Face aux créanciers, Tsipras se veut ferme sur le système de retraites grec

 |   |  453  mots
Le Premier ministre grec a prévenu: "Les créditeurs doivent savoir que nous allons respecter l'accord à la lettre, mais cela ne signifie pas que nous cèderons à des exigences déraisonnables et injustes".
Le Premier ministre grec a prévenu: "Les créditeurs doivent savoir que nous allons respecter l'accord à la lettre, mais cela ne signifie pas que nous cèderons à des exigences déraisonnables et injustes". (Crédits : Reuters)
Le Premier ministre grec, qui se veut optimiste sur l'économie de son pays, refuse dans ses négociations avec Bruxelles que la réforme d'un système à bout de souffle repose uniquement sur des coupes dans les retraites.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a prévenu dimanche qu'il ne cèderait pas à des "exigences déraisonnables" de la part des créanciers de la Grèce, alors que se préparent des négociations sur la réforme du système de retraites.

"Les créditeurs doivent savoir que nous allons respecter l'accord à la lettre, mais cela ne signifie pas que nous cèderons à des exigences déraisonnables et injustes", a-t-il déclaré dans une interview publiée dimanche par le journal Real News.

"Nous ne nous sommes pas engagés à trouver l'argent exclusivement à partir de coupes dans les retraites. Au contraire, l'accord (avec les créditeurs) prévoit la possibilité de mesures équivalentes, que nous avons déjà mises en route", a-t-il ajouté.

Un système "au bord de l'écroulement"

Il a toutefois admis que le système de retraites était "au bord de l'écroulement" et devait être réformé.

Le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras a été forcé de renoncer en juillet dernier, face à la menace d'une possible sortie de la Grèce de l'euro, à ses promesses électorales anti-austérité et d'accepter un accord avec les créanciers européens de la Grèce prévoyant une aide de 86 milliards d'euros sur trois ans en échange de nouvelles réformes.

Depuis, le gouvernement a fait passer au parlement un certain nombre de réformes impopulaires, perdant au passage une partie de sa majorité.

Les Grecs pessimistes

Le Premier ministre s'est montré optimiste pour 2016, qui sera selon lui "l'année du retour de la Grèce après six ans de crise. Nous allons revenir à la croissance, mettre fin aux contrôles de capitaux, réduire la dette et revenir sur les marchés", a-t-il lancé.

Un optimisme loin d'être partagé par ses compatriotes. Selon un sondage publié dimanche par le journal Vima, 55% d'entre eux estime que les choses vont empirer cette année, et 61%, que la menace d'une sortie de l'euro réapparaîtra.

Le gouverneur de la Banque de Grèce, Yannis Stournaras, a prévenu de ce que la Grèce, si elle ne parvient pas à se mettre d'accord avec ses créanciers et à obtenir leur approbation dans l'évaluation qui se prépare, risque de revenir à une situation "qui rappellera l'expérience négative de la première moitié de 2015", ajoutant que "pour un certain nombre de raison, l'Union européenne est actuellement plus vulnérable, et moins capable de faire face à une nouvelle crise grecque".

Alexis Tsipras a dit de son côté espérer conclure la phase d'évaluation actuelle d'ici la fin février, et pouvoir ensuite passer à une discussion sur la réduction de la dette.

avec AFP

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/01/2016 à 8:20 :
Les Grecs devraient envisager de mettre une taxe sur l'énergie pour financer les retraites. Mais ils ne l'accepteront pas.
a écrit le 03/01/2016 à 11:25 :
... de l'art de politiser une question qui ne devrait pas l'être et devrait demeurer exclusivement technique ; un système de répartition a 3 paramètres de réglage de son équilibre :
-l'écart entre l'âge de départ et l'espérance de vie
-le niveau des pensions servies
-le niveau des cotisations versées.
Il n'y a aucune solution magique. Si on veut maintenir le niveau des pensions et ne pas trop augmenter les cotisations il faut retarder l'âge de départ. La seule chose qui est absolument incontournable, c'est que l'équilibre entre cotisations encaissées et prestations versées doit être scrupuleusement respecté sinon on condamne le fonctionnement du système qui est une gigantesque pyramide de Ponzi.
Réponse de le 04/01/2016 à 9:05 :
Bonne analyse, mais le nombre d'emplois est limité; une diminution du nombre de retraités correspond à un augmentation du nombre de chomeurs; il faut créer des emplois, ce qui nécessite de réduire le cout du travail.
Réponse de le 04/01/2016 à 10:45 :
@Gépé il faut créer des emplois, ce qui nécessite de réduire le cout du travail.

Et qu'est-ce que tu comptes faire pour réduire ton propre coût du travail ?
à moins que cela soit juste pour les autres .
a écrit le 03/01/2016 à 11:20 :
Eh bien sûr, il faut croire ce monsieur qui a trahi haut-la-main, non seulement ses électeurs mais les 60% d'électeurs qui ont dit non au plan d'austérité.

La Grèce sortira de l'euro, ce n'est qu'une question de temps et d'autres suivront, dont la France.
Rien n'a changé depuis le début de cette crise : c'est la monnaie qui doit s'adapter à l'économie d'un pays et pas l'inverse.
Réponse de le 03/01/2016 à 21:37 :
La monnaie s'est adaptée, en quelques moins l'€ s'est déprécié de 30% par rapport au $ et les taux d'intérêt sont quasiment nuls.
a écrit le 03/01/2016 à 10:57 :
Il est vrai qu'il a été depuis le début d'une fermeté exemplaire dans le respect de ses engagements pou le peuple Grecs!!!! Meilleurs vœux

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :