les chiffres fourni en caution. Ils pensent déjà que les sommes prêtées ne seront jamais remboursées. Bien au contraire ils viennent au secours de ce pays pour qu'il n'augmente pas son endettement puisque celui-ci veut à tout prix qu'il soit diminué (et même en partie annulé comme il en a été des prêts privés ) !!
Lorsque mon banquier s'abrite derrière la règle (non écrite) disant que les remboursements totaux de mes crédits doivent être inférieur à 30% de mes revenus je ne peux que le menacer de changer de banque.
Réponse de le 27/05/2015 à 12:15 :
Ah bon? Votre banquier a vendu à votre famille, sans vous consulter des hèlicoptéres et surtout des sous-marins au double de leur vrai prix sans vous demander votre avis?
a écrit le 27/05/2015 à 8:47 :
Ca commence à bien faire la censure dans les commentaires, je constate pour ma part que toute réponse argumentée sur le fond est systématiquement non publiée...l'auteur de l'article craindrait-il la contradiction ?! Faut-il balbutier des propos caricaturaux pour être publié, ou alors aller seulement dans le sens de l'auteur ?
a écrit le 27/05/2015 à 7:26 :
Le projet européen - qui n'est qu'une forme du projet libéral - prend eau de toute part. Les choses sont encore plus grave. A l'absence de démocratie - voir 2005 - l'Europe ajoute le manque de résultats aussi bien sur la croissance que sur l'emploi. La forme bureaucratique de ses institutions au service des grands financiers et des multinationales n'est pas adaptée à la résolution des problèmes de société.
Les lois du marché n'existent pas et ne règlent jamais rien. On sait cela depuis la fin du XVIème siècle. L'économie s'est toujours développée sur deux bases : la croissance de la demande et la croissance de l'Etat. L'économie de l'offre est juste une escroquerie intellectuelle destinée à défendre des intérêts particuliers.
Syriza et Podemos tardent juste à prendre les bonnes décisions : sortir de l'euro et sortir de l'Europe
Réponse de le 27/05/2015 à 9:14 :
Syriza, étant au pouvoir en Grèce, peut sortir de l'€uro et de l'UE; pas Podemos qui n'est pas encore au pouvoir.
La France devrait en faire de même rapidement de façon à anticiper l'effondrement inéluctable de l'UE.
a écrit le 27/05/2015 à 5:59 :
Pauvre Monsieur Gaudin! Il lui faut toute la dialectique marxiste répétée façon crécelle pour critiquer le bon sens. Il suffit de regarder dans quel sens les gens veulent passer les frontières pour savoir où est la bonne économie. Veut-il aller faire ses papiers en Grèce ?
Réponse de le 27/05/2015 à 9:29 :
C'est sûr avec la potion! Prenez le "miracle" du redressement du "modèle" espagnol : émigration massive et explosion du taux de pauvreté (encore +2 points à près de 23% de la population).
Merci pour votre point de vue non étayé et à sens unique.
Réponse de le 27/05/2015 à 10:42 :
La politique de rigueur n'a commencé a être appliqué en Espagne que courant 2012 après la victoire du PP fin 2011. Le PSOE n'avait précédemment rien fait en termes d'economies. Le gros de la hausse du chômage et de la baisse du PIB sont intervenues entre 2008 et 2012 consécutivement a l’éclatement de la bulle immobilière et de surconsommation.
Imputer aux politiques de réduction du déficit les 27% de chômage en Espagne est inexacte.
¨Par ailleurs le chômage recule continûment depuis 1 an. Il faut faire preuve de patience. On ne créer pas des emplois sur décret.
a écrit le 27/05/2015 à 1:03 :
M.Godin, tous vos articles reposent sur une erreur FONDAMENTALE: celle de ne pas admettre qu'à long terme, les politiques de rigueur sont les seules valables. Certes à court/moyen terme elles peuvent être très récessives sur un pays très endetté ou avec un secteur public sur-dimensionné. Mais à long terme la rigueur (qui consiste simplement à ne pas dépenser plus qu'on ne gagne) est la solution qui a permis aux pays les plus avancés et prospères d'être ce qu'ils sont: voyez l'Autriche, la Suisse, l'Allemagne, les pays Scandinaves. Etre rigoureux (pas qu'en termes purement économiques d'ailleurs), ce n'est pas un gros mot M.Godin. D'ailleurs la rigueur mise en place sous Samaras avait commencé à porter ses fruits, avec une croissance redevenue positive et cet excédent primaire dont vous nous parlez souvent dans vos articles.
A l'inverse voyez le Venezuela, exemple parfait d'un pays qui a tout pour réussir transformé en énorme gâchis par une gestion idéologique dénuée de tout bon sens ! Est-ce cela votre proposition pour l'Europe ? Parce que "aller dans le mur" c'est précisément ça, et pas un destin suisse ou allemand !

Evidemment, personne ne nie les souffrances terribles du peuple Grec actuellement, mais ce que vous leur proposez c'est une sucrerie avant la famine. A long terme, le peuple Grec endurera des souffrances bien plus grandes s'il vous écoute. Vous ne pouvez donc pas vous draper dans une prétendue morale, vous leur souhaitez l'abîme en réalité !

Ce qu'il se passe en Espagne est la même chose, quoiqu'en beaucoup plus édulcoré (on ne parle que de municipales et le PP arrive 1er malgré tout): les espagnols en ont MARRE des sacrifices, du chômage de masse, de la précarité, de devoir revenir vivre chez les parents à 35 ans, et ce mécontentement s'exprime...oui, mais ils commencent aussi à voir le bout du tunnel, d'ailleurs la reprise y est tout à fait palpable (j'y suis souvent) que ce soit dans l'activité ou dans les esprits. Eux commencent à faire le distinguo long terme/court terme que vous refusez de voir, et savent pertinemment que ce sont LEURS excès du passé qui ont causé cette gigantesque correction, et non pas la nécessaire rigueur mise en place après.
Donc malheureusement pour ceux qui croient au Grand Soir, ils ne mettront pas Podemos au pouvoir et les rêves de contagion européenne resteront vains (d'autant que Portugal et Irlande vont mieux aussi). Les espagnols ne veulent surtout pas remettre une pièce dans la machine à dettes, une génération sacrifiée ça leur a suffi et ils veulent du mieux pour leurs gosses !
Réponse de le 27/05/2015 à 9:42 :
En fin de compte on a fait une union européenne pour se "serrer la ceinture"!
Réponse de le 27/05/2015 à 11:02 :
"les espagnols voient la reprise"...ils voient surtout la precarite ee.t la pauvrete pour le moment.
Si vous ne souhaitez pas le grand soir, faudra penser à modifier le systeme....et pour ca admettre que l'economie n'est pas une science, que les lois et autres theories imagines par les charlatans economistes sont des inepties. Quand à la pretendue "reprise" les richesses crees seront directe%ment ponctionne par 10 ou 20% de la population, les autres n'en auront que les miettes...comme ceux qui c'est passe aux E.U. recemmment...
Réponse de le 27/05/2015 à 13:05 :
@Non mais: vous trouvez qu'une "Europe pour dépenser sans compter" serait plus souhaitable peut-être ?!

@boss: Non, pas d'accord. Jusqu'à mi-2014 les Espagnols ne voyaient en effet que la précarité, la pauvreté, et surtout pas le moindre début d'amélioration en vue. Ce n'est plus le cas, et même si le chômage reste à des niveaux dramatiques, il baisse mois après mois, la croissance revient fortement, le rattrapage est en marche. Ca va prendre 10-15 ans vu la saignée subie depuis 2008, mais la marche en avant est clairement enclenchée. J'y suis très régulièrement depuis des décennies, et j'ai vu leur descente aux enfers. Mais là on commence à voir les prix de l'immobilier se stabiliser, la fréquentation des commerces augmenter, les ventes de voitures augmenter, l'émigration se stabiliser etc. L'état d'esprit y est bcp plus optimiste qu'il y un an, c'est absolument indéniable pour quelqu'un qui y va souvent, et ce ne sont pas uniquement quelques nantis/patrons/ultra-libéraux (rayez la mention inutile) qui vont en profiter, mais bien ceux qui n'arrivaient même plus à choper des petits boulots à 20 eur/jour.

Nulle part j'ai dit que l'économie fût une science exacte, je dis simplement qu'on ne peut pas durablement dépenser plus qu'on ne gagne. Ce n'est pas de la science mais du bon sens ! Et je le répète, les pays les plus durablement prospères ont des comptes équilibrés, ça aussi c'est indéniable. Avec des comptes équilibrés on a de la compétitivité à l'intérieur, et on obtient la confiance de l'extérieur.
Réponse de le 27/05/2015 à 18:06 :
@Beber
Les politiques de rigueur ont été inventées pour permettre à ceux qui détiennent un pouvoir (principalement financier), de le conserver et de profiter sur le dos de tous les autres. Le néo-libéralisme n'est rien d'autre.
Réponse de le 28/05/2015 à 20:01 :
Patience les gens, vous en avez plus que 15 ans (à la louche) à en baver gràce à l'austérité.
Quel merveilleux avenir pour la jeunesse, juste pour rembourser quelques créanciers spéculateurs.
a écrit le 26/05/2015 à 20:26 :
Endiguement. Merci.
a écrit le 26/05/2015 à 20:07 :
Les prochaines échéances sont celles du remboursement du FMI, organisme non européen. Le FMI ne cherche ni à faire un exemple, ni à faire tomber Tsipras, mais il a des règles de fonctionnement strictes. Il ne doit pas prêter sans avoir de sérieuses chances d'être remboursé car il a des comptes à rendre. Il fait comme n'importe quel banquier qui ne prête qu'après avoir bien étudié les capacités de remboursement de l'emprunteur. Le FMI juge les prévisions de Tsipras irréalistes, ce qui n'a rien de surprenant, donc il refuse de prêter dans ces conditions, c'est tout. Les calculs politiques tordus et les intentions machiavéliques régulièrement serinés dans La Tribune ne le concernent pas.
Réponse de le 26/05/2015 à 20:26 :
Mais alors, pourquoi le FMI a accepté de prêter de l'argent à la Grèce (sachant quelle ne pourrait pas rembourser...) pour que celle ci puisse rembourser un prêt contracter à cette même institution ?

Emprunter de l'argent au FMI pour rembourser le FMI, c'est une situation assez cocasse non ?

Le monde financier marche sur la tête...a moins qu'il y ait une autre explication ?
a écrit le 26/05/2015 à 18:59 :
...première place, ce qui, là aussi , viendrait, là aussi, remettre en cause...
Trop de "là aussi", n'est-il pas?
Bon article à part ça, merci!
a écrit le 26/05/2015 à 17:10 :
La vision ultra libérale de l'Europe, du moins disant social et fiscal, envoie une bonne partie de l'Europe dans les bras des extrémistes et populistes.
L'histoire bégaie avec des choix politiques et économiques toujours aussi funestes.
a écrit le 26/05/2015 à 16:20 :
Un peu de mesure ne nuirait pas à la crédibilité de l'article. Le résultats des élections en Espagne et en Pologne n'est quand même pas la conséquence de la faillite de la Grèce, laquelle résulterait directement d'un complot des méchants européens. On est en plein délire là !
Réponse de le 26/05/2015 à 18:15 :
C'est ce que vous avez compris en lisant l'article ? Bah vous devriez relire avec le doigt alors !
a écrit le 26/05/2015 à 14:28 :
Romaric, svp juste un peu de bon sens; Tsipras a depuis le début la possibilité de claquer la porte des négociations et donc de sortir de la zone euro. S'il ne le fait pas c'est qu'il se satisfait de la situation actuelle. Tout le reste n'est que conjonctures et bavardages.
Réponse de le 26/05/2015 à 15:58 :
@Phil
Tout à fait d'accord avec vous. Monsieur Tsipras joue sur le fait que ce serait considéré un désastre par les dirigeants européens si la Grèce sortait de la zone. L'idée fait peut-être (j'écris bien peut-être) son chemin parmi certains dirigeants européens que ce serait finalement une solution la plus appropriée.
Si d'autres peuples veulent sortir de la zone, pourquoi pas ? Les peuples sont souverains après tout.
Cordialement
Réponse de le 26/05/2015 à 20:31 :
Les peuples sont souverains ?

l'exemple Grec ne vous suffit pas ?

OK, voici une déclaration de Mr Junker, président de la commission européenne:
"il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens".

c'est pourtant clair non ?
a écrit le 26/05/2015 à 13:23 :
« Cet aveuglement qui fait de toute politique alternative un « populisme » mène l'Europe dans le mur. »

Héhé. Tant mieux !
a écrit le 26/05/2015 à 12:25 :
Y´a erreur sur la personne: sur la photo ça n´est pas Ada Colau, il s´agit de Teresa Fernandez, candidate pour Podemos en Andalousie (élections qui ont eu lieu en mars) où le parti socialiste a gagné.
a écrit le 26/05/2015 à 12:23 :
Brillant article!
a écrit le 26/05/2015 à 12:17 :
Excellente analyse. Je vous rappelle également que la Grece a suivi le meme scénario : d'abord d'excellents résultats dans les grandes villes (lors des élections législatives), puis la tendance s'est répandue dans toute la grece pour se confirmer lors des élections de janvier.
Je suis a peu près sur que sans changement dans la politique d'austérité, il en sera de meme en Espagne !
a écrit le 26/05/2015 à 12:08 :
Merci Romaric pour l'ensemble de vos analyses et merci à la tribune de nous offrir autre chose que les quotidiens de révérence.

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